LA ZONE -
Résumé : Cette litanie d'Anthrax, toujours dans son style caractéristique, est loin d'être désagréable, au contraire. On erre dans un univers flou, entre la prison abandonnée et la maison-close SM, les images sont marquantes et le style lourdaud mais potable.

La dame en noir

Le 02/07/2005
par Anthrax
L’ingénue hante des corridors poussiéreux. Elle avance en s’écorchant sur les échardes de toiles ancestrales, vieilles croûtes de sang séché. Elle se troue les mains sur les clous des chambranles, écoute siffler les chats a neuf queues sur le dos de domestiques en disgrâce. Elle pénètre, souffle vicié, dans un étrange boudoir où le temps s’est figé.
Une dame vêtue de noir lui tend un étui incrusté de saphirs. Sur le sofa fané, des gants de soie négligemment oubliés, une odeur de lys.
D’un seul geste, la dame en noir, exhibe la lame et tranche.
L’ingénue veut hurler mais ne fait que cracher en silence des caillots de poussière. Sang glutineux, boules denses, épaisses, boules qui roulent hors du boudoir pour s’engloutir dans les profondeurs d’un escalier où pas même la mort n’oserait s’aventurer...
Et le gosier maudit de l’oiselle de nuit ne cesse d’enfanter gargouillis répugnants, putréfiées alors que la blanche main sans trembler, tranche la jugulaire à perpétuité.


= commentaires =

Glaüx-le-Chouette


    le 02/07/2005 à 18:35:14
L'esthétique est kitschissime, insupportablement attendue, mais c'est vraiment bien écrit.

Reste le "sofa fané", qui ne passe pas, mais alors pas du tout, à la lecture (j'ai l'impression d'entendre Otis Redding chanter son Sad Song, et ça m'exaspère - comprenne qui peut - condoléances à qui peut).
Et la virgule entre "noir" et "exhibe". Et une qui manque à la dernière phrase, après "putréfiées".

Je suis chiant sur des détails précisément parce que le reste est remarquablement fluide et travaillé.
Nounourz


    le 03/07/2005 à 11:45:06
j'aime beaucoup. J'en aurai volontiers repris une louche, dommage que ça soit si bref. Les autres zonards vont me lapider mais j'serais pas contre le fait que tu publies un jour un article de longueur normale.
nihil


    le 03/07/2005 à 12:32:59
J'avais déjà survolé ce texte dans la liste et je m'étais désespéré en me disant que c'était à nouveau un de ces fragments de litanie stupide, mais franchement à la relecture ça tape pas mal. Evidemment ça mériterait un peu plus de longueur.
Lapinchien


tw
    le 03/07/2005 à 14:47:18
çà m'a rappelé la chanson "merguez party", je sais pas pourquoi... c'est troublant car après je me suis senti infiniement démuni : je ne sais plus si cette magnifique chanson est l'oeuvre des "Musclés" ou de "License IV" Merci en tout cas pour ce doute fondamental qui va tarauder mon esprit toute la nuit. *SELF DESTRUCTION RULEZ*
nihil


    le 03/07/2005 à 14:54:37
*GOOGLE OWNZ* = les Musclés
Caligula


Déclaration    le 04/07/2005 à 18:41:04
Interessant!!

Si Anthrax commence à exceller, je resterais le maitre incontesté des daubes zonardes...

Je sens le pouvoir m'enivrer et la sêve monter!
nihil


    le 04/07/2005 à 18:53:36
Pas si vite Lapinou, t'oublies quand même quelques poids lours, Mandrago, Pourridelamoëlle, où les ignobles M. Goret et le Duc. Je sais, c'est dur, mais c'est la vérité, tu n'es qu'un auteur semi-merdique. Lamente-toi.
Caligula


    le 05/07/2005 à 02:07:25
Nihil t'es dur quand même!!! Tes paroles me font souffrir...

...Continue!
Aelez


    le 05/07/2005 à 23:09:18
Cours de grammaire du jour:
On ne met jamais de virgule entre le verbe et son sujet (ou alors on en met deux). Donc: "D’un seul geste, la dame en noir exhibe la lame et tranche." ou "La dame en noir, d'un seul geste, exhibe la lame et tranche."
Fin du cours.

Sinon rien à dire, je le trouve pas trop court ce texte, tout est dit, c'est le principal.
Un petit truc quant même, j'ai beau me retourner les neurones dans tous les sens, je vois pas comment des gargouillis peuvent être putréfiés (et en passant ya une faute à putréfiés)

Je suis chiante sur des détails précisément parce que le reste est remarquablement fluide et travaillé et que dans un texte aussi court ça se remarque.

Glaüx-le-Chouette


    le 07/07/2005 à 11:53:32
Toi, t'es une sale copieuse de commentaires élogieux.
Et en plus t'en rajoutes une couche pour faire ta forte. Ouais ben ça se passera pas comme ça.


Je suis chiant sur des détails précisément parce que le reste est remarquablement fluide et travaillé, rhytmé comme un poème en prose, et que dans un texte aussi court ça se remarque autant qu'un grumeau de sperme sur une chasuble noire.
Aelez


    le 07/07/2005 à 12:14:03
Je suis chiante sur des détails précisément parce que le reste est remarquablement fluide et travaillé, rhytmé comme un poème en prose, cadencé et minutieux comme une pose d'implant mammaire, et que dans un texte aussi court ça se remarque autant qu'un vieux grumeau de sperme laiteux sur une chasuble noire.
Glaüx-le-Chouette


    le 07/07/2005 à 12:19:35
Je suis chiant sur des pauvres détails en soi peu importants précisément parce que le reste est remarquablement fluide et travaillé, rhytmé comme un poème en prose, cadencé et minutieux comme une pose d'implant mammaire, et que dans un texte aussi court et sur une trame comme celle-ci, aussi noble que le pourpre et l'hermine élevée sans farines animales, ça se remarque autant qu'un vieux grumeau de sperme laiteux sur une chasuble noire.
Nounourz


    le 07/07/2005 à 13:14:06
je sui chian sur des povre detail en soi peu importan preciseman paske le reste est remarkableman fluide et travailler, ritmé kom un poèm en prose, cadansé et minucieu comme une poze d'implent mamère, préci et métikuleu kom un travail d'orfaivre, et ke dan un text oci cour et sur une tram kom cel ci, oci noble ke le pourpr et lairmine élever au grant air san farine animal, ca se remark au temps k'un vieu grumeau de sperm léteu sur une chasuble noar.

(vous avez le droit de me détester)
Aelez


    le 07/07/2005 à 13:39:15
Je me sens obligée de dire un truc. Un truc. Voilà c'est fait.
Glaüx-le-Chouette


    le 07/07/2005 à 14:14:50
Un truc bleu.


J'ai décidé de prendre ma revanche.
Nounourz


    le 07/07/2005 à 15:18:37
Un truc bleu devant et jaune derrière

amusant votre jeu.
Glaüx-le-Chouette


    le 07/07/2005 à 15:38:07
Un truc bleu à ailettes orientables devant et jaune commeuh les blés derrière.


Je sens comme une légère déviation, c'est curieux.
Je crois que j'aime ça.
Aelez


    le 07/07/2005 à 18:25:15
Un truc bleu à ailettes orientables selon la densité du liquide à verser devant et jaune commeuh les blés afghans couchés par le badisad obistroz derrière.
Glaüx-le-Chouette


    le 07/07/2005 à 20:26:56
Un truc oh, si bleu qu'on s'en émeut, à ailettes métalliques orientables selon la densité du liquide à verser, devant, et jaune commeuh les blés afghans couchés par le badisad obistroz pendant que les juments sauvages y font flotter leur crinière, derrière.
Aelez


    le 07/07/2005 à 20:44:21
Un truc oh, si bleu qu'on s'en farcirait bien tout un élevage d'émeus, à ailettes métalliques orientables selon la densité du liquide à verser, devant, et jaune commeuh les blés afghans couchés par le badisad obistroz pendant que les juments sauvages y font, sans la moindre pensée pour les controverses hagiographique de 1957, flotter leur crinière, derrière.
Glaüx-le-Chouette


    le 07/07/2005 à 21:38:21
Un truc oh, si bleu, d'un point de vue pragmatique et sans aucun rapport avec un catalogue Manufrance, qu'on s'en farcirait bien tout un élevage d'émeus, à ailettes métalliques orientables selon la densité du liquide à verser par Woody Allen en slip léopard, devant, et jaune commeuh les blés afghans couchés par le badisad obistroz pendant que les juments sauvages y font, sans la moindre pensée pour les controverses hagiographique de 1957, flotter leur crinière cendrées par le grand incendie de mon coeur, derrière.
Aelez


    le 07/07/2005 à 23:00:55
Un truc étrange, oh, si bleu, d'un point de vue pragmatique et sans aucun rapport logique avec un catalogue à couverture cartonnée Manufrance, qu'on s'en farcirait bien tout un élevage d'émeus syphilitiques, à ailettes métalliques orientables électro-mécaniquement selon la densité du liquide à verser par Woody Allen en slip léopard - je dis léopard, mais j'entends par là un lycra-coton jaune-tacheté, ma foi fort peu ressemblant l'apanage d'un quelconque félidé-, devant, et jaune commeuh les blés afghans couchés par le badisad obistroz pendant que les juments sauvages y font, sans la moindre pensée pour les controverses hagiographique de 1957, flotter leur crinière cendrées par le grand incendie de mon coeur enbrumé lorsque sonne l'heure de l'apéro (et il retentit, même, donc j'y vais), derrière.
Glaüx-le-Chouette


    le 07/07/2005 à 23:15:49
Un truc extra qui fait crac au cul d'une façon étrange, un mystère oh, si bleu, bleu de cieux, ou d'essieu de Renault Intercooler à cabine suspendue, d'un point de vue pragmatique, pragmataque, c'est seulement deux pragmacalories, et sans aucun rapport logique avec un catalogue à couverture cartonnée Manufrance ouvert à la page tractopelles avec une tache de sperme dessus, qu'on s'en farcirait bien par les naseaux tout un élevage d'émeus syphilitiques sans même se servir de beurre de yak, à ailettes métalliques orientables électro-mécaniquement selon la densité du liquide odoriférant à verser par Woody Allen en slip léopard - je dis léopard, mais j'entends par là, enfin je veux dire je signifie par là, comprenons-nous bien, un lycra-coton jaune-tacheté grand teint, ma foi (quoique défaillante) ressemblant fort peu à l'apanage d'un quelconque quadrupède félidé-, devant, et jaune commeuh les blés afghans aux épis phalliques et parfumés couchés par le badisad obistroz pendant que les juments sauvages y font, d'une part, maint rêve vespéral brûlé par le phénix, sans la moindre pensée émue et pleine d'une humide nostalgie pour les subtiles controverses hagiographique de 1957, et d'autre part flotter leurs crinières cendrées par le grand incendie de mon coeur enbrumé lorsque sonne l'heure de l'apéro que j'ai pris l'habitude de prendre, l'apéro, non l'habitude, ce qui nous ferait entrer dans un étrange cercle sans fin, vers onze heures du soir, allez savoir pourquoi (et il retentit comme un pet dans un clairon, même, donc j'y vais, et au trot), derrière.
Nagash


    le 08/07/2005 à 02:15:30
Il y a queque part un texte d'Anthrax sur la mort largement meilleur que ce texte de môme de sixième qui, à renfort d'une armada d'heures et de dicos, serait fier comme un paon face à ses neuf lignes pondues à la sueur de son front.
Nagash


    le 08/07/2005 à 02:20:50
Oups pardon.. j'ai un peu fais mon intrus dans la séance de séduction entre Aelez et Glaüx. Je m'éclipse, je vous laisse baiser tranquille.
Glaüx-le-Chouette


    le 08/07/2005 à 03:45:37
Non c'est bon, j'avais déjà joui.


Mais pour le texte, je trouve qu'il y a plus que le vocabulaire, comme intérêt ; il y a le rhytme et la musicalité de certaines phrases. Faut le lire à voix haute et lentement.

Alors bien sûr, y aura toujours mieux ailleurs. Mais c'est pas une pure merde. Et des momes de sixième comme ça, mon gars, j'en veux bien 30, si tu m'en trouves...
nihil


    le 08/07/2005 à 09:32:31
Ah non on va pas avoir à nouveau droit au rythme et à la musicalité putain, on a déjà dit que tout bon critique littéraire était un critique littéraire mort. C'est cyclique sur la Zone ces élans de prétention.
Nounourz


    le 08/07/2005 à 11:58:42
Nagash est du coté des auteurs morts, doit-on en déduire qu'il a le droit de faire de la critique littéraire ?
Dourak Smerdiakov


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    le 08/07/2005 à 12:02:38
"Et des momes de sixième comme ça, mon gars, j'en veux bien 30"

Tu t'es cru dans les commentaires de "Surfaces (10) reloaded", camarade ?
Nagash


    le 08/07/2005 à 12:08:05
Plus que jamais Nounourz! Je dirais même qu'un bon critique acerbe et frustré se doit d'être un auteur mort, voire pire: un auteur qui n'est jamais né.
Narak


    le 11/07/2005 à 16:56:44
un bon critique ne doit même pas être un auteur en fait.
Antrax     le 11/07/2005 à 16:58:36
si je puis me permettre, je décerne la palme (graisse de) à celui celle dont je me fous du nom mais qui a remarqué qu'il y avait une faute à putréfiées... faute d'accord donc...sinon j'arrive tout droit d'un camp d'entrainement à la survie en milieu hostile (pyrénées versant olé qué tal, du Haut Aragon plus précisément)et je crois bien que je vais y retourner... contente que mon petit exercice d'écriture automatique ai passé les x puissance q commentaires

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