LA ZONE -
Résumé : L'action se déroule au coeur d'une de ces rues sombres signalées dans le titre. Le personnage principal se fait agresser par une bande de jeunes prédateurs, ce qui déclenche une poursuite des les petites ruelles du quartier. C'est pas particulièrement bien écrit, mais on plonge facilement dans l'ambiance de violence aveugle. C'est assez réaliste, ce qui donne plus d'impact.

Mes rues sombres : rage urbaine

Le 13/07/2005
par Bobby-Joe
[illustration] Sorti fumer un petit pet, je me suis dirigé vers le chantier en construction juste derrière chez moi. Une quinzaine de pavillons dans un espace ou n’en tiendrait qu’une dizaine, ça sera sympa quand ce sera fini, on pourra vraiment parler de proximité.
Pour y arriver, je suis obligé de passer par une toute petite rue sombre qui zigzague entre différents jardins, longue d’une vingtaine de mètres mais large d’a peine un, elle est encastrée entre deux hauts murs. Boueuse, crasseuse, ça y pue l’urine et le vomit. Etant petit, j’y ai toujours redouté la présence d’un violeur mais cette fois l’appel de la beuh est plus fort, je m’arrête au milieu du petit chemin de terre et j’allume le cône en tirant fort pour ne pas m’y reprendre à plusieurs fois. Le mélange devient rouge et dégage cette odeur si particulière qui me fait frissonner à chaque fois. Finalement je préfère rester là, tranquillement dans l’ombre. J’en suis à ma neuvième latte (quand je suis seul, je les compte toujours) quand des voix résonnent et se répercutent jusqu'à moi : quelqu’un vient d’entrer dans la petite ruelle. J’hésite à partir, mais finalement je préfère rester, après tout, qu’importe que l’on me voit fumer, c’est devenu quelque chose de tellement à la mode maintenant... A ma gauche, juste au coin, apparaissent cinq lascars de fort belle espèce avec chaussettes par dessus les treillis et haut de survêtement de rigueur. “Téma le keum... Hé chef, tu me laisse tirer une latte ?” Comment sont-ils arrivés dans cette petite ville ? Je lui tends machinalement le pet, non pas par obéissance, ni par soumission, seulement par courtoisie, qui que ce soit qui m’aurait demandé une taffe, j’aurais accepté. Le sait-il ? Il l’ignore. Il n’y en a qu’un qui me parle tout en faisant tourner mon pet à ses potes. “C’est pas bien de fumer tu sais, tu va attraper le cancer” Je vais répondre, mais sans que je m’en rende compte, son poing vient de partir vers ma joue gauche. Ma tête va s'écraser contre le mur en brique derrière moi. Je m'écorche les mains en essayant de prendre appuis dessus, puis je m'étale dans la boue. “Donne moi tes thunes fils de pute.” Sans même essayer de me relever, je lui dis que je n’ai rien sur moi. Il se baisse pour tâter mes poches, je lui saisis le bras et, je ne sais comment, le tors dans un sens tel qu’il craque sous mes mains, libérant un crie de douleur de mon agresseur. Ses amis essayent de me donner des coups de pieds mais ils lancent leurs jambes au hasard et la ruelle est trop étroite, leurs Nike Air vont toutes s'écraser dans les jambes ou les parties génitales du mec qui frétille au bout du bras. Je recule dans la boue pendant qu’ils continuent à frapper leur pote qui pleure, trop affolés qu’ils sont pour savoir où ils frappent. Ils lâchent un flot de “Fils de pute” et de “enculé”. J’arrive finalement au bout des deux murs. Je me relève le plus vite possible malgré les quelques cailloux qui m’ont écorché le bas du dos pendant que je reculais. Déjà l’un d’eux marche sur son pote pour pouvoir me poursuivre. Je cours aussi vite que possible, la peur laisse certainement une odeur particulière sur mon passage. Je vais à droite, à gauche, puis à droite et encore à gauche, j’entre dans un jardin, je saute par dessus le grillage et je me retrouve dans un autre jardin, dans une autre rue. Je sort du jardin et je continue à courir, je monte la rue vers l'église, je passe devant le cimetière, je tourne en direction du parc Alfredo Macéo où je jouait étant petit, je saute la barrière qui empêche aux voitures d’emprunter la piste cyclable et je me cache dans l’un des buissons qui bordent la piste. A l’aveugle, avec une respiration bruyante, je tâte le terrain qui m’entoure à la recherche d’une pierre de bonne taille. Ma main se pose providentiellement sur une brique au moment même ou le mec qui me coursait entre sur la piste cyclable en marchant, respirant comme un boeuf, fouillant l’obscurité de ses yeux ronds. Je retiens mes poumons et j’attends qu’il arrive jusqu'a moi, qu’il me dépasse de quelques pas... Dès que j’estime la distance suffisante, je saute hors du buisson et lorsqu’il se retourne, je lui jette la brique au visage. Deux bruits sourds se suivent, l’un lorsque la brique rencontre sa tête, l’autre quand sa tête heurte le bitume. Je le fouille à la recherche de quelque chose de valeur quelconque. Quand ma main cherche dans la poche droite de son pantalon, mes doigts effleurent son sexe moulé dans un slip. Il est en érection. Fou de rage, je ramasse la brique et je l'écrase à plusieurs reprises sur l’entrejambes du mec puis sur son crâne. Je ne m’arrête que lorsque mes mains me font mal. Je me relève et je constate que, visiblement et alors que je n’y prêtais plus attention, ses potes n’ont pas pris la peine de le suivre. Je reprends silencieusement le chemin vers chez ma mère. Je traverse furtivement ma rue jusqu’a mon jardin et je rentre enfin me coucher. Ce soir ma mère était de sortie, j’avais peur qu’elle ne me surprenne en train de fumer, elle n’en a même pas eut l’occasion. Lorsque la police aura quitté les lieus, dans quelques jours certainement, après avoir mené une légère enquête, toute une bande viendra pour venger leurs deux potes. Ils seront à la recherche d’un mec qui correspondra exactement à ma description. Moi, je retourne demain chez mon père, à quelques centaines de kilomètres de là. Je viens de passer, exceptionnellement après leur divorce, un week-end chez ma mère. A tout dire, j’en suis plutôt satisfait.

= commentaires =

Narak


    le 13/07/2005 à 21:57:35
C'était pas le troisième celui ci ?
Nounourz


    le 13/07/2005 à 22:10:35
C'est réaliste, pas de problème la-dessus.
Il y a de l'action, ça change agréablement des textes introspectifs et des poésies en prose.
Ce n'est pas psychopathologique ni encombré de réflexions torturée, c'est de la violence de quotidien, très bien rendue.

Je me permets une petite remarque sur la dernière phrase pour faire mon chieur (bah oui tu croyais quoi?)
au lieu de "A tout dire", j'aurais mis "Pour tout dire " ou "A vrai dire". Ce n'est qu'un détail, mais bon, ça ne mange pas de pain de le faire remarquer.

Commentaire édité par Nounourz.
Nounourz


    le 13/07/2005 à 22:12:16
narak > si c'était le troisième, mais c'était le seul suffisament long pour être posté en tant qu'article normal, et donc en simultané avec l'introduction.

D'ailleurs pour avoir survolé les autres textes de la rubrique, je trouve dommage qu'ils soient si courts.
Dourak Smerdiakov


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    le 13/07/2005 à 22:44:41
Simple et bon, sobre dans l'éclatage de crâne, efficace et agréable.
Arkanya


    le 13/07/2005 à 23:44:22
C'est vrai, c'est trop bien d'être admin, d'ailleurs pour fêter ça je vais commenter [Surfaces]21 : Le texte est décidément super court, j'me demande si mis bout à bout les 798 articles de cette saga n'auraient pas pu en faire un seul, d'article. Et puis je suis impressionnée par ce style saccadé, c'est la première fois que je vois presque autant de points que de mots, si l'on excepte bien sûr l'oeuvre de Gawhell.

Demain, je commente "Subjective est la notion du temps" de Caligula.

Commentaire édité par Arkanya.
Dourak Smerdiakov


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    le 14/07/2005 à 00:53:01
Je vous commenterais bien la magnifique épître aux Galates, mais j'aurais peur de prétendre posséder quelque autorité en la matière.
Nounourz


    le 14/07/2005 à 01:23:25
fais nous un beau commentaire composé, on le postera en article.

mon mail : nounourz_bk@hotmail.com

ah oui, essaie de placer les mots suivants :Nihil, ta chatte ta chatte ta chatte, surnuméraire, ostentatoire, anémique. Ah, et essaie de parler de murs vivants qui bougent et tentent de dévorer le narrateur.

Enfin, si tu places le mot "solenoïde", je te ferai la faveur de mettre dans les "news" un court message (quelques lignes tout au plus mais c'est déjà pas mal) de ton choix. Sympa non ?
Glaüx-le-Chouette


    le 14/07/2005 à 12:22:42
Ben ça serait trop long pour moi, normalement, mais le style est fluide, alors j'ai lu.

C'est marrant, ça choque même pas. Ca n'est pas une critique. Ca veut dire que ça rend bien la violence banale dont tu parles.

Bon bé j'aime bien. J'ai pas eu d'érection en lisant, mais j'aime bien.
Cadarn


    le 14/07/2005 à 12:23:29
j'ai beaucoup aime, a quand la suite?
Antrax     le 14/07/2005 à 12:28:14
moi j'aime bien ce qu'il écrit ce gars là et puis il est sympathique en plus, je me demande si.... non rien !
Dourak Smerdiakov


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    le 14/07/2005 à 14:13:54
Je refuse d'être dans des saloperies de "news".
Kirunaa


    le 14/07/2005 à 14:18:42
et dans les весточка ?
Dourak Smerdiakov


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    le 14/07/2005 à 15:58:11
C'est acceptable, mais je refuse de toute manière de placer le mot Nihil dans un commentaire sur l'épître aux Galates.
Nounourz


    le 14/07/2005 à 16:18:26
pfff ces auteurs alors...
je me casse le cul pour leur trouver une activité littérato-ludique, et voila qu'ils me crachent dans la soupe.

vous n'êtes que des ingrats.
Dourak Smerdiakov


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    le 14/07/2005 à 17:26:02
Mais je suis déjà dans une période d'activité bouillonante, puisque je suis en train de me demander si je ne vais pas envisager de chercher une idée pour éventuellement participer à ce concours foireux sur les vampires. Foireux parce que je n'ai pas de lecteur DVD et que je ne veux pas en avoir et que je trouve lamentable qu'ARTE encourage le consumérisme, de même qu'il est scandaleux d'exiger que les textes remis par courriel soient dans un format propriétaire.
Kirunaa


    le 14/07/2005 à 19:56:27
Doukinet, je t'es déjà dit que t'étais vraiment cekc quand tu dis 'scandaleux' ?
Dourak Smerdiakov


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    le 14/07/2005 à 21:00:40
Je vais supposer que c'est à moi qu'on s'adresse.

Non.
Nounourz


    le 15/07/2005 à 02:39:16
cekc = c'est kc (cassé) ??
c'est un nouveauy bricedenicisme?
Dourak Smerdiakov


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    le 15/07/2005 à 12:17:37
Je pense qu'elle parle de l'état d'excitation sexuelle dans lequel la simple évocation du scandale plonge certains êtres dépravés.
Kirunaa


    le 15/07/2005 à 13:27:23
Ouais c'est ça.
Le scandale, ça me plonge dans la dépravation.
Antrax     le 15/07/2005 à 14:44:05
moi le contraire

(dourak c un putain de hipi!)
Kirunaa


    le 15/07/2005 à 15:03:16
(N'empêche, rien que son nom me fait pousser des petits cris)
Dourak Smerdiakov


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    le 15/07/2005 à 15:08:34
Vous êtes vraiment des êtres répugnants.
Kirunaa


    le 15/07/2005 à 15:09:15
Merci
Nagash


    le 23/07/2005 à 01:26:05
J'ai bien aimé mais au contraire de ce qui a été dit je trouve ca pas très réaliste sur certains points. Notamment les branleurs qui sont assez nases pour ne même pas savoir où ils tappent.
Enfin des nases comme ca doit exister su rla planète..mais bon..
Et puis je trouve que la fin fait très happy end naive à souhait.
Ca atteint totalement le réalisme et en même temps le côté sombre justement..
Bref je trouve que ca fai tun peu spiderman. Ca aurait été bien plus glacial si le héros avait tout simplemen tété perdant comme c'est souvent le cas en ce genre de situation..
Sinon c'est super fluide à lire, pas de problèmes là dessus.
Dourak Smerdiakov


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    le 23/07/2005 à 16:14:50
Téter perdant, c'est une expression qu'on utilise par chez toi, ça, Nagash ? C'est joliment imagé, mais je n'arrive pas à m'aider du contexte pour en deviner la signification.

Lapinchien


tw
    le 24/07/2005 à 12:01:38
Téter perdant, une belle image ? Je trouve çà au contraire écoeurant, çà voudrait dire maladroitement qu'on est un looser par atavisme... Maladroitement car encore une fois comme au moyen age toute la faute et les tares du nourisson seraient rejetées sur le dos de la pauvre mère qui donne le sein, comme si le lait maternel était un poison, le vecteur d'une malédiction... Alors qu'on sait très bien qu'il n'en est rien, aucune information de ce type n'est véhiculée via les gougoutes d'une maman... Au pire, tout au plus, le lait pourrait-il souffrir d'une composition déséquilibre ce qui induirait chez le nourrisson une carence en calcium par exemple, lors de sa croissance, s'il n'a pas d'apport autre, il aurait une ossature fragilisée... Mais cela, ne ferait pas de lui un perdant pour autant... Il y a de très grands hommes dans notre histoire qui ont souffert d'un mauvais apport journalié en calcium ,qui sont devenus illustres et ont même accèdé à l'éternité dans la mémoire collective. Au delà de cette maladresse, dans la métaphore "téter perdant", il y a aussi un puissant message nazi qui me dégoute, comme s'il y avait des peuples perdants et des êtres superieurs . çà ouvre aussi ignominieusement la perspective d'un débat sur le calibrage des seins féminins, il se dessine une théorie puante autour de la standardisation du téton, qui ouvre à nouveau une autoroute à la puissante secte suisse ISO qui est notre ennemie je vous le rappelle soit dit en passant, car à terme son but est de dominer le monde en transformant les humains en robots...
Nourz     le 24/07/2005 à 12:23:26
afin de rendre ce site plus ouvert sur le monde, voici la traduction de la réponse de lapinchien en néerlandais :

Verliezende Téter, een mooi beeld? Ik vind çà integendeel doend walgen, çà zou willen onhandig zeggen dat men looser per atavisme... is Onhandig want nog eens zoals aan de Middeleeuwen zouden de hele fout en tares van nourisson op de rug van de arme moeder verworpen worden die het midden geeft, alsof de moedermelk een gif, de vector van een vervloeking... was Terwijl men zeer goed weet dat dit is niet het geval, wordt geen enkele informatie van dit soort via gougoutes van een mama... vervoerd Aan zou de slechtere, hoogstens, melk aan een samenstelling uit zijn evenwicht brengt kunnen lijden wat bij nourrisson een gebrek aan calcium bijvoorbeeld, bij zijn groei zou afleiden, als hij geen andere inbreng heeft, hij zou hebben een breekbaar gemaakt skelet... Maar dat, zou van hem geen verliezer nochtans... doen Er zijn zeer grote mannen in onze geschiedenis die hebben geleden aan een slechte inbreng journalié in calcium, die beroemd zijn geworden en zelfs aan de eeuwigheid in het collectieve geheugen accèdé. Over deze onhandigheid, in de metafoor "téter verliezer", is er eveneens een machtig nazi bericht dat dégoute me, alsof er volkeren verliezers en wezens superieurs waren. çà eveneens ignominieusement opent het vooruitzicht van een debat over het kalibreren van de vrouwelijke middens, hij zich tekent een theorie af puante rond de standaardisatie van de borst, die opnieuw een autoweg aan de machtige Zwitserse secte ISO opent die onze vijandig ik u het herhaalt terloops is, want op tijd zijn doel is de wereld te beheersen door menselijk in robotten te veranderen...

Nounourz, solidaire des pays bas.
Dourak Smerdiakov


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    le 24/07/2005 à 15:29:24
Tu n'y es pas du tout, Lapinchien.

Je pense que Nagash est un réfugié vietnamien, et que la graphie correcte serait "Têt-er" perdant, c'est-à-dire qu'il s'agirait de se retrouver perdant au sortir de la période du nouvel an. C'est une belle image, car elle évoque une défaite historique de l'impérialisme anglo-saxon.

De toute manière, j'aimerais te rappeler qu'une nourrice n'est pas forcément une mère, et réciproquement, mais aussi que l'allaitement n'est pas l'unique occasion de téter, ou que l'on peut téter un biberon de lait artificiel, par exemple.

Par ailleurs, cette expression, si elle se réfère effectivement à l'allaitement, peut très bien être issue de l'observation du monde animal : le chiot qui tète perdant serait cet individu plus faible que les autres qui ne parvient qu'à grand peine à se frayer un chemin vers des mamelles impitoyablement asséchées par la soif de ses frères et soeurs. Image tragiquement belle, dont le pathétisme me bouleverse.

Dans tous les cas, j'estime que ton interprétation manifestement biaisée devrait t'amener à considérer si tu ne souffres pas, consciemment ou non, de rapports conflictuels avec ta propre mère qui s'exprimeraient par une perception négative des images liées à l'allaitement, ou de manière générale par une répugnance envers les déterminismes génétiques. Je te souhaite bonne chance dans ta lutte contre tes démons intérieurs.


Nagash


    le 29/07/2005 à 18:47:59
Dourak, tes (très) brefs éclats de génie m'étonneront toujours.

"Téter perdant" ca peut aussi tout simplement vouloir dire que ce qui est agréable sur le coup n'est pas forcément bénéfique sur le terme. Qu'à trop s'accrocher à son cocon on finit par avori la peau tellement douce que la moindre éraflure devient hémorragie.
Dans le contexte du texte ca pourrait également signifier qu ele héros aurait pu davantage se rassasier de son propre sang. Téter ses entrailles. Sucer goûlument sa destruction, mordieller le nichon exaltéet se rassasier de son goût froid et métallisé jusqu'à satiété, sentant entre ses lèvres le trouble endurci et liquide non pas de la mère, mais de la mort.


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