LA ZONE -
Résumé : La vieille parodie Anti antichambre, réalisée à quatre à partir d'un texte d'Amanite, reste un bon souvenir pour ses participants et ses lecteurs. Aka, seule survivante de cette époque lointaine a relancé la même initiative avec trois autres crétins. Résultat, une parodie cistercienne et apostoholique du texte 'un soir, tous les soirs' de Womble. Bon moment de rigolade, bon esprit.

Essore, tousse et sors

Le 30/03/2006
par Aka, Glaüx-le-Chouette, Narak, Nounourz
[illustration] [ndnihil : parodie directe du texte de Womble, 'Un soir, tous les soirs'. Le texte d'origine est reproduit ici en marron, les passages parodiés en noir.]
La nuit. La nuit et le froid. Les réverbères étalent implacablement leurs lumières blafardes sur les trottoirs et les murs de la ville endormie.
J’enfile ma jupe par-dessus mes bas. Je réajuste le porte-jarretelles. Ceinture, fine en cuir cloutée. Top « FCUK » noir à col déchiré. Escarpins. Une Vodka sèche. Passage par la salle de bain. Maquillage. Retour sur la Vodka. Je dissimule mon visage sous ma nouvelle mèche platine et mes lunettes de soleil qui couvrent mes pommettes jusqu’aux sourcils.


Glaüx

La nuit. La nuit et le froid. La chandelle étale sa lumière blafarde qui gigote sur les murs décrépis de ma cellule et les icônes de la Vierge à l’enfant.
J’enfile ma robe de bure qui gratte sur mes cuisses musculeuses par-dessus mes bas en laine argentés. Je réajuste la cape noire. Chapelet fin en perles d’os de Saint Gontran. Crucifix « Mass Christik » noir à Jésus chromé. Chaussures de scout.
Un petit verre d’eau bénite. Passage par la sacristie. Je sniffe une ligne de poudre de hanche de Sainte Frénégonde. Retour à l’auge à eau bénite. Je dissimule mon visage derrière la grande Bible que j’empoigne et le tissu de ma cape qui descend en flottant lourdement jusqu’aux sourcils.

Mon sac est sur le lit défait. Cigarettes, deux paquets. Briquet, de toute manière on me les allumera. Argent, 400€ devraient suffire. Je reprends 50 pour le taxi. Papiers, gloss, shit. Tout y est.

Je me penche dans l’escalier. Ma mère est dans le salon, elle regarde la télé. Je sors discrètement. La porte claque derrière moi. Tant pis. La voiture est déjà dans la rue.


Narak

Ma besace est sur le lit défait. Encens religieux aux saints effluves du peuple de l’évangile, deux paquets. Briquet, de toute manière on me les allumera. Argent, 4000 devraient suffire, car notre sainte mère l’église nous enseigne à vivre dans le dépouillement. Je reprends 50 pour le taxi. Ostie, capotes anglaises, une bonne carafe de sang de christ. Tout y est.

Je me penche dans l’escalier. Mon Père est dans un confessionnal en merisier en train de s’astiquer furieusement devant l’évangile selon Saint Luc. Je sors en essayant de pas déraper dans une merde de clébard avec mes sandales romaines. La porte claque derrière moi. Et j’ai oublié les clés. Tant pis, La voiture est déjà dans la rue.

Thomas, Aurélien, un autre type que je ne connais pas qui embrasse langoureusement une pouf’ en mini-jupe plissée avec bottines et top « Dior ». Cette conne n’a même pas de bas.
Les lumières défilent derrière les vitres teintées de la BMW. Thomas conduit toujours trop vite. Je lui dis :
« M’en fout. Réponds-t-il distraitement. Les amendes c’est comme la caisse et l’essence, c’est mon daron qui crache. »


Aka

Frère Jean-Pierre, frère Armand, un autre gueux que je ne connais pas qui disserte des comportements déviants chez les scientologues avec une nonne en mini soutane plissée et cornette « mère Thérésa ». Cette hérétique n’a même pas de croix. La salope.
Les lumières défilent derrière les vitres de la 4L. Jean-Pierre a l’air d’un con. Je lui dis :
« M’en cogne. Répond-t-il distraitement. Le Seigneur m’a fait à son image, j’ai peut être sa sale gueule, mais au moins j’ai sa grosse bite. Amen »

Aurélien depuis la banquette arrière me tend le joint qu’il avait pris des mains de Thomas. Je tire à plein poumon, retient ma respiration un instant puis recrache lentement la fumée qui obscurcit l’intérieur de la voiture. Derrière les deux autres se bécottent toujours, la fille est visiblement partie pour un tour gratuit des amygdales de son copain.
- « Putain, tu fais chier à fumer comme un phoque, j’y vois rien. » Thomas.
- « Oh ta gueule, comme si t’étais pas content d’en profiter. »


Nounourz

Frère Armand, depuis la banquette arrière, me tend un bâtonnet d’encens qu’il a pris dans la sacoche de Jean-Pierre. Je reste perplexe : il aurait pu le garder, je ne comprend pas pourquoi il tient tant à me le refiler. En plus, je n’aime pas cette marque. Vraiment pas. Tandis qu’il se consume ; j’essaie tant bien que mal de retenir mon souffle, de ne pas respirer cette fumée nauséabonde. L’odeur m’incommode trop, je commence à avoir la nausée. Je crois que je vais vomir…Il faut vraiment que j’ouvre la fenêtre. Derrière, la discussion s’enflamme. La soeur subit un implacable assaut rhétorique de la part de son adversaire, son interlocuteur est manifestement parti pour lui asséner avec force détails un argumentaire précis et détaillé, répertoriant les raisons de jeter l’anathème sur ces maudits scientologues.
« Ferme cette putain de fenêtre, on se les gèle, et puis tu fais partir tout l’odeur de l’encens ». Jean-Pierre.
« Si je ferme cette fenêtre, je gerbe dans la minute qui suit. Tu veux faire l’essai ?... »

- « Non mais vous faites chier. Vous avez envie de sodomiser un camion ce soir ? »
- « Je suis pas contre, s’il me prend après » Aurélien, gay comme jamais.
Rires, que ne partage pas Thomas. Les deux du fond recommencent à s‘embrasser. La fille a glissé sa main dans le pantalon du mec.
Thomas fait la gueule. Ca m’énerve, il va me foutre en l’air ma soirée. Je lui dis.
- « Bordel Thomas commence pas, c’est chiant »
- « Laisse, il est vénère parce qu’il a plus de Cé » Lance Aurélien, mi-figue, mi-raisin.
- « S’il ne s’agit que de ça… » Laisse-je glisser.
- « Quoi, t’as un plan ? » Me dis Thomas, en se tournant vers moi au mépris de la route qui défile de plus en plus vite devant lui.


Glaüx

- « Non mais vous faites pleurer l’enfant Jésus. Vous avez envie de vous vautrer dans les délices coupables de Sodome avant les vêpres ? »
- « Si licet, mihi placet, si du moins le bruit ne s’en répand point », répond Armand, Jésuite comme jamais.
Rires, que ne partage pas Jean-Pierre. Les deux du fond recommencent à construire des controverses sur la nécessité de réunir un concile en cas de solécisme dans une Bulle papale ou la nécessaire tempérance des judicia face à l’autorité pontificale, au contraire. La soeur vient de se tromper de boules en tripotant son chapelet qu’elle avait posé sur l’entrejambe de la robe de son voisin.
Jean-Pierre prend un air de martyr. Ca m’irrite, il va me péter mon allégresse ce Capucin de mes fesses. Je le lui dis.
- « Par Christ Roi Jean-Pierre ne commencez pas, c’est éreintant. »
- « Laisse, il doute parce qu’il a perdu la Foi » lance Armand, mi-Dieu Vengeur, mi-Dieu de Paix et d’Amour.
- « S’il ne s’agit que de ça... » laissé-je glisser.
- « Pardon ? Doutes-tu, toi aussi, mon frère ? » me dit Jean-Pierre, en posant sur moi les yeux de la pitié au lieu de les garder pour cette putain de route pavée de mauvaises intentions qui défile de plus en plus vite sous les roues de la 4L de 1972.

Je me renfonce dans le siége. Les avenues se succèdent derrière la vitre teintée de la voiture. Je ne reconnais plus les noms. A la taille des artères, au monde dans la rue, on se rapproche.
Je me sens bien, une douce chaleur m’enveloppe. La musique « 2 Million ways - C Mos» forme un tampon qui isole mon cerveau de toute pensée négative.
Ne pas penser négativement. Ce sera une bonne soirée. Meilleure que la dernière. Le plan ne foirera pas. Le Dj sera bon. Les chiottes ne seront pas blindées. Aucun looser ne me draguera. Bien sûr ils voudront tous le faire. Mais ils ne me dragueront pas, ils ne m’approcheront pas. Ils ont trop peur de mon image.
- « Hey ! Je t’ai demandé si t’avais un plan. Fais pas la perso, t’es bien contente quand je t’assure, non ? »
Il n’a pas apprécié que je ne réponde pas à sa question. Le con a déjà dû s’enfiler deux Xanax, ou une bonne dose d’alcool, ou les deux. Ses Ray-Ban dissimulent mal ses yeux cernés. Ca doit faire un bout de temps qu’il est en rade, il a vraiment l’air à cran.


Narak

Je me renfonce sur le cierge. Les paroisses se succèdent derrière l’unique vitre branlante de notre véhicule. Je ne reconnais plus les noms de leurs évêques, mais à la taille des veines sur ma bite, et au nombre de pécheurs sur les chemins, on se rapproche.
Je me sens bien, la bienveillance de Jésus est en moi. La musique « Du sang répandu sur la croix » forme une sorte de petite boule de mie de pain asime qui me bouche le tympan et libère mon âme de toute crainte.
Libérer mon âme. Le pèlerinage sera accompli. Meilleur encore que celui que nous effectuâmes à Saint Jacques de Compostelle. La messe sera dite. Le prêtre sera vibrant d’émotion dans son sermon. Les confessionnaux seront vides. Le silence règnera dans la nef christique. Et aucun obstacle ne sera mis sur mon chemin par le malin. Car il craint notre Seigneur. « Hey ! Je t’ai demandé si t’avais un plan de la cathédrale de Chartres. Fais pas la perso, t’es bien content quand je t’assure avec un taux exceptionnel de 20%, non ? »
Il n’a pas apprécié que je ne réponde pas à sa question. Le con a déjà dû s’enfiler deux Osties ou une bonne dose de sang christique, ou les deux. Sa robe dissimule mal ses testicules remplis par la foi. Ca doit faire un bout de temps qu’il est prêtre, il a vraiment l’air à cran.

- « Ouais, j’ai un plan »
- « Combien ? » Thomas, mâchoires serrées regarde devant lui. C’est à dire la route. Ses doigts jouent nerveusement sur le levier de vitesse.
- « Deux meujs, au moins. Peut-être plus. »
Il ne répond rien. Son visage semble moins crispé. Ses doigts ont cessé de jouer et se saisissent du paquet de cigarettes sur la plage avant. Il en colle une dans sa bouche et la main gauche toujours sur le volant, regardant le briquet qu’il tient dans sa main droite, il l’allume, tire une latte distraitement et se penche légèrement en avant, tournant la tête de trois-quarts vers moi avec une petite moue des lèvres au coin desquelles est fiché sa cigarette. Posture James Dean, un classique de Thomas. Je soupire, manipule distraitement mon portable que j’ai extirpé de mon sac. Pas de nouveaux messages. Connards de dealers. Je remets la chanson précédente et monte encore le volume de la chaîne. Je sors un joint déjà roulé de l’étui à cigarette où je ne range que mes joints et me l’allume. Même schéma.
Longue bouffée. Apnée. Expiration.
Nouveau nuage de fumée dans la voiture déjà très embrumée. Thomas ne dit rien. Il a recommencé à regarder la route. Il a ralenti. Il cherche un endroit où se garer.


Aka

- « Oui Mon Frère, j’ai un plan. Par la Saint Père »
- « Combien ? » Jean-Pierre, le cul serré, regarde devant lui. C'est-à-dire la route, logique. Ses doigts jouent nerveusement sur son chapelet, il a peur que je le couille sur ce coup.
- « La cathédrale de Chartres, déjà. Et les chiottes de celle de Reims, c’est cadeau. »
Il ne répond rien. Son visage est carrément extatique. Ses doigts ont cessé de jouer et se saisissent du paquet d’encens sur la plage avant. Dans un pur moment de transe, il s’en colle un dans la bouche et la main gauche toujours sur le volant, regardant le briquet qu’il tient dans sa main droite, il l’allume, tire une latte distraitement et se penche légèrement en avant, tournant la tête de trois-quarts vers moi, il hurle : « TA MERE SUCE DES BITES EN ENFER ». Posture l’Exorciste, un classique de Jean-Pierre. Je soupire, manipule discrètement une Bible que j’ai extirpée de ma besace au cas où ce con se mettrait à me parler en araméen. Mais il n’a pas l’air de se décider à le faire. Quel connard ce Jean-Pierre.
J’ouvre le Cantique des Cantiques et me mets à chanter à tue tête. Ca ne me soulage pas alors je sors des orties de mon nécessaire à flagellation. Même rituel.
J’ai péché. J’expie.
Nouveau nuage de fumée, Jean-Pierre s’en est refait un petit. Mais il a fermé sa gueule. Sa tête a retrouvé un axe logique. Il a ralenti. Il cherche un endroit où se garer.

On est arrivé. La file s’allonge devant la boîte. Des loosers surtout, cols relevés, Westons. Les filles ont toutes sortis leurs bottines-jupes. Rien que du griffé. Rien que du dépassé. Du bétail à boîte, dressé pour obéir aux dogues qui gardent l’entrée. Je remarque tout de même une ou deux jolies filles et un mec, un grand brun que je crois reconnaître.
Thomas passe le long de la file comme si elle n’existait pas. Dans la pénombre il est méconnaissable et je vois le vigile le guetter comme une proie appétissante. Son œil reflète déjà le plaisir animal qu’il prendra à voir la déception briser son assurance de jeune coq.
Le dogue s’apprête à ouvrir sa gueule quand Thomas passe sous l’éclairage de l’entrée. Signe du vigile. Derrière lui, nous rentrons.
Justice inique, le bras du vigile s’abat juste derrière Aurélien, qui ferme la marche, et bloque les trois filles qui ont essayé de nous suivre. Piaillements derrière nous. La voie en forme de grondement menaçant du vigile les réduits au silence.


Nounourz

Nous sommes arrivés. Une file de pénitents s’allonge jusqu’aux lourdes portes de la cathédrale. Des pécheurs. Les nonnes ont sorti leurs bottes de caoutchouc, en raison de la pluie battante. Des bottes marron, avec lesquelles elles traversent les flaques sans mouiller leurs robes noires. Du bétail à confessionnal, dressé pour suivre la voie du Seigneur dictée par les saints évangiles. Il me semble reconnaître deux sœurs et un prêtre parmi la foule.
Jean-pierre passe le long de la file comme si elle n’existait pas. Son visage efféminé semble si mystérieux à la lueur des cierges, je vois au loin l’évêque le guetter avec un regard concupiscent. Son œil reflète déjà la nature scandaleuse des outrages qu’il espère lui faire subir, à l’abri des regards indiscrets.
Il essuie un filet de bave a la commissure de ses lèvres et, arborant un sourire carnassier, s’apprête à nous arrêter. L’archevêque qui se tenait derrière lui murmure quelque chose à l’oreille ; il se ravise et nous pénétrons dans la bâtisse.
L’évêque referme la porte derrière nous, barrant l’accès aux trois nonnes qui ont essayé de s’incruster à notre suite. Nous entendons des gloussements de protestation, un « vos gueules bordel ! », deux bruits de coups sourds, celui de corps qui s’écroulent. Puis le silence.

Vestiaire. Pas de vestiaire, c’est pour le bétail.
Intérieur de la boîte. Il fait moite. L’odeur de la cigarette se mêle à celle de l’alcool et de la sueur de ces corps pressés les uns contre les autres. Les hauts-parleurs produisent un hurlement indistinct « Avalon - Juliet » en remix je crois. Le sol est maculé d’un mélange d’alcool renversé, de cendres de cigarette, de papiers diverses et de tout ce que les semelles ont pu rapporter de la rue.
Je regarde autour de moi. Toutes les tables sont occupées. J’allume une cigarette et me tourne vers Thomas.
- « Je veux une table »
Il me regarde, l’incompréhension se lit sur son visage. Je vois sa bouche former une interrogation que je ne distingue pas. La musique.


Glaüx

Bénitier. Tiens, il est sculpté. Je caresse nonchalamment le petit ange rebondi et ses cuisses potelées en me lavant les mains. Pas d’essuie-mains, c’est pour les cuisines du diable.
Intérieur de la cath’. Il fait moite comme dans un cul de capucine. L’odeur de l’encensoir géant en forme de coquille Saint-Jacques (on est sur la route de Compostelle) se mêle à celle de la cire fondue et du vin de messe renversé sur les mentons des fidèles. Les grands orgues lâchent un splendide et couillu Agnus Dei au double du tempo, l’organiste est sous trip, il ajoute des trilles et des riffs de Trash, et gueule « Avalon - Juliet » en remix je crois. Le sol est maculé d’un mélange de cire, de cendre d’encens, d’avions en papier bible et de tout ce que les sandales ont pu rapporter du monde des païens, aussi. Je regarde autour de moi. Tous les prie-dieu sont occupés, fait chier la bite. J’allume un cierge pour le fun, parce que je m’emmerde et que je les paye pas, je suis de la maison, et me tourne vers Jean-Pierre.
- « Je veux un prie-dieu. »
Il me regarde en Christ, les ténèbres de l’obscurité du sombre Erèbe se lisent dans l’incompréhension de son regard de moule en stuc. Je vois sa bouche former une interrogation en cul de poule que je ne distingue pas, et je me dis intérieurement que de toutes façons, je parle pas aux culs, fussent-ils de poule. La musique.

- « JE VEUX UNE TABLE » Je hurle.
Il me regarde et je crois lire comme un éclair de frustration dans ses yeux. Je sais qu’il est à mes pieds. Je tiens ses couilles. Sans moi, il n’y aura personne pour les lui vider ce soir. Et ce n’est pas dans cette boîte qu’il trouvera une pouf’ prête à lui faire ce que je lui fais. Il se penche vers moi.
- « Je vais au bar. Trouve ton plan. » Il crie.
Je le vois s’éloigner. Je me retourne vers la piste de danse. La fille et le mec qui nous accompagnaient ont disparu. Aurélien danse contre un mec qui lui tient les fesses. Ses yeux fermés, la tête levée vers le plafond, indiscernable, de la boîte, en pleine extase. Je sais qu’il pense déjà au mec en train de le pénétrer.
Les lasers strient de lignes lumineuses la pénombre vaporeuse de la boîte. Les parois mouvantes qu’érigent les basses semblent plus palpables que la marée de corps qui s’agitent en une houle pressée sur la piste.
Je circule entre les tables. Des T-Shirts griffés collés par la sueur à même des peaux soigneusement bronzés se pressent les uns contre les autres autour de minuscules ronds de métal. Les têtes sont proches. Lèvres, oreilles, lèvres, verre, lèvres, lèvres. Des bouches rient, réduites au silence par la musique. Je sens des mains effleurer mon cul. Impossible de trouver ce connard de dealer.


Narak

- «JE VEUX UN PRIE-DIEU » Je hulule.
Il me regarde et je crois lire comme un éclair de lucidité dans son regard d'ébahi apocalyptique. Je sais qu’il m’est fidèle. Je connais ses péchés. Sans moi, il n’aura personne à qui confesser ses ignobles pensées. Et ce n’est pas dans ce confessionnal qu’il va trouver un prêtre aussi…Mmmh attentif que moi et prêt à lui faire ce que je lui fais. Il se penche vers moi en retenant son vomi entre ses dents
- « Je vais à l’autel. Trouve ton plan. » Il vomi.
Je le vois s’éloigner en titubant. Je me retourne vers la nef. La sœur et le frère qui nous accompagnaient ont disparu. Armand danse contre un curé de campagne qui le soutient dans sa quête du christ. Ses yeux écarquillés, la tête levée vers le plafond comme un putain de zombie vaudou, en pleine extase. Je sais qu’il pense déjà au curé en train de le convertir grâce à son crucifix de belle taille.
Les bougies strient de lignes lumineuses la pénombre vaporeuse de la cathédrale. Les parois mouvantes qu’érigent les cuivres vibrant de foi de l’orgue semblent plus palpables que la marée de corps qui agitent la tête au son des « amen »
Je circule entre les bancs. Des soutanes collés par la sueur à même des peaux soigneusement scarifiées au gant de crin se pressent les uns contres les autres face au seigneur. Les têtes sont proches. Lèvres, oreilles, lèvres, croix de lorraine, lèvres, lèvres. Des bouches beuglent sans que personne ne les entende, réduites au silence par la clameur enfiévrée. Je sens des mains qui se tendent vers la rédemption. Impossible de trouver ce connard de Saint Père.

Je retrouve la piste de danse. Je distingue Aurélien. Il embrasse voluptueusement son cavalier. Peut-être plus le même. J’entrevois que celui-ci lui palpe maintenant l’entrejambe. Aurélien apprécie et se ressert contre lui.
Cigarette. Je me dirige vers les toilettes. Directement dans celle des hommes. Deux mecs prennent l’air outrés tandis que je les regarde se soulager contre la paroi en marbre des pissotières. Je les ignore. Toujours pas de dealer. Je commence à perdre patience. Je passe chez les filles. Trois pouf’, deux blondes et une brune se remaquillent. Une des deux blondes se touche nerveusement la narine. Penchée vers le miroir, elle semble guetter un signe. Il doit y avoir de la Cé dans le coin, à moins que ce ne soit la sienne. Je suis sur le point de lui demander où elle l’a trouvé quand Eric sort d’une cabine, précédé d’une rousse de taille moyenne, visiblement défoncée.


Aka

Je m’enfonce plus profondément dans la nef. Je crois distinguer la silhouette de Père Armand. Il acquiesce très violemment aux sermons du campagnard. Un bourguignon je pense. Ou pas. Mais celui-ci lui sniffe le cul, une putain de coutume de bouseux. Armand apprécie et remonte un peu plus sa soutane.
Encens. Je me dirige vers les confessionnaux. Directement dans ceux qui sont occupés. Deux crétins se signent tandis que je les regarde se comparer la taille des silices. Toujours pas d’archevêque. Je commence à me taper la tête contre les murs frénétiquement. Je passe dans le confessionnal voisin. Trois clampins, deux jésuites et un capucin, sautillent frénétiquement. Un des deux jésuites se touche de manière hérétique tout en regardant le plafond, il semble guetter un signe. On doit réceptionner les ondes du Seigneur dans le coin, à moins que son saint organe ne lui serve directement d’antenne. Je suis sur le point de lui demander si il peut pas me la mettre dans l’oreille pour que j’en profite quand je vois carrément le Saint Père sortir de la cabine d’à côté, précédé d’une Mère Supérieure à poil, visiblement transcendée.

- « Éric » La musique est moins forte, plus indistinct, je peux presque parler normalement.
- « Vient » Il me sourit. Je suis une régulière.
Il m’entraîne dans une cabine sort un petit flacon où il plonge une petite cuillère qu’il me tend.
- « De la végétale »
Je place la cuillère sous ma narine droite, me bouche l’autre. Renifle un grand coup. La cocaïne me pique la narine.
- « Bien. Tu peux m’en filer trois ? »
- « 250...Parce que c’est toi »
Je lui file son fric, dépose un baiser sur ses lèvres et sort de sa cabine. Mon cœur accélère, le rush. Un bon plan. Je sors des toilettes. J’ai chaud, je me sens bien. Mes mouvements sont parfaits. Mon corps ne dégage que grâce et beauté. Je sens le troupeau me regarder. Ils n’osent pas m’approcher. Ils me désirent mais ils ne peuvent m’avoir. Je les domine.


Nounourz

- « Saint Père » La ferveur des fidèles semble se calmer, si bien que je peux converser avec lui sans avoir à hausser exagérément le ton.
- « Venez » Il esquisse un rictus qui laisse apparaître des dents entre jaunâtre et brun clair. Ma Foi n’est plus à prouver, de toute façon.
Il m’entraîne dans un confessionnal, sort un tube en carton duquel il extrait un parchemin qu’il me tend.
- « La Cathédrale de Chartres, échelle 1/10 000, mise à jour de 1697, pour plus de détails allez sur www.christianmappy.com »
J’observe minutieusement cette authentique reproduction numérique du célèbre bâtiment. La carte est ornée de magnifiques enluminures pixellisées représentant des moines s’accouplant avec divers animaux, et des repères permettent de situer les endroits les plus adaptés aux flagellations.
- « Je vous remercie infiniment. Oserais-je demander à Sa Sainteté le guide Vaticano-Mongolien de la cathédrale de Reims, ainsi que deux tickets pour la rando-visite de l’abbaye de Citeaux à dos de dromadaire ? »
- « Pour cela, je vous saurai gré de bien vouloir vous occuper avec douceur et tendresse de mon saint organe ci-présent en érection… puisque c’est vous, avalez ma sainte semence ne sera point nécessaire »
Sa sainte Bite n’a pas du voir de sainte douche ni de saint savon depuis plusieurs semaines. L’odeur me pique les yeux, et son goût me soulève l’estomac… Oh mon dieu… Je crois que je… Je vais… BUEEARGHH ! Houla me voilà dans de beaux draps. Je masturbe son membre dans mon vomi encore tiède, le contact visqueux semble le stimuler efficacement et il vient entre mes mains en poussant un râle de satisfaction en latin de cuisine. Je sors du confessionnal. L’amour du Très Haut inonde mon cœur, mon allégresse n’a plus de limites. Je sens ma foi s’exacerber au plus haut point. Dans le regard des fidèles, je lis le désir brûlant de me canoniser sur-le-champ. Comme Jésus notre seigneur, ils voudraient nettoyer mes sandales avec leur langue. Entre la merde dans laquelle j’ai marché et le vomi dans lequel je viens de patauger, autant dire qu’ils vont être servis. Ma piété rayonnante les irradie.

Je ne les regarde pas. Je me dirige vers le carré VIP. Le vigile m’empêche de passer. Je lui cri que je rejoint quelqu’un. Je regarde par-dessus son épaule. Pas de signe de Thomas, ni d’Aurélien, ni des deux autres. Je me retourne. Ils sont à une table avec deux autres filles. Des poufs peroxydées habillées presque pareil. Méprisable. Ce looser n’est pas rentré au carré et, en plus, il drague ces connes. Mais qu’est-ce que je fous avec lui.
Je m’approche de la table. Il me remarque. Inconsciemment, ses yeux ont accroché d’abord mon cul, puis mes seins, avant qu’il ne regarde mon visage et ne me reconnaisse. Ses yeux n’expriment aucune culpabilité, juste un vague désir. Il semble anxieux. D’un signe de tête je confirme ce qu’il attendait. Il se lève, s’excuse en bredouillant quelques mots que personne n’entend. Je regarde la piste de danse en tirant distraitement sur ma cigarette. Tout va bien je suis sous coke. Les deux pouf’ nous regardent médusées, c’est tant mieux.
Thomas traverse la boîte presque au pas de course. Je le suis tranquillement, ignorant tout ce qui m’entoure. Une jolie brune qui passe laisse traîner sa main sur ma cuisse. C’est une des filles que j’ai remarquée à l’entrée. Je sens un léger frisson me parcourir. Ca fait longtemps.


Glaüx

Je les méprise néanmoins comme un Dieu de l’Ancien Testament, le Dieu pardon, LE Dieu, bordel, j’espère que la cathédrale est pas sur écoute divine. Je me dirige vers le Saint des Saints. Tout à coup un éclair resplendissant fracasse l’espace au-dessus de l’autel ; je ferme les yeux et les rouvre, une lumière est restée. Persistance rétinienne ?
Non. C’est ce connard d’Esprit Saint. « Service VIP sécurité on passe pas », qu’il me sort, l’Empaffé, et il m’empêche de passer. Je lui crie, bras en croix, que « putain mais fais pas chier mémé je rejoins Dieu là ! »
Je regarde par-dessus l’aura de son épaule. Au fond de la nef, pas de signe de Jean-Pierre, ni d’Armand, ni des deux autres. Je fais un salto carpé mais je me vautre à cause de la soutane, mais je ne m’en retourne pas moins. Ah. Ils sont à un banc avec deux enfants de choeur.
Des petits puceaux, enfin puceaux j’en doute, mais des petits gniards avec des cheveux fous et blonds habillés en blanc (c’est contre les taches). Méprisable. Ce païen n’est pas passé derrière l’autel et en plus il cède à l’amour terrestre avec ces pompes à curé. Mais qu’est-ce que je fous avec ça. Je m’approche du banc, en boitant un peu parce que je me suis fait mal en me beugnant dans le salto.
Il me remarque. Inconsciemment, ses yeux ont accroché d’abord ma croix, puis la chaîne du chapelet qui descend dans son prolongement, puis la bosse dans ma robe de bure, parce que l’excitation de la chute et puis d’avoir vu l’Esprit Saint, quand même, ça a des conséquences temporelles ; alors il remonte à mon visage, bouche déjà bée, et me reconnaît. Ses yeux n’expriment aucun remords de pécheur, juste une vague errance aux limbes du premier cercle. Il semble sur le point de choir au fond du gouffre humide et brûlant de ténèbres. D’un signe de croix je confirme ce qu’il espérait (en Dieu). Il se lève, balance un coup de pied maladroit dans les deux enfants de chœur pour s’en débarrasser.
Je regarde l’autel en tirant distraitement deux ou trois boules le long de la chaîne de mon chapelet, avec un regard en coin aguicheur. Tout va bien, je suis pénétré par l’Esprit de Christ, j’ai une patate d’enfer et je sens plus mon corps. Les deux gnards en blanc nous regardent comme s’ils avaient vu la vierge en slip la Redoute t’as vu. Jean-Pierre traverse l’allée centrale presque au pas de course
Je le suis tranquillement, dans ma bulle sacrée, flottant en extase sans voir ce qui m’entoure. Un angelot apparaît et me caresse la cuisse, me prouvant que le Paradis terrestre arrive et se matérialise. Je manque jouir dans ma robe de bure. C’est le même angelot que sur le bénitier ! Putain le trip ! J’en avais jamais vu en vrai.

Thomas revient vers moi et m’entraîne, cette fois-ci moins vite, vers les toilettes. Les hommes. Thomas écarte violemment le panneau, se dirige vers la première cabine et tambourine dessus. Un borborygme indistinct s’en échappe. Les autres cabines sont aussi occupées. Au moment où Thomas me dit.
- « Les Filles »
Un couple de mec sort de la cabine « Ca va, y‘a pas l‘feu ». L’un des deux referme la boucle de sa ceinture. L’autre, fait jouer sa mâchoire et sort de sa poche un chewing-gum mentholé qu’il gobe aussitôt.
Thomas les bouscule sans ménagement et m’entraîne dans la cabine. Il verrouille la porte.
- « T’as combien ? »
- « Deux grammes. » Je mens.
Il sort de sa poche un petit miroir et sa carte de crédit tandis que je lui tends le sachet. Il les pose sur la chasse d’eau. La lunette des WC a été arrachée. Il trace quatre traits. Sort une paille, qu’il devait tenir toute prête pour l’occasion et s’enfile deux traits. Il se redresse, relève la tête et renifle bruyamment. Je me penche. Deux traits. Je me pince les narines.


Narak

Jean Pierre revient vers moi et m’entraîne, cette fois-ci moins vite, vers le saint autel. Les disciples. Thomas tente de monter les marches en faisant un moonwalk, se dirige vers l’autel en marbre et décide de fracasser consciencieusement sa gueule dessus. Une psalmodie indistincte s’en échappe. Les autres reliques sont aussi utilisées. Au moment où Thomas me dit.
- « Les foutues pécheresses originelles »
Un couple de moinillons sort d’un confessionnal « Porte l’évangile et la joie de Dieu mon frère !». L’un des deux fait claquer la corde qui lui sert de ceinture. L’autre, fait jouer sa mâchoire et sort de sa poche un crucifix qu’il gobe aussitôt.
Thomas les serres dans ses bras, bénit le seigneur et m’entraîne sur l’autel. Nous nous installons dessus.
- «Alors combien ? »
- « échelle 1/10000000 » Je suis obligé d’employer ici la tromperie, puisse le messie me pardonner cette offense.
Il sort de sa poche une icône de Santa Lucia et sa bouteille d’eau bénite tandis que je lui tends le papier. Il les pose sur la tenture. La robe d’une des statues de Marie a été arrachée. Il trace quatre traits sur sa poitrine. Débouche sa bouteille, qu’il devait tenir toute prête pour l’occasion et s’enfile deux grandes rasades. Il se redresse, relève la tête et se met à beugler d’immondes blasphèmes. Je me penche. Je me trace deux traits. Je me prépare pour cet exorcisme.

A nouveau le rush. Je n’ai pas eu le temps de redescendre, j’ai l’impression de partir d’autant plus loin. Les contours se font flous. Le sang bat à mes tempes. Je ressens mon corps avec une extraordinaire précision. Je sens l’énergie qui le parcoure. La vague électrique qui me secoue. Je suis bien.
Thomas se penche de nouveaux. Il reprend le sachet, trace quatre traits. S’en prend deux, se relève. Je me penche par-dessus la cuvette. Prend la paille, un trait dans la narine droite. Toujours dans la même position, je prends un instant pour respirer.
Thomas est derrière moi. Presque collé contre moi à cause de l’exiguïté de la cabine. Je sens son bassin contre mes fesses. Ses mains remontent le long de mes cuisses. Je sais ce qu’il veut. Je ne bouge pas. Au fond de la cuvette un liquide brunâtre et grumeleux, un type qui a dû vomir. Pour éviter un haut le cœur, je me ressaisis de la paille et m’enfile le trait restant. Thomas a baissé mon string.
- « Putain, pas ici » J’ai pensé à haute voix.
Il n’entend rien. Ou il ne veut pas entendre.
- « Fais pas comme si t’en profitais pas » Le con m’imite.
Il a déboutonné sa braguette. Je sens son sexe entre mes cuisses. Le nez toujours à dix centimètres du miroir j’essaie de tracer un mini-trait avec les restes. Je mets la paille dans mon nez. Il me pénètre brutalement, fait quatre aller-retour puis ressort. A cause de la secousse la paille m’a éraflé le nez. Je vois du sang, mon sang, maculer en petites gouttelettes rubis le miroir.


Aka

Je me sens possédé. Je n’ai pas eu le temps de finir de tracer la sainte croix que les démons m’assaillent, la putain de leur mère. J’ai l’impression qu’ils sont des dizaines à l’intérieur de moi ce qui est fort déstabilisant. Je me sens tout flottant. Le sang bat à mes tempes. Je ressens ce qu’ils me font avec une extraordinaire précision. Je sens leurs petits gestes vicieux lorsqu’ils me titillent la prostate. Ca me secoue de partout. Bah c’est pas dégueu en fait.
Jean-Pierre me dévisage. Du coup il se redessine des croix sur la gueule, quatre exactement. Je crois qu’il panique un peu. Je me penche au-dessus de l’autel. Prends un crucifix, m’en colle un grand coup en travers de la tronche. Je crois que ce coup-ci je les ai expulsés.
Jean-Pierre est derrière moi. Presque collé contre moi. Je sens qu’il va me refaire le coup de l’ « Exorciste » après ce qu’il vient de voir. Je sais ce qu’il veut que je fasse avec le crucifix ce gros pervers. Je ne bouge pas. Juste aux pieds de l’autel un liquide brunâtre et grumeleux, sûrement les restes d’une infâme créature des Ténèbres. Ou moi qui ai été trop émotif. Pour éviter de me retrouver avec un truc que je ne voudrais pas dans le cul, je me saisis du crucifix et l’envoie valser au loin. Jean-Pierre a déjà relevé ma soutane.
- « Putain, pas par ici » J’ai blasphémé à haute voix.
Il n’entend rien. Ou alors il ne comprend que l’araméen dans cet état.
- « Ggjhgkd Dfjdkfj Movgsq » Et merde, ça y est c’est parti, il parle en araméen.
Il a commencé à faire pivoter sa tête. Je sens sa nuque contre ma nuque. Le pif toujours à dix centimètres de l’autel j’essaie de le sanctifier avec mes restes d’eau bénite. Je récupère tant bien que mal ce putain de crucifix de merde. Il hurle soudainement, fait quatre aller-retour avec sa tête puis s’écroule. A cause de ses conneries je me suis mis ce crucifix de merde dans l’oreille. C’est mieux que le cul en même temps. Je vois du sang, mon sang, maculer en petites gouttelettes l’autel. Hérésie !

Son sexe remonte entre mes fesses. Je sens ses doigts qui s’activent, préparent le terrain. Hypnotisée, je regarde le miroir. Du sang, mon sang. Son gland se presse contre mon anus. Il me tient par les hanches. Résistance. Il pousse encore. Ma tête s’écrase contre le miroir.
- « Thomas ! »
Je n’ai pas crié. Cette fois-ci il n’entend rien.
Mes mains cherchent à prendre appui contre le mur. Encore une secousse. Ma tête heurte à nouveau la chasse d’eau. Mon nez, j’ai mal au nez. Je sens son gland qui commence à me pénétrer. Sans douceur il pousse son sexe à l’intérieur de mon système digestif. Ma main gauche se pose sur le mur. J’arrive à relever la tête. Toujours en appui, je recule un peu. Lui aussi. Je gémis. J’ai le nez qui coule.


Narak

Son pied remonte entre mes fesses. Je sens ses orteils qui s’activent, préparent le terrain. Hypnotisé, je regarde Robert…euh…Jean Claude, Ahahaha je sais même plus comment s’appelle ce connard ! De la merde, ma merde. Son pied est déjà presque dans mon cul. Il me tient par les oreilles en hurlant. Mon Dieu ! Un sodomite des pieds ! Il pousse encore. Ma tête s’écrase contre l’autel.
- «Machin ! »
Je n’ai pas crié. Cette fois-ci il n’entend rien.
Je cherche le soutien du seigneur. Encore une dernière prière. Ma tête heurte à nouveau l’autel sanctifié. Mon nez, j’ai mal au nez. Je sens son tibia qui commence à me pénétrer. Sans douceur il pousse son genou à l’intérieur de moi. Il veut mon âme ! Ma main droite esquisse un signe de croix. J’arrive à relever les fesses. Toujours en appui sur la tête, je recule un peu en ondulant comme une chenille de l’apocalypse. Lui aussi. Je gémis. J’ai d’étranges menstruations anales.

Machinalement ma main droite passe sous ma narine. Je la regarde, une trace de sang brillant recouvre partiellement mon index. Mon nez coule. Je vois mon index, en dessous la cuvette et son contenu.
Thomas me pilonne comme une machine. Il me fait mal mais il ne s’en rend pas compte. Moi non plus. Il veut finir.


Nounourz

Pris d’horripilantes démangeaisons aux parties, je sens en me grattant quelque chose se coller à ma main. Je la regarde, une trace de merde avec des morceaux recouvre partiellement mon majeur. J’essaie de la remettre dans mon rectum, il est hors de question de laisser perdre mes précieux excréments. L’odeur est si nauséabonde que mon nez coule à flots et des vapeurs d’ammoniaque me font plisser les yeux. Je fais un doigt d’honneur merdeux à Roger… heu… Firmin, qui essaie de me pilonner comme une machine. Malheureusement, son zizi étant naturellement bien plus petit que son pied ou son genou, je ne sens absolument rien. Il à l’air pathétique à ainsi s’acharner en ahanant sur mon arrière-train, alors que sa bite a autant d’espace dans mon cul qu’une mobylette en a dans le tunnel sous la manche. Il se fait du mal. Enfin je crois, je ne sais pas, je ne me rends pas compte. Je n’ai qu’une envie : que tout cela se finisse en vitesse.

Le bras gauche tendu contre le mur, j’ai du mal à me tenir à mesure que Thomas accélère la cadence. Je vois le liquide brunâtre au fond de la cuvette. Ca sent le vomi, ça sent la merde, l’alcool, quelque chose d’indéfinissable et de foncièrement pourri.
Thomas accélère encore. Je ne peux plus tenir. Ma main glisse. Mon corps s’effondre et tandis que ma tête heurte le rebord de la cuvette je vois les graffiti inscrit sur le mur à coté. Thomas ne se rend compte de rien. Mon crâne rencontre la faïence et ma tête commence à glisser, je lis un mot sur le mur.
Auschwitz
Mes yeux se ferment.


Glaüx

Les deux bras à droite et à gauche, j’ai du mal à maîtriser les mouvements longitudinaux, alors je m’aide de l’occiput contre l’ostensoir ; je cogne en rythme, à mesure que Robert accélère la cadence. KYYYYYYYRIE ELEISON-MOI LES COUUUUUUILLES, qu’il gueule, le putride mécréant. Je vois le liquide brunâtre au fond de la coupelle comme Dieu voit l’humanité du haut des Cieux.
Ca sent le vomi, ça sent la merde, l’alcool, quelque chose d’indéfinissable et de foncièrement pourri.
Robert accélère encore en chantant des psaumes sur l’air de God save the Queen. Je ne peux plus tenir, mon crâne est une bosse tout entier, à force de cogner dans la tôle de l’ostensoir. Mon corps s’effondre et tandis que ma tête heurte, cette fois le rebord de l’autel, je vois les inscriptions épigraphiques latines sur le mur à côté. J’ai un peu de mal, c’est de l’alphabet cistercien du treizième, pas facile. Robert ne se rend compte de rien, et de toutes façons il est nul en latin. Mon crâne rencontre le marbre comme un converti rencontre la foi et ma tête commence à glisser ; je lis un mot entouré de la gloire d’une aura sur le mur.
Cîteaux.
Mes yeux se ferment, je connais l’extase divine. Rhâ, lovely, et hosanal.

= commentaires =

nihil


    le 30/03/2006 à 17:02:46
La juxtaposition des passages de Womble et de ceux de la parodie rendent la lecture un peu pénible. Personnelement j'ai préféré lire uniquement la parodie et me fier à mon souvenir du texte de Womble pour repérer les gags.
C'est assez marrant, y a des bons passages, mais le texte initial est pas idéal je trouve : il est plutôt lent, descriptif, du coup la parodie manque un poil de rythme.

Demain je poste le making-of de cette chose.
Abbé Pierre


    le 30/03/2006 à 18:01:19
Pareil que nihil, je trouve ça assez voire même très marrant à certains endroits mais ça traine un peu du cul, quand même.
Mention spéciale à "j'ai sa grosse bite, amen".
LH     le 30/03/2006 à 18:46:31
Putain les connards d'admin qui se font des partouzes entre eux !

Chuis jaloux merde...
Simili


    le 30/03/2006 à 20:17:12
C'est insupportable le texte original qui s'incruste, en plus il est mieux, enfin à mon goût.
Pour un peu ca serait le remaniement qui serait inutile.
Aka


    le 30/03/2006 à 23:18:39
Bah encore heureux qu'il est mieux le texte de base.
Womble


    le 10/04/2006 à 10:29:04
J'ai vaiment beaucoup aimé, mais ça Aka le savait déjà...
Glaüx-le-Chouette


    le 10/04/2006 à 10:50:16
Aaaah t'aimes qu'on te détruise tes textes, hein, espèce de malade mental, vicelard, masochiste, pianiste ?

abbepierre     le 10/04/2006 à 10:52:44
Glaïeul, arrête d'insulter les gens comme ça dans tous les sens, tu te fatigues.
MantaalF4ct0re


    le 13/04/2006 à 13:37:51
C EST DIVIN
Glaüx-le-Chouette


    le 13/04/2006 à 14:09:44
Et cette image, putain, cette image, je m'y fais toujours pas.
Aka


    le 28/05/2006 à 00:21:35
Y a encore des bugs dans ce texte, je peux corriger après publication ?
MonsieurMaurice     le 09/12/2006 à 17:08:59
La photo me fait penser à une boutade bien bonne:

la différence entre une jeune religieuse et une vieille religieuse?

la première est folle des messes, la seconde, molle des fesses.

pouf     le 09/12/2006 à 19:02:34
Ah oui, c'est profond ça Mr Mo et digne de vous !
Lourdes Phalanges


    le 30/03/2017 à 14:26:09
Souvenez-vous, quand la typo avait plusieurs couleurs.
Dourak Smerdiakov


lien fb tw
    le 30/03/2017 à 21:39:44
Ce n'était pas une fonctionnalité, c'était un bogue.

Les passages originaux auraient aussi bien pu être mis en italique, d'ailleurs, c'eût été plus sobre.

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