LA ZONE -
Résumé : La flemme ne passera pas. Ce texte prend comme base le court texte de Saint-Con 2005 de Dourak, que je vous invite à relire. Comme son modèle, c'est une ressucée de la Divine Comédie, version alccolisée. Entre Dante et Dourak, j'ai eu un peu de mal à me sentir à l'aise et ce texte n'est pas de la première fraîcheur. Mais y a quelques gags qui surnagent, de la morale pourrie, des flammes et du Sauvignon.

Mais comme à travers le feu (fight fire with fire mix)

Le 12/04/2007
par nihil
[illustration] [ remix de Mais comme à travers le feu de Dourak Smerdiakov ]
"J'étais à une période de la vie où de vaines questions vous harcèlent jusqu'au milieu de la nuit, où les chemins possibles s'entrecroisent et se brouillent jusqu'à se fondre en une insoluble et débilitante intégrale de chemin…"

Je me trouvais musant dans le ventre d'une obscure forêt, sans autre vue que de gâcher un peu du temps qu'il me restait encore avant mon heure dernière. J'avais vagabondé jusqu'à une heure avancée du soir, sans me résoudre à faire mieux que rien. L'alcool frelaté précieusement tenu en ma fiasque me servait de guide, tout en portant mes tripes à un haut degré de chaleur bienvenue, je hélais sans sourciller les souches et m'adressais aux branches. A l'heure où la nuit s'amassait aux lisières de mon champ de vision, je m'apprêtai à m'écrouler dans la fange entre deux troncs pourris, et m'abandonner aux noirceurs du sommeil éthylique. Le vent était plus que frais et je récriminais en tournant sur moi-même pour me ménager une couche. Un personnage de forte stature émergea alors des frondaisons, et secouant la boue qui maculait son habit, se porta à ma hauteur. Avant que j'aie même songé à être surpris, il m'interpella sans gêne aucune :
- Santé l'ami ! Que je sois pendu si tu n'es pas de ces innombrables âmes en peine que l'on voit rôdant en quête de quelque ravin où se jeter. Et bien imbibé avec ça, si je ne m'abuse !
- Surtout en quête d'un pieu oui. Il est vrai que l'ennui m'est le plus pénible des fardeaux, et qu'une chute de quelques dizaines de mètres en contrebas aurait au moins l'avantage de servir de distraction dans… Euh… Oh putain, j'ai aucune idée de ce que je fous ici.
Et me voici larmoyant bien fort et tombant dans les bras de l'arrivant pour lui soutirer de vaines accolades.
- Holà, reprends donc ton souffle avant d'expirer tout debout ! Il n'est jamais trop tard pour commencer à remonter une pente qu'on a dégringolé cul par-dessus tête.
- Si t'as un treuil, ça peut le faire. Moi, je la joue poids mort.
Il partit d'un grand rire théâtral et me tapa amicalement sur l'épaule.
- Je sais un spectacle à même de dissiper les nuées qui obscurcissent ton esprit, encore que peut-être moins efficace qu'un bon lavement dans ton cas. S'il ne t'aide pas à prendre conscience que ta souffrance n'est que bien peu de chose, au moins t'occupera-t-il quelques heures de plus avant le jour. J'ai de l'alcool sur moi.
- Soit, je te suis. J'ai rien de mieux à branler.
Et nous voici errant l'un derrière l'autre, vacillant de notre mieux entre les obstacles nocturnes, chantant à tue-tête à la face de la lune indifférente. Nous nous enfonçâmes dans des profondeurs opaques, suivant un chemin descendant. Devisant à tout hasard, j'appris que mon compagnon était poète, ce que je voulus bien croire, et alcoolique de surcroît, ce qui ne manqua pas de me séduire.
Je me laissais complaisamment distraire d'une pente, qui à mesure que nous l'arpentions, se faisait plus rude et rocailleuse, pointant vers une destination que je subodorais morose.
- A la parfin où m'entraînes-tu donc ainsi ?
- En un lieu où tu rencontreras plus de tourmentés que tu ne peux l'imaginer. En comparaison des leurs, tes maux te paraîtront moindres.
J'ingurgitai sans sourciller les dernières gouttes de ma fiasque. L'agitant sous son nez, je glapis :
- Quel programme, on croirait la description précise du bistrot "chez René" à Cuzeil-sur-Soubre. Espérons que là-bas aussi nous trouverons de quoi nous rafraîchir le gosier.
- Je serais bien mauvais guide qui traînerait son novice en tel lieu sans rien qui le tienne en vie.
Ainsi devisant, nous nous enterrions sous trois couches d'obscurité, tombant de fosse en gouffre et de gouffre en abîme sans que jamais l'éloquence de mon compagnon ne vienne tarir ma glorieuse ivresse.
Enfin, nous fûmes en un vaste caveau éclairé de loin en loin par d'étiques flambeaux. Passant sous une arche de pierre grossière, je déchiffrai l'inscription du linteau : "toi qui entres ici, abandonne tout espoir. Tenue correcte exigée"
- M'expliqueras-tu donc ce que nous venons chercher ? C'est un genre de boîte de nuit pour dépressifs ? Est-ce donc ta coutume que d'amener ainsi des inconnus en lieux tant dépourvus d'humanité que de buvettes ?
- Dépourvus d'humanité ils ne le sont point, tu le constateras fort tôt. Quant à la buvette, sache te contenter de ce petit Sauvignon que j'ai dans cette gourde. Te voici à l'entrée des enfers, où chacun expie ses mortelles fautes. C'est en ce lieu honni de tous que sont parqués les âmes des malfaiteurs et des impies, unis dans une même détresse. D'ici nul ne revient, tu seras l'unique exception à cette règle édictée par Dieu lui-même.
- L'enfer ? Ce que ça peut être gothique…
Malgré mon ironie de façade, cette révélation me glaça d'effroi et je ne pus retenir un jet d'urine qui s'en fut le long de ma jambe réchauffer quelque peu mes articulations endolories. Que m'amenait-on en ce puits pourri ? J'avais bien assez à faire avec le désordre bourbeux qu'étaient devenues mes entrailles pour affronter le recueil des manquements d'autrui, et je ne pouvais voir en quoi la leçon s'avérerait profitable.
- Mais toi ? Qui es-tu pour faire la visite guidée de ce lieu ? Tu es un genre de mort ?
- Mort je le suis, et depuis fort longtemps encore. Mais faisons silence et laissons la place aux hordes de damnés qui se pressent au seuil.
De fait, mille silhouettes pâles s'amassaient devant nous, l'œil vitreux et un air interloqué sur la face. S'y côtoyaient jeunes et vieux, riches et pauvres, des ogres boursouflés de bonne chair et de riches breuvages et des agonisants guère plus épais que mon porte-manteau. J'y croisai des petites vieilles dames à l'air outré de dindes, et des voyous occis d'un coup de surin, retenant encore leurs entrailles entre leurs mains.
- Ce cortège ne semble en rien devoir céder aux événements les plus mondains de l'autre monde. Voici que la meilleure compagnie voisine l'infâme lie d'une humanité en plein déclin sur un même rang.
- C'est là le reflet de l'immanente justice, qui frappe si bien le puissant que le miséreux, tant il est vrai que noirceur de l'âme se dissimule tant sous les atours fastueux que sous les hardes déchirées des manants.
- Belle phrase, et superbe maîtrise du bafouillage acrobatique. Voilà qui me donne l'envie urgente de réfléchir de longues heures à la destinée humaine, à la morale universelle, tout en accompagnant ces profonds raisonnements de trois pichets de vin frais, pour faire passer les constats les plus amers. Qu'attendent-ils au juste ?
- Ils attendent leur place dans le convoi ultime qui sillonne le Styx et les déposera en troupeaux compacts sur les rives noires de l'Enfer. Vois par toi-même.
Et comme on m'y enjoignait je vis, au-delà des têtes agglomérées, l'infernal batelier, Charon lui-même en son obscure gloire, qui à la proue d'une barcasse de peu d'attrait, l'emplissait d'un fret mouvant d'âmes damnées.
Nous nous frayâmes un passage parmi les morts, jouant des coudes comme deux ménagères dans une solderie. Le contact de ces chairs inconsistantes me glaçait l'âme et me donnait le besoin d'entamer une polka dans la gueule de ces cons. Aucun de ces pauvres hères tourmentés par le doute et l'angoisse ne pouvait retenir bien longtemps mon ardeur et en peu de minutes je passai au travers comme en quelque brume insipide.
- D'où te vient tant d'impatience ? Nous avons tout notre temps, et la leçon sera plus profitable si tu prends la peine de l'assimiler lentement au lieu de l'engloutir.
- C'est que j'ai rencard avec une brune de petite vertu au petit matin et que je ne souhaite point reporter l'invitation de gambader dans son cul. Les tourments de ces débiles sont une chose, les replis intestinaux de cette fille en sont une autre.
- Sache qu'en ce lieu le temps est aussi pétrifié que la gelée qui te sert de cerveau, et que tu ais l'illusion de passer ici heures ou jours, tu émergeras des lieux à l'heure terrestre où tu y es entré.
- C'est con, quand tu vois tous ces pourris qui poireautent en attendant le jugement dernier, ça les ferait bien chier de savoir qu'ils sont en arrêt sur image.
Nous étions maintenant à bord, tassés comme poissons entre dix mécréants de diverses espèces sous la houlette de l'austère Charon, monstre aveugle et impitoyable.
- Un coup de blanc ?
- Y a intérêt.
L'amertume du vin décongestionna mes bronches engourdies d'angoisse sourde. Je me permis l'audace d'entonner un fier chant de marin, dont je ne pus prononcer qu'un mot sur cinq sans hoqueter. Mes tentatives d'entraîner à ma suite mes camarades livides dans une parade improvisée échouèrent lamentablement. Glissant sur les flots hideusement tourmentés du Styx, l'embarcation allait et venait, me projetait contre le bastingage et me plaquait au nez la vue d'une eau noire, opaque.
- Prends garde de ne tomber dans l'eau noire du Styx, pour ce qu'elle te ferait immédiatement perdre le souvenir et toute conscience de ce que tu es, et pour ce qu'elle pue la merde comme c'est pas permis.
- En effet, c'est insoutenable.
Cette vision réminiscente d'un néant primal d'où émergea le monde m'emplit subitement de chaudes vagues d'inspiration lyrique, et incapable de les réfréner plus longuement, je dégueulai copieusement dans l'eau.
- Joli coup. Encore un comme ça et tu seras presque aussi vide que nos compagnons d'infortune.
- Compagnons que je trouve fort peu loquaces au demeurant. Ils pourraient hurler un peu, ce serait une parfaite bande-son pour le cauchemar que je vis.
- Comprends que vagabonder impunément en Enfer, sans danger pour son corps ni pour son âme, est un privilège qu'il faut savoir goûter à sa juste valeur.
- Putain de bordel, j'aimerais encore mieux me bouffer les tripes, si je les avais encore sur moi.
Mais déjà la funeste embarcation abordait les rivages honnis, abrégeant mon malaise, et c'est non sans frémir que je posai le pied sur la terre mortelle de l'Hadès. Une vaste plaine d'ombre bordée de flammes régurgitées en permanence par mille fractures au sol, telle était la contrée que je découvrais. Un aride chemin s'enfonçait en un entonnoir cyclopéen dont je ne distinguais le fond, serpentant entre des promontoires rocheux escarpés sur les flancs desquels étaient enchaînés de nombreux damnés en grappe.
- Chouettes ornements. Je veux les mêmes pour ma piaule. C'est possible les mêmes en violet ? Ce que ça peut être gothique quand même.
- Raille tant que tu le peux, tu riras moins quand tu verras ce qu'il advient d'eux.
A peine ces mots éteints, un puissant son de cor s'éleva dans le lointain, couvrant les gémissements des morts et les crépitements des brasiers. Les enchaînés se mirent à se tordre et à glapir de plus belle, anticipant un tourment mille fois répété. Des cieux noirs se détachèrent des nuées de démons aux muscles noueux enveloppés entre de doubles paires d'ailes fibreuses. Ils étaient mille et mille légions, volant en escadrons compacts tels des criquets s'abattant sans merci sur une région agricole. Ils étaient noirs et étrangement conformés, si bien que je ne voyais d'eux qu'ombres sans visage ni contours fermes. Ils atterrissaient par groupes de deux ou trois et se retenaient de leurs serres aux falaises autour des suppliciés. Armés de lances à pointe barbelée, ils en percèrent les gorges et les poitrines, déchirant et arrachant de leurs crocs jusqu'à ce que s'ouvrent les chairs et se disjoignent les articulations.
- Oh la vache, ça rigole plus.
Au dessus de moi, deux diables déversaient un chaudron d'huile bouillante sur la paroi, faisant cuire les peaux parcheminées des pêcheurs, et manquant de peu de me faire bouillir dans telle friture.
A terre, des meutes de chiens noirs étaient apparus de nulle part et, hurlant une mélopée en latin, s'étaient mis en devoir de ronger les membres des damnés les plus proches d'eux. Près de moi, l'un d'eux avaient plaqué ses énormes pattes sur l'abdomen d'une vieille femme et lui dévorait les seins avec une fureur sans nom. Puis sa gueule chargée d'une haleine de mort s'approcha du visage hideux de sa proie et commença à lui concasser menton, dents et joues de quelques claquements de mâchoires. Il lui fouaillait le ventre de ses pattes sans qu'elle puisse rien faire pour s'extraire de ce calvaire, et je pensais que l'impuissance multipliait la souffrance par deux. Un lourd grondement mécanique emplissait les lieux et je manquais en perdre la tête.
Mais, sous mes yeux éberlués, l'os éclaté se remettait en place sitôt disjoint, et les chairs détachées se refermaient à peine le fer retiré. Les entrailles qui avaient dévalé sur les genoux des enchaînés revenaient à leur place supposée aussitôt libérées avec un ignoble bruit de succion qui me fit nostalgiquement penser à ma brune. Sous l'action des lames chauffées à blanc, les chairs fondaient et se décomposaient en grappes de bulles atroces, puis se figeaient et cicatrisaient, laissant aux bourreaux l'opportunité de poursuivre leur œuvre à l'infini.
Et loin en contrebas, des langues de feu s'élevèrent et dévoilèrent mille falaises semblables, toutes hérissées d'une foule identiques de suppliciés pareillement torturés à l'infini.
- Vois le châtiment des damnés de la terre ! Vois la souffrance et la terreur qui les submerge, vois leur regard s'éteindre. Chaque fois que les Erynies se retirent dans le lointain et font place au vent acre qui vient lécher leurs plaies à peine refermées, ce n'est pas le soulagement qui les étreint, mais bien la morbide anticipation de leur retour ! Ce supplice n'a pas de fin et sanctionne un vie de blasphème, de pêché ou d'incurie notoire ! Là n'est qu'immanente justice pour ceux qui ont cru bon de considérer leur sort comme prévalant sur celui de leur prochain !
- Deviens pas emphatique comme ça. Ces cons n'ont que ce qu'ils méritent et j'en ai rien à braire. T'aurais pas à boire plutôt ?
- A boire, toujours à boire. Es-tu donc insatiable ? Comment penses-tu donc assimiler les enseignements dont ces lieux sont riches sous l'emprise de telle substance enivrante ? Je te vois t'embrouiller sous l'afflux de questions que tu tentes de refouler et que tu noies inconsidérément dans l'alcool. Tu es telle l'autruche qui refuse de voir.
- Du calme, j'ai juste besoin d'un remontant.
- Soit.
J'engloutis la piquette sans demander mon reste sous le bienveillant patronage de mon guide, qui ne tarda guère à m'imiter. Ainsi nous nous saoulâmes sous le regard des condamnés, et nous posant sur deux rochers plats, nous nous nous imbibâmes à perdre haleine.
- Nous poursuivons ?    
- Putain, j'ai la flemme.
Hurlant aux suppliciés :
- Allez tous chier !
- Vive le Cabernet Sauvignon bulgare.
- Ouais ! Vive l'électrification du peuple.
- Chevènement président.
- Nuit, tu me fais peur, nuit, tu n'en finis pas, comme un voleur, il est parti cent mois, papa, reviens dégeler la Moscova....
- MAIS OUAIS !

- Nous poursuivons bordel de merde ?
Ce fut comme une implosion dans le néant, et mes yeux s'ouvrirent sur mon guide, l'œil sévère, penché sur ma dépouille alcoolisée. De la gelée poisseuse engorgeait mes veines, et malgré mes intentions les plus sincères, rien ne semblait devoir actionner mes membres récalcitrants.
- Meuh… Je sais pas trop, sur ce coup. La gueule de bois se résorbe pas comme la viande des autres SM de pacotille épinglés là-haut ?
- Il semblerait que cela provienne de ton état naturel. Allez, secoue ta flemme, homme de peu de foi. Me ferais-tu regretter tant mes bontés que le choix de mon novice ?
- C'est pour la Star Academy ?
- Ferme ta gueule. Je ne t'ai point mené ici-bas pour entendre tes réflexions oiseuses et supporter la vue de telle décrépitude avancée. C'est tout juste comme si tu étais complètement étanche à la vision du mal fustigé de bien magistrale façon.
Sous l'injonction, nonobstant mon irritation naissante, je secouai l'ankylose éthylique qui tenait ma carcasse sous son emprise et me dressai. Posément, je me dirigeai vers mon poète de compagnie, pestant intérieurement contre mes articulations douloureuses.
- Font chier, tes leçons de morale.
Sur ce je plaçai mes paumes sur son thorax, et avant qu'il ait pu réagir, je le poussai sèchement vers l'anfractuosité béante située derrière lui. En quelques secondes, il bascula et je vis avec délice son corps ballotter tout au long de la vertigineuse pente puis s'écraser au fond du puits de lave. Sous les huées des damnés je vis le corps se contorsionner et la peau se détacher par plaques entières sous l'effet de la chaleur. L'habit pris feu en une seconde et se consuma. Flottant sur le ventre sur le liquide fumant et bouillonnant, il continuait de s'agiter comme une carpe à mesure que sa chair se délitait. Bientôt, il commença à couler sans cesser de se débattre.
Putain de mort-vivant.
Pour me foutre de sa gueule, j'entrepris de mimer ses contorsions de souffrance et entamai une jigue endiablée à l'image de mon guide cramé. C'est alors que mon pied, pris entre deux aspérités humides, dérapa, et qu'à mon tour je fus précipité dans l'abîme fumant. Telle fut ma punition pour mon crime atroce, et je m'apprêtai à l'endurer avec toute la dignité que mon ébriété supposait, c'est-à-dire en hurlant comme un marcassin fraîchement égorgé. Je n'eus que le temps de mugir la première syllabe composant le mot "bordeldeputaindemerde" que déjà je fus en lave comme on vient au monde, rouge et vagissant. J'allais expier mal faute de la plus sévère des manières. Qui à tué par le feu périra par le feu.
Une fois pris dans les chaudes braises clapotantes, je perçus quel devait être mon supplice pour l'éternité. En effet, la boue volcanique dans laquelle je fus immergé ne me fit guère plus souffrir que de l'eau tiède. Pourtant, je le voyais, mon vêtement qui se consumait et tombait en cendres, ma peau qui brunissait et se racornissait. Je les sentais, mes cheveux qui s'allumaient en flammèches et les cendres qui ruisselaient sur mon visage. Mais de souffrance point. Comme pour les damnés du premier étage, ma chair se reconstituait à mesure qu'elle fondait, et je ne sentais rien, pas la première once d'une quelconque douleur. J'allais me contenter de rôtir ainsi pour les siècles des siècles, sans rien pouvoir tenter pour m'extraire de ce puits aux pentes abruptes. Expiation mon cul.
Et même plus une goutte de Sauvignon à me mettre sur la glotte ! Raaah !



= commentaires =

Hag


    le 12/04/2007 à 14:03:57
Il s'appellerait pas Eric le narrateur par hasard ?
Narak


    le 12/04/2007 à 14:44:41
Magnifique.





"Oh la vache, ça rigole plus."
Je crois qu'il m'a bien fallu 10 minutes avant d'aller plus loin tellement mon diaphragme s'est retrouvé ravagé par ces spasmes trop rares résultants de putain j'ai pris un pied fabuleux.
Lapinchien


tw
    le 12/04/2007 à 20:51:11
Bordhil ! J'ai enfin la preuve que nous sommes la même personne. Mon texte se base également sur l'enfer de Dante et je parle pas de Joe Dante bien sûr... Le tiens est par contre beaucoup plus drole vu que le miens n'est pas drole du tout aussi. Le tient a aussi l'avantage d'etre fini egalement...

like a Virgil,
burn for the very first time...
like a Vi-i-i-irgil...
nihil


    le 12/04/2007 à 20:59:02
Dante ? C'est qui ça ? C'est le second pseudo de Dourak Smerdiakov ?
Dourak Smerdiakov


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    le 12/04/2007 à 21:00:03
Et moi-même, j'aurais pu être tenté d'exploiter le filon en récupérant ma vieille idée laissée en friches. J'y ai pensé. Mais je me doutais que nihil posterait ce texte, vu qu'il m'avait proposé de collaborer sur son ébauche, déjà bien avancée, il y a quelques mois. N'étant pas collaborateur, j'avais décliné l'offre tout en l'encourageant à continuer. Mal m'en prit, car nihil se positionne bien pour la plus haute marche du podium avec ce texte drôle et bien enlevé. J'aurais mieux fait d'accepter et de saboter l'initiative.

Par contre, en 2008, tu vas souffrir pour multiplier par un facteur 100 la longueur de mon texte de St Con 2006.
nihil


    le 12/04/2007 à 21:44:36
Ce qui me gonfle, c'est qu'il aurait été beaucoup mieux écrit par toi. J'ai essayé d'appeler Dante aussi. Mais ce connard passait sous un tunnel juste à ce moment-là.
ceacy     le 13/04/2007 à 01:24:54
Comment on peut lire un pavé de tant de lignes sans même réussir à se faire chier ?! C'est que c'en était même agréable : j'en suis jaloux.
ceacy     le 13/04/2007 à 01:27:22
http://albator.hautetfort.com/images/medium_bain.2.gif

commentaire édité par ceacy le 2007-4-13 1:27:48
Djinny


    le 13/04/2007 à 20:14:01
c'est dur à utiliser nonobstant...
le texte est sympa avec une belle envolée en seconde partie.. j'étais pété de rire avec nuit tu n'en finis pas et le retour de chevenement.
Dourak Smerdiakov


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    le 13/04/2007 à 20:24:10
Ça va faire plaisir à l'auteur, la deuxième partie de ton commentaire-là.
Glaüx-le-Chouette


    le 15/04/2007 à 13:34:52
"- Prends garde de ne tomber dans l'eau noire du Styx, pour ce qu'elle te ferait immédiatement perdre le souvenir et toute conscience de ce que tu es, et pour ce qu'elle pue la merde comme c'est pas permis."

Cette phrase m'a donné envie de crier "WOOHOOO", d'ailleurs je l'ai fait, juste avant d'aller vomir copieusement ma race. C'est très curieux, c'est un texte de double pochetron mais à lire sobre, apparemment. Bourré, ça passe pas du tout. Pfiou.

C'est marrant mais j'ai pas vraiment accroché. Un peu parce que le texte de Dourak faut pas y toucher, c'est comme dépuceler un bébé castor de trois jours, c'est méchant ; un peu parce que j'ai dû trop fourailler dans chaque phrase pour en démêler les structures pour que ça coule suffisamment dans mon cul salope.
En revanche comme texte pour une bd ou un filmos ce serait génial.


Texte susceptible de recevoir un vote, je le note pour plus tard.
Dourak Smerdiakov


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    le 15/04/2007 à 20:19:41
Déconne pas, j'adore qu'on me touche les textes.

En plus, là, je ne vois vraiment pas en quoi ce non-texte aurait mérité quelque égard que ce soit.
Glaüx-le-Chouette


    le 15/04/2007 à 20:26:23
C'est pas "ce" non-texte, c'est "LE" non-texte, Mais comme à travers le feu.

Glop-glop


    le 15/04/2007 à 23:11:16
Surtout en quête d'un pieu oui. (Pour empaler le détestable auteur de ce laborieux pensum.)

C'est tellement exécrable que je n'ai pas pu terminer cette bouillie verbale inconsidérée. La préciosité ne fait pas le style, ni la prétention littéraire le talent.
Je trouve plus de qualité d'écriture dans le texte naïf de Claudia Pepita que dans ce salmigondis insalubre où il y a trop d'expressions toutes faites, trop d'emprunts mal digérés, trop d'adjectifs surnuméraires, trop de circonvolutions superflues, trop de tout ... sauf de vista stylistique.

Retourne à ton Néant, péquenot.





commentaire édité par Glop-glop le 2007-4-15 23:12:57

commentaire édité par Glop-glop le 2007-4-15 23:28:16
GaKw     le 15/04/2007 à 23:27:18
c'est vrai qu'à partir du moment où on ne partage pas les mêmes fous rire que l'auteur, on a tendance à penser un peu comme glop glop. et ça a été mon cas. dommage
nihil


    le 15/04/2007 à 23:29:49
Glop-glop : chuis assez d'accord avec toi. On croirait une parodie tellement c'est lourd. Bizarre, c'en est une. Vois comme les astres s'alignent dans le cosmos.

Commentaire édité par nihil.
Lapinchien


tw
    le 16/04/2007 à 00:04:15
traverser le Styx en barque et avec chauffeur en plus... Portnawak les Enfers. A "Fear Factor" au moins ils te les auraient foutu à la nage avec des boulets à chaque main avec une gerbille affamée dans le maillot de bain et un baladeur MP3 fireproof qui crache du Plastic Bertrand dans les oreilles... Heureusement les parcs d'attraction actuels sont dans une logique de rentabilité parce que la mode çà va çà vient.
Glop-glop


    le 16/04/2007 à 13:07:15
Alors ce serait une parodie ? Sans blague, puissante révélation ...
L'auteur est tellement imbu de son immodeste personne qu'il n'envisage même pas que l'on puisse conchier son texte en tant que parodie lamentablement foirée.
Une parodie doit receler une charge comique, ici c'est tellement laborieux que l'on s'endort en cours de lecture :
les changements de registre tombent à plat, les traits d'humour s'enlisent dans la vase, l'ensemble est illisible, ridicule, boursouflé, mais nullement parodique ...
Glaüx-le-Chouette


    le 16/04/2007 à 13:17:56
Putain mais Glop glop redescend de ton nuage de paranoïa, là.
La parodie, elle est là. Si tu connaissais les autres textes de nihil et Dourak, et Dante, tu capterais peut-être un peu mieux. Peu importe : que tu apprécies ou non, il y a volonté de parodie.

Ensuite, que ça te fasse pas rigoler, c'est possible. Mais tu vois, là-haut, y a des gens que ça fait rigoler. Ca signifie pas forcément, pas forcément, que c'est tous des mongoliens. Ni toi. Ca signifie juste que t'as ton avis et d'autres, d'autres avis. Et qu'ici c'est la Zone, pas ton site, bonjour, si l'esprit te plaît pas ben t'as toujours le loisir de fermer ta gueule et de tracer.

Pour finir, tes considérations psychologisantes made in Biba et Femme Actuelle rubrique psychologie nécrophile, franchement, tu te les fous au cul.
nihil


    le 16/04/2007 à 13:30:54
Laisse-la donc tranquille, elle découvre la Zone comme on découvre un parc d'attractions, elle se dit que tout est permis et elle se défoule, elle gambade. "ouaiiis ici j'ai le droit de chier sur tout à tort et à travers ! Loool !"
Forcément on peut pas être trop regardant sur la qualité de ses critiques dans ces conditions. On peut pas lui en vouloir. Je trouve ça assez charmant moi, tant d'innocence et d'enthousiasme juvénile.
Aelezz     le 16/04/2007 à 14:16:30
Les dialogues sont excellents. J'avais imprimé tout ça sur du beau papier pour le lire tranquillement dans le train. Malheureusement j'ai rigolé bruyamment mon panini tomate-ail-roquefort à la gueule de ton texte à la lecture du fameux "Prends-garde-de-ne-tomber-dans-l'eau-noire-du-Styx-qui-pue-la-mort", ce qui a du ajouter un certain réalisme olfactif au nez de mon voisin.

Rien que pour ça le texte marque des points.

Bon malgré tout, ca répond pas franchement bien à mes critères de saint con. Le con est juste alcoolisé, et l'auto-crémation, même involontaire, c'est surfait.
Ca fait un excellent texte pour le dossier remix, par contre.
nihil


    le 16/04/2007 à 14:29:50
Bah il crâme son guide aussi. C'est ça la vraie crémation. D'autant que dans la personne du guide, les moins lobotomisés auront reconnu Dourak lui-même.
Aelez.     le 16/04/2007 à 17:01:40
Ha. Ca me rassure. Je le trouvais très dourakesque, ce guide, en effet, mais je me demandais si ça ne venait pas de ma profonde obsession pour dourak.

Ergo, la doléance estant recevable, je dièse la mention.
B-
Winteria


    le 16/04/2007 à 17:13:57
J'ai dû interrompre plusieurs fois ma lecture pour tenter de recoller ma plèvre, puisqu'il faut croire que la colle Cléopâtre est pas d'une grande efficacité en matière de ressoudage organique.
Les dialogues, surtout, sont excellents.

Par contre, c'est vrai que le texte serait plus à sa place dans le dossier Remix, maintenant que Aelez le dit. Aux côtés de ma propre vision de "Vie de Saint-Con", par exemple. *Tousse*.
Glop-glop


    le 16/04/2007 à 19:36:33
Cerbero, fiera crudele e diversa,
con tre gole caninamente latra
sovra la gente che quivi è sommersa.
Li occhi ha vermigli, la barba unta e atra,
e'l ventre largo, e unghiate le mani;
graffia li spirti, ed iscoia ed isquatra.
Urlar li fa la pioggia come cani;
de l'un de' lati fanno a l'altro schermo;
volgonsi spesso i miseri profani.
Quando si scorse Cerbero, il gran vermo,
le bocche aperse et mostrocci le sanne;
non avea membro che tenesse fermo.


commentaire édité par Glop-glop le 2007-4-16 19:40:27
Astarté


    le 16/04/2007 à 20:09:38
c'est du latin ?

*va se cramer*
Glaüx-le-Chouette


    le 16/04/2007 à 20:15:09
Non, c'est de l'orgueil froissé.
On en fait pas grand chose, de cette matière, à part des sacs à foutre.
nihil


    le 16/04/2007 à 20:39:56
Elle est en train de jouer au yoyo avec ses ovaires cette pute.
Glop-glop


    le 16/04/2007 à 21:12:48
Bof, je peux lire Dante dans le texte, moi , et pas vous, les bleu-bites . Par contre les textes de Dourak et Nihil, si vous pouviez me faire parvenir des traductions en bon français...

Maladetti.


commentaire édité par Glop-glop le 2007-4-16 21:17:33
Glaüx-le-Chouette


    le 16/04/2007 à 21:20:35
Perdu, pute, et maintenant ta gueule, tu nous agréeras.
nihil


    le 16/04/2007 à 21:29:03
Fais gaffe, t'as les trompes de Fallope qui s'emmêlent là. Pense à la fluidité du mouvement du poignet lorsque tu joues au yoyo avec tes ovaires.
Glop-glop


    le 16/04/2007 à 21:52:30
C'est pas avec de la boue que vous me ferez taire.

Cornuti.
Hag


    le 18/04/2007 à 18:23:31
Si on t'en faisait avaler dix litres je pense que si.
Glop-glop


    le 18/04/2007 à 19:45:16
J'ai de l'estomac, disgraziato.
Imax


    le 18/04/2007 à 22:32:48
''- Prends garde de ne tomber dans l'eau noire du Styx, pour ce qu'elle te ferait immédiatement perdre le souvenir et toute conscience de ce que tu es, et pour ce qu'elle pue la merde comme c'est pas permis.''

Ma phrase préférée. Dans l'ensemble l'écriture est jouissive par contre la fin manque un peu de grandiose. Un bon texte se Saint Con comme d'hab.
Gaborim


    le 28/09/2007 à 22:16:27
J'ai beaucoup aimé ton style, qui bien que fort critiqué par ce que j'ai envie de nommer des critiques quelques peu jalouses des éloges faites a ce texte
qui n'est pour moi nullement parodique,sinon une revue moderne et estudiantine (polchtrone si on veus) de Dante (dont j'aimerais foutrement l'original)
Ton style est bien, ca sent le véçu, on le croirait pensé par un alcoolique dant un moment de présence néanmoins.
Bravo

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