LA ZONE -
Résumé : La Marquise a fait de son texte un patchwork d'action au présent et de flashbacks, sans transitions, du coup on est complètement largués dans un premier temps. Le temps de raccrocher les wagons et il est déjà trop tard, le texte est fini. Y a une ébauche d'histoire intéressante, mais ça va trop vite, chaque paragraphe est réduit à l'état de squelette, tout le gras est raclé à l'épluche-légume. Dommage, on a l'impression de lire un synopsis.

Dommages collatéraux

Le 06/08/2008
par Marquise de Sade
[illustration] Laurence Titeux - 43 ans, infirmière, décédée
Ceron Olivier - 37 ans, enseignant, blessure par balle au bras
Ceron Gabriel, 3 ans, blessure par balle à la tête et au torse
Boret André - 71 ans, retraité, blessure par balle à la jambe
Petitjean Théo, 8 ans, poignet foulé
Petitjean Manon, 12 ans, blessure superficielle
Petitjean Agnès, 39 ans, secrétaire médicale, blessure par balle à la poitrine
Lambert Pierre, 64 ans, retraité, décédé
Lambert Marie-Jeanne, 60 ans, mère au foyer, blessure légère
Vincent Raymond, 57 ans, restaurateur, blessure légère
Smet Maxime, 18 ans, étudiant, blessure par balle à la tête
Perrard Quentin, 18 ans, étudiant, blessure superficielle
Bauter Michaël, 17 ans, étudiant, blessure superficielle
Achouri Akim, 38 ans, maçon, blessure par balle au pied
Pacco Juan, 47 ans, informaticien, bras cassé
Champluvier Roland, 39 ans, sergent, blessure par balle à l’épaule
Mernier Paul, 32 ans, caporal, blessure légère

Zivioz Nicolas, 28 ans, sergent, accusé
J’ai mis les fleurs dans un vase et je l’ai posé sur la table à côté de son lit. Allongée, elle peut voir le parc de l’hôpital. Elle reste les yeux dans le vague à regarder un point au loin, au-delà de l’horizon, au-delà de ses pensées. Un point dans ses souvenirs qu’elle a effacés. Comme si elle attendait l’arrivée d’un être parti depuis longtemps, qui ne vient jamais.
Je pose un baiser sur son front. Ses yeux délavés reprennent un peu de couleur.
-    « Steward ! Vous êtes revenu ! Les cartes vous attendent sur la table pour terminer notre partie de tarot. » Ma mère a les cheveux couleur des petits matins d’été, quand une brume se lève lentement sur les champs de froment.
-    « Oui, maman, reprenons notre partie d’hier.
-    Mais qui êtes vous militaire ? J’ai perdu mon chien. Un gros chien roux, avec une oreille déchirée. Vous ne l’avez pas vu ? »
Le vent agite les feuillages au dehors, ma mère reprend son voyage au bout de l’horizon, je n’aurai pas d’autres mots aujourd’hui. Dans le couloir, je croise une infirmière, plutôt jolie. Je défroisse mon uniforme, je me redresse et je sors.

La répétition est prévue à 14h. J’arrive à la caserne en avance, comme toujours. Baijot est assis dans les vestiaires à faire briller ses bottines. Je regarde sa nuque parfaitement rasée, une grosse veine palpite dans son cou, sous une grosse chaîne dorée. Il me balance une parole, je lui réponds un truc sans importance et je rejoins le terrain de sport.

Les éclairages vers le bâtiment des otages sont allumés, quelques techniciens font les derniers réglages et les plantons de service installent une flore artificielle livrée pour l’occasion. Deux gradés surveillent les opérations de loin, alors qu’un instructeur gueule sur trois soldats.

Je rejoins Baijot. Nous serons deux à tenir la position Alpha, pour couvrir le retrait du groupe d’intervention. Nos armes sont là, sur un muret de pierre, à côté des fumigènes. Je prends mon
Famas et j’enfonce le premier chargeur. Les autres sont dans mon brelage. Dans l’ordre utile.

17h. Le public s’installe peu à peu sur les gradins.
Au premier rang, les VIP. Trente particuliers et leur famille, cités pendant l’année pour avoir effectué un acte de bravoure ou d’utilité publique. Je regarde dans mon viseur. La plupart des places sont déjà prises. Je les fais une à une. Place 18. Vide.

Pierre Lambert, 63 ans, retraité de la fonction publique. « Bonjour Monsieur Lambert. Nicolas Zivioz, 3ème C, dans la classe de Mme Dumont - Bonjour Monsieur Lambert. Nicolas Zivioz, renvoyé le 29 juin 1990, pour avoir fumer dans les toilettes du collège, vous vous souvenez ? »
La foule s’agglutine devant les chars garés à l’entrée de la caserne. Des femmes, des enfants, des hommes, des dommages collatéraux.

17h45. Les gradins sont pleins. Le fauteuil 18 a été rejoint par son occupant. Monsieur Lambert.
Monsieur Lambert a vieilli, mais monsieur Lambert a toujours le port haut et fier. Il tient sa femme par le bras. Une petite rondouillarde aux cheveux outrageusement blonds. Il arbore sur son torse bombé la médaille remise par la municipalité. Monsieur Lambert a consacré sa vie à l’éducation nationale, il a sauvé de nombreux jeunes de la délinquance, aidé des familles dans le désoeuvrement, apporté son savoir faire et sa maîtrise à des parents démunis.

L’alarme a retenti. Tout s’enclenche, la guerre est déclarée, les terroristes ne gagneront pas. Lambert est un terroriste, Lambert prend les mères de famille en otage, Lambert les fait mettre à genoux dans son bureau en pointant sa bite au dessus de leur tête. Les fumigènes sont lancés, les soldats courent, ils ont les otages. Un terroriste ouvre le feu. Baijot vide son chargeur. « Tire Zivioz, tire ! Qu’est-ce tu fous ! C’est à nous là ! » Je vide mon premier chargeur. J’enclenche le deuxième. Je pointe. La fumée remplit ma lunette. Je tire vers les gradins. Dix fois, quinze fois, je ne sais pas. J’entends des cris. Des cris derrière la porte de Lambert. Les cris de ma mère, sous la mitraille de Lambert. Non, arrêtez, pas ça, non, non. Des pleurs d’enfant qui recouvrent ceux de ma mère. Mes pleurs et mes poings qui frappent contre la porte. Je vais te tuer salaud, je te tue si tu touches à ma mère. Je te tue. La fumée me pique les yeux. Baijot crie arrête arrête, putain t’as flingué le public, bordel, arrête. J’appuie sur la cachette. Clic clic clic. Mon chargeur est vide. La foule court dans tous les sens. La fumée se dissipe.

La place 18 est vide. Une grosse blonde pleure au pied de son mari d’où s’écoule une rivière de sang sous une médaille. Je pose mon arme sur le muret.
Baijot m’interroge du regard.
« Difficile de gagner la guerre sans dommages collatéraux, camarade » je lui réponds.

Au delà de l’horizon, la tempête s’est éteinte.

= commentaires =

Copypasta_     le 06/08/2008 à 18:28:16
Bonjour, j'ai beaucoup aimé, notamment quand on commence à piger ce qui semblait tirer en longueur.

Par contre le "pour avoir fumer" plante un peu le texte c'est naze.
nihil


    le 06/08/2008 à 19:02:33
Äuh mhon dYeux unH pHautt PUTPUTPUTPUTPUTPUT
J'ai mal à ton texte.
Copypasta_     le 06/08/2008 à 19:08:42
Grammar nazi einsatzgruppen reporting in.

Ah et c'était une blague, pute
Prototype Nucléique


    le 06/08/2008 à 22:38:38
Oui, si on veut baiser, il faut parler animal de compagnie, l'idée est bonne.
Marquise de Sade


    le 07/08/2008 à 12:43:42
Ce qui est chouette dans les commentaires qu'on comprend pas, c'est qu'on peut croire qu'ils sont positifs et que tout le monde a trouvé votre texte foutrement bon.

Erruer


    le 07/08/2008 à 23:09:20
ah, du sexe et de l'amour filial à la racine de toute destruction! très bonne idée !
le début est un peu sirupeux, non? ah le mien aussi? bon.

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