LA ZONE -
Résumé : Je me prononcerai pas sur le fait que l'écriture soit bien maitrisée ou non, n'en reste pas moins qu'il se dégage une bonne ambiance de décrépitude organique avec lambeaux de peau et côtes apparentes. Ca c'est sur. Ce qui est sur aussi, c'est qu'en fait, il ne se passe rien. Sans parler des retours lignes en plein milieu des phrases.

Liquéfaction

Le 20/11/2008
par Lembaumeur
[illustration] Regarde ma peau se parcheminer en
Fine poudre grise, cendre putréfiée,
Ostensibles côtes, si peu calcifiées,
Ossature nette enserrée de néant.
L’avant-bras gauche a passé une année en
Pendouillant mollement, et s’est sacrifié.
Détaché maintenant, voit se liquéfier
La chair autour du coude délinéant

Un nouvel appendice sanguinolent.
Fier sur ma colline, j’attends indolent
Que rompent les tendons, que tout ce qui reste

De ma viande se désagrège en morceaux
Spumescents puant la peste ou le pourceau,
Qu’elle fonde en soupe de merde indigeste.

= commentaires =

LH     le 20/11/2008 à 23:45:45
Ah ouais, j'ai bien pas aime celui la du tout.
Contre-paix


    le 21/11/2008 à 02:30:50
Les "retours lignes en plein milieu des phrases", ça s'appelle des rejets non ? L'effet n'est pas très réussi ici, mais casser le rythme d'entrée puis tout au long, c'est une manière de massacrer le principe du sonnet. Cette forme de torture littéraire a son intérêt.

Quant à l'allitération en p au vers 13, elle saute aux yeux, à la gorge. Ça rend maladroit et collégien.

Le contenu en lui même, ça pose bien son tableau, avec le vers 14 qui joue le rôle de bazooka. La "soupe de merde indigeste", juxtaposition foireuse de mots (volontaire ?), fait voler en éclats l'image qui se formait.

Potable.
Das


    le 21/11/2008 à 03:22:11
Sauf que là, c'est le lecteur qui est torturé : ça peut avoir son intérêt, dans la mesure où c'est justifié. Mais là je vois pas. Vraiment partagé sur ce sonnet: d'un coté, un massacre formel (l'exemple le plus probant est le passage du premier au second tercet) et une conclusion attendue, de l'autre, un sujet maitrisé et bien exploité. Et aussi, "spumescents", fallait pas.
Lembaumeur


    le 21/11/2008 à 09:19:31
Bon, tout est fait pour donner une impression d'informe et se rapporte à l'élément liquide. Donc : vers de 11 pieds, enjambements et rejets à peu près partout, etc...
La soupe de merde indigeste, c'est le sonnet lui-même, bien sûr. Ce qui prouve que ça fonctionne, vu vos commentaires.
Putes.
Putsch


    le 21/11/2008 à 10:13:36
Au départ je ne savais pas quoi penser de ce sonnet. Après relecture, la forme cassée me gêne vraiment. Je trouve ça un peu facile en fait; c'est vraiment pas justifié comme dit Das.

commentaire édité par Putsch le 2008-11-21 10:14:24
octoblah     le 21/11/2008 à 21:26:22
jé mal à lire et c'est encore plus dur à boire /
NI liquide Ni limpide alors si c'est un effet recherché, bravo mais j'aime pas.
Glaüx-le-Chouette


    le 22/11/2008 à 13:14:57
Je vais faire mon topo maniaque habituel sur la forme mais en précisant d'emblée que les "défauts" à relever me semblent (mais je suis myope) procéder d'une intention ; enfin, intention ou pas, je m'en branle, mais tout ce que je vais relever peut fonctionner selon le principe de la liquéfaction, et du dégoulinement putride.
Autant dire que je vais pas relever des défauts, en dernière analyse, mais des qualités.

DONC §
- Des vers de 11 syllabes ; très surprenant à la lecture, mais dès l'abord, très bien, on sait qu'on est dans un sonnet bizarre, plus tout à fait entier, un peu fondu. Et on a lu le titre. Si on a un cerveau, on est content.
- La rime en "néant" me plaît beaucoup ; à noter quand même, y a une grosse tricherie, sur le "en" qui sert de béquille à faire la rime, deux fois (interdit dans les canons). Toujours est-il qu'elle pète, la rime en "néant" sur un vers qui apparaît comme un alexandrin tronqué (si j'osais, je sortirais un petit "catalectique", pour le plaisir). Ca décade, ça déchée, ça tombe de partout, dans la forme autant que dans les dénotations des mots.
- Deux coupes malsonnantes, mais une fois encore, tant mieux, dans ce sonnet de liquéfaction : aux vers 2 et 3, on s'arrête sur un e sonore avant virgule. Ca coule comme un vieux camembert. Très mauvais en théorie, très bon dans ce sonnet.
- Vers 9 : les quatrains coulent dans les tercets, ça déborde. Terriblement mal vu dnas la théorie pure (et stupide comme telle), terriblement habile considérant le sujet du sonnet ici présent. Du point de vue des strophes aussi, ça dégouline.

Je ne comprends pas le "indigeste" final, cependant.

Mais pour le reste, j'aime énormément, et j'admire le travail du vers, inséparable du sens comme de juste, et somme toute bien foutu.



Commentaire édité par Glaüx-le-Chouette.

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