LA ZONE -
Résumé : Alors que la Zone résonne de frénésie combustible, Dourak reste sobre et donne dans le désespoir ordinaire et social. Il centre son texte sur les retrouvailles d'anciens camarades de lycée, éloignés par la vie. Disons-le tout de suite : il manque les explosions, le bullet time, les putes et les ragondins. Et pourtant, le résultat est à tomber par terre : bien écrit, poignant, terriblement humain. Profondément pas sautillant du tout, mais ce texte mérite d'être considéré hors du cadre étriqué de la Saint-Con.

Qui paiera pour Gérard ?

Le 12/04/2009
par Dourak Smerdiakov
[illustration]     La route défilait, le long du fleuve gris et morne, s'écartant des berges pour traverser d'insipides bourgades endormies. Je roulais vite sans m'en rendre compte, énervé par les événements de la soirée. Je rentrais chez moi. J'avais promis de passer toute la journée du lendemain chez mon beau-frère, à cloisonner les chambre des gosses. Puis ce serait lundi.
    J'ai jeté un coup d'oeil à la jauge d'essence et tourné à droite pour faire le plein à la station. Un autre véhicule venait de s'y garer. Je me suis rangé de l'autre côté de la pompe, et j'ai reconnu Julien, sortant de sa berline.
- Drôle de soirée, hein ? m'a lancé Julien.
- Sale soirée, j'ai répondu.
    Je suis arrivé légèrement en retard au restaurant, et mes anciens amis du lycée avaient tous déjà commandé. On m'a retrouvé une place sous une pile de manteaux et j'ai prié pour qu'un serveur daigne répondre à mes appels avant la fin de la soirée.
    Une douzaine de personnes. La plupart d'entre nous ne s'étaient pas vus depuis des années. Comme j'arrivais, on m'a demandé ce que je devenais, j'ai répondu sommairement et renvoyé la question par politesse, puis notre coin de table a rejoint la conversation principale, laquelle portait, inévitablement, sur les enfants, l'école, l'éducation. Dieu merci, quelques verres se vidaient et se remplissaient ; on pouvait espérer mieux. Les mômes, c'est des mômes, bordel. Ça chie, puis ça se bat ou ça minaude, puis il leur pousse des poils et ça devient comme vous. Et l'école, ça sert à les surveiller pendant que vous produisez du PIB. Fatalement, il s'y emmerdent, alors ils font des conneries, ou ils deviennent dépressifs. D'autant plus qu'ils ne veulent pas devenir comme vous. Comme si vous en aviez envie, vous, à leur âge...
    Ensuite, on a parlé boulot, fatalement. La plupart étaient cadres dans des entreprises du tertiaire, quelques uns fonctionnaires, quelques autres indépendants. Mais, à part pour Nathalie qui était médecin, un agriculteur du néolithique aurait eu bien du mal à comprendre en quoi consistait leurs différents métiers. Et Gérard était chômeur de longue durée. Je le croisais de temps en temps, je savais que ça n'allait pas fort pour lui. Pour l'heure, il ne disait pas grand chose, faisait semblant de s'intéresser à la conversation, avait l'air de regretter d'être venu et d'attendre la fin du supplice. Avec Joëlle, j'étais probablement le seul au courant pour le traumatisme crânien dont les séquelles avaient torpillé ses études d'ingénieur. Il n'aimait pas en parler. Il détestait qu'on en parle. Il détestait de plus en plus de choses, je crois.
    Il détestait qu'on se croise de temps en temps, par exemple. Il avait été un étudiant brillant, très brillant. Puis la mémoire et la concentration avaient disparu, d'un seul coup. Pendant les séances de laboratoire, les instruments lui tombaient des mains. C'est plus tard que j'ai su pour l'accident de vélo, les journées d'hôpital, les séquelles. Il me disait : j'ai encore trop picolé hier soir. Mais je crois que c'est quand Joëlle l'a quitté, six mois plus tard, après les examens, qu'il s'est mis à boire. Cette année-là, on les a ratés tous les deux, les examens, mais moi je me suis réinscrit en septembre et, malgré ma médiocrité, j'ai fini par obtenir le diplôme. Quand j'ai signé mon premier contrat, il cherchait déjà de l'emploi depuis un an et demi, avec juste son bac et, de plus en plus, un air de chien errant. Je produisais du PIB, il était chômeur, et il détestait me croiser. Ça se voyait dans ses yeux. Il croyait peut-être que j'avais pitié. Et j'avais pitié, bordel.
    Quand on a eu fini de parler boulot, on était bien lancés sur le vin, et plus très guindés. Les uns ont parlé football, les autres politiques. Et Geneviève traitait tout le monde de connard, pendant que son mari, que personne ne connaissait et ne voulait connaître, reluquait une paire de nibards à la table d'à côté. On attendait beaucoup de Ribery, ou du nouveau président de la République. Pour Julien, c'était le nouveau président. Gérard n'attendait pas grand chose de qui que ce soit, mais il fallait le lire dans ses yeux, parce qu'il fermait sa gueule et s'enfilait des verres sans trop avoir l'air d'écouter le flot de conneries.
    - Au fait, Gérard, tu cherches toujours ? a soudain lâché Julien à son intention. Parce¨ce que je connais des patrons qui cherchent des gens motivés et qui ne trouvent personne. Ils sont prêt à former les gens. Si ça t'intéresse...
    Gérard a mis quelques instants avant de relever la tête, comme si les mots lui parvenaient à travers un épais brouillard, qu'il y avait un décalage de quelques secondes.
    - Pourquoi pas. Je te donnerai mon numéro.
    Il avait répondu d'une voix égale, d'un air totalement incrédule, et plutôt sur la défensive. Avec un haussement d'épaules, léger. Ayant tout de même vaguement suivi la conversation, il savait que la proposition de Julien n'arrivait sur le tapis qu'en tant qu'argument pour celui-ci dans sa discussion avec Jean-Pierre sur les radiations de l'ANPE. L'important était de souligner qu'il y avait des millions de feignants à foutre au travail à coups de pied au cul, et que le nouveau président n'avait été élu que pour ça. Pas compliqué, bordel. Et Julien n'allait pas lâcher le morceau.
    - T'as pas l'air emballé. Tu cherches dans quoi, au juste ?
    Il y a eu un silence. Soudain toute l'attention était tournée vers eux. Le cas de Gérard intriguait pas mal de monde, en fait, je m'en rendais compte. J'ai su que tout ça allait mal finir. Personnellement, je savais que la réponse à la question de Julien était que Gérard cherchait dans le n'importe quoi, le n'importe quoi qui n'existe pas, celui où on accepte les chômeurs de longue durée, sans diplôme, sans allure, et qu'il ne faut pas observer plus de quelques secondes pour comprendre que ça ne tourne pas rond dans leur tête - cas social, dit-on. Mais Gérard, pour tout l'or du monde, n'aurait jamais répondu tout ça. Ni en aparté, ni à une table de restaurant, ni face à un peloton d'exécution. Et ceux qui ne peuvent pas comprendre pourquoi, ceux-là, oui, sont d'authentiques merdes humaines.
    - Dans ton cul, connard.
    Et Gérard a porté son verre à ses lèvres. Je n'aurais pas pu dire s'il regardait Julien, le mur derrière lui, le verre dans sa main, le caquelon à fondue devant lui, les bougies sur le gâteau à la table d'à côté (joyeux anniversaire, Kevin), ou rien. Julien s'est retourné vers Jean-Pierre.
    - Bref. Qu'est-ce que je disais ?
    C'est là que c'est devenu violent. Apocalyptique.
    Gérard s'est penché en avant pour agripper Julien par la cravate, et l'a tiré à lui par-dessus la table. À mi-chemin, la cravate a cédé. Julien s'est vautré sur la table, puis s'est rassis. Déséquilibré, Gérard est reparti en arrière, sa chaise basculant sous lui, et il a continué sa roulade jusqu'au milieu de la salle où il s'est retrouvé étendu sur le ventre.
    - Pauvre con, a dit Julien, d'une voix forte mais calme, et l'air très digne malgré son étrange noeud papillon.
    Le silence avait envahi le restaurant. On était gêné. On était goguenard. On était consterné. On avait pitié. Gérard se relevait péniblement, l'air plutôt ahuri. Et Julien a rajouté une banderille.
    - Pauvre merde.
    J'aimerais pouvoir vous dire qu'alors Gérard s'est retrouvé avec un lance-flamme dans la main. Ou qu'il s'est emparé d'une bouteille et l'a brisée contre un bord de table pour s'en faire une arme. Ou qu'il est sorti dignement. Mais la vérité, c'est qu'il avait l'air d'un môme qui essaye de ne pas pleurer. Et Julien a donné le coup de grâce.
    - Pauvre assisté de merde.
    Gérard a ramassé son manteau, la tête basse, et s'est jeté vers la sortie en boitant. Une fois la porte refermée, la rumeur des conversation a repris progressivement, sauf à notre table. Finalement, Geneviève a demandé, d'une voix d'ivrogne :
    - Qui paiera pour Gérard ?
    Et alors, tous, sans répondre à cette dernière question, se sont empressés de donner leur opinion sur les événements. La plupart estimaient que Julien avait exagéré. Certains le lui firent remarquer. La vaste majorité se désolaient de ce que Gérard était devenu. La pitié. J'étais livide. Je sentais monter une terreur indéterminée, à peine consciente, mais capable un jour de tout emporter.
    - Foutez-moi la paix avec votre déluge de moraline, conclut Julien. Quand je pense que j'ai juste voulu l'aider.
    Il y a eu un bruit de freinage à l'extérieur du restaurant, du côté de la nationale. Puis des cris en bulgare, en turc, en roumain, dieu sait quoi. Et ensuite des cris d'horreur et de dégoût, en français.

    - Au fait, Julien...
    - Oui ?
    J'ai contourné la pompe. Un camion passait sur la route, quasi déserte.
    - Enfoiré de camionneur arménien, j'ai dit, en montrant le poids lourd.
    Il s'est retourné pour regarder, étonné.
    - Mais non, celui-là c'est un Hollan...
    Mon poing est parti pendant qu'il ramenait son regard vers moi. Sa phrase ne s'est pas arrêtée net. Elle s'est éteinte progressivement, modulée par la surprise et l'étourdissement. Il s'est retrouvé assis au sol, le dos contre la portière de sa voiture. Je lui avais mis tout ce que je pouvais donner. Mon genou est parti et je lui ai éclaté le nez. J'ai ramassé le pistolet à essence et je lui ai offert une rasade d'octane 98 dans les yeux. Puis je l'ai aspergé des pieds à la tête.
    - Au fait, Julien : je vais aller chez toi. Je vais violer ta femme devant tes gosses. Ma moraline bien chaude dans le con de ta femme. Puis je vais égorger tes gosses devant ta femme. Puis je vais l'étrangler. Juste parce que j'en ai envie, surhomme.
    J'ai reculé, et j'ai lancé mon briquet.
    L'embrasement quasi instantané du carburant a produit un son extraordinaire. Ça n'a duré qu'une fraction de secondes, mais j'en garde un souvenir impérissable, comme d'un fugace aperçu de pureté originelle et, quand j'y pense, j'envie presque Julien de s'être retrouvé au coeur de la beauté de ce son. J'étais encore trop près. La chaleur m'a brulé le visage et ma manche s'est enflammée. J'ai à peine eu le temps de retirer ma veste, mais avec assez de présence d'esprit pour ne pas l'abandonner totalement aux flammes et aux enquêteurs.
    Il gueulait d'une drôle de manière, comme si l'air du brasier se refusait à colporter sa voix, voulait l'engloutir elle aussi. Puis, très vite, il a tout simplement manqué d'air. Et les flammes lui entraient dans la bouche, je les devinais cheminant jusqu'aux poumons à chaque tentative désespérée d'inspiration. La douleur de sa consomption semblait l'empêcher de réaliser qu'il étouffait. Mais quelles pensées s'agitaient derrière ces yeux fondus, quel avant-goût de l'enfer ces nerfs optiques ont-ils propagé une dernière fois ? Il s'est roulé trente secondes sur le sol de béton, vaine tentative de s'éteindre, puis ses mouvements sont devenus ineptes, ceux d'une masse de douleurs encore innervée. Après deux minutes, il ne bougeait plus.
    Il était plus que temps de quitter les lieux. J'ai ramassé ma veste à demi calcinée, puis je suis rentré chez moi. Je ne savais pas où il habitait. Sa femme devait être moche. Ses enfants méritaient leur vie de larves. Et je devais cloisonner chez mon beau-frère le lendemain matin.
    Puis ce serait lundi.

    Je ne sais pas comment il est possible que les flics ne soient jamais venus sonner à la porte. Je croyais toutes les stations équipées de caméras. Je croyais qu'ils retrouvent votre ADN et vos empreintes. Je croyais que des lois régissent tout ça, que les causes et les effets s'enchaînent, que la mécanique vous broie. Mais c'était il y a dix ans maintenant. Tout va bien pour moi. Je bosse toujours dans l'électronique et, quand je bois trop un samedi soir, Joëlle se refuse à moi jusqu'au samedi suivant. Je suis abonné à des sites pornos, et je passe des soirées à exprimer des opinions politiques extrêmes sur un blog que personne ne lit. Pour le moment, nos mômes chient sans problème, mais je crois qu'ils déprimeront à l'école quand même. Je suppose qu'il leur pousse déjà du poil. J'achète des livres sur les cathares, qui réprouvaient la procréation, et sur Robespierre, qui ne s'intéressait pas à ces choses-là. Et des livres sur 14-18. Mais, au fond, je m'en fous. Tout va bien pour moi
    Certains soirs, tout de même, je repense à cet instantané d'éternité, à ce bref jaillissement de fin du monde. Je me pince la joue, qui fut léchée par les flammes, je me caresse l'oreille, encore frémissante du son de l'embrasement, et je sens monter la terreur.

= commentaires =

nihil


    le 12/04/2009 à 13:24:56
Je vois pas ce texte remporter la Saint-Con. C'est pas l'esprit, pas l'ambiance. J'aimerais pas qu'il gagne, pas assez festif ni représentatif, et puis ce serait l'enfermer dans un cadre trop étroit. Y a autre chose à lire dans ce texte que juste un con qui se fait cramer la gueule (même si la crémation est détaillée et assez jouissive à sa manière). Y a plein d'autres choses, là-dedans.

Je préfère le voir comme un texte à part entière, hors des conventions, à lire en tant que tel.

C'est bon. C'est ce que j'ai lu de mieux sur internet depuis longtemps, dans un genre qui pourtant ne m'intéresse guère.
Lapinchien


tw
    le 12/04/2009 à 13:30:55
toujours un plaisir de lire du Dourak en prose. ça sent le vécu, à moins que le vécu ne sente l'essence. Fais gaffe, Horacio des experts Miami est sur tes traces.

http://stephanimation.free.fr/karaoke/place_des_grands_hommes.htm (attention les oreilles)

Commentaire édité par Lapinchien.
Kwizera


    le 12/04/2009 à 14:10:12
excellent.
Traffic


    le 12/04/2009 à 14:32:48
Texte réussi quoique vraiment pas marrant. Sinon, ça roule nickel.
mallaury


    le 12/04/2009 à 15:16:05
la frénésie de la saint con laisse jusqu'à maintenant un peu sur sa faim, sans dénigrer les efforts des valeureux participants. bien que comprenant vaguement les attentes liées à l'événement, je suis déçue que ce texte là ne soit pas pris en compte, de par son respect des critères. alors effectivement, on se roule pas par terre, mais il a le mérite de captiver jusqu'au bout, sans qu'à aucun moment on soit tenté de sauter quelques lignes pour cause d'effets rébarbatifs ou de style rédhibitoire. simple, classe et sans détour. vraiment vraiment bon. déçue également que ma jolie image de satisfaction ait été réduite à néant, mais c'est une autre histoire.
bref, pour les nouveaux lecteurs qui, comme moi, avancent à tâtons dans l'ombre de la zone, commencer par lire des textes de dourak peut éventuellement donner envie de rester.
Lapinchien


tw
    le 12/04/2009 à 16:15:12
je ne pense pas que nihil donnait ses consignes de votes simplement son resentir. c'est pas l'UMP ici. En même temps c'est pas non plus la star'Ac, c'est pas le public qui fait le programme. Y a un comité de sages qui veille au grain à ce que l'esprit de la St Con perdure sans anicroche.

Pour ma part, je suis pratiquement sûr que Dourak va figurer dans le trio de tête. Votez Dourak. si ce n'est pas pour la St Con au moins pour le motiver à produire beaucoup plus de textes en prose. Même si on ne le mérite pas.
Hag


    le 12/04/2009 à 16:31:14
Comme les autres. C'est tellement bien, et sérieux, que ça plombe un peu l'ambiance. A la fin de la lecture, on est un peu embêté, c'est certes ce qu'il y a pour l'instant de mieux, mais en même temps c'est un peu à côté de la plaque.

Mais tout de même, putain.
nihil


    le 12/04/2009 à 16:38:29
Lapinchien, n'essaye pas de finasser. Je ne donne jamais de ressenti. Je n'ai pas de ressenti. Je ne sais même pas ce que c'est qu'un ressenti, je pensais que c'était une partie de l'appareil génital gonzessal, entre l'utérus et les trompes. Alors vous allez voter comme je vous dis de voter bordel.
Lapinchien


tw
    le 12/04/2009 à 16:48:34
je ne finasse pas je finaude. nuance.
Marquise de Sade


    le 12/04/2009 à 18:53:58
L'humour est un des critères pour la st con ?

je le trouve excellent ce texte, c'est même mieux quand c'est pas marrant.

Juste un truc. L'intro. On -je- a tendance à penser que c'est le début de l'histoire, alors que c'est une partie centrale. J'ai mis un peu de temps à comprendre comment on passait du resto à la pompe.

Dourak Smerdiakov


lien fb tw
    le 12/04/2009 à 20:41:56
C'est simple : soit tu prends la moitié de l'addition, soit tu pompes.
Das


    le 14/04/2009 à 15:15:23
Quel style, quelle plume. Je n´ai pas trouvé ce texte puissant, mais l´écriture est maitrisée, pertinente, soignée. Vraiment, chapeau.

Cela étant dit, je me dois de soulever les vrais questions que pose le texte, puisque personne ici ne semble y porter attention: qui paiera pour Gérard bordel?
nihil


    le 14/04/2009 à 15:22:13
Dourak a une plume ? Dans son cul ? Je demande des photos.

On utilise pas de plumes ici. On barbouille nos textes sur les murs avec le sang des victimes, comme nos ancêtres.
Glop-glop


    le 16/04/2009 à 01:04:52
C'est bon, et c'est dans un genre qui m'intéresse.
Dommage qu'il ait été saintconisé par nécessité, ça l'affaiblit.
Un remix un jour ?
Carque     le 16/04/2009 à 10:02:48
Un peu pareil que Glop Glop. Dommage qu'il soit pas plus long aussi. Mais j'ai beaucoup aimé.
Dourak Smerdiakov


lien fb tw
    le 16/04/2009 à 18:14:47
Pour répondre sérieusement à la Marquise, j'avais conscience que le fil du récit n'était pas très clair. En fait, spontanément, j'avais commencé l'arrivée au restaurant au plus-que-parfait mais, en me relisant, je n'avais pas aimé la manière dont cette partie repassait au passé composé après quelques phrases. J'ai donc tout mis au passé composé, en me disant que le lecteur moderne, habitué au retours en arrière par le cinéma, s'y retrouverait. Mais je n'étais en effet pas très sûr de moi. Je ne le suis toujours pas, d'ailleurs.
nihil


    le 16/04/2009 à 18:41:33
J'ai eu un doute sur la chronologie à ce moment là, mais ça n'a pas troublé la lecture. Ca me parait justifié et pas gênant.
Glaüx-le-Chouette


    le 18/04/2009 à 08:43:06
C'est excellent, j'ai pas envie de commenter.
Si, quand même. Le narrateur est profondément humain et révolté, mais révolté obscur, et ce sont les seuls qui méritent le respect, les obscurs. Je serai pas objectif sur le texte tant que je serai pas objectif sur le narrateur. Donc castor, caroube, tintinnabuler ainsi que caelocanthe.

Mon favori de cette année pour le moment.
Contre-paix


    le 21/04/2009 à 01:18:15
Un concentré de désespoir ordinaire. Ça scotche.
Y'aurait bien des petits défauts mais non, le fond sert génialement la forme, donc ma gueule.

Putain, ouais.

Et coelacanthe, ce me semble.
nihil


    le 21/04/2009 à 01:24:55
En fait ça s'écrit hcaleotenca.
Contre-paix


    le 21/04/2009 à 20:17:50
Ouais, c'est bon, j'l'avais presque hein. Et c'est pas tous les matins qu'on trouve une faute du Chauve, fallait faire péter le slip des grands jours.
Valentine     le 01/05/2009 à 18:47:11
Dans l'ensemble, le texte est assez réussi. Le style n'est pas imbuvable et le narrateur tout à fait pertinent.

C'est dans le détail que ça grince.
Il y a beaucoup trop de redondances à mon goût - oui, j'ai du goût. Le coup du PIB une fois : ok. Deux fois, c'est lourd.
Le pire est peut-être l'overdose de phrases commençant par "Et". Il y en a partout, elles se reproduisent entres elles, les salopes. Résultat : ça vire au tic de parole qui agace prodigieusement les critiques les plus difficiles.
dark angel génial    le 15/05/2009 à 15:23:51
se dire que c'est du vécu ? c'est du vécu ?
tout refouler, être indécis, ne pas vouloir s'enfermer dans un carcan, protéger la veuve et l'orphelin (et le chômeur) pour finir...
comme tous les autres, des bêtes de somme
qui ne pensent qu'au PIB
chapeau bas l'ami...
je voulais savoir ce qu'un dourak donnait sorti du "petit manuel pratique de l'aspirant au suicide" et bien je suis gâtée, à la hauteur de mes espérances, un texte lourd de sens, une belle prôse, un humour au 190ème degré...
acceptes le dourak... tu es mon dieu
Tamerlan Küle     le 15/05/2009 à 18:57:28
Vermine gauchiste. Si je vous jetais ma Rolex, vous changeriez d'opinion.
dark angel pardon ?    le 15/05/2009 à 20:37:32
à qui il parle celui-là ?
de gauche à droite (et de haut en bas) ta rolex tu te la gardes
j'imagines que tu as 40 ans...
mF     le 01/06/2009 à 01:03:53
bon texte. à pousser.
angel     le 11/09/2009 à 20:58:41
pas trop forte la poussée quand même
Petrovitch     le 20/04/2012 à 19:34:29
Avec trois ans de recul, il m’apparaît soudain que le caractère de Julien est trop rapidement brossé pour en faire un bon con de concours.

Je n'ai rien à redire sur l'illustration de la condescendance de Julien, ni sur celle qui est faite ensuite de son arrogance stupide, vu que les répliques sont super efficaces et qu'on a plus l'impression de regarder la scène que de lire des foutus signes qui nous permettent justement de l'imaginer. Cette scène.

Par contre, il y a deux ou trois références qui ne m'avaient pas sauté aux yeux la première fois et qui rendent le personnage de Julien un peu moins crédible, en tant que con méritant le bûcher. La "moraline", dont Julien ne veut pas entendre parler, fait évidemment référence à l'impératif nietzschéen d'avoir, pour accéder au bonheur, une vertu "exempte de moraline"(l'Antéchrist). Même s'il serait plutôt aventureux de voir en Julien un disciple de Nietzsche. Parce que celui qui fait de Julien un "descendant dégénéré" du philosophe à moustache : c'est le narrateur. (Julien, lui, n'a pas vraiment l'occasion de penser.) C'est le narrateur qui lui renvoie sa "moraline" à la gueule, au Julien ; et, juste avant de le cramer, c'est bien le narrateur qui lui donne du "surhomme" (au cas où on n'aurait pas compris).

Sous cet angle, le con, qui n'était déjà pas d'une très grande finesse (même si c'est pour ça qu'on l'aime), devient caricatural.

(Je me suis dit que l'aphorisme 274 du gai savoir manquait au rendez-vous. Même si c'est peut-être ce qu'on peut raconter de notre époque.)

Ceci dit, malgré cette critique, je dois dire que le texte est remarquablement écrit, on sent que les enjeux des sujets abordés sont bien compris, l'idée d'avoir confronté le thème de la pitié à celui de la honte est aussi naturelle que brillante. Et c'est ce qui donne au texte son équilibre.
Lapinchien


tw
    le 20/04/2012 à 19:46:22
Camarade Petrovitch, louées soient vos intensions si elles consistent à soutenir moralement Dourak dans l'écriture, nocture et effrainée et alors qu'il pourrait s'amuser avec des amis et alors qu'il y a des trucs debiles sur direct8, d'un texte de St CoN 2012 dont il doit rendre la copie ce soir avant minuit pile. tic tac tic tac
Dourak Smerdiakov


lien fb tw
    le 20/04/2012 à 21:14:56
Je n'ai pas d'amis, j'aurais trop peur qu'ils sachent que j'écris des ballades et des sonnets.


Dans mon souvenir, mes "intentions" étaient plutôt confuses, sans doute plus politiques que philosophiques au départ, mais en réalité ni l'un ni l'autre. Le texte est plus ou moins né de l'idée du titre "Qui paiera pour * ?" interprété au sens littéral et figuré, ça me faisait marrer.

= ajouter un commentaire =



[Accueil]