LA ZONE -
Résumé : Voici un truc avec des mots dedans et des ponctuations que le lobby crypto-maçonnique des oculistes de France et de Navarro m'a forcé a publier sur la Zone pour faire marcher le bizness de la vente de mouchoir anti-saignement des yeux. L'image est cadeau et sans rapport parce qu'il est souvent difficile d'illustrer le génie à l'envers. En l’occurrence, oui.

Dissemblances

Le 02/03/2013
par Abracadabrants
[illustration]
Il pleure. Affligé. Un vrai dépressif. Son visage se modifie, ses traits se détruisent. La pluie. Des larmes comme des lames.
Il rit. Hilare. Un vrai enfant. Son rire éclate, résonne. Échos dans une grotte. Échos dans le ciel. Le bonheur qui se réverbère.
Il est. Imposant. Un vrai témoin. Les sens qui inspectent. Des gardiens. Toucher, sentir. Respirer. Une tache dans une foule.
Il n’est pas là. Absent. Un vrai voyageur. Son âme est une silhouette qui danse, écartant doucement les fils éthérés. Fermer les yeux. Sommeil éveillé.
Il est immobile. Figé. Une vraie statue. Ses muscles se tendent, son corps bouillonne. Pourtant il s’abstient. Lutter. Se battre contre le désir.
Il court. Libre. Un vrai fugitif. Son cœur hurle. Félicité. Encore plus. Ses jambes le propulsent. Il s’en va loin, il file. Toujours plus loin.
Il est gentil. Adorable. Un vrai ange. Une lumière en guise de manteau. Des mains qui s’ouvrent. Des offrandes.
Il est méchant. Hideux. Un vrai démon. Une plaie comme une ombre. Du sang comme passé, une fosse comme futur. Un cimetière.
Il rêve. Ailleurs. Un vrai dormeur. Les images folles se bousculent. Les espoirs éphémères se fardent de rose. La perfection.
Il cauchemarde. Sous-terre. Un vrai tourmenté. Les épées qui s’entrechoquent. Le ventre qui s’ouvre. Une apocalypse menteuse.
Il donne la vie. Généreux. Un vrai père. Ses bras comme un berceau. Des doigts minuscules. Une ivresse qui dure.
Il tue. Monstre. Un vrai cannibale. Ses bras comme une arme. Des mains qui étranglent. Il a soif, il a faim. Une vengeance qui grise.
Il pense. Intelligent. Un vrai philosophe. Des petits points sur un écran. Les idées arrivent et repartent. Quelque chose d’invisible. Secrets.
Il ne pense pas. Inerte. Un vrai paresseux. Un esprit asséché. Désert ou abysses. Des insectes qui grugent les sens.
Il touche. Charnel. Un vrai pervers. Effleurements. Viol. La culpabilité qui grandit. Le remord. L’alerte d’une faute.
Il ne touche pas. Respectueux. Un vrai gentilhomme. Courtoisie. Un peur qui se déguise. Manque. Toujours réprimer.
Il grimpe. Glorieux. Un vrai vainqueur. Le triomphe près du soleil. Un drapeau. Le symbole du conquérant. Peut-être courageux. Ou téméraire.
Il descend. Craintif. Un vrai lâche. L’audace trop timide. Rougissements. Le public qui pouffe. L’échelle qui s’enfonce.
Il aime. Tendre. Un vrai humain. Baisers sensibles. Contact fragile, trop de douceur. Il tient une poupée. Morceaux de porcelaine.
Il n’aime pas. Cruel. Un vrai animal. Faiblesse ou solitude. Le vide ou la haine. L’absence est profonde comme un gouffre.
Il est entouré. Sociable. Un vrai ami. Les cadeaux s’échangent. La fête frissonne. Agréables moments. Un partage. Ou un vol.
Il est seul. Marginal. Un vrai ermite. Un miroir comme compagnie. Solitude. Prison. Les barreaux sont robustes. Tromper les vigiles.
Il s’amuse. Frivole. Un vrai fêtard. Des couleurs. Des lumières. Les plaisirs, l’allégresse, les délices. Les lèvres sont des sourires.
Il s’ennuie. Las. Un vrai blasé. D’une personne ou du bonheur. Le temps est une vie. Mort tardive. Trouver la patience. Attendre.
Il envie. Jaloux. Un vrai pécheur. Falsifications. Duperies. Laideur honteuse derrière le faste. Haine de soi. La soie est exquise.
Il dédaigne. Confiant. Un vrai bourgeois. Torse bombé comme assurance. Lèvres pincées comme vanité. Ganté d’arrogance.
Il règne. Fier. Un vrai souverain. Le roi sur son trône. Le fouet dans la main. Éclat de diamant. Caprices et extravagances.
Il sert. Soumis. Un vrai esclave. Des loques comme peau. La dignité dans un trou. Des marques qui suintent. Le sang des veines.
Il vit. Palpitant. Un vrai homme. Son souffle qui flotte. Suspendu. Renouvelable. Un cœur qui se bat, des papillons qui gigotent.
Il meurt. Agonisant. Un vrai vieillard. Tout se crispe. Une odeur de pourriture qui s’en vient. Un ombre descendant les marches. Une porte.
Il est un homme.
Il existe
Il ne peut pas ne pas exister.
Là est la fin des dissemblances.

= commentaires =

Koax-Koax


    le 02/03/2013 à 15:27:20
Ca me rappelle fortement cet homme de sinistre mémoire :
http://www.youtube.com/watch?v=O6kwXFirSyI
Lapinchien


tw
    le 02/03/2013 à 15:37:13
C'est assez marrant à lire si on prend dans sa tête la voix de Julien Lepers
Lapinchien


tw
    le 02/03/2013 à 15:40:51
...et qu'on accélère le rythme de lecture linéairement du début à la fin.
Lapinchien


tw
    le 02/03/2013 à 15:41:36
...et qu'on dit "Top!" au début.
Lapinchien


tw
    le 02/03/2013 à 15:43:53
...et qu'on conclue par "je suis... je suis...".
Lapinchien


tw
    le 02/03/2013 à 16:05:28
hey ! faudrait que j'expérimente ça au pieu. Ce doit être rigolo.
Dourak Smerdiakov


lien fb tw
    le 03/03/2013 à 01:32:25
Ça m'a rappelé le ying et le yang et le fait que le camion poubelle n'est pas passé lundi matin à cause de la neige.
Nana


    le 09/03/2013 à 01:14:34
lapinchiiiiiiien, j'ai lu tes commentaires avant le texte ! merde ! La lecture est foutue ! ça marche trop bien pour oublier !

Commentaire édité par Nana le 2013-03-09 01:18:08.
ttbm78


    le 09/03/2013 à 14:33:36
Le même rythme et les mêmes tournures semble se décliner à l'infini. J'ai arrêté ma lecture prématurément car j'avais une impression de totale absence de surprise. J'ai peut-être tort, je ne sais pas, mais ton texte ne m'a pas accroché assez rapidement...
Je me permet ce commentaire sans avoir lu ton texte en entier car je pense qu'au fond c'est juste un détail qui m'a rebuté, un petit truc aisément modifiable. juste une histoire de rythme.
Nana


    le 09/03/2013 à 15:26:41
Le lire en faisant des temps de pauses plus longs que ceux imposés par les "points" en général crée un texte intéressant, en tout cas pour le premier "paragraphe" car moi non plus j'ai pas réussi à finir
Peut être que si on remplace certains points par de grands espaces...

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