LA ZONE -
Résumé : Versus nous livre un article de critique cinématographique sur la Zone, chose assez rare pour qu'elle soit notable. On y retrouve les reproches classiques portés contre la production de cette industrie culturelle française qui n'est plus élitiste, devenue apolitisée, lisse, consensuelle, faite pour ne pas faire de vagues et contenter les bobos qui hantent les Multiplexes, cependant l'argumentaire est étayé d'exemples concrets avec des films récents, ce qui renouvelle la rengaine habituelle et la rend intéressante. Ce débat me dépasse un peu car comme je l'indique au début de la présentation, ici Versus s'attaque à l'industrie cinématographique qui par définition est faite pour faire du fric qui par le biais de redistribution des gains engrangés permet aussi aux studios et producteurs de s'attaquer à des marchés de niche avec un public plus confidentiel. Heureusement que le cinéma indépendant existe, les circuits de diffusion ne sont pas les mêmes. Versus devrait plutôt blâmer nos connards de contemporains qui aiment qu'on leur serve de la soupe, c'est eux qui ont décidé de tourner le dos aux élites intellectuelles d'antan, de ne plus voir en elles des figures charismatiques entraînant de grandes réflexions et remises en causes sociétales. Vivement de grands échanges passionnés dans les commentaires de cet article donc. En illustration j'ai décidé de mettre un truc sans aucun rapport : je trouve que les acteurs Noomi Rapace et Tahar Rahim ont exactement la même tronche, alors j'ai fait un petit montage pour le vérifier.

Le cinéma français allergique à la politique ?

Le 16/05/2016
par Versus
[illustration] Les producteurs de cinéma ont ceci en commun avec nos politiques qu'ils se positionnent systématiquement selon le point de vue des masses. Le public pour les uns, les électeurs pour les autres. Tout ça, c'est kif-kif bourricot, puisque l'on se prétend sempiternellement enchaîné aux desiderata de la masse. Humbles dans l'intention et généreux dans leur souci de fédérer les cons, autant du point de vue des suffrages, des entrées en salle, des points de sondage, des courbes d'audimat, voire pour les plus cheap, du nombre de vues sur You Tube, nos grands créateurs de cinéma hexagonal sont prêts à user de tous les prétextes pour nous abreuver de la pire bouillie filmique depuis que les frères Lumière et Georges Méliès se sont fendus, chacun dans leur coin, de la plus belle invention humaine depuis la naissance de l'impression.
L'excuse de vouloir plaire à un maximum de spectateurs potentiels achève de nous éloigner de tout ce que le cinéma peut comporter d'artistique : une vision esthétique, désintéressée, débordant volontiers sur le terrain social, la possibilité d'un regard critique, éventuellement féroce, sur des choix politiques précis, des idéologies triomphantes, de patentes injustices. Il existe aujourd'hui un dangereux cahier des charges auquel tout film doit se plier s'il compte un jour imprimer une pellicule. Le cinéma dépend des dividendes de grands groupes, de chaînes de télévision affiliées à ces mêmes groupes et nul besoin de dévorer avidement le Monde Diplomatique pour se convaincre que ce sont des intérêts économiques et financiers qui président désormais à l'élaboration des multiples œuvrettes actuellement accessibles sur petit et grand écran.
    
Quid alors de certains films récents, censément politiques, la Loi du Marché en tête ? La plupart tissent un décor artificiel dans lequel déambule un personnage dont les motivations dépassent généralement le contexte social, qui, de fait, ne constitue qu'un prétexte de plus à raconter une histoire qui n'a rien de politique. La vengeance personnelle du protagoniste de Dheepan, par exemple, plonge rapidement le film dans un exercice de style autour des codes du polar musclé. Autre exemple, Un Français, ou l'itinéraire d'un skinhead repenti, prend bien soin d'éviter toute connexion avec l'actualité brûlante. Un regard sur le passé, ça d'accord, mais surtout, ne parlons pas de ce qui fâche.
    
Exit, Costa-Gavras. Saluons Kev Adams et tant pis pour nos neurones.

= commentaires =

Lapinchien


tw
    le 16/05/2016 à 18:03:31
Pour ma part, le gros problème des films français, ce sont les acteurs français. Je ne sais pas trop bien d'où vient le problème mais il y a un gouffre abyssal entre leur manière de jouer et la manière de jouer des grands acteurs américains. J'ai l'impression qu'ils sont formés à être des acteurs de théâtre et qu'au dernier moment on les balance devant une caméra. Donc du coup, ils jouent comme on doit jouer Molière devant un auditoire : exagérations multiples de la voix, de la manière de hacher le phraser en passant par la hauteur de voix pour que ça porte loin, et idem pour la gestuelle. Certes ce doit être super-pratique au théâtre et dans la lecture de textes pour leur donner une portance mais le problème c'est que ça sonne faux, pas naturel du tout. J'en parle en particulier après avoir vu les deux épisodes de "Marseille" la série de Netflix avec Depardieu et Magimel. Même en y foutant les moyens de production au final on est loin d'un House of Cards justement parce que le problème ce n'est pas le scénrio, la production, mais toute l'inertie de l'appareil derrière qui devrait bien se remettre en cause au lieu de crier à l'exception culturelle. Dialogues à chier, jeu d'acteur à chier, les personnages ne sont pas incarnés, à peine caricaturaux : Au finish : l'impression de regarder "Plus belle la vie" . Du coup on arrive même pas à gratter jusqu'au niveau du message politique dilué sur la longueur et écrit en sous-texte. On lâche l'affaire avant. c'est juste tout pourri.
Clacker


    le 16/05/2016 à 19:27:29
Sauf que dans ce qu'on appelle souvent "les acteurs américains", y a aussi un paquet d'acteurs anglais. Et je trouve que les anglais ont un jeu bien plus subtil que les américains, qui nous pondent constamment des personnages qui sont des carricatures des différentes valeurs de leur pays qui n'est pas le leur.
Mais tout à fait d'accord sur le fait que la presque totalité des acteurs français, pour ce qui est du ciné, c'est de la bouse.
En ce qui concerne le texte... ben c'est pas mauvais, mais c'est un peu chiant quoi, parce qu'on est pas sur allociné.
Avec ses multiples billets d'humeurs et jets de bile en tous genre, La Zone serait-elle en train de se transformer en Coupsdegueule.org ?
LePouiIleux     le 16/05/2016 à 20:11:54
Ça enfonce quand même une porte qui est grande ouverte depuis longtemps. Même si je préfère l'actu rondel c'est le genre de billet plutôt divertissant et provocateur de réactions.
Lapinchien


tw
    le 16/05/2016 à 20:20:58
ah ben n'hésite pas à poster des news sous forme de rondel si t'aimes ça parce que je ne peux pas continuer tout seul sans transformer la Zone en mon propre blog.
Mill


site lien fb
    le 16/05/2016 à 20:23:47
Je ne dirais pas que ça enfonce une porte grande ouverte depuis longtemps mais c'est vrai qu'il y a eu un superbe dossier traitant du même sujet dans les Cahiers du cinéma en décembre dernier. Bref, c'est pas complètement naze mais ça n'a rien de sexy et ça n'apporte pas grand chose. Ca a au moins le mérite d'égratigner gentiment des films que les médias s'accordent à traiter de chefs-d'oeuvre.

Pour ce qui est des acteurs français, je suis d'accord avec toi, Lapinchien, mais il y a eu (et je suppose qu'il reste) de glorieuses exceptions.
Versus


    le 16/05/2016 à 20:44:23
Bon-bon-bon, faisons le point.

Ce "billet d'humeur", tout comme "Gérer le deuil des people" sont des exercices de style pour un format de 2500 caractères. Franchement, c'est pas le méga kif à rédiger mais vous devriez essayer. Développer une idée à peu près cohérente qui évoque l'actualité en si peu d'espace tout en donnant son opinion me semble un défi digne d'être relevé par vos délicieuses personnes.

Pour le reste, j'avais évidemment lu le dossier des Cahiers.

Hé vi.

[VERsUS]
Lourdes Phalanges


    le 16/05/2016 à 20:47:16
https://www.youtube.com/watch?v=7xkeT_okg7o
Lapinchien


tw
    le 16/05/2016 à 22:48:39
la puissance de la fonk t'habite,LP
Mill


site lien fb
    le 16/05/2016 à 22:52:57
Putain, oui !
Clacker


    le 16/05/2016 à 23:08:51
Très sincèrement, c'est une opinion totalement personnelle, mais parler de l'actualité me les brise au plus haut point. Ca me fait l'effet d'une bite qui se dresse devant un petit cul tout sale l'espace de 15 secondes à tout casser. Si l'écriture s'inscrit là-dedans, c'est du journalisme, et donc de la prostistution qui fait pas bander.
Tout le monde fait semblant que ça a de l'importance, pourquoi ?
Lapinchien


tw
    le 16/05/2016 à 23:16:09
ah mais puisque ça parle de cinema et de funk et qu'il faut pas parler d'actualité et que je regarde Bagdad Café sur Arte alors voila https://soundcloud.com/baconnais/christian-falk-feat-jevetta-steele-calling-you-opolopo-remix
Clacker


    le 16/05/2016 à 23:20:11
(Vous avez vu comment que je fais des efforts pour alimenter le comentairothon ? Mais c'est par sacrifice que je le fais, à grand coup de pinot noir. Comme Jesus Yechoua premier du nom, tout pareil)

Commentaire édité par Clacker le 2016-05-16 23:20:41.
Lapinchien


tw
    le 17/05/2016 à 14:17:08
oui c'est le championnat du monde du hors sujet, les commentaires de ce texte
Lourdes Phalanges


    le 17/05/2016 à 20:46:13
Un texte est un prisme, on y projette ce que l'on veut. Ou presque si j'ai tout bien compris, avec leurs histoires de Ça, de Moi, Surmoi...

L'actualité n'est que surface, le couvercle qui empêche la Cause Première d'enfin s'exprimer pleinement, je sais que tu as le potentiel pour percer la voûte céleste.
JUST DO IT : https://www.youtube.com/watch?v=5-sfG8BV8wU

Funk cette semaine, Harsh Wall Noise la suivante… Math rock, breakcore ou encore jazz-ambient le mois prochain ? Je laisse le choix à la populace.
Clacker


    le 17/05/2016 à 22:31:54
Tout à fait d'accord.

Je vote pour un peu de breakcore : https://www.youtube.com/watch?v=nYCCUo6zGAY

(Vous remarquerez comme la terminaison du lien Youtube est bien trouvée)

Commentaire édité par Clacker le 2016-05-17 23:26:02.
Lapinchien


tw
    le 19/05/2016 à 11:44:25
En fait je trouve qu'en France, il y a même de moins en moins de politique dans la politique et de plus en plus de cinéma d'ailleurs à la place. Tout cela est à mettre sur le dos de la convergence des luttes probablement.
pascal dandois


    le 19/05/2016 à 13:20:22
pour la comparaison acteur français/américain c'est pas mal faussé, pour le grand public en tout, cas par la VF à la télé, de toutes façons de quoi je me mêle, qu'est ce que je me mets à écrire ça et pourquoi que,car je regarde presque plus rien de ou à la télé,VF ou VO, j'ai même pas regardé X files,je dois être vieux, mais,je vais ajouté: les acteurs français dans les séries télé, ils jouent comme des patates pour la plupart, tant mieux, ça met pas la barre très haut pour moi qui doit faire l'acteur dans un tout petit truc théâtral, mais je dis ça c'est bien pour passer le temps, je sais même pas pourquoi que je ramène ma science, oh, pis, voila.
Lapinchien


tw
    le 19/05/2016 à 15:01:28
c'est sur que ça se voit qu'il y a moins de budget pour doubler des films français et que ça se ressent sur la qualité.

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