LA ZONE -
Résumé : Grand retour du flood poétique du Teratochiard HaiKulyssoïdal. Probablement un ouragan ou un typhon de dernière catégorie tant ça démolit tout sur son passage. Réagissons, zonards avant que la Zone ne se transforme définitivement en HaiKulysland.

En pleine nature

Le 13/10/2018
par HaiKulysse
[illustration] Il se déboutonnait et sortait son instrument pédagogique, et la jeune fille, qui avait décidément du chien, le regardait avec de grands yeux humides, puis regardait son visage avec une innocence troublée et un désir naissant.
Ses lèvres envoûtées embrassaient en dessinant une plosive, s’écartaient et révélaient des dents blanches et la pointe mouillée de sa langue.
Mais le long-métrage s’arrêtait là, laissant les deux acteurs se débattre dans un univers inconnu.

Les fumeurs d’opium plaisantaient, en incendiant les dernières bobines, et se mettaient à la page des financements les plus rentables.
Dehors, à l’extérieur du cinéma, les vingt-quatre notes flûtées du joueur de Pan protestaient encore et le joueur de Pan, sur son poney, recueillait les hourras dans cette ville adossée comme un moineau sortant du nid à la colline Hollywood.

Il ne resterait de ce monde que des bals musettes sabordés et cinq consonnes et deux voyelles !

Le joueur de Pan partait en direction des montagnes qui s’élevaient et des pyramides qui blanchissaient à vue d’œil ; la reine noire l’avait convoqué en orient ou en occident. À mi-chemin il s’arrêtait dans une auberge aux tapisseries coloniales ; il ne savait pas encore qu’une guerre civile arrivait au galop dans son pays, annonçant l’atroce et spectaculaire chaos. En vidant une bouteille de vin blanc qui ne contenait que l’illusion de la vie et du mouvement, il avait contracté une maladie sensuelle.

De retour sur la route, en se noyant dans les foules et dans les lacs rouges, il s’abritait des pluies de cendres noires coagulantes qui se jetaient chaque année dans des mers ensanglantées.
De leur côté, les fumeurs d’opium, baignés dans une douce lumière crépusculaire, montraient leurs dents blanches qui dévoraient tout sur leur passage et qui étincelaient comme une morne lamentation.

À présent seul avec le murmure du vent qui semblait croître en force, le joueur de Pan s’était réfugié dans un van inoccupé et écrivait ses mémoires.
Personne ne le retrouverait, caché dans les pâles collines ivoirines de Big Sur, il en était convaincu. Pendant tout ce temps perdu en pleine nature, il imaginait des galaxies, des paysages de désolation sans fin. Même les hélicoptères, qui passaient dans le ciel cristallin de l’Alaska, ne le sortaient pas de ses rêveries submergées par des fantasmes et sa libido ardente !

Enfin, élevant une tombe à la mémoire d’un élan tué trop rapidement, avec un tas de pierres surmonté d’une croix, face à ce monticule, il avait beaucoup trop pleuré et prévoyait de quitter cet avant-poste de la nature abandonné depuis longtemps.

Le soir même, il éteignait à jamais sa loupiote aux lumières chatoyantes en laissant dans son carnet quelques commentaires d’une rivière impossible à traverser et le retour à la vie sauvage représentait alors un monde inattaquable, même pour les esthètes voyageurs !

= commentaires =

Lapinchien


tw
    le 13/10/2018 à 18:31:03
reconversion de la Zone en fumerie d'opium clandestine ?
David


♫ Singin' into the wild ♪    le 13/10/2018 à 21:32:59
C'est exactement le bon format, il ne fallait pas un mot de plus. Il y a une dimension poétique certaine, tu vas finir par te faire lyncher à la crosse de winchester, ou aux cigarettes filtre. Il y aurait comme un peu de Mulholland Drive Dans ton Into the wild, ou ailleurs d'ailleurs.
Clacker


    le 14/10/2018 à 00:40:20
Bon, je reste sur mon impression de toujours concernant les textes de Haikulysse. Y a du putain de bon matériau, y a de la phrase qui claque, des trouvailles qui valent le détour, mais j'attends encore le texte qui saura allier style et développement. Parce que là, on n'a qu'une mise en bouche stylisée. Je veux voir des enjeux, de la tension, du bouton de rose maltraité par la rosée perverse, ce genre de merde. Je veux que ça devienne une question de vie ou de mort, tous ces mots. C'est le danger qui manque.
Le Thaumaturge     le 14/10/2018 à 09:08:26
Sur la forme, c'est cool, le texte est assez bien tourné malgré que tu foutes des phrases trop longues qui n'apportent aucune dimension à l'histoire et qui a pour seul mérite de faire bailler le lecteur.
Comme l'a dit Clacker, il y a un manque cruel d'enjeux, donnes nous une raison de te lire au lieu de te pavaner comme un con sur quelques lignes.
En résumé, gardes tout et développe son intérêt.

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