LA ZONE -
Résumé : Un édito tout en faux-semblants, mais assez sérieux et même plutôt sombre, enfin a priori en tous cas. Rejoint plus ou moins les articles du dossier 'Surconsommation' actuellement en cours.

Oscar d'interprétation dramatique

Le 04/02/2003
par nihil
[illustration] Je m’ennuie mais j’ai rien envie de foutre. Tout ce que je pourrais envisager comme occupation me paraît nettement plus pénible que de rester assis comme un con devant ce PC à errer lamentablement d’un site à un autre et espérer une hypothétique mise à jour. J’en arrive à comprendre mes attardés de voisins effondrés sur leur canapé en train de s’emplir et se vider de télé.
Tout m’énerve prodigieusement, mes collègues, ma vie à la con, les conneries que j’ingurgite à flots ininterrompus toute la journée à la radio, mais dès que je me colle devant mon traitement de texte, rien ne sort. Incapable d’analyser quoi que ce soit, pas foutu de monter un raisonnement, lavage de cerveau vite accompli, mené à bien en une journée de travail même pas harassant.

Je parcours les derniers textes qu’on m’a envoyés sans la moindre réaction, je lis les derniers commentaires sur les articles de la Zone sans même esquisser un sourire devant les vannes de mes amis. Vidé. Je me demande finalement où je voulais en venir avec ce site et puis je lâche l’affaire, même pas d’humeur aux questions existentielles. Je ne vois pas quelle réponse lumineuse pourrait m’envahir après plus d’un an.

Je suis vaguement content de voir une base de 350 textes se ramifier dans les profondeurs de la base de données du site, certains excellents, mais finalement à quoi servent-ils ? Personne ne les consulte jamais, pas même moi. On est trop conditionnés à la liberté d’expression effaçable (dixit Djinny) pour apprécier la valeur d’une telle mine de mots, de phrases, de paragraphes. Ce qu’il nous faut c’est de la littérature fast-food, des émotions fortes et rapides, vite préparées et vite ingérées, pas du réchauffé, du déjà-lu. Seule la nouveauté m’attire comme un papillon de nuit par une lampe-torche. Les textes de la Zone ? Déjà vus, déjà lus, connus par cœur. Les intervenants ? Toujours les mêmes. J’ai besoin de me montrer quelque part où on ne me connaît pas, de débouler comme un chien dans un jeu de quilles et faire l’important, l’intelligent, le différent. Sur la Zone tout le monde me connaît, je ne surprends plus personne, je m’en fous. Je cherche comme un affamé de nouvelles communautés à envahir de ma présence. Montrer au monde entier que j’existe.

Même les nouveaux textes qui arrivent dans ma boîte articles ne me satisfont pas pleinement, j’en viens à ne faire que survoler certains d’entre eux. Trop longs, trop construits. Moi je suis un mercenaire de forums, un vagabond de la demi-ligne qui ne demande d’efforts ni à lire ni à écrire. Le travail nous vide la tête, et quand on est au calme on aspire plus qu’au vide et à se laisser couler dans un béat abrutissement de complaisance, quelques private-jokes en trois mots, connivence de façade, quelques engueulades jouissives, pseudo-réalité, lues en quelques secondes suffiront à occuper le néant d’une bienheureuse sensation d’existence.
La Zone c’est trop compliqué, c’est fouillé, réfléchi, parfois profond, bref ça n’intéresse personne. L’internaute est un animal abruti qui s’est contenté de troquer sa télé par une connexion mais en attend les mêmes services, plus un, la vaine possibilité de briller aux yeux de tous.

Je sais que vous êtes comme moi, mes frères (j’ai quand même un peu l’impression de hurler seul en haut d’une falaise devant un océan indifférent). Je sais que vous êtes aussi cons et bornés que moi. Je sais que pour vous la Zone n’est qu’une étape, une sorte de refuge face à l’ennui ambiant, mais qui ne saurait être que temporaire. Mais déjà ce refuge n’existe plus à vos yeux, archi-connu, ressassé. Vous en avez fait le tour depuis longtemps, et même trois fois le tour. Il n’y a plus rien à y consommer. N’y restent que des vestiges de choses déjà intégrées, des emballages vides d’articles à usage unique déjà ingurgités. Vous aussi, mes frères, êtes les victimes et les acteurs de cette Surconsommation que nous faisons semblant de fustiger dans le dossier du moment. La surconsommation est notre mode de vie, on peut le constater, voire le déplorer, il n’en reste pas moins que le fait est là. Alors égaillez-vous (non il n’y a pas de faute d’orthographe, allez voir le dico), répandez-vous sur la toile à la recherche de nouvelles sensations jetables, à consommer plus qu’à vivre. Je vais continuer à faire tourner le truc pour les nouveaux prédateurs qui passeraient dans les parages, à l’aide des quelques textes envoyés par simple amitié par mes potes, les vrais, ceux qui restent contre vents et tempêtes, amarrés ici comme des huître ( ?!). Et je les remercie, vraiment, et les supplie de continuer de poser des couronnes mortuaires sur un site qui déjà n’existe plus.

Je remercie ma famille, mon entourage et tous ceux qui m’ont aidé et ont rendu cette aventure possible…

Mouarf mouarf mouarf, je le fais bien, hein ? Si avec ça j’obtiens pas l’Oscar d’interprétation dramatique, c’est que les autres ont fait des progrès, et ça m’étonnerait, vu les tanches bordel ! D’ailleurs vous pouvez voir grâce au paragraphe précédent que j’ai déjà préparé mon discours de remerciements, pas très original certes, mais efficace, et puis il faut savoir s’intégrer dans le moule, pour ne pas dire dans la moule (car ce serait vulgos et ce n’est pas dans mes habitudes bien sûr).

Bon allez, à bientôt pour un nouvel édito encore plus déconnant que celui-ci, si j’y arrive (et si c’est humainement possible bien sûr, ce qui ne serait pas souhaitable j’imagine)(putain faut aussi que je pose ma candidature au concours d’architecte de phrases bordéliques, ça pourrait marcher), et en attendant merci à ceux qui m’envoient des textes, et pas aux autres, qui n’existent même pas à mes yeux et bla bla bla, litanie habituelle, vous commencez à connaître le topo, j’en rajoute pas, si vous en voulez encore reportez-vous à l’édito ci-dessus.

(j’ai cru que je me sortirais jamais de cette phrase de merde).

Byye les animaux.

= commentaires =

lapinchien faire avancer les choses est une confession de foi    le 05/02/2003 à 10:43:13
Peut être quand mettant à la disposition du lectoral un systeme d'appel audiotel pour acceder à l'épisode numéro deux de tous mes machins sans suite, ben oui peut etre que çà les remotiverait hein ?
lapinchien à la recherche du lectorat perdu suite    le 05/02/2003 à 10:47:06
En fait ils ne comprennent que la violence ces gros cons de lecteurs, je propose qu'on réintensifie nos actions de saccage sauvage de leurs sites y a que çà qui marche... ou bien s'inscrire sur google avec les mots clefs King Master of german headfucking et retronaissance ?

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