LA ZONE -
Résumé : Un mini-article plutôt débile et bien disjoncté qui aurait largement pu dégénérer en vrai article avec un ptit effort.

Grand Projet

Le 06/06/2003
par nihil
Jour 1

J’émerge tout doucement, la tête dans le fion. C’est pas croyable le temps que je met en ce moment pour me sortir du coma. Je sais même pas quelle heure il est, pas de lumière en vue, mais les volets de chez moi sont fermés depuis quinze jours donc c’est pas très significatif. Ceci dit on s’en cogne, chuis pas à la bourre j’ai rien de particulier à faire là. J’ai arrêté de travailler hier et je commence mon grand Projet aujourd’hui.
Je me cogne deux amphet dans le clapoir pour me réveiller, j’ai les yeux qui tiltent de partout. Je me mets à faire le ménage comme un pur maniaque en sursautant toutes les dix secondes, avant de me dire que je suis ridicule. Me faut un truc pour me calmer là, vite fait. J’ai qu’une vieille boulette de shit sous la main mais ça devrait faire l’affaire. Je roule en me filant des grandes claques dans la gueule à intervalles réguliers. Ca aide pas à la conception du pétard. J’ai plus de clopes, plus de tabac à rouler, y a que du shit dans cette espèce d’allumette toute tordue, mais bon ça se fumera hein.
J’ai soif, mais j’ai encore deux litres de vodka glacée au freezer.
Bon ce speed c’était pas ce qu’il me fallait décidément, je tremble de partout, le pétard a rien changé, je suis parti en vrille une petite heure en restant aussi hystéro qu’avant. Me faudrait de la kétamine je crois, c’est un truc qu’on injecte aux clébards pour les opérer. Paraît que c’est pas mal, ça calme bien. Mais bon, j’ai pas ça sur moi, va falloir faire ça en manuel. Je me marre pour rien, je suis pitoyable. Je vais à la salle de bain et remplit l’évier à ras-bord d’eau froide. Je me colle la tronche dedans par petites séquences de deux minutes. Je bois la tasse, c’est marrant. A un moment j’ai envie de rajouter une louche de canard WC dans le cocktail, ça pourrait être fun, mais j’ai déjà plus le courage et je m’effondre par terre en rigolant comme un con. Je m’endors.

Jour 2

J’émerge tout doucement, la tête dans le fion.
Je fous six aspirines effervescentes dans un coca et je descend ça en m’en foutant partout, et je fais passer ça avec une plaquette de beurre entier qui me restait.
Je crève la dalle alors je vais voir dans le frigo ce que ça donne. Une pizza aux lardons et aux champignons. C’est pas marqué que c’est aux champignons sur l’emballage, ça a du pousser tout seul, je me souviens que je l’ai acheté il y a quand même trois semaines. Je colle ça au four sans enlever l’emballage et je vais m’écraser devant la télé. Je m’envoie un quart de litre de vodka.
Je ressasse les détails de mon grand Projet en hallucinant à moitié.
Je crève la dalle, me faudrait un truc qui coupe la faim là. Mais j’ai plus rien d’intéressant dans ma pharmacie, juste des pansements à la con et de l’éosine. Je considère un moment de me siffler le plein flacon d’éosine, mais finalement je vois pas l’intérêt.
Une odeur de plastique brûlé me fais revenir à la réalité alors que j’était en train de contempler mon reflet dans la glace depuis une petite demi-heure. C’est la pizza qui est prête. J’ingurgite ça en essayant de me couper les doigts avec le couteau à pain.
J’ai un voisin, Nourredine, qui a de l’ecstazy. Je passe le voir en vitesse en rampant et je m’en avale trois. Je garde les autres pour les mettre en poudre, les diluer et essayer de me les injecter je ne sais où encore.

La mort est la seule expérience intéressante qui soit. Il faut s’y préparer, caresser du doigt la maladie qui nous prend, vénérer la souffrance qu’on s’inflige. La mort est la seule chose qui vaille d’être vécue. Il faut y consacrer tout son temps. Alors viendra, salvatrice et souvereine, la mort qu’on a tendu et appelé de ses veux…Le processus ne saurait s’établir en trois jours, la mort ne vient qu’aux bout de longs mois de souffrances progressives. C’est tout un art que celui de mourir. L’auto-anéantissement est un art et un sacerdoce.

Ahahahah qu’est-ce que je peux être con des fois. Putain cette ecsta est d’enfer, je comprends plus rien à ce qui m’arrive. Je me mords le dos de la main tandis que tous les murs s’approchent de moi et que les ampoules nues se mettent à pleurer du sang. Trop mignon.

Jour 3

J’émerge tout doucement, la tête dans le fion. Bon c’est la crise là, il me faut du tabac ou je ne tiendrai plus longtemps. Je cours en convulsant à moitié dans l’escalier et roule par dessus tête jusqu’au rez-de-chaussée.
Faudrait que j’aille chier mais là c’est trop tard, je me plie en deux.
Putain de souk, c’est quoi cette lumière cintrée qui m’agresse ? C’est ça la lumière du jour ? J’entends comme un vieux sifflement et des hurlements. Je suis un peu au milieu de la route faut dire, et une bagnole me fonce dessus et m’envoie valser à huit mètres de là. Putain je rêve là ou quoi ? Nan même pas, j’ai plus de jambes et la cage thoracique grande ouverte. Ahah, elle est bonne celle-là, je crève.

Putain mais quelle connerie.

= commentaires =

Joe Black Bienvenue mon frère !    le 06/06/2003 à 14:12:53
Ah ah ah...
Enfin une histoire qui finit bien !!!
Arkania va en jouir d'extase.

(sinon euh...qui est donc le narrateur s'il crève à la fin ?)
Arka     le 06/06/2003 à 17:04:57
Clair, bien vu Joe !
Putain, ça faisait longtemps quand même qu'on avait pas rigolé sur la Zone, ça fait trop de bien
nihil


void    le 06/06/2003 à 17:36:03
Bah c'est sur qu'avec mes trois femelles dépressives plus moi qui écrit du marrant qu'une fois sur cinq, ça peut pas être très souvent. Heureusement on a LC qui rattrappe régulièrement le coup !
ocus     le 06/06/2003 à 23:28:12
sympa, j'aime bien le role du voisin Nourredine....
ocus putain, il m'a zappé mon titre    le 06/06/2003 à 23:31:10
tout ca a cause d'un "<" ké pas passé

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