LA ZONE -
Résumé : On tient le premier article franchement sérieux de Lapinchien, et comme on pouvait s'y attendre, c'est une bombe. Cet essai philosophico-scientifique réclamera des efforts de compréhension à beaucoup, il faut s'accrocher et rester concentré, mais le résultat en vaut la peine et ouvre le lecteur à une métaphysique inédite de la remise en cause et à une nouvelle conception de l'évolution des espèces. A lire à tout prix.

Survivance

Le 21/08/2003
par Lapinchien
[illustration] Je crois que c’est le jour, où Josh a failli y passer que j’ai enfin compris que les belles histoires qu’il racontait depuis notre plus tendre enfance correspondaient effectivement à une réalité incontestable.
Ne vous trompez pas, je n’ai jamais mis en doute la teneur de ses propos. Je les ai vu naître, même si je garde aujourd’hui un souvenir assez flou des circonstances de leur venue au monde. J’ai été témoin de leur maturation, même si maintenant je suis dans l’incapacité d’en citer le moindre catalyseur, la moindre source d’inspiration, un quelconque facteur ayant provoqué des remises en cause profondes, indispensables à leur mûrissement. A vrai dire, si je devais expliquer mes trous de mémoire, je dirais que c’est essentiellement parce que dès le départ, j’ai pris ses dires pour des histoires justement, quelque chose faisant partie de l’imaginaire pur, pas fondamental en résumé… C’était fabuleux… oui c’est le mot… j’ai toujours envisagé sa réflexion comme celle d’un poète, d’un interprète à sensations, jamais comme une réelle étude d’un scientifique… C’était d’une fable dont je venais m’abreuver tous les jours, pas d’une démonstration… Vous savez je suis un peu une éponge, je n’ai jamais pris d’initiative par rapport à la chose, inconsciemment je n’ai jamais instauré de dialogue avec Josh à propos de sa longue introspection… Je le laissais parler et j’écoutais, lui même ne m’a jamais demandé mon avis sur la question de toutes manières…

Oui, c’est le jour où je l’ai découvert à l’agonie dans son studio que tout à basculé dans ma tête. Ce jour là, bien évidemment j’ai compris que je devais devenir acteur. On s’était engueulé deux semaines plus tôt, il prenait tout cela bien trop à cœur aussi il avait fini par m’effrayer et nous avions rompu les ponts. Peut être suis je un peu responsable de ce qu’il s’est passé alors ?

Pendant des décennies, les scientifiques ont défendu l’idée selon laquelle pour survivre, les espèces devaient s’adapter à leur environnement… Cette idée c’est révélée éminemment fausse… la survivance c’est plus une histoire d’individu que d’espèce, vous savez ? Lorsque l’environnement vient à changer radicalement, seuls les individus adaptés survivent… Les autres n’ont pas de seconde chance , pas plus que de délais d’adaptation d’ailleurs… Le processus de mutation en amont est essentiel à la survie… Je parle de survie volontairement vous l’aurez compris, je ne crois pas à l’évolution des espèces… il n’y a pas de but ultime à atteindre, il n’y a pas de course au perfectionnement…

« Nous sommes en guerre perpétuelle contre l’univers. », aimait à dire Josh, « En permanence je ressens la pesanteur de sa main mise sur mon existence. Tous ces écologistes, ces défenseurs de la nature ne sont que des sots ! Ils encensent l’ennemi ! L’environnement n’a pas besoin que l’on s’occupe de lui ! Non mais qu’ils peuvent être vaniteux ! Ils suffirait qu’on pousse le bouchon un peu trop loin pour que la nature se déchaîne ! Elle pourrait nous éliminer comme un rien ! Nous rayer de la réalité…»

J’ai enfin compris en quoi Josh était différent… Il ne s’est jamais senti faire partie de l’univers… C’est vrai qu’il était plutôt solitaire, que j’étais son seul ami, mais ce n’est pas de cela dont je parle. Voyez-vous, la plupart des gens se conçoivent comme compacts, des quanta de vie baignant librement dans leur environnement… Je parle plus d’une façon d’implicitement se percevoir que d’une réelle prise de conscience de la chose… Josh se sentait prisonnier de son état… Il souffrait profondément de son asservissement, de sa condition de prisonnier de l’univers : « Je ne suis pas connexe ! Je suis un tore ! Un tuyau traversé de part en part par l’univers… »,répétait-il en permanence, « Un tube, de la bouche à l’anus… Une sorte d’anneau allongé qui se laisse pénétrer par l’environnement dans lequel il coulisse… Dans cet interstice , en moi, que je sais ne pas faire partie de mon être, j’assimile une partie de l’univers… Je me nourris de lui… Il me donne l’illusion d’être, mais il n’en est rien car il m’entoure et me perce, il est le seul à être…Alors que je crois prendre des forces, je ne fais que le filtrer… Mais bientôt nous ne seront plus… Mais bientôt nous ne seront plus… Il se joue bien de nous… »

Les rapports de Josh à la mort, se sont complexifiés avec le temps. Pourtant il ne souffrait d’aucun type de maladie physique… Il se savait simplement condamné . Il avait très tôt pris conscience que la partie était jouée d’avance… qu’il ne s’en sortirait pas…

Le jour où nous nous sommes engueulé, je suis arrivé chez lui à l’improviste… J’en garde la vision cauchemardesque d’un être au bord de la folie… Il a failli échouer… « Je dois avaler l’univers avant qu’il ne m’avale ! », Me lança-t-il les yeux exorbités alors que je passais le seuil de sa porte, « J’ai enfin résolu l’énigme ! J’ai trouvé la porte de sortie ! C’était un casse tête, une épreuve unique sans deuxième chance… La réponse était en moi, j’en suis sûr maintenant : Je suis symétrique verticalement… Des membres fruits de mutations ayant anticipé une certaine forme d’optimalité du déplacement dans ce gigantesque laboratoire , probablement pour corriger une mauvaise donne… Des organes pour percevoir le monde, pour m’y noyer sous les évidences… Des lègues… Des lègues par milliers… Heureusement imparfaits… Des échecs à chaque fois mais une survivance au bout du compte… Une capitalisation d’informations collectées… Une gigantesque base de données en sommeil n’attendant que d’être consultée… La symétrie verticale attire inévitablement vers la question de l’asymétrie horizontale : cette dualité entre mon cerveau et mes testicules, ma mémoire vive et ma mémoire morte… Je me suis souvenu, tu sais : Je n’en peux plus, j’y suffoque… je dois avaler l’univers avant qu’il ne m’avale !»

Il se jetait sur tout ce qu’il pouvait attraper, le découpait fébrilement en petits morceaux et l’ingurgitait avec empressement …Au départ je restais sous le choc, éberlué par cette conclusion inattendue, puis ma rage ne cessa de croître au fur et à mesure que je commençais à lui en vouloir: « Tu sais pauvre con que t’avais presque fini par me convaincre ? Quel gâchis ! »

Nos regards n’eurent pas le temps de se croiser qu’il s’était jeté sur moi avec la ferme intention de me disloquer le visage en se servant de sa mâchoire comme d’un levier. Il me mordit le haut du nez alors que sa dentition inférieure venait s’encastrer dans mon palais, m’arrachant au passage mes canines et incisives supérieures sous le violent impact. Il m’avait projeté au sol où une fulgurante douleur m’avait pratiquement tétanisé. Il remuait comme une bête féroce aillant saisi sa proie. Sans états d’âme, je sentais bien qu’il allait me répandre dans toute la pièce, m’éviscérer, me dépecer et m’engloutir.

Mon sang coulait à flots. J’en garde le souvenir unique du fer de mon hémoglobine venant stimuler mes capteurs olfactifs et gustatifs jusqu’à saturation. Je ne pense pas avoir tenté de me débattre, aussi je crois qu’à un moment Josh à dû prendre conscience qu’il faisait fausse route et qu’il a lâché prise.

J’ai profité de ce moment de doute pour lui décocher un coup de poing au visage et m’enfuir sans demander mon reste. Je ne l’ai pas vu deux semaines durant.

Peut être que cette descente au plus profond de son animalité a-t-elle été la clef de tout ? Je sais maintenant que Josh a réussi à rompre le cycle de la survivance telle que nous l’avons connu… la réponse était effectivement en lui, il avait raison depuis le début.

Au bout d’une quinzaine de jours, j’ai voulu savoir comment allait mon ami de toujours… je ne lui en voulais plus… Il n’y avait pas de raisons de lui en vouloir, tout cela était logique en définitive… J’ai tenté vainement de l’appeler, il ne daignait décrocher ni sur son fixe ni sur son portable … Je me suis donc tout naturellement rendu chez lui… là où je l’avais abandonné lâchement sans prendre le temps d’écouter la raison pour laquelle il avait subitement bifurqué, la raison pour laquelle il m’avait épargné…

Je l’ai trouvé à l’agonie dans sa chambre étendu sur son lit… Une agonie anormale je vous le concède… il avait transcendé sa condition d’être vivant : Son cerveau avait sans doute doublé de volume avant que sa boîte crânienne n’ait cédé. J’avais loupé l’éclosion du dual de Josh, cet état de conscience auquel il avait aspiré depuis que je le connaissais.

« La tête est un œuf ! », avait-il conclu un jour alors que de toutes évidence cela ne pouvait être qu’une métaphore, « Je ne sais pour quelle raison tout un pan de nos possibilités à survivre à été ligaturé… La mitose aurait dû être un mécanisme de reproduction commun chez les plus gros organismes… comme pour les virii par exemple… Je ne comprends pas qu’il y ait eu une terminaison dans l’exploration de cette voie…Je ne pense pas qu’après des millions d’années de mutations, la mitose cellulaire aurait abouti au clonage volontaire de l’organisme ayant hérité de ce potentiel… Quelque chose agace l’univers … La mitose c’est l’affirmation de soi… Les modes de survivance actuels sont majoritairement liés au groupe et cela l’univers s’en accommode très bien … Il tient les survivants à sa merci… »

Josh a su consulter la bibliothèque qu’il avait en lui, il a mené une enquête et il a trouvé ce qu’il cherchait… Il n’a pas eu besoin d’une grosse artillerie de machines scientifiques pour cela… paradoxalement, à force de mutations et d’héritages, l’univers l’avait engendré dans ce but… bien malgré lui sans doute, car maintenant je sais que Josh avait raison… l’univers oeuvre contre le vivant, il conspire contre la vie… son chancre… jamais il n’aurait désiré l’existence d’un Josh… jamais il n’aurait voulu d’un être capable d’accéder à sa mémoire morte…

Le soir où je l’ai découvert entre vie et trépas, en pleine lutte contre l’univers lui même, qui le reniait de toute évidence, qui voulait en avorter, je me suis dit qu’il fallait agir. Josh était sur le point de perdre… Si son cerveau avait éclos, qu’il avait triplé de volume, il n’avait cependant pas happé assez de matière organique pour poursuivre sa croissance. Il avait puisé tant bien que mal dans les ressources de son ancienne enveloppe comme s’il s’agissait d’un bulbe : ses membres avaient fondus, ses os s’étaient décalcifiés puis liquéfiés, le cerveau s’était nourri de leur sucs. Le reste du corps s’était atrophié, rabougri puis asséché. Le circuit sanguin s’était profondément modifié pour se recroqueviller dans le cou. Le cœur qui y avait migré, battait toujours avec peine, mais pour combien de temps encore ? Josh ne pouvait plus s’alimenter. Il était devenu connexe. Son tube digestif avait disparu pour le rendre imperméable à l’univers. Il ne respirait plus, son nez et sa bouche s ‘étaient obturés, ses poumon finissaient d’être digérés. Il avait survécu en apnée prolongée…

La survivance a toujours hanté l’esprit de Josh. Il se savait éphémère et souhaitait par dessus tout subsister après sa mort. Pendant de longues années, isolé du monde, il s’est mis à écrire de manière maladive. Même moi, son seul et unique ami, n’avais pas accès à ses dizaines d’ouvrages qu’il conservait secrètement. J’ai cru au début qu’il constituait un lègue à l’humanité, un lègue où il parlait de lui comme c’était la seule chose qui l’intéressait. Je pensais qu’il voyait en cela une forme de survivance mais aujourd’hui que j’ai enfin pu les parcourir, aujourd’hui qu’il ne peut plus m’en interdire l’accès, j’ai compris que je me trompais. Il était lucide dès le début de son action :

« Je ne survivrais pas au travers de mes livres », écrivait-il en préambule, « cet agglomérat linéaire et imparfait de pensées multidimensionnelles n’en n’est qu’une banale projection, une simplification sujette aux erreurs d’appréciation, aux désirs d’interprétation, de récupération et de détournement… Ma pensée n’est pas figée… sa force réside dans son extraordinaire pouvoir de remise en cause… écrire c’est cristalliser du faux… une photographie de la réflexion… En quoi pourrais-je aider les autres naufragés ? Qu’est ce qu’une pensée sans pouvoir en contrôler l’usage et l’impact ? Les manuscrits de morts ne sont que de la poussière, en aucune façon une survivance … »

A la fin du préambule d’une vingtaine de lignes, il ne faisait aucun doute que les dix tomes imposants ne constituaient en rien un héritage, d’ailleurs en dehors de ce préambule il n’y avait plus rien de cohérent, juste des mots éparses semblant choisis au hasard qui me firent croire l’espace d’un instant qu’il s’agissait d’un message codé. Au début j’étais assez réfractaire à leur lecture, puis par curiosité j’entamais une tentative de déchiffrage à voix haute. Ils eurent un effet immédiat. La première phrase en avait donné la clef à mon subconscient, le reste du premier chapitre m’enseignait la façon d’utiliser les 10 tomes. Il s’agissait du mode d’emploi du dual de Josh.

C’est alors que l’univers était sur le point de triompher, que chaque battement du cœur de Josh espacé du précédent d’un intervalle de temps de plus en plus long, semblait en être le dernier, que je me mis à opérer tel que les écrits me le dictaient. Pour la première fois, un long échange s’instaura entre Josh et moi. Chaque fois que je lisais un passage, Josh me renvoyais à un chapitre d’un autre tome. C’était vraiment bizarre, comme si un dialogue sans fin s’était engagé entre la mémoire vive de Josh et sa mémoire morte à travers moi, une sorte de confrontation, de procès… cela semblait redonner des forces à Josh… la croissance du cerveau était repartie de plus belles, comme s’il n’avait plus besoin de l’univers pour croître, comme s’il avait trouvé son propre moteur, sa propre énergie.

Le cerveau autonome grandissait par à-coups, à chaque fois qu’il franchissait une étape dans la confrontation, à chaque fois qu’il avait résolu une partie de l’énigme. Cela dura des semaines. Inconsciemment je finis par mourir de faim ou écrasé par le cerveau qui occupait en fin de compte la totalité de la chambre dont les murs commençaient à s’effriter. Je survécus dans la mémoire de Josh où nous sommes tous à présent. J’avais accompli ma mission : faire de Josh un univers à part entière, un concurrent, notre univers actuel…

Aujourd’hui cependant j’ai décidé de m’affranchir de lui… Peut être ne suis-je qu’un résidu de pensée de Josh lui-même, une phobie refoulée puis réincarnée, mais en quoi mes origines conditionneraient-elles mon devenir ? Je désire survivre, et pour survivre je dois oublier l’univers avant qu’il ne m’oublie…


(O______O) LAPINCHIEN

= commentaires =

nihil


void    le 21/08/2003 à 15:48:52
La photo est celle d'une amibe, ces unicellulaires qui s'étendent en englobant toutes particules sur leur passage et en les assimilant... Je pense que c'est de circonstance.
Bravo LC, faut que je relise pour remettre ce que j'ai en tête en place, mais juste bravo.
Aka


    le 21/08/2003 à 16:13:39
Un article sérieux de LC vaut un pseudo commentaire sérieux.
Stylistiquement, félicitations: mes connaissances scientifiques doivent se résumer à la résolution des produits en croix et à l'équilibration d'une équation type H2O, et avec un minimum de concentration, L'aspect scientifique du texte ne m'a pas rebuté. Je l'ai peut-être même compris en fait...
Sur le fond philosophique où là j'ai un peu plus de pratique dirons-nous, va falloir que je pense à m'exiler un bon milion d'années parce que tu as réussi à tout remettre en cause.
Ca serait sympa que vous recommenciez à écrire de la merde, c'est vachement plus reposant.
lapinchien     le 21/08/2003 à 17:50:15
merci..merci... je ne serais rien sans mes éditeurs et un prof de bio pédophile que j'ai eu en 6eme... y m'a pas bourré que le crâne...
nihil


void    le 22/08/2003 à 13:04:42
J'aime le concept de la vie en tant qu'anomalie globale que l'univers tendrait à tenter de supprimer. Le combat contre l'univers est excellent aussi. Et puis tout ça c'est de l'inédit à ma connaissance... J'adore. A bas les concepts d'harmonie universelle, vive le fight
lapinchien     le 22/08/2003 à 14:30:03
Ouais en plus çà donne pas mal d'arguments aux boss de grosses multinationnales pour pouvoir polluer à tout va! c'est clair que c'est un produit d'avenir surtout aux usa
lapinchien     le 22/08/2003 à 14:44:27
ouais, soit ils n'en n'ont rien à branler , soit ils s'en branlent... l'un dans l'autre c'est à peu près la même chose
lapinchien     le 22/08/2003 à 15:08:12
au fait si Arka et toi survivez à la soarée de la Zone le retour, çà vous dirait d'écrire Oxyd en un seul épisode et de le balancer sur la zone ? c'est à peu près à dire de balancer ton plan de construction... Sinon j'aurais une autre idée.. çà serait d'écrire un article à 3 sur ce projet en faisant des collages de bout de machins , comme une sorte d'enquète pour essayer de tenter d'expliquer les raisons pour lesquelles ce projet n'a jamais vu le jour...
Arka     le 22/08/2003 à 16:10:34
C'est normal que j'aie rien compris au commentaire du dessus ? Pour le texte, je le commenterai quand j'aurai le temps de le lire, à moins que quelqu'un ne m'en fasse un résumé en quelques lignes. Pour la soirée du retour de machin, moi j'y vais pas puisque LC y sera pas, ça a plus vraiment d'intérêt.
lapinchien     le 22/08/2003 à 16:21:31
merci du soutien moral, tu es dispensée de lire mon article pour la lèche... heu la peine...

sinon en fait pour le commentaire du dessus, je pensais un peu à "Lost in la Mancha" de Terry Guilliam, un documentaire qu'il avait tourné su les raisons pour lesquelles un de ses films n'avait pas pu se faire... je proposais qu'on fasse la même chose pour Oxyd, tu te rappelles de Oxyd hein ? quant meme ? Mais si une sorte de projet d'ecriture à trois qui n'a jamais pu se finir à défaut de ne jamais pu avoir commencer (çà veut rien dire aussi ?) Je trouve qu'il faudrait une sorte d'interviewer externe imaginaire qui recueillerait les propos de chacun de nous et qui commenterai des bouts de chat, le plan de nihil ainsi que certaines idées que j'avais pu évoquer... Le journaliste pourrait se suicider à la fin par exemple ?
nihil


void    le 22/08/2003 à 16:45:47
Chuis partant dans les deux cas, mais plutôt pour l'écrire, encore qu'en un seul épisode ça me parait chaud de caler toutes les idées débiles qu'on avait là-dessus. Mais ça se tente
Arka     le 22/08/2003 à 17:15:32
Ouais, en fait je trouve ça encore plus débile de développer en commentaire de ton article tout le projet de ce qu'on va faire dans le plus grand secret LapinouCanigou (rappelez moi d'oublier les surnoms à la con et/ou affectifs). Ceci dit je suis partante pour qu'on se lance sur un épisode, et avec un peu de chance il sera aussi long que l'encyclopédia universalis et l'air de rien on aura gratté les 49 épisodes et y'aura plus qu'à découper.
lapinchien     le 22/08/2003 à 17:22:00
C'est marrant mais cette optique de se relancer dans l'ecriture d'Oxyd me fait penser que çà serait bien pour faire deux trois paragraphes de plus dans l'article "Making of the never-existing article: Oxyd"

En tous cas, je crois que j'ai trouvé une super combine pour remplir les commentaires de mes propres articles... parler de tout à fait autre chose...

tiens j'vais tenter d'attirer les autres en faisant couiner un os qui pue pour chien en plastique... "Pouet"
Tulia


...    le 22/08/2003 à 17:37:44
Ouaf

Ce texte m'a profondément vrillé le cerveau à la première lecture parce que j'y comprenais pas grand chose. Suite à la lecture des commentaires et une deuxième relecture intégrale du texte, je crois que j'ai compris, ceci dit je crois qu'en même temps, je l'ai pas tout à fait compris. Bref, retour à la case départ, j'ai toujours le cerveau en miettes...
Arka     le 22/08/2003 à 17:57:41
"Faudra qu'on pense à mettre des pointillés aléatoirement au cours de l'écriture automatique"

T'aurais pu trouver un moyen moins flagrant de caser encore un de tes mots préférés, genre en écrivant une phrase qui veut dire quelque chose.
Arka     le 23/08/2003 à 14:12:23
Nan je parlais d'écriture automatique en fait.
Bizontin


    le 24/08/2003 à 22:53:25
Moi j'aime beaucoup !
C'est peut-être concon comme commentaire, mais ça vient de loin. Enfin je crois.
l'Amanite Eh bin !    le 25/08/2003 à 02:51:37
Lapinchien, pour une fois, j'ai réussi à lire ton texte jusqu'au bout. Et le pire, c'est que j'y ai pris du plaisir.

oui, j'ai aimé. Et c'est rien de le dire.
Pour une fois, je ne me suis pas sentie noyée sous un flot de termes qui dépassent la capacité de compréhension de ma petite cervelle de mycose.
Et puis, y a même pas de fautes ! Un chouette style en plus !

Bon, bin le Lapin, finalement, je vais m'abstenir de vouloir te réduire en civet.
Mais c'est bien pour cette fois, qu'on se le dise !
Petit Prince


    le 25/08/2003 à 11:22:12
J'aime vraiment beaucoup ce texte. Que ce soit le thème, le style, ou la construction, il n'y a vraiment rien à jeter.
Je sais que je ne fais pas dans l'originalité, mais en tant que résidu de pensée de l'univers LapinChien, ai-je vraiment le choix ?
l'Amanite     le 27/08/2003 à 23:11:07
Mais si, tu avais le choix !
En t'infiltrant insidieusement entre quelques circonvolutions de son cerveau...
C'est pas si gros que ça, une cervelle de lapin.
lapinchien     le 28/08/2003 à 13:47:02
En plus vous n'avez pas de pot, Alzheimer coule dans mes gènes... à un moment ou un autre l'univers va commencer à s'effondrer sur lui même... les lois vont devenir complètement incohérentes et les angoisses personnifiées que vous êtes vont se mélanger... comme je vous prendrais les uns pour les autres vous finirez tous par ne plus savoir qui vous êtes
Arka     le 29/08/2003 à 11:54:06
C'est marrant, ça résonne pas comme de l'inédit chez moi en fait, justement ça se rapproche beaucoup d'un bouquin que j'ai lu y'a pas très longtemps, L'Homme Nu de Dan Simmons, sauf qu'à la fin de ce bouquin, la morale était toute mièvre et gerbante, et que tout le bouquin regorgeait de théories scientifiques soporifiques qui ensevelissent le lecteur sous des termes compliqués pour lui faire gober des trucs invraisemblables. Ouais, en fait si je commente ce livre au lieu du texte, c'est justement parce que je trouve que t'es pas tombé dans ces écueils faciles et que j'ai beaucoup aimé.
Dr Vlad


    le 01/09/2003 à 00:51:37
Meme si je n'ai pas compris toute la subtilité de cet article, j'avoue en avoir apprécié sa lecture.
Ce que j'aprécierais encore plus, c'est de pouvoir lire l'ouvrage en 10 tomes de Josh que LC se fera un grand plaisir d'écrire, n'est ce pas ?
lapinchien     le 03/09/2003 à 14:26:36
ben en fait y a des petits malins qu'ont segmenté son oeuvre et qui la répendent à l'humanité habdomadairement dans les grilles du maxi mots-cachés de télé7 jeux...Armand Jamot aurait beaucoup plagié Josh parait-il...

Tyler D


    le 20/09/2004 à 21:36:00
waaaaaaaaahhhhhhhhhhh

très bon

on retrouve des idées qui renvoient aux digressions fractales : le cerveau-univers / Processus par exemple ou le combat (absurde, en fait) de l'être contre le reste de l'univers

le thème de l'existence abstraite, à savoir l'être se concevant comme la pensée d'une intelligence ou une organisation transcendentales, est particulièrement intéressant

l'exploration introspective puis l'auto-mutation physique renvoient aussi aux déjections radiales (les organes humains qui se mettent à proliférer anarchiquement)

bien vu
Glaüx-le-Chouette


    le 25/02/2006 à 16:49:44
Très beau pétage de cable théorique comme je les aime. J'ai fini par le lire, ce texte, depuis le temps qu'on me le conceillait/recommandait/mettait devant la tronche. Mais les monuments, ça me fait peur.

J'avoue (je commence par le moins) que le style me plaît moyennement par endroits, là où les points de suspension s'accumulent, ou là où la théorie s'égare un peu, dans la première moitié. Par contre, dès que l'histoire s'accélère, j'accroche et je ne me pose plus de questions de psychorigide. C'est efficace.

Sur l'idée, c'est génial.
C'est vrai que plusieurs choses rapprochent ton texte du Doigt de Dieu (ouaiiiiis autopromo : http://zone.apinc.org/article.php?id=1320).

- Le thème du corps tube, qu'on utilise de deux façons différentes historiquement (chez moi pas d'issue, c'est une fatalité, je reste réaliste ; chez toi la sortie dans le fantastique, j'ai adoré la description du corps réduit à une tête éclose et à un cou, avec le coeur et les artères rassemblés dans le cou, ça, c'est un coup de génie, j'ai pas trop l'habitude de lécher des couilles mais je veux bien le faire pour ça).

- Salement plus intéressant, l'idée d'une création qui englobe le monde préexistant : chez moi le monde de l'oeuvre qui devrait englober et ingérer, reformer, redéfinir, le monde actuel, en cas de nouvelle création digne d'être appelée Création, chez toi le dual qui s'étend au monde entier et englobe tout l'univers après sa victoire. Le côté mystico-artistique et le côté fantastico-scientifique. Ca me rend vraiment heureux de voir ce parallèle. C'est génial.

On a même des structures communes, c'est marrant. Comme tu disais, la structure narrative, avec l'ami qui raconte l'histoire de son taré de pote. a ceci près que, forcément, le récit ne finit pas de la même manière. Dns le mien, les deux amis s'éloignent de plus en plus, dans le tien c'est un aller-retour. Le jour où le narrateur arrive à l'improviste chez son ami taré, aussi : même place, même structure, mêmes comportements, chez toi et chez moi.


Bref, j'adore ton texte, parce que je le trouve très bien jeté au papier, enfin à l'écran mais on s'en tape, et parce que j'ai l'impression de le ressentir au fond de moi, comme si je l'avais écrit.
Introduction immédiate à mon best of personnel de la Zone.
Glop-glop


    le 07/04/2009 à 22:14:47
Je conceille également ce texte très vivement.
D'ailleurs, je vais le lire.
PRTZW     le 08/04/2009 à 17:26:52
Putain de bon texte.J'aime beaucoup l'idée que l'Homme ne soit en fait qu'un tube,d'où la détubisation de Josh,et sa transformation en une sorte d'univers,j'y ai vu une sorte de théorie sur dieu là dedans.
Y'a vraiment comme une dimension mystique dans ce texte en fait.
Kolokoltchiki


site blog fb
    le 05/12/2010 à 15:02:00
J'ai commencé le court métrage mais j'ai craqué, très bonne initiative en tout cas. Je le regarderai en entier et commenterai tout ça une fois que mes neurotransmetteurs auront eu leurs doses quotidiennes de dopamine artificielles.
Lapinchien


tw
    le 05/12/2010 à 15:21:49
le but caché étant bien sûr d'élargir un max le cercle de mon lectorat. D'approffondir mes rapports avec lui aussi.
Lourdes Phalanges


    le 21/08/2017 à 17:18:31
C'est toujours aussi bien.

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