LA ZONE -
Résumé : Les aventures d'un agoraphobe qui doit prendre tous les jours les transports en commun pour aller au travail. C'est du Lapinchien pur jus, pas de doute, mais c'est nettement plus humain que d'habitude (grace notamment à des interventions scientifiques moins pesantes que d'habitude et à un personnage qui ressent plutôt qu'il agit) et on souffre avec le narrateur, on s'attarde sur la moindre de ses sensations démultipliées. Le quotidien devient aventure, la routine part en suspense. C'est magistral. A lire de toute urgence, si possible juste avant de prendre le métro ou le train.

Grégoire grégaire

Le 31/01/2004
par Lapinchien
[illustration] « Analyser… Analyser… Voyons, tout cela est illogique… Reprends-toi ! Fait face ! Ne sombre pas… Garde les pieds sur terre ! Tout va bien se passer cette fois…La raison est plus forte que tout…Tout cela est ridicule !»
Perdu au milieu d’une foule grouillant d’anonymes que paradoxalement il ne connaît que trop, Grégoire Grégaire guète, terrifié, l’arrivée du RER . Il la redoute plus que tout. La peur tenaille ses viscères dès que la silhouette de la motrice se profile à l’horizon . Combien de fois a-t-il reproduit dans ses rêves semi-léthargiques nocturnes l’enfer qu’il s’apprête à affronter ? Bien assez pour ne pas en dormir de la nuit… Bien assez pour en être éprouvé physiquement toute la journée… Singulièrement, il tire profit de cet état de fait: il sait très bien qu’assommé de fatigue, son calvaire en devient parfois un peu plus supportable.

Grégoire longe le quai coté voie 2 qui se remplit petit à petit d’usagers. Il maudit la station de Saint-Denis toute entière, théâtre où se déroule implacablement tous les jours depuis maintenant 5 ans, l’acte premier d’une tragédie pathétique dont il est malheureusement acteur et directeur. Il en a bien rodé à présent la mise en scène ; tous les matins il respecte scrupuleusement le même rituel, un protocole qu’il a minutieusement élaboré, enrichi et corrigé tout au long de ces années de supplice.

Grégoire comme pris de frénésie, après s’être engouffré dans la station se met à transpirer à grosses gouttes. Perdu dans son cauchemar, comme dépossédé du contrôle de son corps et de ses gestes, il se dirige d’un pas lourd et pataud vers les tourniquets en bousculant des coudes, écrasant des pieds ou frappant de son attaché-case , toute la ribambelle d’obstacles vivants qui croisent la trajectoire rectiligne qu’il décrit de l’entrée aux portillons automatiques. La plupart des badauds ballottés par les courants des foules n’y prête guère attention , mais parfois certains l’insultent, voire même lui rendent les coups. Grégoire ne cherche pas d’histoires, il s’excuse de sa maladresse les rares fois où il prend conscience de ses actes. Il ne veut surtout pas polémiquer, obnubilé par la montagne qu’il lui reste à franchir.

« Où ai-je bien mis ma carte orange ? », Se répète-il en boucle pendant deux minutes en explorant de ses mains tremblantes, toutes les poches de son gros blouson rembourrées de mouchoirs qu’il a utilisé à outrance, de manière quasi boulimique, pour éponger son front. Les sens de Grégoire sont à l’affût. Il perçoit la réalité exagérément amplifiée. Il a l’impression qu’un torrent de sueur déferle de tous ses pores.

La panique le gagne par déferlantes. Il la sentait monter, insidieuse, ce matin comme chaque matin, bien avant qu’il ne se décide à s’aventurer hors du lit. Comme à son habitude, il n’a pas pris de petit déjeuner. Il a juste rapidement avalé 2 Xanax 0.5mg qui n’ont que très peu atténué ses angoisses. Le mal a toujours été plus fort que la médication. Il s’est toujours adapté, si bien que maintenant Grégoire souffrirait dix fois plus sans ses petits comprimés roses. Il en est donc devenu accro, bien plus par crainte des effets de leur absence que par réelle addiction physique. Par ailleurs, Grégoire anticipe les problèmes gastriques qu’il a eu la veille, l’avant veille et les jours précédents et qu’il aura indubitablement tout au long du trajet qui sépare son domicile de son lieu de travail. Il sent qu’en lui de terribles éruptions de bile et de sucs présagent une inexorable gêne qui le hantera tout son périple durant.

« 1.DENOMINATION DU MEDICAMENT
DENOMINATION
    Xanax 0,50 mg
COMPOSITION QUALITATIVE ET QUANTITATIVE
    Pour un comprimé sécable :
    Alprazolam 0,50 mg
    Excipients : lactose, cellulose microcristalline, silice colloïdale, ester dioctylique de
    Sulfosuccinate de sodium à 85% et benzoate de sodium à 15%, amidon de maïs,
    Stérate de magnésium, laque aluminique d’érythrosine. », Grégoire récite les prières qu’il a appris par cœur pour paradoxalement y trouver la foi… les miracles ne se sont jamais totalement opérés jusqu’à présent… « Dubito ergo sum ? Je doute donc je suis ?»,Se demande-t-il, « Soit ! Mais Credo ergo facio ! Je crois donc j’agis sur le monde !» Il sait très bien qu’il doit se créer des convictions fortes, s’en imprégner jusqu’à en oublier qu’il les a un jour enfanté, se convaincre d’en faire des vérités irréfutables pour se sortir de la situation absurde qu’il vit et devant laquelle la logique pure est inefficace…


Il retrouve sa carte Orange toute chiffonnée et maculée de sueur. Elle lui tombe des mains lorsqu’un impatient le double pour emprunter le portillon qu’il obstrue depuis cinq minutes. Il se relève, insère le coupon qu’il désolidarise momentanément de son étui en plastique et passe le portail en s’y cognant douloureusement l’épaule. Un resquilleur en profite pour sauter le tourniquet et s’engouffrer sans payer. Grégoire a la sensation qu’un météore le frôle. Ses oreilles bourdonnent et chauffent un court instant. Tout son corps en tremble, jusqu’à ce que l’inconnu s’évanouisse dans le brouillard , mirage que Grégoire sait construit de toutes pièces par son cerveau surexcité et au delà duquel toute réalité se confond et se perd.

Grégoire se sait agoraphobe. Jamais pourtant son psy n’en a prononcé le terme (Sans doute une habile technique médicale visant à ne pas mettre de nom sur le mal, pour ne pas en faire une excuse identifiée derrière laquelle le patient pourrait se réfugier) mais çà ne prend pas…

Grégoire n’est pas toujours dans cet état de transe, çà ne se produit que lorsqu’il quitte son domicile, qu’il se retrouve entouré d’anonymes, dans les lieux publics, dans les transports en commun particulièrement. De violentes crises d’angoisse s’abattent sur lui. Rien de raisonnable ne peut en expliquer la cause : Grégoire n’a jamais subit la moindre agression traumatisante, rien d’extraordinaire ne lui est arrivé en plein milieu d’une rue piétonne bondée lors de sa prime jeunesse, c’est à peine si les gens le remarquent aujourd’hui. Unité parmi tant d’autres, singularité parmi tant d’autres, élément du décor en mouvement, pas une once menaçant, il ne se sait qu’être une bribe de mémoire immédiate pour la totalité des passants, une information volatile que leur cerveau ne gardera que quelques secondes, juste le temps de n’en avoir rien à foutre et de l’éliminer à jamais. Malgré cette prise de conscience, il y a cette peur… une peur primale inexplicable qui le domine fatalement chaque fois qu’il pointe son nez dehors.

« Je ne suis qu’une saloperie de machine souffrant d’un putain de dysfonctionnement ! », Se lancine-t-il à présent alors qu’il s’éloigne des fous qui s’agglutinent sous l’abri du quai de gare pour se protéger de la pluie et du froid. Ils disparaissent tous happés dans son brouillard mental alors qu’il se dirige groggy vers le bout du quai, là où, sait-il, il n’y a jamais personne à cause de la puanteur de l’usine de traitement des eaux usées que les vents y drainent indélicatement parfois. Rassuré le temps d’un bref répit, enfin seul, il reprend contrôle de ses pensées et, retourne cette fois-ci, vainement et il le sait pour l’avoir plusieurs fois expérimenté, toutes les rancœurs et les haines qu’il a accumulé, contre ces gens qu’il craint sans bien trop en cerner la raison :

« Je hais tous ces connards qui viennent me pourrir la vie… Je les hais bien plus encore que ma saloperie de donne… Je suis comme je suis après tout… Quelle idée aussi d’accepter d’être traités comme du bétail qu’on mènerait à l’abattoir ? Je préfère mille fois plus avoir à supporter seul la puanteur de l’usine de traitement des eaux usées, exaltée par mes sens pris dans leur absurde frénésie, plutôt que d’avoir à me frotter à eux et leurs regards inquisiteurs… Je rêve… Y en à même qui sourient dans le tas… Mais comment font-il bon sang ? Je devine d’ici cette bande de tarés agglutinés sous l’abri… Ils se serrent les uns les autres comme ces putains de phoques à la con qu’on voit dans les documentaires sur la banquise… Saloperies de mammifères ! Mais qu’ont-ils à se complaire de leur condition, à se soutenir les uns les autres pour enfin de compte la glorifier ? » Grégoire s’invente des leitmotivs alors que la bouche d’accès au milieu du quai ne cesse de cracher des vies telle l’entrée d’une fourmilière et de lui donner raison…

Une nuée d’oiseaux migrateurs surgit à ce moment de derrière les toits de l’usine désaffectée recouverte de tags qui fait face à la voie 2. Tout ce qui sort de l’ordinaire, tout ce qu’il n’a pas déjà vécu, vient immanquablement troubler l’esprit de Grégoire. Il a déjà beaucoup de mal à gérer le prévisible pour ne pas être lourdement affecté par ce qu’il n’a pas vu venir. Grégoire tressaillit et son angoisse inexplicable le gagne de nouveau. Il perd le fil de ses pensées et la sphère de brouillard qui s’était dissipée lorsqu’il avait brièvement retrouvé la paix intérieure, fait irruption de nouveau comme contradictoirement pour protéger Grégoire en ne lui présentant qu’une partie restreinte du monde qui l’entoure. Ses sens surexcités ont bien assez d’informations à récolter dans cet espace réduit , son cerveau malade a bien assez de stimuli à en interpréter, sursaturé de données à convertir en angoisses, pour pouvoir discerner l’au delà.

« FORME PHARMACEUTIQUE
     Comprimé sécable rose.
     (Boîte de 30)
     (Boîte de 100 - présentation hospitalière).
CLASSE PHARMACO-THERAPEUTIQUE
     BENZODIAZEPINE (Anxiolytique)
     (N : Système nerveux central) », Amen !

Grégoire ne voit plus les oiseaux qui l’ont surpris, ils sont perdus dans le fog mais leurs petits cris et le bruit des battements répétés de leurs ailes percent cette enceinte protectrice virtuelle dans laquelle il s’est réfugié, et s’abattent immanquablement sur ses tympans. Les sons semblent en lacérer les membranes et marteler directement son cerveau. Alors que les rares âmes qui l’entourent voient un être pétrifié, Grégoire a l’impression qu’il se tord de douleur comme s’il avait été victime d’une inexplicable décharge électrique, qu’il avait quitté son corps et qu’il oscillait de manière chaotique tout autour de son centre d’inertie en se bouchant les oreilles.

La tempête laisse rapidement place au calme plat. Le cœur de Grégoire tambourine dans sa cage thoracique comme s’il allait en être expulsé. La sueur perle de nouveau sur son front et brûle sa peau irritée par le frottement abrasif répété des kleenex qu’elle a subit un peu plus tôt. Un vent froid qui vient de se lever semble maintenant le scarifier. Sa sueur se cristallise et paraît être arrachée par lambeaux en emportant sa chair , comme si un gigantesque déluge de glace, tourneboulait dans le vide et lacérait ses joues de milliers de flocons solides aux extrémités aiguisées. Pourtant Grégoire se reprend, c’est un moindre mal. Le fog s’éloigne puis se dissipe. Il voit le groupe d’oiseaux voler en rang séré en direction du stade de France.

« Les oiseaux ont pris peur… Je sais de quoi je parle… C’est communicatif… Je la ressens… Leur nuée décrit des hélicoïdes dans les cieux, un peu comme si le groupe tout entier ne formait plus qu’une seule entité en déroute… On peut percevoir la propagation de la frayeur dans de bouleversantes ondulations et courbes isobares dans la nuée que l’on pourrait presque mettre en équation… J’ai la bizarre impression d’être en apnée… submergé sous des hectolitres d’eau aux fins fonds d’un océan… Ces bancs d’animaux sont pris dans les tumultes, les courants capricieux des abysses… Leur supposée magnifique danse céleste n’est rien d’autre qu’une maladroite tentative de flotter dans de versatiles vortex … De la grâce dans leur vol ? Certains y voient de la grâce ? Pour moi ces oiseaux ne sont que des putains de traceurs radioactifs, des indicateurs colorés mettant en évidence l’existence de formidables champs vectoriels qui nous entourent presque invisibles… Ils ne volent pas, les courants les portent et les aspirent… je ne connais que trop cette sensation d’être manipulé par un puissant marionnettiste, relié à ses pensées par de microscopiques fils connectés à chacun de mes membres… Je lutte autant que je peux… Je lutte mais il finit tôt où tard par reprendre le contrôle…»


Les quatre quais noircis de monde de la gare de Saint-Denis semblent être d’immenses cales assurant le parallélisme parfait de huit ou neuf rangées de rails. Elles paraissent néanmoins converger à l’infini illustré si limpidement à l’horizon, que l’on tourne la tête à gauche ou à droite, que l’on pourrait presque croire que ce lieu est une improbable exception aux lois de la géométrie.

Soudain trois bangs résonnent dans tous les os du squelette de Grégoire. Il sent sa peau onduler. Par trois fois, le COVA de 8h05 qui ne s’arrête pas à Saint Denis vient de passer le mur du son. La lumière plus rapide que les ondes sonores ? Juste une question de perception : Voilà que la flèche vrombi telle une hallucination psychédélique à la gauche de Grégoire, que les fenêtres, emportant son reflet chaque fois qu’elles le dépassent, défilent sous son nez révélant dans l’antre du monstre des cohortes entières de clones de bons travailleurs serviles fonçant à toute allure vers la capitale, voilà qu’avec le même retard par rapport aux bangs, deux traînées de lumière pourpre s’imprègnent de manière résiduelle sur ses rétines .

Grégoire est resté immobile, il n’ a même pas remarqué qu’il était de l’autre coté de la ligne jaune sensée assurer sa sécurité sur le quai. Il a l’impression d’avoir reçu une immense claque dans la gueule ; deux gouttes de sang entachent sa narine droite. Sans faire un pas en arrière, il s’effondre comme une masse, impactant le sol avec la violence d’une chute de plusieurs milliers de mètres. Il le sent se craqueler autour de lui comme si tout d’un coup, le poids de toute la colonne d’air projetée par sa surface de sustentation venait s’ajouter à nouveau à sa propre pesanteur. Il peut se voir encore debout, figé, fixant le mur de l’usine face au quai. Le train passe en un éclair et il se regarde tomber, pivotant autour de ses talons. Son corps se décompose comme si quelqu’un feuilletait les multiples pages de son anatomie, chacune d’elle s’abat sur son être au sol, lui assénant de vilains coups. Il n’en reste bientôt plus qu’une étrangement ouverte, perpendiculaire à lui. Le train n’est plus là mais son reflet dans les vitres reste surplombant les rails… Il se fait face… Quel spectacle pitoyable : un être arque-bouté, statufié, le regard perdu dans vide. Le quai et l’horizon se rabattent alors violemment sur le dernier feuillet. Un choc horrible s’en suit laissant soudainement place au bruit assourdissant de l’avertisseur sonore que le conducteur de la motrice a déclenché pour que l’ étourdi s’éloigne du bord du quai…

Grégoire écarquille les yeux. Son attaché-case est emporté par le RER. Des dizaines de feuillets volent au vent, tourbillonnent dessinant le tube de l’onde de choc. Grégoire aurait pu être happé par le train mais çà n’est pas la première crainte qui lui vient à l’esprit. « Rien de nouveau… rien de nouveau… », Emerge-t-il, « C’est le COVA de 8h05… ces maudits oiseaux ont perturbé ma méditation… cette frayeur m’a mené jusqu’aux frontières de ma phobie, aux portes de la schizophrénie… il faut raison garder.. il faut raison garder… Je ne sombrerais pas... Le cerveau est un puissant outil…j’ai lu qu’il pouvait s’adapter à l’ altération de certains organes sensoriels, qu’il pouvait par exemple reconstituer une image globale du monde alors même qu’une grande étendue de cônes récepteurs étaient détériorés ou détruits… si le cerveau peut extrapoler une réalité de laquelle il n’est même pas informé, effacer des taches sombres en l’occurrence, je suis convaincu qu’il peut ignorer mon mal qui n’est de toute évidence qu’un dysfonctionnement mécanique interne… certaines pannes hardware peuvent être contournées à défaut d’être réparées sur certains ordinateurs par le biais de solutions softwares… Je dois reprogrammer mon cerveau, le conditionner pour qu’il ne tienne pas compte des mécanismes traditionnels de la peur, ceux qui chez moi se déclenchent à des moments totalement inopportuns…»

Le fog se dissipe au fur et à mesure que l’introspection de Grégoire le conduit à une paix intérieure précaire. Des centaines de regards convergeant sur sa personne surgissent à ce moment du brouillard… Une foule continue de s’amonceler autour de l’homme qui a failli être happé par le RER. Une peur panique s’empare alors de Grégoire, celle qu’aurait un petit rongeur lâché dans un vivarium peuplé de centaines de reptiles affamés…

Machinalement, il vient de porter à sa bouche un Xanax qui se décompose petit à petit sous sa langue, dissout par sa salive…

« 2.DANS QUEL CAS UTILISER CE MEDICAMENT
(INDICATION THERAPEUTIQUE)    
        Ce médicament est préconisé dans le traitement de l’anxiété lorsque celle-ci s’accompagne de troubles gênants. », ainsi soit-il !

Grégoire balance sa tête d’avant en arrière… Il devient le plus orthodoxe des croyants : « L’alprazolam est assimilé dans mon sang. Déjà les concentrations plasmatiques sont proches de 8 nanogrammes par millilitre. Je peux sentir la formation de très nombreux métabolites dont le principal est l'alpha-hydroxyalprazolam. »

Mais sa peur s’amplifie lorsqu’aux regards anonymes vient s’ajouter la vue de la silhouette du RER qu’il va devoir prendre… Il se profile à l’horizon tel un monstrueux dragon et Grégoire s’imagine déjà en son antre, digéré par les milliers d’yeux acides de ceux qui le cernent actuellement.

« Non, la réalité n’est pas ce que mes sens me suggèrent ou même ce que mon cerveau interprète… ces saloperies d’êtres primitifs vont-ils cesser de me menacer du regard ? Ces sauvages inconscients n’agissent que par mimétisme… Leur curiosité malsaine se propage dans leurs rangs par vagues… Je canalise leur peur implicite de l’inconnu, du différent. Ne voient-ils pas qu’ils me font atrocement souffrir ? Que l’un d’entre eux ose poser ses mains sales sur moi… Que l’un d’entre eux ose me toucher… », Grégoire est perdu mais lutte toujours singulièrement à se convaincre qu’il est anormal, que son ressentir est faux et qu’il doit appréhender le monde au travers du prisme des belles histoires dont regorgent les livres…

« Dans ma tête en ébullition, il y a cette formidable agglomération d’organes en surchauffe. Je peux sentir précisément les contours de chacun d’entre eux… Ils conspirent contre mon existence à grands renforts de messagers fourbes… Mais je les tiens à ma botte cette fois encore… Je suis en train de reconquérir les terres centrales une à une : Les régions limbique, amygdale et hippocampe tombent sous mes attaques de Benzodiazépine. Je détourne à mon avantage leurs ateliers de production d’armes sournoises… voilà qu’elles se rallient à ma cause et que leurs usines sécrètent des substances sédatives, anxiolytiques et anticonvulsivantes qui oeuvrent contre le complot… », Grégoire se sent pris en étau entre deux feux ennemis l’un interne et l’autre externe mais croit dominer la situation grâce à ses petits cachets roses.

Son souffle court et rapide, crachant des nuées d’angoisses se vaporisant dans la froideur du monde, ses mains moites et tremblotantes traduisent plutôt d’un manque d’assurance certain. Et effectivement, la peur le domine toujours ,le transportant allègrement de l’autre coté du col qu’il s’était toujours interdit de franchir, la zone de non retour où ses phobies les plus flagrantes et ses fantasmes les plus refoulés, font office de législateurs, juges et bourreaux sur la réalité.

Grégoire continue de réciter ses dogmes sans y mettre la moindre conviction : « Sur tous mes neurones, les agonistes se fixent et occupent les récepteurs des Benzodiazépines , ils déverrouillent ainsi mes récepteurs GABA dont l’action est anormalement diminuée par mon mal… La concentration en acides aminés gamma aminobutyrique dans mes espaces inter-synaptiques quant à elle n’a jamais connu la moindre irrégularité, elle est 1000 fois supérieure à celle des amines biogènes comme la sérotonine ou la dopamine… De ce fait l’inhibiteur GABA se fixe normalement à partir de ce moment sur les récepteurs prévus à cet effet et modifie directement l’excitation membranaire des axiones de mes neurones en chamboulant la distribution des ions de part et d’autre de leur membrane. Le canal chlore des axiones est alors modulé, sa fréquence d’ouverture est augmentée et la pénétration des ions chlore à travers le ionophore est favorisée… »

Grégoire n’écoute plus le rythme lancinant de son invocation… il reste bouche bée devant le spectacle que lui offre sa réalité : Le RER en approche ne semble pas freiner et ralentir, au contraire le sifflement strident de son frottement avec l’air prenant bizarrement la tangente vers les aigus, semble indiquer qu’il accélère et prend de la vitesse. La foule est soudain prise dans un tumulte frénétique. Les usagers à l’autre bout du quai semblent horrifiés par la machine qui vu son allure va indubitablement se scratcher sur la plate-forme en déraillant. Ils communiquent leurs craintes à leurs voisins par lesquels ils sont inexorablement bloqués. Ces derniers font de même avec les leurs puisqu’ils se trouvent immanquablement dans la même situation. Ainsi de suite, jusqu’à ce que l’onde de panique atteigne les personnes les plus éloignées des bords, au centre du quai et dont la vue et la liberté d’action sont obstruées par un mur humain impénétrable dont la pression est telle qu’ils ne peuvent faire autrement pour lutter contre elle et pouvoir respirer que de s’opposer violemment en bloc à sa progression en poussant de toutes leurs forces leurs assaillants vers le bord. La foule se déverse mécaniquement sur les rails suivant points par points les théorèmes de Bernoulli et ceux sur la dispersion des fluides…

« …Un plus grand courant d'ions Cl- dans le canal, induit une diminution du potentiel électrique de l’axione, donc un ralentissement de l’influx nerveux et l’inhibition de la synapse, donc de la transmission nerveuse… Appliqué à une échelle plus générale, cela montre comment le Xanax contribue à calmer mes angoisses en réduisant les décharges neuronales dans mon cerveau… » , Grégoire est terrifié, son pater n’est pas convainquant… Le fog fait de nouveau son apparition.

Une vague d’hémoglobine mélangée à un broyat d’os et de chair précède la progression de la motrice… Le troupeau de bisons fonce aveuglément droit dans le précipice… Des cris de douleur et de terreur se mêlent aux chocs des concassements et déchirements en chaîne , ainsi qu’au bruit des freins cassés et de l’avertisseur. Le brouillard arrive du lointain, il se referme mais pas assez vite pour épargner ce spectacle à Grégoire. A mi-longueur du quai, la motrice heurte violemment le remontoir bétonné et le train entier se couche sur les centaines de personnes qui croyaient avoir échappé au carnage. Il poursuit sur le flanc sa course folle meurtrière emportant les pancartes publicitaires et faisant voler en éclat les abris de verre. La brume fait le ménage. Le deuxième étage de certains wagons de queue s’affale sur le quai et fait sauter quatre des six colonnes qui soutiennent l’énorme toiture de pierre qui vient achever d’une lourde chute les derniers blessés en ces lieux où tout n’est plus que nuage de poussière et d’âmes.

De l’autre coté du quai règne la plus totale des confusions. Les gens alertes en tentant de fuire le massacre piétinent d’autres personnes qui moins motivées à vivre se sont laisser choir, ils tentent de traverser les rails mais sont rattrapés par une pluie de verre et de projectiles métalliques qui les happe comme une avalanche. Le RER fonce droit sur Grégoire, l’une des rares personnes à se tenir encore debout ; son visage est couvert de sang , de coupures et d’ecchymoses . Son poing droit se desserre et il en tombe une boîte de Xanax qui disparaît dans le fog dans lequel baignent ses pieds. La motrice dépasse à peine du brouillard mental en approche mais la collision semble inévitable. D’un coup d’un seul, le rayon de la sphère brumeuse se réduit jusqu’à ce qu’il s’annule au centre de la tête de Grégoire.

Black-out mental…vide momentané…

Un grésillement point imperceptible au départ dans toute la blancheur environnante. Il se précise jusqu’au point d’en devenir perturbant pour l’audition. Quelque chose à l’air d’avoir un sens au bout d’un moment d’immersion totale, un sens sémantique archaïque , voire universel… Des tons blancs semblent se dissocier de la monochromie à force de relire le vide… des formes se détachent de la candeur du néant et se précisent en le pervertissant… des ombres de lumière se projètent et se portent…Un être électromagnétique parle… il s’adresse à Grégoire en modulant des éjections photoniques qui jaillissent du sommet de ce qui semble être son crâne… Il faut un temps d’adaptation à Grégoire avant de le comprendre.

« Quantum 550-00-345 ! Nous avions cru vous perdre à tout jamais… Votre projection dans l’embryon humain hôte a partiellement échoué endommageant irrémédiablement tous vos ordres de mission et votre mémoire passée… Une question me taraude : Comment avez-vous pu actionner le système d’avortement parasitaire sans en connaître les commandes et les clefs ? »


(O______O) LAPINCHIEN

= commentaires =

nihil


void    le 31/01/2004 à 19:00:55
Y a juste la fin sur laquelle j'accroche pas, trop fantastique pour une histoire réaliste, fallait laisser venir la Night Shyamalan's touch à toi plutôt que de te forcer à aller à elle, jeune imprudent.

Mais je vais réflechir à une fin alternative pour la remplacer, qui devrait être entre 300 et 1000 fois mieux que ça.

Tout le reste est terrible, voir le résumé que j'en ai fait.
kafka Pareil que Grégoire, mais dans un avion    le 01/02/2004 à 23:07:39
J'accroche tout, meme si l'aventure intérieure trouve une explication "extérieure"(?) sur la fin. Pourquoi les angoisses proviennent souvent de perspectives de fins catastrophiques?
Serait ce l'apanage des gens avec un imaginaire trop développé et un manque de discernement? Autrement, j'aime bien ce que vous faites M. Lapinchien.
Lapinchien


tw
    le 02/02/2004 à 11:52:47
ok j'ai une fin alternative un peu plus réaliste...

Grégoire se prend le train dans la gueule et devient decaplégique (comme tetraplegique mais avec encore plus de membres nases)

Il doit subir une operation chirugicale ou il perd son sexe.
Tout le monde l'appelle alors Fantine.
Je fais un rapide résumé de la façon dont je souhaite traiter la suite...


L'évêque et le forçat ( livre premier et second)

1815. Alors que tous les aubergistes de la ville l'ont chassé, le bagnard Jean Valjean est hébergé par Mgr Myriel ( que les pauvres ont baptisé, d'après l'un de ses prénoms, Mgr Bienvenu). L'évêque de la ville de Digne, l'accueille avec bienveillance, le fait manger à sa table et lui offre un bon lit.

Jean Valjean a été condamné en 1795, pour le vol d'un pain et vient de passer vingt ans au bagne.

Pourtant malgré la générosité de son hôte, Jean Valjean s'enfuit en pleine nuit, après avoir dérobé les six couverts d'argent, les seules richesses de l'évêque. Le lendemain, les gendarmes le ramènent chez Mgr Bienvenu qui, à sa grande surprise, l'innocente. L'évêque lui offre même deux chandeliers en argent que Jean Valjean avait "oublié" d'emporter. Il souhaite ainsi aider l'ancien bagnard à redevenir un honnête homme. Pourtant sur la route, Jean Valjean commet un nouveau délit. Il vole un petit ramoneur. Mais, alors qu'il s'apprête à ranger son larcin dans sa besace, il revoit les chandeliers de Mgr Bienvenu, et se rappelle les paroles de l'évêque. Il n'aura plus alors qu'un seul but : honorer la bonté de l'ecclésiastique et servir le bien.

La déchéance de Fantine

Paris, Août 1817.

Quatre étudiants, dont un certain Tholomyès, font un bon repas dans un cabaret avec quatre jeunes filles insouciantes, dont l'une, Fantine étonne par sa beauté et sa candeur. Elle vit avec Tholomyès sa première histoire d'amour. Les quatre jeunes hommes ont promis "une surprise". Au dessert, ils s'esquivent pour … ne jamais revenir, annonçant dans la lettre d'explication qu'ils ont laissé, leur retour définitif dans leurs familles en province. Les jeunes filles s'amusent de cette farce, sauf Fantine, la plus jolie, qui est vraiment inquiète. Elle s'était offerte à Tholomyès et attend un enfant de lui.





Cosette livrée "aux loups"

Printemps 1818.

Fantine quitte Paris et porte dans ses bras la petite fille qu'elle a eu de Tholomyès, et pour laquelle elle a tout sacrifié, Cosette. Elle souhaite retourner à Montreuil sur Mer, sa ville natale, où elle espère trouver du travail. En chemin, à Montfermeil, elle fait la connaissance d'un couple d'aubergistes, d'allure plutôt accommodante, les Thénardier. Très vite Cosette joue avec les petites filles des aubergistes. Fantine y voit là un signe du ciel et propose de leur confier quelque temps la garde de Cosette. Les aubergistes acceptent moyennant une pension. Cosette qui n'a que cinq ans se retrouve ainsi prise au piège d'un sinistre couple qui ne tarde pas à en faire sa servante. Tout le pays va désormais surnommer Cosette, "l'alouette", petite esclave en haillons, fragile et tremblante, soumise à la tyrannie de ces abominables aubergistes.





La déchéance

Montreuil de 1818 à 1823

A son arrivée à Montreuil, Fantine découvre que sa ville natale est devenue prospère grâce à un inconnu, arrivé deux ans plus tôt et qui a su relancer et développer l'industrie de la région. Cet homme, M. Madeleine, (nom d'emprunt de Jean Valjean) semble un véritable bienfaiteur : il offre du travail à toutes les personnes honnêtes qui se présentent à sa fabrique, donne des conseils éclairés et multiplie les actes de générosité. Il est aussi doté d'une force peu commune. Un jour, il a sauvé un vieillard, Fauchelevent, que sa charrette menaçait d'écraser. M. Madeleine est parvenu à relever la carriole et à dégager le vieil homme, qui sans l'intervention de "cette force de la nature" était promis à une mort certaine. Au terme de sa réussite industrielle et de son ascension sociale, M. Madeleine accepte sous la pression de ses concitoyens de devenir le maire de la ville.

Un homme, l'inspecteur Javert, ténébreux, obsédé par l'autorité, reste pourtant insensible à l'admiration unanime dont bénéficie M. Madeleine. Pire, ayant travaillé auparavant dans les bagnes du midi, il s'intéresse particulièrement à ce notable. Il a l'impression que ce visage ne lui est pas inconnu …

Fantine a trouvé du travail dans les ateliers de M. Madeleine. Mais sa beauté suscite la jalousie de ses collègues qui commencent à l'épier. Elles découvrent que la jeune femme a un enfant naturel, ce qui lui vaut d'être renvoyée par la surveillante. Elle éprouve alors du mépris pour . Madeleine, qu'elle imagine responsable de ce renvoi.

Pour parvenir à payer la pension de Cosette, Fantine est obligée de vendre ses cheveux blonds et aussi ses dents.

Ultime étape de sa déchéance, la prostitution. Un jour d'hiver, Fantine, malade, fait les cent pas sur le trottoir. Un jeune bourgeois, pour se distraire, lui glisse une boule de neige dans le dos. Vexée, Fantine se jette sur l'individu et le frappe. L'inspecteur Javert intervient, arrête la prostituée et lui inflige six mois de prison. M. Madeleine, ému par les malheurs de la jeune fille intervient pour la faire libérer. Lorsqu'il apprend qu'il est indirectement la cause de la déchéance de cette jeune fille, Fantine ayant été chassé de ses ateliers à son insu, il fera tout son possible pour soigner la jeune femme et lui permettre de retrouver son enfant. Il rend de fréquentes visites à Fantine, la fait signer et envoie de l'argent aux Thénardier.

Entre-temps, il apprend de la bouche de Javert, qu'un homme, qui dit s'appeler Champmathieu, mais qui serait en fait l'ancien forçat Jean Valjean, va être jugé à Arras pour un vol de pommes. M. Madeleine, après une nuit de débat intérieur ( la célèbre "tempête sous un crâne") se rend au tribunal. Il prend la défense de Champmathieu en se dénonçant. Cet aveu lui vaudra d'être arrêté par Javert dans la chambre de Fantine, qui meurt avant d'avoir revu Cosette.





Cosette, deuxième partie



La bataille de Waterloo

Mai 1861. Le narrateur raconte une visite à pied sur les vestiges de la défaite napoléonienne de Waterloo ( visite que Victor Hugo fit en 1861, lors de son retour de l'Ile d'Elbe sur les lieux même de la bataille de juin 1815). Ce jour-là, Napoléon affrontait les troupes anglaises et les forces coalisées de l'Europe continentale. Victor Hugo réfléchit sur les causes de ce désastre napoléonien : il pleuvait ce jour-là, le sol était boueux, ce qui empêcha l'empereur de déployer librement son artillerie, son arme stratégique. Pire, mal renseignée, la cavalerie française se précipita dans un ravin, où beaucoup de soldats périrent, écrasés. Les renforts espérés n'arrivèrent pas . Cambronne fit passer à la postérité cette défaite héroïque. La garde impériale qu'il dirigeait lutta jusqu'au dernier carré et, lui, lança à l'ennemi son mot célèbre : "M…"

Le narrateur relate alors une funèbre rencontre qui lui permet d'introduire un des personnages des Misérables dans cette bataille de Waterloo : pendant la nuit qui suit cette bataille, un sordide escroc dépouille les cadavres de tous leurs objets précieux. Il dégage le corps d'un officier pour lui voler sa montre. Celui-ci n'est que blessé et est persuadé que l'inconnu lui a sauvé la vie. L'officier reconnaissant, le colonel Pontmercy, demande son nom à son sauveur providentiel : c'est Thénardier.



Le sauvetage de Toulon

1823. Emprisonné suite à son arrestation par Javert, Jean Valjean était parvenu à s'évader. Mais il a été repris. Il a été condamné aux travaux forcés à perpétuité et se retrouve au bagne de Toulon. Lors d'un accident sur un vaisseau de guerre rentré au port de Toulon, il sauve la vie d'un marin, ce qui lui vaut le soutien de la foule qui réclame sa grâce. il se jette à la mer et parvient à s'échapper en nageant sous le bateau. Personne ne retrouvant son corps, on le croira mort.



Jean Valjean recueille Cosette

Ayant retrouvé la liberté, Jean Valjean souhaite honorer la promesse qu'il avait faite à Fantine : libérer Cosette. Il arrive à Montfermeil la veille de Noël. Cosette est toujours en haillons. Alors que la petite servante se fait réprimander par La Thénardier, Jean Valjean prend sa défense. Puis la terrible mégère envoie Cosette, à la nuit tombée, chercher de l'eau à la fontaine, là-bas dans la forêt. Corvée que Cosette redoutait, d'autant que la nui est glaciale et le seau plus grand qu'elle.

Cosette part seule dans cette nuit de Noël. Elle jette un regard devant une somptueuse poupée, exposée dans l'une des baraques dressées pour Noël . Puis elle s'enfonce dans la nuit noire. Le seau rempli, il lui faut vaincre la fatigue, la peur et le froid et se dépêcher car sa patronne a horreur d'attendre. Soudain, elle sent que le seau devient de plus en plus léger. Une grosse main s'est saisie de l'anse. Cosette se sent protégée par cet homme très fort qu'elle ne connaît pas et qui pourtant la rassure. En échangeant quelques mots avec la jeune servante, Jean Valjean reconnaît la fille de Fantine et l'aide à porter le seau jusqu'à l'auberge.

Il lui fait cadeau de la poupée tant admirée, indemnise les affreux aubergistes et emmène Cosette avec lui.



Le couvent



Jean Valjean et Cosette se rendent à Paris où l'ancien forçat loue une maison vétuste et isolée, la masure Gorbeau. Il s'y installe avec la jeune fille qu'il protège d'un amour paternel. Quant à Cosette, elle a retrouvé sa gaieté et son insouciance. Mais bientôt Jean Valjean se sent surveillé. Le regard soupçonneux d'une vieille voisine ne laisse rien présager de bon. La vieille dame fait rentrer un nouveau locataire qui n'est autre que Javert. Le soir même, Jean Valjean décide de partir. Il s'enfuit avec Cosette dans la nuit. Javert lance une escorte de policiers et de soldats à leur trousse. Il faut toute la clairvoyance et l'agilité de l'ancien forçat pour échapper à la meute des poursuivants. Il escalade un mur, parvient à hisser Cosette et se retrouvent tous deux dans un lieu étrange. Ils y entendent des chants célestes et aperçoivent au sol des formes bizarres. Heureusement apparaît un vieil homme providentiel, Fauchelevent. Autrefois, alors qu'il était maire de Montreuil sur Mer, M. Madeleine, alias Jean Valjean, avait sauvé la vie à cet homme et lui avait trouvé un poste de jardinier dans le couvent du Petit Picpus; jardin dans lequel ils ont trouvé refuge, ce soir, par le plus grand hasard. Plein de reconnaissance, le vieil homme les accueille. Il leur apprend que ce couvent est également une institution pour jeunes filles. Il leur indique aussi, qu'exceptés le prête et le jardinier, aucun homme n'est admis dans cet établissement. Il leur offre toutefois un abri. Fauchelevent profitera de la mort d'une religieuse et de la confiance dont il bénéficie dans ce couvent pour demander la permission de faire venir son frère et la fille de celui-ci pour l'aider dans son travail. Grâce à ce subterfuge, Jean Valjean va donc pouvoir être employé comme aide-jardinier. Une nouvelle fois l'ancien forçat va changer d'identité et s'appellera désormais le frère Fauchelevent. Quant à Cosette elle devient élève dans ce couvent; les religieuses espérant bien la convaincre d'entrer plus tard dans les ordres.



Marius, troisième partie



Retour à la Masure Gorbeau

Un peu plus de huit années se sont écoulées. La Masure Gorbeau, jadis habitée par Jean Valjean, abrite maintenant de nouveaux locataires. On y trouve une famille misérable : le père, qui dit s'appeler Jondrette , son épouse et leurs deux filles . Quant au fils Gavroche, un vrai gamin de Paris, il a choisi de vivre dans la rue. Cette famille accueille un nouveau voisin , un jeune homme , petit-fils d'un "grand bourgeois", nommé Marius Pontmercy.



Marius, son père et son grand-père

Marius a passé toute son enfance chez son grand-père, un royaliste intransigeant qui ne supporte ni la révolution ni l'Empire. En effet à la mort de sa fille, le vieil homme a récupéré le jeune Marius, ne supportant pas de le laisser aux soins de son père, un colonel de l'Empire. Après une brillante carrière dans l'armée napoléonienne, le père de Marius a été, lors de la Restauration, assigné à résidence dans l'Eure. Le grand-père s'efforce de maintenir Marius à l'écart de son père. Appelé au chevet de son père, Marius arrive trop tard, il ne pourra le revoir vivant. Il recueille juste un billet, écrit de sa main, qui lui demande de faire tout ce qu'il pourra pour retrouver et aider le sergent qui lui a sauvé la vie à Waterloo, Thénardier.

Assez peu touché par la mort de ce père qu'il n'a pas connu, Marius découvre peu après que le colonel de Pontmercy fut un héros et un père aimant et tendre . Il apprend également que son père venait de temps en temps, discrètement, à l'église , en restant caché derrière un pilier pour tenter d'apercevoir son fils.

Dès lors Marius souhaitera se pencher sur le passé de son père. Il se passionne pour la Révolution et l'Empire et recherche toute trace de l'héroïsme de ce père qu'il n'a pas connu. Le grand-père de Marius ne peut supporter le revirement politique de son petit-fils. Après une violente altercation, le vieil homme chasse son petit-fils.



Les amis de l'ABC



Marius refuse toute aide financière. A la recherche d'un toit , il trouve refuge dans un hôtel, où l'emmène Courfeyrac, l'un de ses amis étudiants. Ce dernier le présente à un groupe d'étudiants, qui avec quelques ouvriers , ont fondé une société secrète, les amis de l'A.B.C (jeu de mots sur l'abaissé, qui signifie le peuple). Ils tiennent leurs réunions, dans l'arrière salle d'un café du quartier latin. Marius poursuit ses études d'avocat mais vit de quelques traductions qui lui permettent tant bien que mal de payer les notes de l'hôtel. C'est pourquoi il finit par élire domicile dans la masure Gorbeau. Suite à une brillante plaidoirie qui couronne ses études, il est reçu avocat. Pour préserver son indépendance, Marius refuse de plaider et va se contenter d'aléatoires travaux de librairie.



Un regard au jardin du Luxembourg



Marius, qui a une vingtaine d'années est un beau jeune homme, à la fois rêveur et réservé du fait de sa pauvreté. Un jour, lors de sa promenade au jardin du Luxembourg, il remarque une jeune fille qui se promène avec un vieil homme aux cheveux blancs. Le regard qu'elle va lui offrir va l'enflammer. Il en tombe aussitôt follement amoureux. Dès lors, il reviendra tous les jours au Luxembourg, avec son plus bel habit et multipliera les manœuvres pour attirer l'attention de la jeune fille sans provoquer de soupçon chez celui qu'il prend pour son père. Un jour, n'y tenant plus, il va suivre le vieil homme et sa fille jusqu'à leur domicile. Cette filature éveille l'attention du vieux monsieur qui se retourne vers Marius pour le toiser.



Quelques jours se sont écoulés. La jeune fille et le vieil homme ne viennent plus au jardin du Luxembourg. N'y tenant plus, Marius se rend au pied de leur immeuble et questionne le portier. Il lui apprend qu'ils ont soudainement déménagé. Marius est désespéré.



Plusieurs mois ont passé depuis que Marius a perdu la trace de la jolie jeune fille qui fait battre son cœur. Il est mélancolique et accablé. Jusqu'au 2 février 1831.

Ce jour-là, ayant été sollicité par une des filles de ses voisins, qui mendiait, Marius , pris de pitié lui a donné, malgré ses maigres ressources, 5 francs. Puis rentrant dans sa chambre, il se met à observer par l'une des ouvertures du mur le logement de ses voisins; Il aperçoit quatre créatures hideuses, le père, la mère et les 2 filles vivant dans une immense pauvreté et une affreuse saleté. C'est alors qu'une des filles annonce l'arrivée d'un "généreux monsieur" qu'elle avait, lui aussi, sollicité dans la journée. Surprise de Marius qui voit entrer dans le taudis de ses voisins, le vieil homme et la jeune fille qu'il aime. Apitoyé par cette famille de "misérables" , le monsieur promet de revenir le soir même avec l'argent qui leur permettra de payer leur loyer.



Dès le départ de celle qu'il aime et de son père, Marius n'a qu'une idée, les suivre. Hélas, sans argent il lui faut vite déchanter, il ne peut même pas se payer le fiacre dont il aurait besoin pour les filer. De retour à la masure Gorbeau, Marius assiste à d'inquiétants préparatifs dans le taudis de ses voisins. Le père Jondrette prétend avoir reconnu le vieil homme et prépare avec sa femme un guet-apens destiné à leur "bienfaiteur". Persuadé que le père de celle qu'il aime est en danger, Marius décide de tout raconter à la police. Il explique la situation à un policier qui l'écoute avec un grand intérêt. Ce policier , c'est Javert …

Le soir, Marius, a repris son poste d'observation. Le "bienfaiteur" est à peine rentré qu'une bande de malfaiteurs, au visage charbonneux l'entourent et le ligotent; Il souhaitent lui faire avouer son adresse, en vue d'enlever sa fille et d'obtenir une énorme rançon. Le vieillard résiste. Pour montrer sa détermination , il va même jusqu'à s'appliquer lui même sur le bras le fer rouge que ses geôliers avaient préparé pour le faire parler.

Animé d'une soif de vengeance, Jondrette, ne peut résister au plaisir sadique de révéler à son prisonnier sa véritable identité : il s'appelle Thénardier , a été aubergiste à Montfermeil et voue de la haine à un certain Jean Valjean qui l'avait humilié…

Marius est en proie à un cruel dilemme. Il se trouve enfin en face de Thénardier, celui qui a sauvé la vie à son père, le Colonel Pontmercy, à Waterloo; colonel qui dans ses dernières volontés avait exprimé le désir que son fils lui témoigne sa reconnaissance. Va-t-il laisser tuer le père de celle qu'il aime ? Doit-il donner l'alerte aux policiers, comme le lui avait demandé Javert ?

La brusque irruption de Javert et de ses hommes met fin à sa cruelle hésitation. Thénardier et tous les bandits sont arrêtés. Le mystérieux vieillard, lui, est parvenu à s'échapper, ce qui contrarie énormément Javert . Visiblement, c'est surtout le vieil homme qu'il aurait aimé appréhender.

Le lendemain , Gavroche vient rendre visite à sa famille. Il découvre le taudis vide et on lui apprend qu'ils sont tous en prison.



L'idylle rue Plumet et l'épopée rue Saint-Denis, quatrième partie



Sur les traces de Cosette

1831-1832

La France connaît une nouvelle période de fébrilité politique. Louis Philippe est certes parvenu à affirmer son pouvoir, mais il doit affronter des opposants de plus en déterminés qui contestent le principe même du pouvoir monarchique. Des théories socialistes se font jour tandis que des sociétés secrètes effectuent un inébranlable travail souterrain. Il règne dans Paris et notamment dans les quartiers populaires une furtive effervescence. Les signes de contestation se multiplient, perceptibles au travers de plusieurs accrochages entre les ouvriers et les forces de l'ordre. Une fièvre révolutionnaire semble gagner certains quartiers de Paris, notamment au faubourg Saint-Antoine, où ouvriers et agitateurs se concertent. Enjolras et ses amis participent activement à ce bouillonnement



Marius a quitté la masure Gorbeau pour ne pas avoir à témoigner contre Thénardier suite à l'affaire de l'embuscade contre Jean Valjean. Il est allé vivre chez son ami Courfeyrac. Il semble peu concerné par cette effervescence politique qui règne à Paris. Une nouvelle fois le jeune avocat a perdu la trace de Cosette. Il passe beaucoup de temps à songer à la jeune fille et ses promenades songeuses le ramènent régulièrement dans les faubourgs de la ville, au lieu-dit "Le Champ de l'Alouette"; lieu-dit dont le nom ressemble à celui qu'évoquait Thénardier lorsqu'il préparait le guet-apens contre Jean Valjean. Eponine, la jeune fille de Thénardier, qui a échappé à la prison en raison de son jeune âge parvient à retrouver Marius qu'elle aime sans grand espoir. Elle a pu se procurer l'adresse de Cosette et propose à Marius de le conduire auprès de sa jolie rivale.



La Rue Plumet

Après plusieurs années passées au couvent, Jean Valjean a préféré faire connaître à Cosette la "vraie vie" plutôt que de lui faire courir le risque de devenir religieuse. Il a profité de la mort du vieux Fauchelevent pour quitter le couvent du Petit Picpus.

Il s'est installé avec elle rue Plumet, dans une maison discrète qui a l'avantage d'avoir une sortie secrète. Jean Valjean n'a gardé pour lui qu'une simple remise tandis qu'il a laissé à Cosette la confortable maison.

Cosette, d'enfant disgracieuse qu'elle était au sortir du couvent est devenue une jeune femme rayonnante. Elle est amoureuse en secret de ce jeune homme qu'elle avait rencontré au jardin du Luxembourg. Jean Valjean, ayant noté cette idylle naissante et éprouvant une secrète jalousie pour celui qui pourrait lui dérober " sa fille" avait alors décidé de mettre fin aux promenades du jardin du Luxembourg.

Un matin de l'automne 1831, au cours d'une promenade matinale, Cosette assiste par hasard à un convoi de forçats partant pour les galères. A la vue de ces galériens enchaînés, elle a une réaction horrifiée. Jean Valjean qui assiste à la scène ressent tout à coup la fragilité de son bonheur. Il suffirait que Cosette apprenne la vérité sur son passé pour que soudain, peut-être, tout s'écroule….

Autre incident qui contrarie Jean Valjean et qui lui rappelle son passé : l'agression dont il est victime, lors d'une de ses promenades. Un jeune voyou au regard arrogant tente de lui dérober sa bourse. Malgré son âge, Jean Valjean parvient à se défendre et à contenir le jeune brigand. Il le sermonne et lui montre les malheurs auxquels il s'expose : le bagne, les travaux forcés, une vie détruite… Suite à cette mise en garde, il donne sa bourse au jeune voyou.

La discussion a eu un témoin : Gavroche. Il s'approche du voyou que les propos de Jean Valjean ont déstabilisé et lui dérobe la bourse de l'ancien forçat. Gavroche la destine à un vieux chercheur désargenté, le père Mabeuf, dont Gavroche a surpris une conversation que le vieillard avait avec sa servante. N'ayant plus aucun argent, le vieil homme est menacé d'expulsion. La bourse que Gavroche a jeté par dessus la haie tombe aux pieds du vieil homme.

Cosette, elle, savourant l'arrivée du printemps retrouve sa bonne humeur naturelle. Elle en arriverait presque à oublier Marius. Plusieurs soirs, alors qu'elle est seule, Jean Valjean étant en voyage, elle aperçoit dans le jardin de leur maison un mystérieux rôdeur. Un autre jour, elle aperçoit, sur un des bancs du jardin, une pierre. Sous cette pierre, elle découvre une enveloppe contenant plusieurs pages manuscrites. Il s'agit du journal intime dans lequel un jeune homme évoque tous les sentiments et les émotions qu'il a éprouvés depuis qu'il l'a croisée, il y a quelques années, dans le jardin du Luxembourg. En lisant ces quelques pages, les yeux de Cosette s'enflamment à nouveau pour cet inconnu qu'elle avait elle aussi aimé. Ce soir là, dans le jardin elle a hâte de croiser ce mystérieux visiteur. Quelques minutes plus tard, Marius s'approche d'elle et lui déclare sa passion. Dissimulés par une végétation luxuriante, ils échangent leur premier baiser. Les deux jeunes amoureux se confient longuement l'un à l'autre et se dévoilent enfin leur prénom : Marius et Cosette.



Durant ce printemps 1832, ils se revoient souvent dans le jardin de la maison de la rue Plumet. La candeur de Cosette et la vertu de Marius magnifient ce grand amour. Pendant ce temps Thénardier , grâce à l'aide de Gavroche, est parvenu à s'évader de la prison. Il prépare avec ses complices un nouveau larcin . Ils ont en effet appris en prison qu'il y avait une cible idéale, rue Plumet : un vieil homme riche vivant seul avec sa fille.

Dans la soirée du 3 juin 1832, ils rôdent autour de la maison de Jean Valjean. Cosette et Marius, tout à leur amour ne s'aperçoivent de rien. Il faudra l'intervention courageuse d'Eponine, la propre fille de Thénardier, qui ne peut s'abstenir d'épier continuellement celui dont elle est amoureuse, pour empêcher les malfaiteurs d'accomplir leur délit. Elle ose faire obstacle à son père et ses complices et menace d'alerter le quartier s'ils s'obstinent. Finalement ils abdiquent et disparaissent.



Le bonheur de Marius et de Cosette sera éphémère. Cosette annonce à son amant que Jean Valjean lui a demandé de se préparer pour un long voyage en Angleterre. Ne pouvant se résoudre à cette séparation, Marius ne voit d'autres solutions que d'aller solliciter son grand-père , M. Gillenormand , pour lui demander l'autorisation d'épouser Cosette.

L'entrevue entre le vieil homme et son petit-fils a lieu dès le lendemain. Malgré l'amour qu'il porte à Marius, M. Gillenormand ne parvient pas à assouplir son attitude rigide et austère. Marius, lui, trop focalisé sur son amour pour Cosette, en oublie de montrer à son grand-père le repentir que ce dernier attend. Entre ces deux êtres pourtant si proches, mais qui ne parviennent pas à rompre la glace, c'est l'incompréhension totale. Le grand-père dans un réflexe de vieux libertin, conseille même à Marius de faire de Cosette sa maîtresse . C'en est trop pour le jeune romantique qui n'admet pas que son grand-père puisse déshonorer son amour. Il claque la porte, abandonnant le vieil homme à sa douleur.

Pendant ce temps, Jean Valjean acquiert la certitude qu'il lui faut fuir à nouveau. Une main mystérieuse jette à ses pieds un bref message : "Déménagez ! "

Le lendemain matin, lorsque Marius arrive rue Plumet, il découvre la maison vide. Désespéré, il est décidé à mourir. Une voix l'interpelle et lui indique que ses amis l'attendent sur une barricade. Il se dirige spontanément vers le quartier d'où proviennent des bruits de combat. En effet ce jour-là Paris connaît l'une des plus graves émeutes populaires du dix-neuvième siècle. Une foule immense et en colère assiste aux funérailles du général Lamarque, un des derniers survivants de l'armée napoléonienne. Très vite le peuple se retrouve face aux forces de l'ordre, c'est l'insurrection. Clameurs et coups de feux. Les premières barricades se dressent dans les petites rues du centre de Paris.

Gavroche, le visage rayonnant a dérobé un vieux pistolet dans une brocante. Il marche d'un pas décidé au travers des rues enfiévrées. Il rejoint un groupe de révolutionnaires à la tête duquel se trouve Enjolras, un jeune chef indomptable. C'est au cœur des Halles, dans une ruelle, au pied d'un cabaret, le Corinthe, que ce groupe décide de dresser une barricade. Ils renversent un omnibus. Puis c'est la distribution des armes et des munitions.

Soudain Gavroche, reconnaît dans le groupe, un homme de grande taille. Il s'agit d'un traître, d'un mouchard, qui s'est glissé au milieu du groupe d'insurgés : Javert. Ce dernier ne cherche pas à nier son identité. Le groupe le fait prisonnier et l'attache au poteau d'un cabaret.

Avertis par Gavroche de l'approche d'une troupe militaire, les révolutionnaires se mettent à leur poste de combat. Les premiers coups de feu des gardes nationaux éclatent. Le drapeau rouge qui flottait au sommet de la barricade tombe. Un vieil homme de 80 ans, le père Mabeuf, ce vieux savant que Gavroche avait secouru, s'empare du drapeau. Il se hisse au dessus de la barricade et agite le drapeau rouge. Il mourra sous le crépitement des balles en criant : "Vive la révolution, vive la république".

Enjolras profite de cet acte héroïque pour haranguer son groupe. Mais les forces armées attaquent la barricade, tuant d'autres insurgés. L'un des gardes nationaux s'apprête à frapper Gavroche lorsqu'une balle l'atteint en plein front. C'est Marius qui vient d'arriver sur les lieux du combat. On tire sur lui, mais un jeune homme s'interpose et le protège de son corps. Après avoir sauvé la vie de Gavroche, le jeune homme s'empare d'un baril de poudre et menace de faire sauter la barricade. Effrayés par une telle détermination, les gardes nationaux replient chemin.



La joie des insurgés sera brève. Un de leurs amis manque à l'appel. Il s'agit du poète Jean Prouvaire. Les forces de l'ordre l'ont capturé et on l'entend pousser un dernier cri lorsque les balles d'un peloton d'exécution résonnent dans les petites ruelles



Le sort de Javert est scellé. En représailles, le groupe décide de l'exécuter. Marius inspecte les environs. C'est alors que le jeune homme qui tout à l'heure s'est interposé pour lui sauver la vie, l'appelle. Il s'agit en fait d'Eponine, la fille de Thénardier qui, pour s'approcher incognito de Marius, s'est déguisée en ouvrier. Mortellement blessée, elle avoue au jeune homme la passion qu'elle éprouve pour lui, lui dévoile qui est Gavroche et lui donne un billet que lui a confiée Cosette à son intention.

Sur ce bout de papier, Cosette a juste eu le temps de griffonner l'adresse où il se sont réfugiés avant leur départ pour Londres : Rue de l'Homme Armé. Grâce à ce mot, Marius comprend que Cosette ne l'a pas abandonné. Pourtant, toujours convaincu de l'impossibilité de leur amour, il reste décidé à mourir. Il rédige à son tour un billet à son intention; billet qu'il confie à Gavroche et qui annonce sa mort imminente.

Rue de l'Homme-Armé, Jean Valjean est extrêmement déconcerté. Il vient de découvrir par hasard, sur un buvard, le texte que Cosette vient d'adresser à son amant. Il est en train de vivre ce moment tant redouté : celui de perdre, Cosette, le seul être qu'il ait vraiment aimé. Il se sent révolté et éprouve alors une immense haine pour celui qui lui vole Cosette. Il descend alors dans la rue et s'assied sur une borne. Arrive alors Gavroche, qui avec son air enjoué, le délivre de sa sombre méditation. Il prend connaissance du billet que lui apporte gavroche e ressent un soulagement horrible, lorsqu'il apprend la mort prochaine de Marius.

Sa mission accomplie, Gavroche repart en chantant vers les barricades. Jean Valjean marche sur ses traces.



Jean Valjean, cinquième partie

La nuit s'achève. Le jour se lève, ce 6 juin, avec un goût amer pour les insurgés. Contrairement à leurs espoirs, le peuple de Paris ne les a pas suivis. Il savent que leur combat est perdu. La barricade héroïque souhaite pourtant se battre jusqu'au bout. Personne ne veut abandonner la lutte. Marius et Enjolras parviennent difficilement à convaincre cinq hommes, ayant des enfants à charge, de quitter le combat. On leur donne les habits de gardes nationaux qui ont été tués pour qu'il puissent fuir. Il n'y a en fait que quatre gardes nationaux tués, le cinquième ne devra son salut qu'à Jean Valjean qui vient d'arriver sur la barricade et qui jette son habit au cinquième père de famille.



Les insurgés défendant la barricade doivent maintenant affronter les canons. Les munitions se font de plus en plus rares. Profitant d'un court moment de répit, Gavroche se risque hors de la barricade pour récupérer les munitions des soldats qui ont été abattus lors des derniers échanges de coups de feu. Le "gamin de Paris" prend même un malin plaisir à chanter pour provoquer les gardes nationaux. Ceux-ci le prennent pour cible, tandis qu'il court en tous sens pour les agacer. Puis il tombe, fauché par une balle au milieu de sa chanson.

L'issue fatale du combat semble proche. Jean Valjean obtient, du groupe, l'autorisation d'exécuter leur otage Javert. Il emmène le mouchard à l'écart de la barricade, et au grand étonnement du policier tire plusieurs fois en l'air. Il lui rend sa liberté, après lui avoir indiqué son adresse.

Au même moment la barricade est prise d'assaut. Les amis d'Enjolras tombent les uns après les autres. Les derniers insurgés se retranchent dans une salle du cabaret. Les gardes les pourchassent. Tous vont être exécutés. Marius, lui, blessé, se sent saisi par une main énergique. C'est Jean Valjean qui parvient à l'arracher à une mort certaine. Il soulève une bouche d'égout et parvient à emporter le blessé, évanoui, sur son épaule.

La police descend à son tour dans les égouts et poursuit les fuyards. Jean Valjean manque de se noyer. Cette fuite dans l'obscurité est semée d'embûches et de pièges : culs de sac, amoncellements de boue, patrouilles de policiers… Son instinct lui permet de les éviter. Après une longue et épuisante marche dans les sous-sols de Paris, il atteint enfin une grille de sortie, mais celle-ci est fermée à clef. C'est alors que surgit Thénardier, lui aussi réfugié dans les égouts pour échapper à des policiers qui le traquent. Thénardier ne le reconnaît pas, mais est persuadé que l'homme en face de lui est un criminel portant sur son dos sa victime. Moyennant une forte somme, Thénardier lui propose d'ouvrir la grille. En fait, il espère, en laissant passer devant lui un autre homme, fournir une victime facile aux policiers qui l'attendent derrière la grille. A peine, est-il sorti, que Jean Valjean est arrêté par Javert qui attendait justement Thénardier derrière la grille.



Jean Valjean accepte de se constituer prisonnier à condition que Javert l'aide à ramener Marius, toujours évanoui, chez son grand-père. Jean Valjean demande ensuite à Javert une ultime faveur : se rendre chez lui. Javert accepte. il l'accompagne rue de l'Homme-Armé, mais au lieu d'attendre sa victime, il disparaît. Depuis que Jean Valjean lui a sauvé la vie en ne le fusillant pas sur la barricade, Javert est bouleversé. Il découvre que les forçats peuvent être généreux. Ses schémas manichéens s'effondrent. Il ne supporte pas cette remise en question et va se jeter dans la Seine.

Pendant trois mois Marius se bat contre la mort. M. Gillenormand, son grand-père, le veille affectueusement. Trop heureux, lorsque son petit-fils est enfin rétabli, M. Gillenormand accepte même son mariage avec Cosette. Cosette, elle reçoit, de Jean Valjean, une dot de près de 600 000 francs, la totalité du trésor que M. Madeleine, alors maire de Montreuil sur Mer avait caché dans une clairière près de Montfermeil.

Le repas de noces a lieu dans les éclatants salons de M. Gillenormand. Tandis qu'en cette fin de soirée, Cosette et Marius, enfin seuls, goûtent " à ce grand bonheur sur lequel veillent les anges", Jean Valjean, se retrouve seul dans sa chambre. Il passe la nuit à pleurer, face à la valise, où il avait soigneusement gardé les vêtements de petite fille de Cosette.

A nouveau, il connaît un douloureux dilemme. Doit-il avouer à Marius, sa véritable identité , doit-il garder ce trop lourd secret ? Le lendemain, il a pris sa décision. Il avoue à Marius, qu'il est un ancien forçat et que Cosette n'est pas sa fille.

Marius est bouleversé par cet aveu. Il permet à Jean Valjean de continuer à voir Cosette. Mais très vite, il va éprouver de la répulsion pour cet ancien forçat et demandera au vieillard d'espacer ses visites puis de rompre tout contact avec Cosette.

Cosette, éblouie par son bonheur commence à oublier celui qui l'a élevée. Privé de sa "fille" adorée, Jean Valjean sombre dans le silence et la solitude Il tombe gravement malade et va mourir, seul, dans sa petite chambre. Ce qui anéantit, c'est la perspective de mourir sans revoir Cosette. C'est alors que l'on frappe à la porte. C'est Marius et Cosette qui d'un même cri appellent Jean Valjean : Père.

Marius a enfin pu découvrir toutes les qualités de l'ancien forçat. C'est lui qui l'a sauvé sur les barricades, et qui l'a ramené chez son grand-père, lui encore qui a laissé la vie sauve à Javert. Et tous ces gestes ont été accomplis avec la plus grande des discrétions.

Les deux jeunes époux se jettent aux pieds du vieil homme et le supplient de venir vivre avec eux. Ce moment remplit de bonheur Jean Valjean. Il puise dans ses dernières forces pour bénir le couple et évoque avec Cosette les jours heureux de leur vie ensemble et le souvenir de sa mère, Fantine. Il expire auprès de ses enfants en larmes.

Selon ses dernières volontés, il est enterré anonymement, comme un pauvre, dans un coin perdu du cimetière du Père-Lachaise. Quelques vers griffonnés rappelleront son étrange destin :



Il dort. Quoique le sort fût pour lui bien étrange.
Il vivait. Il mourut quand il n'eut plus son ange.
La chose simplement d'elle-même arriva,
Comme la nuit se fait lorsque le jour s'en va.




Lapinchien


tw
    le 02/02/2004 à 16:15:57
Moi aussi je ne me suis pas specialement convaincu moi-même avec cette fin même si mon but initial etait de faire une histoire sur la folie, qui en définitive abouti à une réponse concrète venant la justifier comme normalité. Gregoire croit qu'il est anormal et en fin de compte, il y a vraiment une raison valable pour expliquer sa crainte des autres. Quelque part en plus comme c'est une vague autofiction c'etait un peu comme un fantasme.

Par ailleurs, perdue dans cette soupe de nouilles alphabet, il y a cette phrase charnière qui vient un peu relativiser la fin.
"Et effectivement, la peur le domine toujours ,le transportant allègrement de l’autre coté du col qu’il s’était toujours interdit de franchir, la zone de non retour où ses phobies les plus flagrantes et ses fantasmes les plus refoulés, font office de législateurs, juges et bourreaux sur la réalité."

Je reste cependant ouvert à toute autre fin alternative débile et tenterais même de l'experimenter sur ma propre personne.
Aka


    le 02/02/2004 à 18:27:07
Bon je vais faire comme si j'avais pas lu les commentaires.

J'adore vraiment ce texte, tout d'abord pour la qualité d'écriture habituelle, mais surtout pour le réalisme qui s'en dégage. Ca sent le vécu et tous ceux qui ont ressenti le coté torture des transports en commun le diront.

Par contre l'acharnement scientifique me semble un peu redondant et superflu parfois. J'avouerais que c'est totalement subjectif : j'ai l'esprit assez fermé à la science. Mais vraiment là ça m'a choquée alors que dans tes autres textes (souvent plus ardus), ça passe tout seul.

La fin m'a amusée. Sans plus. Mais en réfléchissant bien, en réaliste, à part un truc dans le genre de ta fin alternative, tu pouvais pas mettre grand chose.

Ce qui m'offre une bonne transition pour dire qu'il ne me reste plus qu'à me creuser la cervelle pour en trouver une (de fin). L'invitation à l'expérimentation sur ta propre personne est bien trop tentante...
Lapinchien


tw
    le 03/02/2004 à 17:44:09
Monsieur Kafka, moi aussi j'adore ce que vous faites. D'ailleurs, je me suis vaguement inspiré de la Métamorphose dans Survivance. Et si on s'autoproclamait présidents des fans clubs respectifs l'un de l'autre ? On a qu'à commencer par se jeter nos petites culottes sales à la gueule tout en poussant des cris stridents ? Prends des munitions, Je te previens j'ai un bac à linge sale bien garni.

Sinon à par çà y aurait quelqu un d'autre à part Victor ugo pour me proposer des fins alternatives ?
Lapinchien


tw
    le 03/02/2004 à 17:56:03
Ben en fait, j'aime bien entrecouper des scenes traditionnelles par des descriptions biologiques. Personnellement je pense que çà relativise la porté de nos actions humaines, notemment celles des sentiments bidons que j'execre et conspue. J'aime bien rabaisser mes persos au rang de machines à viande. En plus, çà permets de me la péter en rêvant presque à des adaptations filmées entrecoupées de scènes 3D, un peu comme dans "fight club" .Ce qui ma le plus niqué la tronche dans ce film c'est bien plus la mise en scène que l'histoire. Bordel , David Fincher filme moi nu la tout de suite qu'est ce t'attend ?.
Kirunaa


    le 04/02/2004 à 10:15:36
LC porte des petites culottes ?!???

Sinon pareil que tout le monde sur la fin... mais comme de toute maniere g deja gagne le concour, je vois pas pk je me foulerais...
Kirunaa


    le 04/02/2004 à 16:14:14
Ayé j'ai ma fin alternative !

"Depuis quelques semaines, en plus de ces visions obsessionnelles, il arrive a Grégoire de se voir attaché sur un lit par des sangles de cuir dans une grande pièce blanche. Une grande femme brune lui parle mais ce qu’elle dit semble incohérent. Elle lui parle de toutes ces atrocités qu'il a commises, de tous ces gens qu'il a froidement assassinés… Probablement sa bonne conscience qui a créé de toute pièce ce personnage factice pour le faire culpabiliser pour toutes ces pensées malsaines et barbares. Elle n’existe qu’à l’intérieur de sa tête, c’est son propre cerveau qui l’a générée. Ça explique pourquoi elle lui parle sans cesse de ses agissements spirituels dès qu'il la vois. Elle lui propose de l’aider mais il refuse toujours. Peut-être même que si il l’ignore, elle finira par ne plus venir le visiter dans ses hallucinations.

Pourtant il y a une chose qui le chiffonne. Dans la réalité, il ne ressent plus la douleur physique depuis bien longtemps alors qu’il y a quelques jours, il a encore eu une vision de cette « femme ». Elle lui a fait une piqûre dans le bras et ça lui a fait mal…
nihil


void    le 04/02/2004 à 18:09:40
Putain t'as fini de foutre le bordel sur le site toi ? Foutre le bordel sur le site c'est ma prérogative merde, comme je l'ai encore démontré hier avec la nouvelle page d'accueil.
D'ailleurs je vais bosser sur un module aléatoire qui mélangera complètement les paragraphes de tous les textes de la Zone et fera paraître de nouveaux textes ainsi composés toutes les 20 secondes.
En exclusivité je vous dévoile ma méthode de travail :
- phase 1 : demander à Bouc de le faire
- phase 2 : m'attribuer le mérite
Lapinchien


tw
    le 04/02/2004 à 18:39:08
Finalement t'as raison Kiruna vaut mieux que tu ne joues pas au jeu des fins alternatives. J'ai un jeu mieux pour toi, le jeu des images d'illustration alternatives à colorier... gnarf...gnarf...gnarf...
Arkanya


    le 11/03/2004 à 19:31:59
Avis mitigé... Pas mon texte préféré de Lapinchien...

Déjà, j'ai eu énormément de mal à le lire, j'ai trouvé le style très très lourd, les phrases sont très longues, les métaphores imbriquées les unes dans les autres sont un peu trop nombreuses pour vraiment bien marquer comme elles le devraient, et les scènes de panique et de brouillard sont un peu trop répétitives à mon goût, à tel point que quand la rame de métro le frôle j'ai prié pour qu'il crève tellement il me gonflait avec ses crises de panique, j'avais besoin de mouvement, d'un truc nouveau.

Les délires du personnage me semblent un peu brouillons aussi pour du monologue intérieur obsessionnel, il passe sans cesse d'un truc à l'autre, de la physique à la biologie en passant par l'informatique, du coup j'ai eu du mal à le voir comme quelqu'un de vraiment torturé par une fixation.

La fin me parait plaquée artificiellement comme une sorte d'issue de secours, ça tombe comme un cheveu sur la soupe. Cela dit, si on relit une seconde fois, on se dit que le fouillis de tout le texte y trouve un peu d'explications, mais peut-être alors que les passages de narration auraient gagné à être plus clairs que les passages de monologue, je sais pas... Cette fin m'a quand même fait l'effet d'une "tricherie", parce qu'on ne pouvait pas le deviner avant, parce que rien ne l'annonçait, et qu'elle fait un peu hors-sujet.

Pour finir sur les trucs plus sympas, la description du début est bien angoissante, elle fait bien monter la pression, et on a l'impression que la scène se déroule sous nos yeux au moins jusqu'à ce qu'il arrive sur le quai. Tout le passage où il est frôlé par la rame de métro, je trouve la métaphore géniale, même s'il m'a fallu la relire trois fois pour bien la comprendre, et même si je croyais au départ qu'il était tombé par terre. Tous les détails et descriptions de l'univers du métro, donnent un truc en plus hyper visuel, un sentiment d'authenticité et de réalisme qui place bien l'intrigue.

Voilà, mieux vaut tard qu'Arka...
Tyler D


    le 20/10/2004 à 13:49:07
tout le long de ma lecture je me suis demandé où le texte voulait en venir. J'ai trouvé la progression assez laborieuse et redondante, les passages 100% scientifiques coupant le récit et rendant l'ensemble assez obscur (je suis pas très calé en physiologie). La vision scientifique des évènements pollue pas mal les descriptions (bon je jetterai pas trop la pierre dans ce domaine). J'ai tout bonnement rien compris à la fin, à moins que tout (la fin y compris) ne soit qu'un délire, une sorte de rêve apocaplytique, mais alors je vois pas l'intérêt de ce rebondissement. En même temps, faudrait ptet que je relise pour être sûr pask'une seule lecture ne me semble pas suffisante pour appréhender complètement l'ensemble. Mais je suis assez paresseux de nature...

c'est pas mon texte préféré de lc, mais y'a toujours ce concentré d'analyses diverses qui fait le charme de ses productions.

sinon, pourquoi il s'appelle grégaire, puisque justement, il se différencie constamment des autres ? A moins que ce soit encore un truc que j'ai pas compris...
Lapinchien


tw
    le 20/10/2004 à 16:57:55
Bon ben cette fois y a plus de doutes , t'es vraiment moi en fait... personne d'autre n'aurait l'idée d'aller fouiller mes anciens textes
Aka


    le 20/10/2004 à 17:02:56
Peut-être parce que les autres étaient déjà là à l'époque ?
Trop de logique tue la logique.
lapinchien     le 03/09/2006 à 12:06:33
Bonne fête, Greg !
Mill


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    le 05/03/2007 à 12:24:51
Généralement, j'apprécie le style de Lapinchien. Ce n'est pas le cas ici : formulations lourdissimes et maladroites aisément évitables. Beaucoup de redondances (l'exemple le plus frappant est "voire même", carrément un pléonasme. Ca passe dans un dialogue, pas dans une description). L'emploi du terme anglais "fog" me gêne beaucoup : ce mot n'a pas encore été assimilé par la langue française. Peut-être voulais-tu parler de smog, terme générique résultant de l'association entre "smoke" et "fog", qui caractérisait, jadis, le brouillard ultra épais qui régnait à Londres entre mi XIXe et années 1970, à peu près, époque à laquelle les usines de la capitale britannique ont accepté de faire un petit effort. Concernant l'histoire, disons que je n'ai pas réussi à rentrer dedans.
Lapinchien


tw
    le 05/03/2007 à 13:14:41
ce texte est périmé depuis le 01 janvier 2005 comme on peut le voir sur la photo.
Mill


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    le 05/03/2007 à 13:38:30
Petit malin, va!
B52


    le 11/01/2008 à 19:51:55
C'est chiant.
Lapinchien


tw
    le 14/01/2008 à 20:18:48
CTB. d'ailleurs tu devrais consulter.
Lapinchien


tw
    le 22/09/2014 à 19:35:28
https://www.youtube.com/watch?v=aAQLdVe_i5Y audiobook adapté de la nouvelle fantastique de lapinchien publiée le 31/01/2004 sur la Zone, et traitant du quotidien de Grégoire , un jeune agoraphobe , qui doit prendre les transports en commun tous les jours et qui vit un calvaire contre lequel il essaie de lutter mentalement sans y parvenir.
Marcelo     le 24/09/2014 à 16:56:24
Faut surtout faire pareil avec un "Blogule rouge", au moins un p'ti Vine, allez.

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