LA ZONE -
Résumé : Comme souvent avec Nevrotica, il y a des hauts et des bas, Tulia joue sur le contraste et parle de violence et de rage avec calme et douceur. Mais peu à peu la tension monte. Enfin presque un peu trop puisqu'on arrive à des scènes gores qui font plutôt rigoler, ça casse un peu l'ambiance. Le style est moyen, un peu trop oral par moments dans cet épisode. Contrairement aux autres Nevrotica, on trouve dans celui-ci une forme de trame narrative qui apparait sur la fin, et qui surprend agréablement.

Nevrotica 8

Le 04/02/2004
par Tulia
[illustration] Je me surprends de plus en plus souvent à m’imaginer actrice principale dans des scènes d’une rare violence. C’est comme si je me projetais mentalement dans un univers parallèle où le monde ressemblerait à celui qu’on connaît mais celui-ci serait dominé par la haine, la destruction et le chaos.
Ça ressemble à des rêves éveillés. Il n’y a de cohérence dans aucune des ces visions. Il n’y a jamais de début, ni de fin. Ça ne raconte pas une histoire. Mon cerveau s’amuse juste à m’envoyer régulièrement des stimuli visuels de colère inextinguible. La première fois, ça m’a presque fait peur de voir de telles atrocités mais j’ai vite appris ensuite à y prendre du plaisir. C’est pratiquement devenu une drogue et ça me procure à peu près le même effet. Ouais… je suis carrément devenue accro à ces micro-flashs agressifs, brutaux et surtout incontrôlables.
Par contre, j’ai vite compris comment augmenter les chances de les voir s’insinuer dans mon esprit torturé. Il y a des contextes qui facilitent l’apparition de ces hallucinations. J’ai noté qu’elles apparaissent plus facilement la nuit et lorsque j’écoute de la musique bien violente. J’ai remarqué aussi que lorsque que quelqu’un m’énerve pour quelque raison que ce soit, j’ai aussitôt tendance à voir cette personne mourir de mes propres mains dans d’abominables souffrances. Il m’arrive même de plus en plus souvent de provoquer certaines personnes pour générer un climat de tension et de stress. Ça marche pratiquement à tous les coups. Montée d’adrénaline, de fureur pour finir par atteindre cette extase inexplicable. C’est presque aussi fugitif qu’un orgasme mais la puissance de ce que je ressens pendant ce court instant en est bien supérieure.

De cette façon, j’ai pu m’observer en train de massacrer la plupart des membres de ma famille, toutes les personnes que j’ai pu côtoyer dans ma vie qui m’ont fait du tort à un moment ou à un autre et que je n’avais jamais pardonnées, tous mes collègues de bureau et plus particulièrement mes supérieurs hiérarchiques ainsi que tout un tas d’hommes, de femmes et d’enfants que je n’avais encore jamais vus.

Je fous régulièrement le feu à la salle des machines de ma société juste avant d’en bloquer toutes les issues pour être sûre que personne n’en réchappe puis je sors pour admirer le spectacle pyrotechnique que je viens d’occasionner. Je m’amuse également à placer des bombes sous les voitures de mes supérieurs hiérarchiques pour en activer le détonateur au moment où ils quittent le parking et m’émerveiller devant la puissance de l’explosion.
Seul le feu peut conduire à la purification.
J’aime aussi faire subir des sévices tous plus atroces les uns que les autres à tous ceux en qui j’ai eu confiance par le passé mais qui ont fini par me trahir, je prends un tel pied à les mutiler, à leur planter des tessons de verre dans la chair, à leur remodeler le visage selon mes propres critères esthétiques : les yeux enfoncés dans leurs orbites par une pression des pouces, les oreilles et le nez minutieusement découpés au couteau de boucher, la langue arrachée et les commissures des lèvres ouvertes jusqu’à la moitié de la joue. Et je jouis de les voir pleurer, saigner, souffrir, me supplier pour enfin mourir lentement, très lentement…
Que les traîtres et les perfides craignent mon courroux car je serai irascible à leur égard et n’aurai de clémence pour aucun d’entre eux !
Je ne compte plus le nombre de fois où j’ai planté un couteau dans le ventre de ma mère pour ensuite écarter ses chairs et la débarrasser de ses viscères et de son utérus.
Détruisons le mal directement à sa source !
Et ma sœur… Ma chère sœur… Il faut bien qu’elle paye elle aussi. Elle mérite même un châtiment spécial. J’aime toucher sa peau juste avant d’y pratiquer de grandes incisions avec une lame de rasoir. J’aime plonger mes mains dans ses entrailles bien chaudes. J’aime prendre son cœur encore battant et le presser très fort jusqu’à ce qu’il explose. Rien que d’y penser, je sens mon échine parcourue de frissons extatiques.
Telle doit être la punition pour ceux qui m’ont offensée ou volée une partie de mon existence !

(Calme-toi !)



Depuis quelques semaines, en plus de ces visions obsessionnelles, il m’arrive de me voir attachée sur un lit par des sangles de cuir dans une grande pièce blanche. Une grande femme brune me parle mais ce qu’elle dit me semble incohérent. Elle me parle de toutes ces atrocités que j’ai commises, de tous ces gens que j’ai froidement assassinés… J’imagine que c’est ma bonne conscience qui a créé de toute pièce ce personnage factice pour me faire culpabiliser pour toutes ces pensées malsaines et barbares. Elle n’existe qu’à l’intérieur de ma tête, c’est mon propre cerveau qui l’a générée. Ça explique pourquoi elle me parle sans cesse de mes agissements spirituels dès que je la vois. Elle me propose de m’aider mais je refuse toujours. Peut-être même que si je l’ignore, elle finira par ne plus venir me visiter dans mes hallucinations.

Pourtant il y a une chose qui me chiffonne. Dans la réalité, je ne ressens plus la douleur physique depuis bien longtemps alors qu’il y a quelques jours, j’ai encore eu une vision de cette « femme ». Elle m’a fait une piqûre dans le bras et ça m’a fait mal…

= commentaires =

Kirunaa


    le 04/02/2004 à 16:09:49
Hey ! J'ai trouvé une super fin alternative pour ce texte ! Il suffit de remplacer les deux derniers paragraphes par :

« Quantum 550-00-345 ! Nous avions cru vous perdre à tout jamais… Votre projection dans l’embryon humain hôte a partiellement échoué endommageant irrémédiablement tous vos ordres de mission et votre mémoire passée… Une question me taraude : Comment avez-vous pu actionner le système d’avortement parasitaire sans en connaître les commandes et les clefs ? »
cep     le 04/02/2004 à 19:10:46
heu c moi la femme brune? :)P)P)P)P
Lapinchien


tw
    le 09/02/2004 à 13:50:31
debut alternatif:

Tinky-Winky est mauve et son antenne est en forme de triangle.C'est le plus grand des Teletubbies. Il a toujours sur lui un sac à main de couleur rouge. Un jour, il se mit à réfléchir très fort: "

Gawhell


    le 09/02/2004 à 14:22:16
le sac a main est pas en peau de vache Lapinchien ?
nihil


    le 25/09/2004 à 22:27:25
C'est la plus mauvaise et la plus stupide série de commentaires que j'ai jamais lue sur un texte. Et en plus c'est même pas un texte de merde. Là je comprends pas. Bon c'est pas grave.

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