LA ZONE -
Résumé : Une histoire de femme battue pour la première fois sur la Zone, avec tout ce qu'elle implique de détresse, de colère, d'incompréhension. La notion de culpabilité est bien rendue. L'écriture est plus laborieuse que d'habitude, mais l'histoire de cette femme qui agonise misérablement sur son carrelage pallie à tous les défauts, jusqu'à la chute laconique.

Ginger

Le 23/02/2005
par Nounourz
[illustration] Ginger n’en pouvait plus. Les coups pleuvaient sur son dos, sa tête, ses jambes ; le sang pourpre se mêlait au flamboyent de sa chevelure rousse. Les coups de poings et de pieds redoublaient d’intensité, tandis qu’elle pouvait à peine émettre le moindre son de protestation et au bord de la rupture, elle finit par simuler la perte de conscience.
Deux ou trois coups tombèrent encore, sans réaction de sa part. Elle était morte, elle devait avoir l’air morte pour que cesse cette bastonnade, une fois de plus initiée par un détail. Elle ne se souveniait plus - soupe trop salée ? sauce renversée ? robe trop courte ? Elle resta affalée sur le sol, inerte, jusqu’ à ce qu’elle entendit la lourde porte de l’entrée claquée avec rage, et la voiture de Dennis s’élancer dans la nuit en rugissant.

Le scénario était habituel, un détail anodin provoquait sa colère, puis les insultes arrivaient, puis les premiers coups, modérés, et enfin la rage se libérait et Dennis la frappait avec férocité comme pour se défouler, comme s’il s’eut agi d’un punching-ball sur lequel extérioriser la formidable violence qu’il contenait et camouflait presque en permanence, en premier lieu à son emploi de responsable marketing d’une grande industrie de l’electronique.

Elle aurait pu appeler SOS-médecins mais n’avait osé, par peur des représailles ; elle n’avait aucun emploi et la garde de leur fille irait certainement à son père, qui passait aux yeux de tous pour le père et mari modèle. Elle se retrouverait seule avec une maigre pension alimentaire et un RMI insuffisants pour couvrir ses besoins vitaux. De toute façon, elle ne voulait pas penser à cela. Non, elle finirait par s’y faire - après tout, des personnes avaient survécu à de bien pires sévices durant les guerres. Et puis, il fallait qu’elle tienne pour sa fille ; tant sa fille était présente, Dennis était d’une douceur inespérée avec toutes les deux ; à croire que la gamine tenait son père sous un charme mystérieux. Il ne pouvait donc pas n’être qu’un monstre ; s’il agissait ainsi c’était par sa faute, elle avait provoqué sa colère et pensait la mériter.

Elle ne se rendit pas compte de la flaque de sang qui s’agrandissait sous son crâne, sur le carrelage. Il l’y avait frappée avec un rouleau à pâtisserie, se tâte lui faisait atrocement mal. Elle devait survivre. Elle s’en sortirait. Elle voulut ramper pour se hisser sur le canapé, mais fut incapable du moindre mouvement. Une violente nausée l’envahit, elle vomit sur le carrelage. Se première intention était de nettoyer ce désordre avant le retour de son mari, mais son corps refusa de lui obéir. Tout son corps était si lourd, et elle commençait à avoir froid sur ce carrelage. Elle se sentait humide ; toutefois, elle ignorait qu’elle baignait dans son propre sang. Elle avait les yeux fermés - les coups qui y avaient été portés eurent rendu plus douloureux encore de les garder ouverts. Quant à l’odeur du sang, elle était omniprésente à chacun de ces épisodes de violence conjugale.

Elle avait froid et sentait ses forces l’abandonner. Elle pensa à pamela qui rentrerait bientôt du collège, elle ne voulait pas que sa fille contemple un tel spectacle. Elle s’accrocha tant bien que mal à la vie, mais celle-ci lui glissait entre les doigts comme une anguille. La fin était proche, elle le savait ; celle fois, Dennis était allé trop loin.

Au début de leur union, tout semblait si merveilleux pourtant. Il était prévenant, attentionné, le mari parfait. Tout aurait pu continuer comme dans un conte de fées si elle n’était pas tombée enceinte par accident, il y a deux ans de cela. Elle ne voulait pas de grossesse ni de second enfant ; ce fut leur premier gros désaccord et leur première violente dispute. Propriétaire de son corps, elle finit par avorter, mais jamais plus son mari ne serait le même après le douloureux évènement. Dennis voulait cet enfant, il espérait secrètement un fils. Et en lui otant cette opportunité, elle avait perdu le bon et aimant mari des premières années, en échange d’un époux méprisantn penché sur la boisson et la violence. Si elle avait su, elle aurait gardé ce bébé. Il était trop tard, maintenant, pour les regrets. La vengeance du fœtus tué dans la matrice prenait forme sous la pluie de coups qu’elle recevait quasi-quotidiennement. La moindre occasion était bonne pour qu’il sorte de ses gonds, pourvu qu’ils soient seuls tous les deux. Evidemment, il n’y aurait aucun témoin. Pamela jurerait devant la police que ses parents s’entendaient à merveille, de même pour leurs quelques couples d’amis.

Son énergie la quittait peu à peu. Elle n’aurait pas la force nécessaire pour rédiger une dernière lettre. Dans sa tête, les Doors chantaient lascivement « This is the end… ». A moins que ça ne soit la stéréo restée allumée. Ils s’étaient rencontrés sur cette chanson, dans les années 70, durant un slow. Et c’est sur celle-ci qu’elle mourrait, seule, étendue sur la surface froide de la cuisine. Quelle heure était-il ? elle n’en avait aucune idée. Elle regrettait amèrement de ne plus avoir assez de forces pour rester en vie, au moins jusqu’au retour de Pam. Quelle genre de vie sa fille mènerait-elle ensuite ? Elle entrait à peine dans l’adlolescence, et vouait une admiration sans bornes pour son père qui s’était toujours montré exemplaire auprès d’elle. Elle lui souhaita mentalement de ne jamais connaître cet enfer de la violence conjugale. Elle fit ses adieux à ses parents, ses amis, son mari qu’elle aimait malgré tout. Oui, elle aimait Dennis, elle connaissait cet être au cœur d’or caché sous ces apparences de brute alcoolique. Elle regrettait de n’avoir rien pu faire pour l’aider, d’avoir avorté et provoqué cette descente aux enfers dont elle ne se remettrait pas.

Ses forces l’abandonnèrent . Sa vie se résuma devant ses yeux, comme si sa mémoire lui faisait un dernier hommage. Ses premiers pas. Ses premiers tours de vélo, sa première chute. Toutes ces visions étaient en noir et blanc, parfois teintées du sépia des photos anciennes. Ving sur vingt en dictée, fierté. Son permis de conduire. Son premier emploi de caissière chez wal-mart. Sa rencontre avec Dennis, le coup de foudre. Leur mariage, avec plus de cent personnes invitées. La naissance de pam, la douleur supportée main dans la main avec son mari. L’annonce de la seconde grossesse, la tempête dans le couple. L’avortement. La dépression de Dennis, son refus de consulter. Sa déviation vers l’alcoolisme puis la violence en privé. Il se montrait toujours exemplaire en société. Et puis, enfin, cette dernière pluie de coups, cette averse de violence qui lui serait fatale.

Puis les visions cessèrent. Les yeux toujours clos, une obscurité apaisante se mit en place, la douleur avait cessé.
Quelques instants plus tard, la vie avait cessé elle aussi. Elle n’entendit pas Pam ouvrir la porte d’entrée quelques minutes plus tard, et annoncer d’un ton enjoué qu’elle rentrait du collège avec son petit-ami. Et ne put constateur l’horreur de la jeune fille en contemplant pareil spectacle, vision atroce et monstrueuse pour une fille de douze ans qui était loin d’imaginer pareille fin pour sa mère.

Après déposition du père et de la fille, la police conclut à un cambriolage qui aurait mal tourné. Apercu par le père tandis qu’il prenait la futie, le suspect serait de race noire, portait un pantalon en jean’s et un blouson bomber’s marine au logo de l’équipe de baseball 49ers. La garde de Pamela fut donnée à son père. L’autopsie de Ginger conclut à une mort occasionnée par la frappe d’un objet contondant sur la base du crâne ; l’objet en question n’a jamais été retrouvé. En outre, l’agresseur était ganté et aucune trace d’effraction n’a été relevée.

L’affaire est déclarée classée non résolue par le commissariat de Gandshill, Ohio.

= commentaires =

nihil


    le 23/02/2005 à 17:11:34
"Le choix de l'image sied merveilleusement au texte. Elle est, comme l'article qu'elle accompagne, dure, froide. On y voit une femme brisée, baignant dans son sang sur le carrelage. Elle est parfaitement choisie, tant au niveau du fond (l'adéquation au texte qu'elle illustre) que de la forme (l'esthétique générale) et judicieuse à tous points de vue. Un tour de force inoubliable !"

Telerama
Vassago


    le 23/02/2005 à 17:48:39
Sos medecin et le RMI? Rouleau à patisserie?

J'aurais plutot dit 911, aide sociale et batte de base-ball, ca aurait mieux collé au contexte, mais mis a part ces petits incoherences j'aime bien. (Le pere est pas jaloux que sa fille ait un boyfriend?)
Aka


    le 23/02/2005 à 18:57:22
Bien joué.
Lapinchien


tw
    le 23/02/2005 à 19:54:03
J'espere de tout coeur que c'est la Ginger des Spicegirls
Nounourz


    le 23/02/2005 à 20:34:16
moi aussi j'suis bluffé par l'image la, chapeau bas
merci aux autres
Aka


    le 23/02/2005 à 20:44:09
Ginger pour une rousse c'est bien trouvé je trouve.
Aka


    le 23/02/2005 à 20:45:30
Et je disais "bien joué" à Vassago hein, pas pour le texte. Je commente pas les textes dans les commentaires moi, c'est dépassé.
Nounourz


    le 23/02/2005 à 20:47:22
putain n'empeche que oui vassago a carrément raison.... nihil, y'a moyen d'editer le texte ou de te renvoyer une version cohérente ?
Nounourz


    le 23/02/2005 à 20:52:16
par contre pourquoi il la trouve plus laborieuse l'écriture ?
ca doit etre a cause de cette saleté de pourriture de medocs qu'ils donnaient en clinique psy (mais quand meme j'vois pas... ah mais jsuis encore drogué...)
Herpès


    le 23/02/2005 à 21:24:45
ca se voit que c'est pas elle qui va nettoyer
nihil


    le 23/02/2005 à 21:25:54
Ouais, on va faire une exception et dire que tu peux renvoyer une version corrigée... Poste-là comme un texte normal ou balance par MSN...

Pour l'écriture, j'ai trouvé que ça passe moins bien que dans tes autres textes : les tournures sont moins sympas, y a pas mal de fautes (notamment t'as tendance à t'embrouiller dans les temps), et le style dépasse rarement le stade du "correct sans plus"... Mais bon, ça peut arriver quand on a six perfusions de neuroleptiques dans chaque bras.
Antrax     le 23/02/2005 à 22:07:32
même commentaire, on sent ta fatigue dans ce texte
tu peux pas leur demander de la coke pour changer ? ;-)
sinon le scénar est bateau quand même
je m'attendais à quelque chose qui fasse surprise, que ça dérape dans un sens où on ne s'y attend pas


Nounourz


    le 24/02/2005 à 08:25:01
eh non, il n'y a rien d'original et c'est voulu !
elle se prend une derniere mandalle, elle meurt.
j'aurais juste voulu jouer plus finement avec la psychologie de la narratrice.
Lahyenne


    le 24/02/2005 à 11:36:16
Je découvre ...


Ben je vais aller en lire d'autres !
Kirunaa


    le 25/02/2005 à 15:27:24
Dommage pour les fautes, c'est ce qui m'a le plus génée. Def, sors de la tête de Nounourz, tu veux ?

Les Denis, qu'ils aient un ou deux n, c'est tous des salauds...
Lapinchien


tw
    le 25/02/2005 à 15:30:19
oui oui , toutafé y en à d'autres... on fait dans le texte sur la Zone, c'est notre creneau... on en a tout plein en stock.

Je connaissais la hyenne rieuse, mais pas la hyenne ahurie... ok, çà se voit que j'essaie de me mettre tout le monde à dos pour avoir plein de textes traitant de ma personne pour la st-Con... encore milles excuses mais c'est ma megalo qui parle
Petitbouc


    le 01/03/2005 à 11:02:17
C'est vrai que le style par moment est bizarre. On a l'impression que tu ne sais plus trop où aller. Bon ça peut être excusé, on peut dire que ce sont les pensées de la femme qui ne sont lus cohérentes par le fait qu'elle doit se depecher à penser aux choses qui lui tiennent le plus à coeur avant de mourrir.
C'est vrai que le passage des pensées aurait pus être revu. Juste histoire de bien faire des liens entre les phrases quoi.
Sinon dans l'ensemble j'ai bien aimé.
N'empeche avectout vos textes glauques, j'vais vous plomber le cul et j'vais faire une bête de texte à l'eau de rose, vous allez chialer !
Antax     le 01/03/2005 à 15:44:51
c'est l'eau d'oignon qui fait chialer...

***quoi???!!!***
Petitbouc


    le 02/03/2005 à 12:29:38
Meurs créature de l'enfer.
Antrax     le 02/03/2005 à 14:35:50
et pti bouc, tu te prends pour un cureton ?
j'ai pas parlé d'eau bénite!
nihil


    le 02/03/2005 à 15:12:27
Te laisse pas faire par cette succuble indigne, Petitbouc, ne cède pas et grêle lui la gueule de coups de chapelet à clous ! Ras-le-cul que des putains de démons essaient de gangréner la Zone. Non, la Zone ne s'affiliera pas au joug du Signeur Noir, bordel de merde !
Anthrax


    le 02/03/2005 à 15:40:39
nihil tu écris trop vite, mais bon je ne relèverais pas le succuble (à prononcer suqueubeul)
sinon ça fantasme dur en ce moment (quoique c peut-être du à un excès de mou justement)
Nounourz


    le 03/03/2005 à 10:37:15
c'est malin j'arrive plus à écrire maintenant.
Anthrax


    le 03/03/2005 à 14:17:17
ta ra ta ta
tu n'as pas fini d'écrire nourz
ton sang c'est de l'encre
tu ne voudrais pas écrire la suite du conte est bon ?

Nounourz


    le 03/03/2005 à 14:50:30
m'en doutais de celle la, tiens
Anthrax


    le 03/03/2005 à 14:57:25
m'en doutais que tu t'en doutais
il est pour toi ce texte
j'ai juste rajouté la grosse bite (smiley)
Ginger     le 24/04/2009 à 16:36:25
Arf! On parle de moi! Je me sens mieux d'un coup! Nan, mais faut avouer j'ai jamais osé demander à Dennis de pratiquer le SM avec moi! J'ai été servie, je dois dire!

Création d'un groupe facebook : Pour qu'on légalise les snuff films et le tabassage des femmes! (Comme des hommes, d'ailleurs!)

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