LA ZONE -
Résumé : C'est cette série de poème enchevêtrés sans ordre précis qui fait exclure Konsstrukt de tous les sites où il les poste, et qui lui attire la haine des intégristes littéraires. C'est interminable, répugnant, stressant ça met mal à l'aise et ça nie tout concept d'art ou de poésie classique. En fait on ne peut que détester totalement, c'est ce qui fait de ce truc un OVNI. C'est pas à lire d'un bloc, ce serait imbuvable, mais à picorer par bouts.

[konsstruktVOUSaime]

Le 02/04/2005
par Konsstrukt
[illustration] punKpoésie
je veux te tirer les cheveux
mon ange barbare
mon amour
je veux que tu me frappes
et je veux te frapper
je veux tirer fort tes cheveux
et m'enfoncer dans ta gorge
jusqu'à te sentir suffoquer
je veux t'instrumentaliser
mon bébé
mon ange
je veux t'instrumentaliser
et te faire jouir
de ton instrumentalité
mon bel ange
mon ange-objet


(1)

c'est l'hiver
les putes ont déserté
le monument aux morts de l'avenue des vosges

(2)

c'est le printemps
mais j'ai déménagé
alors je ne sais pas
ce que deviennent les putes
du munument aux morts de l'avenue des vosges


je me demande si la jalousie ça vient avec le temps
j'y pensais en lisant un poème de ben
un de ceux ou il raconte que annie
annie c'est sa femme
que annie a des tas d'amants
et lui il a l'air de trouver ça plutôt marrant
moi pour l'instant aussi je trouve ça marrant
quand anaïs se fait des mecs
mais je la ressent
cette pointe de jalousie
d'abord cette pointe de frustration
parce que moi je baise pas
ensuite la jalousie
parce que elle elle baise
et puis le cerveau reprend le dessus
sauf quand je suis trop saoul et là je fais la gueule
mais heureusement quand je suis saoul je suis tellement à deux à l'heure que personne se rend compte que je fais la gueule
ouais pour l'instant le cerveau prend le dessus
mais dans quarante ans
parce que la jalousie si c'est naturel
si l'effort c'est de pas être jaloux
à force je vais perdre du tonus
et je veux pas finir comme un vieux connard jaloux
je veux finir comme un vieux connard libidineux marié à une vieille salope qui a toujours faim


ce matin j'ai la gorge remplie de glaires
mais remplie
ce qui s'appelle remplie
quand j'essaie d'avaler ma salive j'ai envie de vomir
je crache un peu
ça décante un peu et après ça va mieux
n'empêche que j'ai encore la gorge bien garnie
c'est tout moi ça
être malade quinze jours après tout le monde
dans ma vie j'ai toujours été en retard c'est comme ça
j'ai marché tard
j'ai parlé tard
j'ai appris a écrire vachement en retard
j'ai mis très longtemps à comprendre ce que les profs attendaient de moi
je suis même pas sûr d'avoir vraiment compris
d'ailleurs
pourtant je suis né trop tôt
j'aurais même pas du naître en fait
j'aurais du être une fausse couche
finalement je suis un faux écrivain
non je suis même pas un faux écrivain
j'écris juste ça pour faire le malin et j'ai pas envie de le supprimer
après le retard a continué même dans mon corps
mes dents de lait sont tombées trop tard
du coup mes dents définitives se sont implantées bizarrement
et les cons me traitent de vampire
c'est drôle comme pendant vingt ans tous les cons de la terre rient tout de la même chose
je me demande si ça veut dire que le rire est universel
ou que la connerie est universelle
ou que ma gueule fait marrer tout le monde sans distinction
mes testicules sont tombés en retard au fond de mes couilles aussi
du coup il a fallu opérer
j'ai bandé très tard
je me suis branlé après tout le monde j'en suis sûr
ouais mais ça depuis j'ai bien rattrapé
ma première baise c'était à vingt-cinq ans
coup de bol c'est la femme de ma vie
pour une fois que j'ai de la chance
et maintenant j'ai trente ans
et je me comporte comme un adolescent
à vouloir baiser toutes les copines d'anaïs
mais elles évidemment
elles préfèrent les mecs de dix ans plus jeunes
et sans les dents de traviole
bon on peut les comprendre aussi
mes premiers boulots d'étudiants c'était vers vingt-cinq ans
même le rmi je l'ai un avec six mois de retard
quand j'ai quitté anaïs c'est un an après avoir voulu le faire
et quand je suis revenu c'est un mois après m'être rendu compte de la connerie de la quitter
je suis en retard tout le temps
tu vas voir qu'à tous les coups la richesse et la gloire
me tomberont dessus après cinquante ans
et que j'en aurais plus rien à foutre
rien que d'y penser ça me déprime
le seul avantage à tout ça
c'est qu'avec un peu de chance je mourrais vingt ans après tout le monde


et moi je serai où quand ma mère mourra
est-ce que je serai en train de manger des pâtes
ou bien en train de baiser avec anaïs
ou avec une autre fille
est-ce que je serai encore avec anaïs d'abord
est-ce qu'on s'aimera encore
je ne sais pas
j'espère bien
dans quelle ville on sera quand ma mère mourra
aucune idée
à qui on devra du pognon cette fois-ci
est-ce qu'on l'apprendrâ même son décès
en même temps est-ce que ça m'intéresse
est-ce que je pleurerai ça m'étonnerait
je n'irai pas à son enterrement
y aller pour quoi faire
voir mon père et ne pas savoir quoi lui dire
alors tu deviens quoi maintenant
bin tu vois je suis veux et veuf et toi
bin tu vois je suis jeune et aimé
voir mon oncle et ne pas le reconnaître
voir qu'il n'y a personne à l'enterrement de ma mère parce que personne ne l'a aimé
voir le corps exposé et ne rien avoir à pleurer
écouter le prêtre en pensant au prix du billet
en pensant au retour
en pensant que les vivants me manquent et les morts pas du tout
voir le cercueil descendre et ne rien avoir à dire
et rentrer retrouver anaïs
conversation pénible
alors
bin rien
t'es triste
bin non
à quoi tu penses
bin j'ai faim
j'ai fait des sablés
à la cannelle
oui
chouette
il sont encore chauds
génial


maman j'ai fini
maman vient me torcher
maman vient essuyer ma merde
tu aimes faire ça pas vrai
tu aimes bien essuyer ma merde pas vrai
tu aimes ça pas vrai
je le sais que tu aimes ça
je le sais tu aimes ça parce que tu sais que tant que je sais pas me torcher
je ne saurais rien
tu aimes me torcher parce que tu sais que tant que je ne maîtriserais pas ma propre merde
je ne maîtriserais rien de ma vie
tu as envie de faire ça
toute ta vie pas vrai
cinquante ans de merde
cinquante ans de soumission
frotter mon cul plein de merde et laver mon cerveau en même temps
rendre mon cul merdeux tout propre et mon cerveau tout propre
maman j'ai fini
viens m'essuyer mon cul merdeux
maman j'ai fini
viens nettoyer mes pensées merdeuses
maman j'ai fini
viens me montrer que mon cul t'appartient
viens me montrer que ma merde est à toi
viens me montrer que tu me possèdes
viens me nettoyer
maman
viens me rhabiller
maman
viens me ranger dans ma chambre
le cul tout propre


protège-moi maman
protège-moi maman
protège-moi maman
protège-moi maman
maman j'ai peur des filles
maman j'aimerais baiser
maman j'aimerais bien être aimé
maman protège-moi
maman apprends-moi
à plus avoir envie des filles
maman protège-moi
maman reste avec moi
toute ma vie maman
s'il te plaît maman
protège-moi maman
c'est ça que t'aimerais entendre
hein
C'EST CA QUE T'AIMERAIS ENTENDRE
SALOPE
protège-moi maman
et nous serions heureux
et tu serais heureuse
SALOPE
heureuse
de me garder dans ma chambre
dans mon petit lit
de me faire à manger
de me nourrir
une cuillérée pour
SALOPE
une cuillérée pour
CONNASSE
tu serais heureuse
de m'acheter ce qu'il me faut
de me faire des gentils cadeaux
et tu le sais ce que j'aime
et tu le sais ce qui me fait plaisir
et ce dont j'ai besoin
une maman ça connait tout de son bébé
SALOPE
tu le sais ce que je pense tout au fond
tu la connais mon envie de presser ton cou
de faire sauter tes yeux de leurs orbites
de dévisser ta tête des épaules
tu le sais que je rêve de te voir crever
SALOPE
tu dois le savoir aussi alors que je te hais


maman pourquoi tu m'empêches de voir des films pornos
parce que l'amour c'est pas la pornographie c'est ça
parce que la pornographie c'est sale et qu'il faut me protéger de ce qui est sale c'est ça
hein maman c'est ça
mais alors pourquoi papa et toi vous en louez tous les samedis soir au vidéoclub
hein maman
et pourquoi papa et toi vous baisez pas hein maman explique moi
pourquoi maman quand tu es saoule tu me dis que papa il arrive pas à te faire jouir
hein maman
là je n'ai plus besoin d'être protégé hein maman explique moi
maman pourquoi pendant si longtemps tu m'as torché le cul au lieu de me laisser face à ma propre merde
la merde c'est sale et je veux protéger mon bébé de tout ce qui est sale
la merde ça pue
la merde c'est caca et mon bébé n'a pas à supporter ça
la rue c'est dangereux tu peux te faire écraser
jamais tu sortiras tout seul non jamais
et même à l'école je t'accompagnerai
si les autres gosses se foutent de ta gueule je te dirai qu'ils sont jaloux parce qu'ils n'ont pas de maman pour les accompagner
et moi je te croirai connasse
moi je croirai tes mensonges tellement j'aurai le cerveau lavé
et toi papa quand je te dirai ça les yeux brillant d'amour pour maman qui est si intelligente
toi papa ta réaction ça sera de toussoter
toussoter chez toi c'est un peu comme hurler chez les autres
ou casser des vitrines
hein papa toi t'es pas d'accord alors tu toussotes
et moi je suis supposé comprendre connard comprendre dans quel camp tu es
et moi jusqu'à dix sept je sortirai pas seul et j'aurai peur
des voitures
des gens
des filles
de tout
du danger
du non danger
de tout j'aurai peur de tout connasse
parce que tu veux me protéger
me protéger de quoi connasse
ah oui c'est vrai
ton père est mort écrasé par un chauffard bourré
ah oui je me souviens maintenant avoir eu pitié de tes larmes
l'eau c'est dangereux mon bébé tu peux te noyer
le sport c'est dangereux mon bébé tu peux te blesser
tu n'iras pas à la piscine mon chéri ne t'inquiète pas
je te ferai un mot maman dira que tu es malade
tu n'apprendras pas à faire du vélo mon chéri ne t'inquiète pas
ni à grimper à la corde
ne t'inquiète pas mon chéri maman ne les laissera pas te faire ça
bien sûr quand tu seras grand tu ne sauras pas nager
et tu auras le vertige quand il faudra changer une ampoule
bien sûr quand tu seras grand
tu ne sauras rien faire et tu auras peur de tout
bien sûr tu seras tellement largué que tu resteras puceau jusqu'à vingt-cinq ans
mais c'est pas grave mon bébé le sexe c'est pas pour toi
le sexe c'est plein de dangers mon bébé et je veux pas te voir souffrir
je préfèrerai mourir plutôt que te voir souffrir mon doux mon joli bébé
reste avec maman plutôt
moi je t'aime et je te ferais une tarte aux pommes
tu aimes ça la tarte aux pommes hein mon bébé hein mon chéri
tu veux un verre de chocolat froid avec ta tarte aux pommes mon chéri
tu m'entends mon bébé
mais qu'est-ce que tu fais mon chéri
hein qu'est-ce que tu fais
raconte-tout à maman
un gentil bébé ça n'a pas de secret pour sa maman
ce que je fais
ce que je fais connasse
je compte les jours voilà ce que je fais
voilà ce que je fais connasse
je compte les jours avant l'arrivée du danger
je compte les jours avant la liberté
voilà ce que je fais
voilà ce que je fais connasse
je compte les jours sale connasse de merde au cerveau pourri par l'amour et l'alcool
tu sais quoi connasse
moi aussi je bois maintenant
je m'y suis mis finalement
je bois pour salir mon cerveau que tu as si bien nettoyé
je bois et je danse maman
je drague et même je baise
l'autre soir j'ai slammé
maman
y'avais personne pour me protéger
maman
juste des bras entre moi et le sol et j'ai eu peur et c'était bien et je suis pas tombé


dimanche
à force de faire du stop j'ai froid aux mains
les doigts gèlent à travers les gants
le vent fait valser le carton
on partira pas à lyon
en tout cas pas aujourd'hui
lundi
on vend des dvd pour aller bouffer à flunch
on s'engueule en chemin
on se réconcilie en chemin
faux filet et frites pour nous deux
rosette pour nous deux (en entrée)
bonne saint valentin mon amour
mardi
je vais bosser au cybercafé
en chemin je vois un canard
il fait des efforts terribles pour nager à contre courant
en même temps il becte des trucs dans l'eau
je reste un moment penché sur le pont à l'observer
il rame comme un fou
il prend le contre courant pour se rapprocher du bord
là il attrape des trucs et l'effort se relache alors il repart à dériver
et il recommence
je me demande pourquoi il s'acharne comme ça
au bout d'un moment sans doute lui aussi
parce qu'il cesse de se faire chier et part à dériver sans aucun effort


à macdo
je suis assis et je mange
tranquillement
je lis technickart
il y a michael youn en couverture
mais il est trop tot
pour penser quoi que se soit de lui
sur mon plateau y'a un brunch
un brunch c'est trois mini viennoiseries
un chocolat chaud un jus d'orange un yaourt
j'aime pas le yaourt
deux mini pankakes et un hamburger oeuf bacon
je mange je bois je lis
y'a une gamine qui s'approche de moi
la peau mate la voix cristalline de grands yeux
lookée émmaüs elle fait la manche
elle me demande du fric
j'ai pas de fric
en vrai j'ai cinq cent euros mais pas un gramme de monnaie
je lui propose mon yaourt
j'aime pas le yaourt
je suis un peu embarrassé
elle le regarde
elle attrappe la dosette de sirop d'érable
elle la laisse tomber par terre
je lui propose encore le yaourt
elle en veut pas
elle se casse
elle va voir des vieux
j'ai encore faim
je mange pas mon yaourt
je le jette avec les déchets


il y a des gens qui ont peur
sans raison
il y en a de plus en plus
et les raisons sont de moins en moins concrêtes
de plus en plus les gens commencent à admettre que la peur ne dépend d'aucune cause
que c'est un monstre autonome
qu'il se nourrit de ce qu'il trouve et ne revendique rien
de plus en plus on croise ces gens hagards
ils marchent lentement dans les rues et ne regardent pas leurs semblables
quand on leur adresse la parôle leur corps tressaille et leur visage se fige
leurs yeux se vitrent
la peur s'empare d’eux à toute embardée
cette embardée est la plus petite que se permet l'étroit radeau de leur vie quotidienne
ils sont tristes
baisent peu et mal
leurs vêtements sont étriqués et de couleurs ternes
quand ils croient s'amuser ils ne font que perpétuer des codes
des conventions dont ils ont perdus le sens
ils rient mais leurs rires sont sans joie
ils crient mais leur voix est morte
ils dansent mais leur corps est lourd


le pape se masturbe dans des draps blancs
il se masturbe parce qu'il a peur de mourir
son éjaculation blanche ne contraste pas beaucoup avec la blancheur du drap
le sexe du pape est très frippé
le pape est âgé de quatre vingt seize ans
le pape n'a jamais connu de femme mais il connais des tas de moyens de jouir
le pape n'a jamais connu non plus d'homme
le pape n'a connu que lui-même depuis toujours
le pape ramène sa main ridée et tâchée de blanc devant ses yeux
il ne voit presque plus rien
il renifle l'odeur un peu salée de ce qui souille sa main
le pape aimerait sourire mais les muscles de son visage sont trop faibles à cette heure-ci
le pape est content d'avoir encore une fois niqué la mort
il regarde ses testicules secs et son pénis flaccide et ridé
il regarde la maigre tâche sur le drap
il regarde la lune dehors
il se demande si la prochaine fois il pourra


dans la tête du type des pensées se déploient
dans la tête du type des pensées se déploient
dans la tête du type des pensées se déploient
des bulles d'air, de gaz rares ou communs, de sang
des impulsions électriques et des pulsions de mort
des lignes vertes sur un écran noir
des rêves en kit et des phrases en trop
des rêves en kit et des phrases en trop
des rêves en kit et des phrases en trop
des muscles morts et des organes froids
des seringues intelligentes et robotisées
des graphiques virtuels sur des laptops très chers
du matériel plus cher que toi
du matériel plus difficile à fabriquer que toi
plus difficile à entretenir que toi
du matériel plus rare et plus précieux que toi
du matériel bien plus vivant que toi
dans la tête du type des rêves en kit
des pensées en trop se déploient dans le froid
les yeux rêvent mais ne roulent pas
la chimie gère mais ne vit pas
des tuyaux dans la bouche mais ils ne parlent pas
des rêves se déploient se reploient disparaissent ratatinés noyés sous la chimie
des tunnels et des lumières et des tunnels et des lumières et des tunnels et des lumières et des tunnels et des lumières et des tunnels et des lumières et des tunnels et des lumières et des tunnels et des lumières et des tunnels et des lumières et des tunnels et des lumières et des tunnels et des lumières et des tunnels et des lumières et des tunnels et des lumières et des tunnels et des lumières et des tunnels et des lumières et des tunnels et des lumières et des tunnels et des lumières et des tunnels et des lumières et des tunnels et des lumières et des tunnels et des lumières et des tunnels et des lumières et des tunnels et des lumières et des tunnels et des lumières et des tunnels et des lumières et des tunnels et des lumières et des tunnels et des lumières et des tunnels et des lumières et des tunnels et des lumières et des tunnels et des lumières et des tunnels et des lumières et des tunnels et des lumières et des tunnels et des lumières et des tunnels et des lumières et des tunnels et des lumières et des tunnels et des lumières et des tunnels et des lumières et des tunnels et des lumières et des tunnels et des lumières au rythme artificiel du coeur artificiel
des cavernes où l'eau goutte dans l'obscurité
des monstres en ombre sur les parois noires
des visages tournés vers un visage
des mains tendues vers des corps tendus
du latex pour recouvrir la peau
des lasers pour ouvrir la peau
des robots pour recoudre la peau
des humains vivants qui regardent et qui parlent et qui comprennent ou ne comprennent pas
mais font très bien semblant dans ce cas
des pensées en kit éclosent dans le cerveau mort
des pensées en kit éclosent dans le cerveau mort
des pensées en kit éclosent dans le cerveau mort
des pensées fanées sont lues par des laptops à vingt-cinq milles euros
des pensées fanées sont traduites en lignes brisées
des pensées fanées traversent des écrans noirs
des pensées fanées sont vertes et sinusoïdales
des pensées fanées et saccadées remplisent un laptop à trois tetraoctets
des hommes presque en vie sont presque intéressés
ils parlent sans se regarder
dans les yeux des vivants et dans les yeux des morts les mêmes reflets
dans les yeux des vivants et dans les yeux des morts les mêmes lignes vertes qui reflètent les pensées cassées du corps étendu sans parler
des rêves commencés ne finiront jamais
des rêves commencés ne finiront jamais
des rêves commencés ne finiront jamais


là, il y a un homme qui en tue un autre.

ici, un mendiant réclame un euro pour aller boire un café

là, un autre mendiant est embarqué par les flics pour avoir pissé dans la rue, enfin pisser est un bien grand mot : il se compissait sans même avoir ouvert son pantalon, et dans la chaleur de l'été urbain l'odeur gênait les touristes

ici, un enfant tente de voler des fleurs pour les offrir à la fille dont il est amoureux ; rien en l'état actuel des choses ne permet de dire s'il va réussir

là, un chien renifle la merde déposée un peu plus tôt par un autre chien

ici, un homme presque nu (il se cache le sexe avec un magazine) ferme les rideaux devant une fenêtre, on devine la silhouette d'une fille sous les draps, au fond de la pièce

là, un policier tient le guidon de sa moto d'une seule main ; de son autre main, armée d’une tonfa, il brise d'un le genou droit d'un homme qui fuyait à pieds

ici, un adolescent viole pour la quatrième fois sa sœur

là, un adolescent regarde pour la quatrième fois massacre à la tronçonneuse

ici, un homme sous l'emprise de l'alcool vomit par la fenêtre, il n'y a personne en bas

là, une fleur pousse ; ici, un chien agonise ; là, un enfant meurt brutalement ; ici, une chèvre naît et pousse un cri de chèvre qui naît ; là, un magnétoscope s'éteint ; ici, un incendie s'allume ; là un train déraille au cours d'un trajet sous la pluie ; ici c'est un homme, au cours d'un repas d'affaire très arrosé

là, c'est ici

ici, c'est maintenant


ma mère est dans mes bras
sa mère vient de mourir
elle ne la verra pas
elle ne l'enterrera pas
c'est trop loin
c'est trop tard
elle est triste et moi pas
je n'éprouve rien à l'égard de ma grand mère
je n'éprouve rien à l'égard de ma mère
j'attends simplement que ça se passe
j'espère que ça va passer vite
j'ai des choses à faire
j'ai des gens à voir
je sens le poids de sa tête sur mon épaule
je sens l'humidité de ses larmes contre ma joue
je sens le frottement de ses cheveux contre mon front
je sens le poids de son corps relaché contre moi
je sens l'odeur de son fond de teint
j'entends ses larmes
j'entends ses sanglots
je ne sais pas quoi faire de mes mains
je ne sais pas quoi dire
je ne fais rien
je ne dis rien
je n'éprouve ni empathie ni impatience
je ne vois pas sa bouche
je ne vois ses yeux


le chat est mort entre mes bras
d'abord il a eu un problème
je ne sais plus trop lequel
un genre d'infection des reins
il chiait des cailloux
je crois
c'était un petit chat noir
il n'était pas tellement heureux dans la vie
il ne faisais pas souvent ce qu'il voulait
et il se faisait souvent tabasser
il s'est trainé partout en miaulant
il cherchait quelque chose peut-être le meilleur endroit pour mourir
ou alors il nous cherchait nous
le vétérinaire nous avair dit
une chance sur deux qu'il s'en sorte pas à cause du choc postopératoire
il s'est trainé sous la télé
et il a miaulé bizarrement
on l'entendait bien malgré le son de la télé
je l'ai tenu dans mes bras
mes parents autour de moi me paraissaient très grands

et le chat très petit et très léger
il a miaulé encore et il est mort d'un coup
il est devenu autre chose qu'un chat
il est devenu rien du tout
un objet quelque chose une chose
d'un coup j'ai compris
que si je le posais là par terre il ne partirait pas
si je le caressais
il ne ronronnerait pas
il ne ferait plus rien
d'un coup j'ai compris
il avait les yeux ouverts et la gueule ouverte
les dents jaunes et inutiles
son visage était figé
j'ai pleuré
mes parents l'ont mis dans un sac poubelle
et on en a plus parlé


un type mort dans une rue piétonne
des commerçants sont sortis pour voir ça
des pompiers s'affairent autour de lui
en fait ils ne s'affairent pas tant que ça
ils sont plutôt embarrassés
comme s'ils étaient là par erreur
il y a le type au centre
le premier cercle c'est les pompiers
ils protègent l'âme du type mort peut-être
le deuxième cercle c'est les badauds
ils se pressent ils aimeraient entrer dans le premier cercle
et toucher le mort
et lui prendre quelque chose peut-être
le troisième cercle c'est les commerçants
qui sortent de leurs boutiques pour voir ce qu'il y a à voir
le troisième cercle est le plus relaché
on dirait qu'il ne sert à rien mais
il empêche le reste de l'univers de pénétrer ici
c'est la barrière autour de la tombe peut-être
les commerçants regardent les badauds et les pompiers
les badauds regardent le corps et les pompiers
les pompiers regardent les badauds et les commerçants
et le corps ne regarde plus rien


un chien mort sur le bord de la route
la route file toute droite entre deux rangées de platanes
la route relie une petite ville et une autre petite ville
des voitures, il n'en passe pas beaucoup
généralement, les voitures font quatre trajets
un aller le matin pour partir travailler
un retour à midi pour rentrer manger
un aller à deux heures pour repartir travailler
un retour à cinq heures et demi pour rentrer à la maison
et c'est fini
quelques voitures chaque jour
qui passent quatre fois devant le chien mort
et combien de conducteurs qui pensent à lui
le chien le premier jour est allongé au bord de la route
on pourrait croire qu'il dort mais il ne respire pas
et il saigne du flanc
le deuxième jour les blessures du chien sont un peu desséchées
il commence à puer
il y a des mouches qui le survolent
la voiture qui l’a renversé
combien de fois par jour elle passe sur cette route
elle passe à quelle heure
à quoi pense le conducteur
la route toute droite file entre deux platanes
et il y a beaucoup de soleil
les jours suivants le chien se dessèche
son visage s’efface
ses yeux disparaissent
les insectes se succèdent
les voitures passent quatre fois par jour
le soleil passe de gauche à droite
la nuit des phares l'éclairent mais c'est très rare
au bout d'une semaine le chien est sec et pourri le sang est marron
les poils sont pourris
les insectes rampent sur lui
le soleil le réchauffe
au bout de deux semaines
le chien est tout sec et tout plat
on reconnaît surtout les pattes
au bout de trois semaines
le chien a disparu
et voilà
et le soleil continue
et voilà


allez y arrachez la peau des morts d'il y a cinquante ans
foutez-vous là sur les yeux
cousez-là bien solidement
et pleurez
laissez les larmes grossir et s'accumuler
laissez l'odeur redescendre jusqu'aux narines
laissez bien la peau des morts bien cousus sur vos yeux bien vivants
et évitez de voir ce qui se passe autour de vous
pleurez le sorts des cadavres
c'est plus simple que de cracher à la gueule des vivants
les cadavres ne répondent pas
on peut leur dire ce qu'on veut
et nous sommes tous ventriloques
aux cadavres on peut aussi leur faire dire ce qu'on veut
c'est bien d'avancer masqué
dissimulé par des cadavres muets
c'est bien d'avancer masqué
aveugle et sourd à la vie
en deuil pour l'éternité
les yeux les oreilles cousues
avançons masqués et parlons
masturbons-nous sur les cadavres vieux ce cinquante ans
aimons-les eux
puisque les vivants nous n'en sommes plus capables
aimons les morts d'il y a cinquante ans
portons leur deuil
jusqu'à l'éternité
fouettons-nous
flagellons-nous
marchons en pleurant
aveugles et sourds à tout le reste
le visage couvert d'un masque de mort
la peau des morts cousue sur notre corps
avançons masqués c'est ça qu'il faut faire
avançons masqués il n'y a que ça à faire
ne voyons pas la vie
n'écoutons pas la vie
ne parlons pas à la vie
la vie n'existe pas pour nous
nous sommes du côté de la mort
nous sommes du côté du deuil
nous sommes du bon côté du cadavre


il y a des maisons sans serrure
et il y a des portes plus protégées que la banque de france
il y a des rues où la police ne va pas
et il y a des jardins protégés par des armes et des bottes
il y a des fleurs mieux protégées que les gens qui les reniflent
il y a des ponts mieux protégés que les gens qui dorment dessous
il y a des portes mieux protégées que les chiens qui pissent contre
il y a des mémoire
il y a des consciences
il y a des certitudes
il y a des principes des idéologies des idées des idéaux
tellement tellement protégés
que même la mort des neurones n'en viendra pas à bout
il y a des cerveaux qui ressemblent à des tombes
à des tombes de l'ancien temps
des tombes remplies d'esclaves qui vont mourir ensemble
qui ne souhaitaient pas ça
il y a des consciences qui sont des mausolées
et toute pensée y meurt comme une chèvre
et autour de tout ça il y a des cadavres
des cadavres sous les fleurs
des cadavres arrosés par la pisse des chiens
des cadavres dans les fondations des maisons
des cadavres dans la mémoire
et des cadavres dans l'oubli
des cadavres anciens
et de cadavres récents
des cadavres oubliés
et de cadavres qui alourdissent la mémoire
qui l'alourdissent tellement
qu'elle s'effondre
qu'elle glisse dans la tombe et rejoint les cadavres
la vie est une maison hantée
il y a des serrures aux portes
dont aucun roi n'aurait rêvé
il y a des flics devant le seuil
dont aucun tyran n'aurait espéré la force
la vie est une maison hantée
et nous avons la trouille d'en sortir


un jour mon chat a fait une connerie
je sais plus bien laquelle j'était petit moi
lui aussi il était petit
il était petit et noir et il était planqué dans l'angle entre le frigo blanc et la porte marron clair
ma mère était accroupie comme un chat prèt à attaquer
elle avait sa chaussure à talon haut à la main
c'est ce qui la différenciait d'un chat qui attaque
l'humain se sert des outils
le chat lui je veux dire le vrai chat
il n'en menait pas large face à l'énorme salope
qui le surclassait de plusieurs dizaines de kilos
il savait peut-être qu'il avait fait une connerie
en tout cas il savait qu'il fallait se planquer
il était hérissé
les yeux brillants de terreur
ma mère excédée de pas pouvoir le frapper
il était quand même bien retranché
lui a balancé la chaussure à talon haut en plein gueule
joli coup de fusil fiston
le chat s'est pris le talon en plein sur la truffe
il a saigné
il a chié sous lui de peur
et il s'est barré
il s'est fait choper
et ma mère lui a passé l'envie de chier sous lui
elle lui a tellement fait passer l'envie
qu'il en a chié sous lui de peur
ah bon
bin oui
un jour ma mère crèvera
je suppose qu'il serait justice
que j'aille ce jour-là chier sur sa tombe


quand les anciens rois mourraient il se faisaient enfermer avec leurs serviteurs et leurs animaux et leurs maîtresses et tout le monde crevait ensemble et tout le monde trouvait ça normal

maintenant ça ne marche plus pareil

les vieux crèvent comme des pauvres cons dans des cliniques remplies de plantes vertes et de connasses qui pensent à autre chose

maintenant quand un crève devant nous on détourne les yeux et on planque le corps dans un sac en plastique

maintenant voir les gens crever c'est pas autorisé la mort se passe à l'abri de portes fermées à double tour et pour mettre l'ambiance il y a une musique la même qu'on écoute dans les supermarchés

avant on fermaient les nécropoles pour éviter que les pilleurs de tombes ne viennent chouraver les tonnes d'or enterrées là avec les chèvres et les épouses

maintenant les pauvres types dont la vie se résume à un lecteur dvd acheté cent euros à auchan ont des serrures qui feraient bander le plus riche des pharaons

la vie est dure pour les pilleurs de tombes de nos jours


hier anaïs revenait du jura
elle revenait de chez sa grand mère
là bas apparemment ils sont tous un peu tarés
ils comprennent pas qu'elle fasse du dessin
ils comprennent pas qu'elle porte un chapeau
ni un cravate ni un gilet
ils comprennent pas qu'elle rote à table
ils comprennent pas grand chose mais sa grand mère
elle fait des bons gateaux
hier anaïs revenait du jura
avec son chapeau ses cheveux un peu bouclés sa redingote
on marchait côte à côte et on croise un type
fucking jew il dit
on a pas compris tout de suite
et puis ça nous a fait marrer
putain c'est vrai qu'elle ressemble à un juif là
avec le chapeau les frisotes le manteau
et puis ça nous a plus fait marrer
le regard de l'autre type
fucking jew comme ça sans rigoler
au lui aurait bien lancé deux ou trois insultes
mais on été occupé à se rouler des pelles
fucking jew
fucking jew
fucking jew
je suis juif et je vous emmerde
je suis juif même si personne
non personne dans ma famille n'est juif
fucking bastard je t'emmerde
je suis juif et je t'emmerde
je te pisse dans la bouche avec ma bite non circonsise
ça veut dire que j'essaie de te pisser dans la bouche
mais qu'à cause de mon frein à la con
je pisse n'importe où et je m'en fous plein les doigts
fucking jew c'est ça ouais
c'est dommage qu'on ait été occupé à être heureux de vivre
sinon t'aurais vu
ah ouais ça t'aurais vu
fucking connard
attend de tomber sur des juifs pas heureux de vivre
tu vas voir ce qu'il te mettront tiens
tu vas la prendre ta branlée
c'est vraiment dommage qu'on ait préféré se rouler des pelles
c'est vraiment dommage
que je préfère les nichons d'anaïs
à toutes ces conneries de juif pas juif fucking pas fucking
c'est dommage que je préfère la vie
sinon qu'est-ce que je t'aurais mis


mes chaussures sentent la pourriture
j'ai du sang jusqu'aux genoux
et ça n'arrête pas de monter
maurice papon estun héros
d'ailleurs mon site lui est dédié
quand je marche ça fait un bruit tout mou
un peu comme si je marchais dans de la terre molle
autour de moi c'est rouge sombre
j'ai un peu de mal à penser
les gémissements m'empêche de fixer mes pensées
je marche sur des cadavres
aussi loin que je regarde il y en a
les cadavres de ceux qui ont ouvert leur gueule
pour dire ce qu'ils pensaient
les cadavres de ceux qui ont fermé leur gueule
de peur de dire ce qu'il pensaient
les cadavres des gens trop cons
pour penser quoi que se soit
les cadavres des flics
les cadavres des victimes de flics
les cadavres des juifs
les cadavres des nazis
maurice papon a incarné la justice
dans notre beau pays
maurice papon a pris des décisions
en faveur de la justice
maurice papon connaissait bien
la justice et l'injustice
des cadavres sous mes chaussures
des mains mortes qui s'accrochent à mon jean
et des gémissements qui s'accrochent à mes pensées
je n'éprouve aucune culpabilité
je n'ai pas pu tuer tous ces gens
pas tout seul c'est pas possible
je suis trop jeune après tout
et sans doute pas assez fort
on a du s'y mettre à plusieurs
mais les autres c'était qui
je n'éprouve aucune culpabilité
simplement de la fatigue
oui je suis si fatigué
c'est si difficile de marcher
dans une boue de cadavres
c'est si difficile de penser
avec ces gémissements qui n'arrêtent pas
vivement que je perde la mémoire
vivement l'amnésie
leur douleur moi je m'en fous
c'est eux qui sont morts c'est pas moi
tout ce que je demande c'est penser
tout ce que je veux c'est pouvoir marcher
tout ce que je veux c'est pouvoir penser
ce n'est pas moi je ne vous ai rien fait
je n'étais pas là quand vous êtes morts
je ne suis pas là alors que vous mourrez
je serai ailleurs quand vous continuerez à mourir
ce n'est pas moi ce n'est pas moi
je ne suis pas là laissez-moi marcher
laissez-moi être libre
laissez moi penser
lachez-moi je ne vous aime pas
je n'éprouve aucune compassion juste de l'épuisement
vos gémissements m'épuisent
votre poids dans ma mémoire m'épuise
je veux vous oublier
je veux vous oublier


ils sont là ils sont tous là
tous les policiers tous les militaires
toutes les armées elles sont toutes là
toutes la pour me protéger
je peux plus faire un pas sans être protégé
contre moi contre tous les dangers
protégé protégé
protégé contre les voleurs
protégé contre les insulte
protégé contre les attaques suicides des avions de ligne
protégé contre moi
contre mes tendance à l'autodestruction
contre mon alcoolisme
contre ma toxicomanie
contre mon envie de baiser sans capote
protégé contre l'univers dangereux et méchant
merci les flics
merci les militaires
merci les gars d'être là
ça vous va si bien le vert et le bleu marine
c'est si chouette l'odeur de la poudre mélangée à celle des croissants
c'est si rassurant de vous voir tabasser à quatre un jeune branleur aux poches pleines de chit
heureusement que vous êtes là
pour me permettre d'être libre
heureusement que vous êtes là
pour m'aider à pas gâcher ma liberté
heureusement que vous êtes là
pour m'empêcher de faire n'importe quoi
heureusement que vous êtes là


j'ai envie de sortir de chez moi
mais j'ose pas trop
je sais pas trop ce que je vais trouver dehors
j'ai pas envie de me faire attaquer
avec tout ce qu'on entends à la radio
ça serait con quand même de se faire attaquer
juste parce qu'on aime la neige
juste parce qu'on aime marcher dans la neige
non je préfère rester chez moi
j'ai qu'à mater le dvd de fargo
dans fargo y'a plein de neige
et plein de gens marchent dedans
ça fait ce bruit ce bruit vous savez
ce truc si caractéristique et impossible à imiter
en 5.1 c'est presque parfait
ça vaut pas le coup de se faire tuer
juste pour retrouver ce plaisir sans importance
je regarderai bien au moins la neige tomber
à travers la fenêtre
mais on sais pas ce qui peut arriver
quelqu'un pourrait m'insulter
se moquer de mon physique
ils sont comme ça les gens
ils se moquent du physique des autres
ils traitent de sale ceci ou de sale cela
et moi ça me fait beaucoup de mal
et puis il y a les autres
ceux qui veulent me frapper
ceux-là ils attendent
ils ont toute la journée
mais je sortirai pas
eux ils peuvent attendre longtemps
il peuvent pas non plus venir chez moi
je leur ouvrirai pas
de toute façon j'ouvre à personne
et bientôt je vais voter
je sortirai cette fois-là
je sortirai armé et protégé
la police m'escortera
c'est pour protéger la démocratie
et je sais bien moi pour qui je vais voter

= commentaires =

nihil


    le 02/04/2005 à 21:31:28
Bon j'ai pas tout lu, on est bien d'accord. J'ai détesté, on est bien d'accord. Chuis comme tout le monde moi après tout. Mais y a quand même quelque chose que je retiens, c'est que c'est la deuxième fois seulement de ma vie que je lis des passages qui me rebutent franchement, qui me mettent mal à l'aise, mais pas de ce genre de malaise agréable. Certains passages sur la mère notamment sont dans ce cas.

Mais ce malaise fait que pour moi cette série de trucs reste inclassable et à part. Un truc qui révulse les gens à ce point peut pas être foncièrement mauvais et y a des passages totalement malsains, hystéros, barges, alors bon, je suis franchement le cul entre deux chaises. Konsstrukt s'est déjà fait virer manu militari de plusieurs sites et forums à cause de ces textes, je l'ai vu, c'est assez incroyable le front des bien-pensants de la littérature qui se lève d'un coup et fait face à l'emmerdeur, et qui le dégage à coups de déferlantes d'insultes et de haine dont on serait bien incapables sur la Zone.

La première fois que j'ai connu ce genre de sensations de malaise désagréable, c'est en lisant des textes de chansons de Costes, un timbré et artiste total qui se fait virer de partout et qui collectionne les procès (surtout à cause de textes où il se met dans la peau de racistes infâmes, de nazillons qui crachent leur haine, c'est assez insupportable c'est un fait). Costes ça reste quasiment le seul qui m'ait vaguement choqué d'un point de vue strictement artistique.

C'est donc pas un hasard si, quand j'ai parlé de Costes à Konsstrukt, il m'a dit qu'il le considérait comme le plus grand poète vivant, et c'est finalement le reproche principal que je ferai : c'est d'être passé en second, d'avoir suivi une voie plutôt que de l'avoir ouverte.

Le fait d'avoir choisi de poster l'ensemble des poèmes plutôt que de simplement regrouper les quelques meilleurs est carrément contestable aussi, ça aurait eu nettement plus de force et de poids, et on aurait pas eu besoin de zapper des bouts entiers. C'est un peu pareil que quand tu postes tes Surfaces, si tu avais bien voulu sélectionner un peu plutôt que poster la totale, on serait moins vite lassés et on apprécierait nettement plus. Là on va s'en étouffer, du Surfaces. A ce propos va falloir que je te voie, on avait parlé de 25 épisodes, et là ça repart pour un tour, ça m'inquiète. Je veux pas que la Zone devienne la vitrine officielle d'un ou deux auteurs comme c'est en train de devenir le cas. OK les autres font pas beacoup d'efforts pour diluer ça, mais on est pris par la Saint-Con. Du coup on verra après, mais je commence à penser à des idées pour limiter un peu l'avalanche...
Anthrax


    le 02/04/2005 à 21:56:32
je ne tiens absolument pas à ce que la zone soit ma vitrine, au cas où je me serai sentie visée... ce serait plutôt mon arrière-cour, d'ailleurs je ne posterai plus rien, manière de laisser la place à qui la voudra
pour tes textes konstrukt, j'ai pas encore tout lu, j'ai décroché à des tunnels et des lumières, mais jusque là, je tiens le coup, et le texte sur maman ne m'a pas choqué, à peine ai-je un peu serré les dents mais... par contre, Costes, le plus grand poète vivant... c de la provo bon marché de dire ça et quant à le penser vraiment, c'est de l'auto-hypnose
Narak


    le 02/04/2005 à 22:06:54
Costes je connais un peu, j'ai déjà entendu à la radio, et il a du faire la fermeture d'une soirée "douche électrique" dans une salle ou je traine d'habitude. C'est bien radical, mais moi ça je trouve ça super marrant, au second degré bien sûr.

tout ça pour dire que moi non plus j'ai pas tout lu, mais pour ce que j'en ai lu, j'ai franchement adoré, c'est bien glauque, c'est crade, c'est gore, super bien écrit, tout ce que j'aime !

Pour te répondre nihil, poster uniquement pour poster, ou pour diluer les textes d'antrax et de Konsstrukt, ça me ferait vraiment mal.

Commentaire édité par Narak.
Aka


    le 03/04/2005 à 00:00:33
Extrait de conversation (mode loft story on) :
Aka : Mais c'est qui cette conne pour dire qui est le plus grand poète vivant de qui sans déconner !
nihil : Bah c'est vrai que dire que Costes est le plus grand poète vivant c'est un peu exagéré...
Aka : Et pourquoi ça serait plus exagéré que de dire que c'est Baudelaire le plus grand poète vivant ?
nihil : Parce que Baudelaire est mort.
Aka : ...
(mode loft story off)




BRULEZ MOI. PITIE.

Commentaire édité par Aka.
Taliesin


    le 03/04/2005 à 00:10:48
Le plus grand poète vivant c'est Rimbaud, d'abord. Ah non, merde, lui il vendait des flingues. Euh....Baudelaine ?

En tout cas, pour le texte, c'est bien mieux que "surfaces". C'est, comment dire...plus profond...
nihil


    le 03/04/2005 à 00:15:42
Putain j'étais persuadé que tout le monde allait lui balancer des pierres sur ce coup-là... Je comprends vraiment rien à la vie moi. C'est cool de rien comprendre à la vie.
Taliesin


    le 03/04/2005 à 00:25:08
C¨'est p'têt' pasque j'ai rien compris au texte que j'aime bien. Enfin...j'aime bien, fo pas exagérer non plus, j'ai simplement dit que c'était bien mieux que ses autres textes.
Cad     le 03/04/2005 à 17:07:23
ecoute, nihil, le dernier texte que t'as posté j'ai lu que le premier mot. celui-la j'ai juste regarde la taille et la mise en page (pourave d'ailleurs) alors je peux pas dire que c'est une grosse merde qui n'a même pas le niveau de mes textes (en plus c'est un genre different), faut rester honnete quoi.
promis apres la saint-con, je largue une ou deux petites bouses.
Anthrax


    le 03/04/2005 à 18:19:12
Aka tu fais une obsession là... pourtant on s'est déjà dit qu'on ne se lècherait pas...
Anthrax


    le 03/04/2005 à 18:20:44
mais au fait on t'as expliqué la poésie de Costes? il y a un site pour ceux qui voudraient se cul-tiver
Aka


    le 03/04/2005 à 18:39:30
Merci la poésie de Costes je l'ai déjà lue. Je vois pas pourquoi il y aurait un véto pour dire que ce n'est pas le plus grand poète vivant pour certains même si je ne partage pas cet avis.

Anthrax


    le 03/04/2005 à 18:43:30
j'ai pas mis de véto, j'ai dit ce que je pensais du fait de dire qui Costes etc... à moins qu'il n'y ait un véto sur ce qu'on pense de ce que pensent les autres etc... d'ailleurs tu fais bien de dire ce que tu penses aussi, pisse and love!
Aka


    le 03/04/2005 à 18:45:45
"par contre, Costes, le plus grand poète vivant... c de la provo bon marché de dire ça et quant à le penser vraiment, c'est de l'auto-hypnose"

Je vais pas te faire un cours ici sur ce que sont l'affirmation et la suggestion ça serait limite prétentieux de ma part.

Un jour j'arriverai à commenter ce texte.
Anthrax


    le 03/04/2005 à 18:51:38
n'hésite pas à être prétentieuse, au moins tu seras claire
quand je dis ce que je pense, j'affirme
je peux suggérer aussi, nuancer, tout ce que tu veux mais je suis malheureusement cash comme on dit, je sais ça gêne souvent, pourtant c bien la première fois qu'ici on me propose de nuancer... c pas vraiment le genre de la maison si ? en fait y'a pas de genre, on fait ce qu'on veut non, c'est une zone libre?
Aka


    le 03/04/2005 à 19:15:24
WARNING - MESSAGE AU (PRESQUE) PREMIER DEGRE

T'es vraiment en train de foutre une ambiance de merde. Si tu as un problème avec le site, ses principes, son fonctionnement (ce que tu suggère de manière beaucoup moins cash d'ailleurs dans tous tes commentaires) personne ne te retient.

Je n'ai aucun problème avec le fait d'être "cash", ce qui me pose un problème c'est de présenter des opinions personnelles comme des vérités absolues.

Maintenant on va pas se la refaire Aka vs Nagash, si tu as d'autres critiques constructives à me soumettre ou réflexion au premier degré, j'ai un mail.

END OF WARNING

Sinon il reste l'option "bataille dans la boue".

Commentaire édité par Aka.
Taliesin


    le 03/04/2005 à 19:56:39
En string ?
Konsstrukt


    le 04/04/2005 à 12:37:41
(putain, j'avais même pas vu que ça avait été publié, ça !)

bon, je me tape les commentaires, et je réponds)
Konsstrukt


    le 04/04/2005 à 12:45:10
bon, alors, nihil : y'a quand mêmes plein de gens qui adorent ; et puis, hein, moi je ne trouve pas tant que ça que ça ressemble à costes, à part justement la série sur ma mère.

mais c'est vrai que c'est marrant de voir se dresser le mur des crétins bien pensants, surtout que les briques qu'il balancent à la gueule sont souvent des briques en mousse, et eux, complêtement ridicules.

pour ce qui est de surfaces : ça y'est, justement, c'est terminé. sélection des poèmes : justement, non, je suis à l'opposé de cette idée. de sélectionner mon travail. je balance tout ce que j'ai aimé écrire, c'est mon seul critère. en un sens, y'a déjà une sélection. les gens ne lisent que ce que je suis fier d'avoir écrit.

costes plus grand poète vivant. non, je le pense, et je pourais en rajouter des kilos. faut s'intéresser aux textes, y'en a des bouleversants. pas tous, loin de là ; mais ceux qui dépassent le font de tellement haut qu'il n'y a personne à cette altitude. costes, c'est le meilleur, et c'est tout.

voilà, voilà.
Lapinchien


tw
    le 04/04/2005 à 14:06:51
un bel exemple de flood-littérature... je garde çà sous le coude pour quand on ira fighter un site ennemi, çà vaut largement les discours de Jean Pierre Chevenement.
Dourak Smerdiakov


lien fb tw
    le 04/04/2005 à 15:44:58
Chevènement président !
Nounourz


    le 04/04/2005 à 20:43:50
"protégé contre moi
contre mes tendance à l'autodestruction
contre mon alcoolisme
contre ma toxicomanie
contre mon envie de baiser sans capote
protégé contre l'univers dangereux et méchant"

... un extrait qui m'a plu parmi tant d'autres, notamment les passages sur la mère, un peu tout ce que j'ai lu en fait...

pas forcément bien écrit mais bien raconté, des morceaux de vrai dans ces tranches de vie, des morceaux qui font grincer des dents alors on mâche un peu plus avant d'avaler.
Konsstrukt


    le 05/04/2005 à 10:12:52
(merci ; ouais, en effet, bien écrit, c'est pas trop mon but. justement écrit, plutôt. je suis content quand on considère que j'y arrive)
Lapinchien


tw
    le 05/04/2005 à 10:34:53
arrete de faire de la lèche à ceux qui te sucent où le CSA va finir par nous classer X.
Konsstrukt


    le 05/04/2005 à 11:40:04
je parle pas aux lapins
Lapinchien


tw
    le 05/04/2005 à 12:01:43
tant que tu les sodomises pas çà me va
Konsstrukt


    le 05/04/2005 à 12:05:21
ça, par contre, ça dépend... tu es rasé ?
Lapinchien


tw
    le 05/04/2005 à 13:55:05
ouais mais mes poils d'anus repoussent raz, tu risques de te faire mal
nihil


    le 05/04/2005 à 13:58:10
C'est vraiment adorable ces PV Hot, ça marche pas mal ce concept Lovingzone.apinc.org/inyourass
Konsstrukt


    le 05/04/2005 à 14:29:30
huhuhu !
Lapinchien


tw
    le 05/04/2005 à 14:58:59
oui je suis la blondasse dans la pub pour l'operateur ALICE, tu m'aimes ?
Konsstrukt


    le 05/04/2005 à 15:19:46
ah merde j'ai pas la télé, t'as pas un site avec un show webcam ?
Anthrax


    le 05/04/2005 à 16:29:10
pour répondre au WARNING TUT TUT TUT
je choisis le combat dans la boue en string de poil de lapins
et à part ça je n'ai pas de problème, moi, et surtout pas avec un site virtuel, faut pas déconner...

"t'es vraiment en train de foutre une ambiance de merde"
"ce qui me pose un problème c'est de présenter des opinions personnelles comme des vérités absolues. "

END OF TUT TUT
Lapinchien


tw
    le 05/04/2005 à 16:42:46
Anthrax quand est ce que tu comprendras que la zone est un site de rencontres Gay et que t'es une fille ?
Konsstrukt


    le 06/04/2005 à 10:17:43
est-ce que tu es absolument certain qu'anthrax soit une fille ? ou que lapinchien soit un être humain ? ou que je ne suis pas un programme aléatoire ?
Lapinchien


tw
    le 06/04/2005 à 10:47:52
Arrête de faire ton terroriste ! détournement des commentaires de texte pour s'en servir comme d'un topic du forum çà peut chercher loin... deux trois ans d'emprisonnement à vie à Guantanamo... et oui je suis sûr que nous somme tous ici des êtres humains aléatoires
Anthrax


    le 06/04/2005 à 21:45:47
moi je ne veux blesser personne, je vous aime tous, moi je ne suis rien, je vous aime, je ne suis rien, je ne veux pas mettre une ambiance, je ne veux rien moi, je vous aime, frappez moi, je ne veux pas vous gêner, je vous aime



***commentaire édité sous la menace de jésus***
Glaüx-le-Chouette


    le 17/11/2005 à 21:45:12
J'ai lu "slammer" dans un des passages de ce que j'ai lu jusqu'à présent (le premier tiers) et c'est effectivement le mot juste.

Une poésie de l'instant et sortie comme elle vient, sans filtre et straight, no chaser, pour sortir une de mes références de connard intello, tiens, hop.

J'aimerais l'entendre dite, ou criée, plus que de la lire ; mais certains passages donnent l'impression de se faire entendre dans ma tête, déjà, quand je les lis. Signe qu'ils sont sincères, je pense. J'aime beaucoup la franchise et
et disons
euh
j'ai pas de mot mais ce serait un nom qui se rapporte à "entier" (pour un caractère).



Il y a des passages qui me semblent complètement neutres et inintéressants par contre. Celui sur les putes de l'avenue des Vosges, par exemple.
Pour une raison très simple : ce que j'aime ici c'est le sentiment qui jaillit, comme si le gars se retournait l'estomac devant moi pour me faire voir ce qu'il a dedans ; et là, c'est du descriptif, et sous cette forme, ça passe pas, faudrait de la poésie travaillée, posée, rhytmée, à mon goût. Bref.



Dans ce que j'aime là-haut, y a un goût de sang d'accouchement. De sang et de merde mêlés au placenta. J'aime ça.
Mais écrit, je me répète, ça me laisse aussi une impression d'inaccompli. J'aurais aimé l'entendre.
Soleil     le 16/12/2005 à 13:32:56
J'aime bien tout ce côté complexe d'oedipe qui se dégage de toute une partie (j'ai pas tout lu). C'est très juste. Mais l'ensemble, de forme conte/poésie/métaphy(?) me plait énormément.

J'attends que peut-être mon imprimante sorte de son coma pour tout lire sur papier.
Dourak Smerdiakov


lien fb tw
    le 16/12/2005 à 15:19:51
C'est quoi, cette manie du papier, cette obsession de l'impression ? En plus, pour un texte avec retour à la ligne tous les trois mots. On devrait faire des lois contre ça. La forêt, c'est notre poumon.
Nounourz


    le 02/06/2006 à 08:43:18
Tout relu d'une traite, et à ma grande surprise, j'ai bien aimé pas mal de passages.
Glop-glop


    le 06/06/2007 à 12:30:50
Effectivement il est douteux que Costes fût le plus grand poète vivant, puisqu'à l'évidence le plus grand poète vivant c'est Konsstrukt.
Son talent brut de décoffrage sourd du mur des crétins bien-pensants et m'inonde de bonheur ! ENCORE ! ENCORE !
Glaüx-le-Chouette


    le 06/06/2007 à 12:35:38
T'aimes pas la géométrie de la bite de ksttrskt, d'accord. Et sinon, t'as pensé quoi du texte ?
Glop-glop


    le 06/06/2007 à 13:55:16
Oups... il fallait le lire ?
C'est conservateur comme approche !
Le seul truc vraiment marrant c'est la façon dont cette baudruche se prend au sérieux, pas étonnant que tu trouves ça intéressant ...
Narak


    le 06/06/2007 à 15:41:27
Ca a le mérite d'être original sur certains points. J'aime toujours autant moi.
Glaüx-le-Chouette


    le 06/06/2007 à 16:53:17
Moi aussi j'aime toujours, et je trouve toujours glop-glop aussi marrante quand elle arrive pas à sortir du ilébô/ilépabô, c'est mignon, un peu comme un bébé ornithorynque mort.
Glop-glop


    le 07/06/2007 à 01:00:02
Ah ouais, c'est à chier mais comme c'est sincère c'est bien, ça c'est un point de vue beaucoup plus intelligent, hein!
Cette buse est persuadée de son génie et trouve le moyen de traiter de crétins ceux qui nomment ses merdes cuites pour ce qu'elles sont.
Après je ne trouve rien de choquant à ce dégueulis informe, c'est inutile et con, c'est tout. Quoique la merde publiée ici soit par moment un peu moins gluante que celle qu'il a planquée depuis chez Lapin, ce qui montre qu'il n'y a pas de signe d'amélioration chez cette sale engeance, bien au contraire ...
SKIZZZO     le 06/07/2011 à 11:36:14
qui es-tu?

peu importe

ça dure, ça dure

tu dois pas trop apprécier les lèches-culs

je t'aime

la vie est bien fête

MISTIK tout ça
mistik     le 07/07/2011 à 09:56:21
skizzzo t'es un suceur de bite,au km
SKIZZZO     le 07/07/2011 à 10:13:57
Explique-moi Fanta
...     le 07/07/2011 à 10:14:54
Que celui qui n'a jamais sucé lui jette la première pierre.

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