Histoire de famille

Le 22/12/2018
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par Charogne
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Thèmes / Débile / Sarcastique
Ça se passe sous un pont, vers vingt-deux heures, sous une pluie battante et une lune voilée. Une arme fume encore. Voilà pour l'ambiance de départ. La suite dégénère gentiment en exercice d'immoralisme zonard, assez pataud et prévisible tout de même.
"... Et du coup je voulais savoir pourquoi-*
Elle s'écroula.
- Bordel Jim t'es vraiment une merde !
C'était sous un pont, vers vingt-deux heures. Il faisait nuit et les nuages cachaient la lune tandis que le martèlement continu de la pluie sur la route couvrait leurs éclats de voix.
Jim regarda avec des yeux vagues son arme encore fumante. Effectivement, c'était vraiment une merde.
Les deux hommes fixaient le cadavre. les lampadaires se reflétaient sur la surface déformée de la rivière. L'homme qui avait parlé en dernier leva les yeux vers le visage de Jim. Il enjamba la défunte et lui écrasa le poing contre la mâchoire. Jim tomba à la renverse et le revolver alla voler un peu plus loin.
- Tu sais te servir de ton cerveau, connard ? On fait quoi maintenant ?
Jim, après un moment d'attente, se releva et se massa la joue.
- Marc-
- Tu sais depuis combien de temps j'attendais ce moment ?

La pluie continuait de tomber. Marc commença à faire les cents pas alors que Jim s'avança vers le corps déjà froid de la victime. Il s'accroupit devant elle et la dévisagea.
Marc se retourna pour observer la scène.
- Il est trop tard maintenant, gros con. Tu veux faire quoi avec ça ? La ramener à la vie ? Enculé.
Jim ne répondit pas, occupé dans sa besogne. Il avait déjà enlevé son manteau et relevé la jolie petite jupe rose à motifs de fleurs qu'elle portait.
- Tu fais quoi ? Réponds-moi, Jim, ou tu vas t'en manger une autre.
Jim, ignorant Marc, finis de retirer son pantalon. Ses jambes grasses au poil hérissé par le froid se placèrent de part et d'autre du corps du macchabée. Il se décida enfin à répondre, levant son regard bouffi vers son compagnon.
- Je termine le boulot.
Le visage de Marc s'empourpra. Comment pouvait-on être aussi stupide ? Il attrapa Jim par le col de sa chemise avant de lui décocher un deuxième coup. Une dent jaunâtre vola avant de plonger dans la rivière. Jim tituba. il cracha le sang s'écoulant de sa plaie puis s'essuya les lèvres avec la manche de sa chemise. Jim était costaud, certes, mais Marc était bien plus musclé, malgré son âge avancé.

- Tu m'as toujours pas répondu, Jim. Si tu es aussi intelligent que ça, trouve moi une solution avant de découvrir les joies de la nécrophilie. On était censé la baiser avant, merde ! Va te faire foutre, Jim. Va bien te faire foutre toi et la petite salope que tu viens de descendre.
Jim, qui s'était rhabillé, regardait toujours les jambes nues et fines du mort.
- Tu es sur qu'on peut même pas en profiter un petit peu ?
Une balle se logea juste à ses pieds. Marc avait récupéré le pistolet. Jim vit cela et ne bougea plus.
- Tu es taré Jim. Baiser une morte. Pourquoi pas baiser ton chien tant qu'on y est. Le viol, je suis d'accord, à condition de pas se faire choper. Tu t'en souviens de ça, abruti, ou ton cerveau est toujours embourbé dans la moisissure ? Le meurtre, pareil. Mais la tu viens de ruiner un projet de quatre ans. Je sais même pas pourquoi j'ai accepté que tu viennes, sale crevard.
- Elle m'énervait à parler de ses affaires, et-
- Je t'ai pas autorisé à parler. Tu en avais marre ? Eh bien, tu sais que moi aussi j'en ai marre de toi ? Et pourtant je te bute pas. Mais bon, après tout, qu'est-ce qui m'en empêche, puisque tu te donnes le droit de le faire ?
- Non... mais je pensais que tu étais aussi d'accord avec ce genre d’expérience puisque tu...
Marc lui enfonça le canon de l'arme dans la bouche en le maintenant fermement par les cheveux avec l'autre main.
- Tu pensais ? Ah ! C'est beau de penser, mais, ça fais pas tout, sac à merde.

Un coup retenti. Puis deux autres. Le corps de Jim tomba lourdement dans la rivière. La pluie s'arrêtait.

Marc réajusta son chapeau, rangea son arme et regarda une dernière fois le cadavre de sa fille avant de le jeter à la suite du corps flottant de son fils.

Trois ans et demie... Quel gâchis, quand on y repense.
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