Médiocrité d'une destinée

Le 07/09/2009
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par Héréma
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Thèmes / Polémique / Semaine 'textes de merde' 5
Bla bla bla bla bla bla bla bla bla bla bla bla bla bla bla bla bla bla bla bla bla bla bla bla bla bla bla bla bla bla bla bla bla bla, mais ferme ta gueule.
Je comprends à présent. Tout est clair, trop clair hélas. Trop tard aussi. Et la cruauté de cette clarté débile ne me permet plus de vivre.
Au départ nous n’étions que deux âmes lancés dans un monde qui nous était étranger, deux passagers clandestins sans espoirs dans les yeux. Puis nous avons connu la Passion. Curieuse violence de cette Passion pourtant si exquise. Mais tout cela me semble aujourd’hui suranné, et perdu à jamais. Nous nous sommes aimés de façon absolue. Mais toi, alors que j’agonise, tu plonges et te noies dans la médiocrité. Tu te perds dans la chair et le parfum d’un corps quelconque et sans identité. Elle n’est qu’indéfini, tu le sais aussi bien que moi. L’amour n’aura pour toi jamais d’autre visage que le mien. Il aura autant de corps que peut en offrir notre société de prêt à consommer ; mais il n’y a pour toi que mon visage. Mon visage, pâle comme la mort, funeste présage de notre destinée commune. Mais si tu te défiles et te dérobes à ton destin, ce n’est pas mon cas, sache le. C’est le vide qui m’emportera dans ses bras cette nuit puisque tu n’es pas là pour cette dernière et sublime étreinte. Alors, vis ta vie Samuel, vis ta vie et perds ton visage toi aussi. Il pleut dehors, et cette pluie finira par délavée tes traits. C’est là son emploi et elle l’effectue avec grâce et élégance. Son crépitement sera mon unique oraison funèbre. Mais regarde : je porte ma robe rouge... « Pour aller avec tes cheveux » t’avais-je dit...
Sans ton amour que vaut la vie ? Une telle puissance de destruction, une telle douleur jouissive ne peut me conduire à une autre fin. Dernière scène, dernier acte, rideau... Mais déjà je sens mes pieds glisser contre le rebord mouillé de la fenêtre...alors adieu Samuel peut-être entendras tu ma plainte macabre transportée par le vent.