Schizophrène, t'attaques la falaise

Le 03/06/2020
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par CTRL X, tomatefarcie
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Thèmes / Textes de merde / Semaine 'textes de merde' 11
Texte écrit à 4 mains par CTRL X et tomatefarcie dans le cadre de la semaine TDM 11ème édition. Très bon concept que je vous laisse découvrir. Petit indice : C'est un échange épistolaire. Second indice : Le narrateur est schizophrène. Bon en fait avec ces deux indices je spoile déjà beaucoup. JE RAPPELLE QUE LE TDM EST UN GENRE LITT2RAIRE 0 PART ENTI7RE§§§ Cette année CTRL X vise le grand chelem.
La pluie fouettait les fenêtres. L’eau ruisselait le long des vitres et dessinait d’improbables arabesques, évoquant l’œuvre de Jackson Pollock. Une bourrasque claqua un volet en rompant le silence assourdissant de la pièce. Le néon blafard du bureau émit quelques grésillements syncopés, sa lumière intermittente projeta sur le mur l’ombre stroboscopique de l’homme. Son visage diaphane n’en fut que plus terrifiant. Au loin brillaient les lumières de la ville grise, et le halo de ses néons blafards ne manquait pas de rappeler l’œuvre de Joseph Mallord William Turner.
Il faisait un temps de fin d’apocalypse. L’homme se leva, arracha d’un geste rageur la feuille tapuscrite de sa Remington Steele, la plia en trois parties équidistantes et la glissa dans une enveloppe préoblitérée. Poussant le regard vers les nues et leur fureur hygrométrique, il partit d’un rire sardonique, convoquant ainsi le souvenir de l’œuvre de David Hockney, et s’arrêta de rire. Il chaussa une casquette sur sa tête, enfila un imperméable élimé, sortit de son appartement séculaire. Passant devant sa boîte aux lettres, il y enfourna l’enveloppe susdite, prit la direction des grands boulevards, puis première à droite.

Mais comme il régnait au-dehors un temps de cochon, il fit demi-tour, releva son courrier, et rentra retrouver la chaleur douillette de son appartement haussmannien.
Il décapsula la lettre qu’il venait de recevoir, se décacheta une Fisher Tradition, dégrafa son soutien-gorge et enfin il put lire :

« Cher toi,
Comme je te hais.
Oh putain, si...
Si tu savais à quel point !
Tes divagations sans but à propos du temps qu'il fait, et de l'eau ruisselante t'évoquant Jackson Pollock.
Pute que tu es.
Jackson Pollock, dont la fiche Wikipedia est encore ouverte sur la fenêtre du navigateur de ta saloperie de Remington Steele.
Qui penses-tu duper ?
Bref,
Je ne peux plus souffrir tes néons blaffards. Encore un néon blaffard et je te tue.
Souviens-toi l'été dernier.
Non, l'autre.
Celui que nous passâtes sur le bassin d'Arcachon, dans ce petit village d'ostréiculteurs.
Combien étais-tu heureux, alors ?
Huit ? Neuf ?
Ta peau gorgée de soleil et tes abdominaux qui saillaient et tes mains sur mon corps quand nous nous branlions dans la cabine de la pinasse avec, parfois, trop souvent peut-être, Frédéric et Lyliane.
Sensuel et sémaphore,
Tu étais alors un autre,
Et je me respectais encore.
Mais aujourd'hui tu écris comme on se noie car enfin qui rit encore d'un « rire sardonique » de nos jours ?
Hein ?
Non mais vas-y, essaie, pour voir.
Chercherais-tu en pleine conscience à produire une œuvre nanardesque ?
Est-ce bien ce qu'il demeure aujourd'hui de ta volonté farouche d'autrefois-naguère ?
Cette volonté de t'affranchir du carcan judéo-capitaliste et des retransmissions des matchs de NBA, tard, très tard dans la nuit ?
Que sommes-nous devenus ?
Je t'implore de me répondre sans tarder car tu manques à ma vie comme la couleur manque aux gravures de Pierre Soulages.
Cordialement,
Toi (ou ce qu'il en reste) »


Il rangea la putain de lettre dans le diable de tiroir de son foutu bureau, se remit devant la Remington Steele , et donc aussi se remit-il à écrire (écrire comme la foudre s'abat sur l'arbre solitaire au milieu du pré). Quand il eut terminé, il glissa le feuillet dans une enveloppe préaffranchie, la scella, se levit, enfila une casquette, chaussa son imperméable, gel hydroalcoolique , clopes, clés, et sortit de l'appartement haussmannien-deux-trois-soleil.
Une fois dehors, il passa devant ladite boîte aux lettres et posta négligemment son dernier courrier à lui-même.
Puis il fit un peu de gymnastique en attendant que le facteur ne passe.
Et le facteur, comme el condor, passa. Il lit :

« Cher moi,
Ta lettre m'a fait chaud au cœur, la purée de sa mère !
Oui, je souviens ces vacances à La Turballe, les couchers de soleil dans tes cheveux, le sable qui filait entre tes doigts de pieds, comme un sablier pour les œufs durs, l'onde qui clapotait quand tu rattrapais le ballon. Et toi, souviens-tu les pins parasols en location, l'eau qui clapotait quand tu servais pour le set, le bateau au loin qui faisait toûûûût toûûûût, mais en vachement plus fort, tu souviens ? Nous avions fait l'amour près de l'autopont, à même la banquette arrière. Tu avais gardé tes chaussettes, j'avais gardé ma bouée. Un scolopendre était passé au loin à cheval sur l'horizon. Ou était-ce sur un dauphin ? Je le rappelle comme si c'était la veille.
Et puis cette dernière soirée où nous retourni sur cette plage de Rostock, faire clapoter le soleil dans tes cheveux, mollarder dans les vagues, prendre une glace deux boules, vanille-fraise pour toi et fraise-vanille pour moi, je souviens à ma mémoire, et ce groupe folklorique péruvien, ces musiciens vêtus seulement d'un plaid, d'un étui pénien et d'une flûte de Pan, qui jouaient la chanson, notre chanson, cette reprise de Ben Simon et Art Garfunkel, El condor pasa.

I'd rather be a sparrow than a snail
(Je préfère être un colibri qu'un limaçon)
Yes I would, if I could, I surely would
(Où tu voudras quand tu voudras)
I'd rather be a hammer than a nail
(Comme un fou, comme un soldat, comme une star de cinéma)
Yes I would, if I only could, I surely would
(Heal the world, make it a better place)

C'est bon, tu l'as ?

Tu me questionnes nonobstant des nouvelles de l'écriture de mon roman. Alors je vais t'en promettre, ni plus ni moins, je vais te le jurer dans le marbre comme le zénith de notre idylle naissante et du clapotis de la fraise et de la vanille, car vois-tu, ce soir là après que tu t’étais endormi, terrassé par mes coups de boutoir incessants près de l'autopont, je suis sorti de la tente sans mettre mes tongs pour ne pas me réveiller, j'ai marché jusqu'à la plage puis j'ai regardé l'horizon dans les yeux et j'ai fait cette promesse au ciel. Cette promesse que jamais je n'avais osé m'avouer à personne et que je me livre ce soir car y'a rien de bien à la télé. Vois-tu, moi, ce soir-là, pieds nus dans le sable, la cravate clapotant par deça mon épaule, j'ai juré aux nues que j’écrirai le roman, notre roman, ce roman que n'auraient pas daigné composer ces deux pédés de Caussimon et Art Funkel. Alors oui, il s’écrira, dussé-je y passer des nuits et des marées, seul contre tous, surtout qu'il n'y a rien de bien à la télé.
J'ai déjà trouvé treize mots ainsi que le titre : « Deux moi(s) confinés, c'est chaud ou Journal d'un conflit né». T'en penses-tu ? Je te joins en copie-carbone un projet de couverture, ou est-ce un plaid ? En tout cas, c'est tricoté précis, du cousu-menu.
B.à.t.

Toi. Ni plus ni moins. »


Il se resservit un doigt de Marie Brizzard, pas plus haut que le bord, et s'attela à la Remington Steele et écrivit (écrire comme on coupe du bois en prévision d'un hiver qui mord les mollets, comme un soldat, comme un homme que je ne suis pas).
Quand il eut conclu sa réponse, il plia la feuille en trois parties équilatérales, la glissa dans une enveloppe préaffranchie faisant foi, répéta les gestes barrières six fois dans le sens des aiguilles d'une montre et sortit s'acheter de la chloroquine. Au passage, il posta sa missive dans sa boîte aux lettres et rentra vérifier ce qu'il y avait à la télé, des fois que.

Il parcourait les nouveautés Netflix quand les effets de la chloroquine commencèrent à se manifestèrent. Il sentit d'abord une vague de frissons parcourir son corps, puis un goût de fer envahir sa bouche. Ce qui était étrange, c'est qu'il eut immédiatement envie de danser sur de la psy-trance progressive en se touchant la bite. Il ne faisait aucun doute que son animal fétiche lui apparaîtrait bientôt et qu'ensemble, ils allaient faire une partie de Puissance 4, pour briser la glace, ou quelque chose comme ça de cet acabit. « Putain, elle est violente la chloroquine, cette année » s'entendit-il prononcer tandis qu'il twerkait au milieu de son salon en écoutant finalement un best-of de Daniel Balavoine.

« Mail ! I got some mail for you, Sir ! » fut-il interrompu par une voix haut perchée dans les aigus. Putain de merde, c'était le nain maléfique de Twin Peaks ! Avec son petit costume rouge. L'immonde personne de petite taille portait un plateau en argent sur lequel reposait simplement une lettre et environ six grammes de cocaïne, une carte de fidélité Zara Hommes et une paille en fer.
« Ben c'est sympa comme tout , ça ! » s'exclama notre protagoniste défoncé, tandis que le nain maléfique quittait la pièce en imitant un cheval au trot attelé.

Il décacheta ladite lettre, en se disant que cette relation épistolaire était la plus belle chose qui lui soit arrivée depuis qu'on lui avait ôté un kyste pilonidal, en 2008 (curetage, cicatrisation « à ciel ouvert », infirmière, mèches et quatre semaines d'arrêt maladie). Il lut :

« Heu... Écoute.
J'ai beaucoup réfléchi à tout ça, sur le Coran, j'ai beaucoup réfléchi, t'as pas idée, et enfin bref, je ne crois pas qu'il s'agissait d'un scolopendre. Le scolopendre est un genre de myriapodes chilopodes de la famille des Scolopendridae, après tout. Mais je t'accorde que beaucoup de gens les confondent avec les dauphins. Nous vivons une époque très difficile, en ce qui concerne la classification des animaux. Les normes ne sont plus genrées. Ou l'inverse. Quoi qu'il en soit, les mœurs évoluent chaque jour davantage, la putain de ses morts. Dauphins, scolopendres, varans de Komodo, une chose est certaine, tout le monde veut sa place au soleil et se faire un nom dans le show-biz. Tiens, l'autre jour encore, j'ai croisé une cigale du Poitou dans un bar à vin. Eh bien elle m'a annoncé sans la moindre pudeur qu'elle écrivait des nouvelles et envisageait de redorer le blason de ce genre méprisé (à juste titre). Des nouvelles ! J'ai tenté de lui asséner une manchette, bien entendu, mais elle a bondi sur le bar et ensuite j'étais en retard pour mon cours de pelote basque et il fallait que je file. Mais enfin, si tout le monde se met à vouloir écrire, je veux dire TOUT LE MONDE HEIN, ça peut aller de mon cousin hémophile jusqu'aux cigales du Poitou, je te jure, tu imagines la concurrence ? Comment allons-nous faire pour publier le grand roman du 21ème siècle ? Comment éviter que le manuscrit ne soit oublié dans les tiroirs poussiéreux de l'Histoire ? Que penserait Alain Decaux de tout cela ? Voilà ce que je me demande parfois, lorsqu'après une journée aux champs je rentre fourbu, avec à peine assez de force pour nourrir les bêtes.
Avant de te quitter, il faut que je te dise que la chloroquine que tu as ingérée devait être frelatée. Ou alors on t'a refilé un ecsta. Ce n'est pas impossible. Mais ne le vis pas mal, surtout. Il faut que tu embrasses le trip. Au pire, je joins à ce message six grammes de bolivienne qui t'aideront instantanément à revenir parmi nous, au cas où le voyage te paraîtrait trop... intense.
Ne te remercie pas.
Remercie le nain maléfique.
Bien à toi,
Toi.
PS : Attention, ta maison brûle »


Le temps qu'il repose la lettre et sniffe la moitié de la cocaïne sur le dos de sa main, les rideaux étaient déjà dévorés par les flammes, de même que le cabinet de curiosités, la collection de parpaings, les reproductions de Piet Mondrian, la cassette VHS de L'Alarme Fatale et une grande partie des murs de l'appartement Haussmannien-vaut-mieux-que-deux-tu-n'-auras.
Il fallait agir vite.

Il se jeta donc sur la Remington Steele et y inséra la dernière feuille de papier qui lui restait.
Il devrait être bref car la peau de ses mains crépitait déjà. Ses cheveux présentaient des signes avancés de carbonisation, et de sa nageoire dorsale émanaient des relents d'appartement en habitation à loyer modéré dans un quartier lusithanien aux heures des repas. La femme à la bûche de Twin Peaks, qui avait eu la fumeuse idée de se pointer à ce moment-là pour vérifier si, comme le voudrait la légende urbaine à propos des personnes de taille risible, le nain avait une grosse bite, fuma. Il sniffa un résidu de bolivienne échoué sur le clavier de sa Remington Steele, un condor passa en pancho, à dauphin sur un ocarina (wow... cette chloroquine était relativement pure, ça ne faisait plus aucun doute), et dans sa précipitation nasique, il s'enfourna les touches « q », «  § » et « CTRL X » dans le trou de nez de droite, puisque le gauche n'était plus que cendres et désolation.

« Gros,
J'accuse réception de ta missive de ce jour, mais sur la tête de Yahvé, j'ai rien - RIEN - entravé. Tu me parles de ces terres brûlées donnant plus de blé u'un meilleur Monsanto, mais on est où, là ? Alors c'est la fête du slip, c'est ça le projet ? Et demain tu peux pas, t'as poney ? Doit-on continuer dans l'escalade du grand n'importe nawak, malgré l'hérésie ue constitue ce double verlan ?
Je te perds, je crois, défintivement, je me perds, je crois. Mais définitivement, en fait.
Je ne me sens plus la force de rentrer dans ton jeu PUTAIN CA BRÜLE SA PUTAIN DE RACE, avant je pouvais, mais le transibérien des années roule sur les rails de mon insouciance et je me vois contraint de l'avouer, oui, c'est vrai, je n'ai plus la vigueur d'antan, cette sève ui naguère coulait dans mon membre pointé à 45° semblant indiuer la direction d'une uelconue Mecue, pour peu ue l'on soit familier avec les pratiues de nos cousins musulmans, tant ue c'est dans le repect des gestes barrières et de la laïcité selon Manuel Valls. Ce ue je veux dire par là, c'est ue LA PUTE C4EST CHAUD? LA PUR2E D4SA M7RE C4EST CHAUD? AU FEU LES POMPIERS et je te le dis sans arrière-pensée aucune.
Rendons-nous à l'évidence, ce roman dont je te, dont nous tu, évouais la possibilité, jamais ne verra le jour, la faute à LES VOISINS SAUTENT DES 2TAGES SUP2RIEURS HASHTAG PRAY FOR NOTRE DAME? D2DUCTIBLE DES IMPÖTS ON VA TOUS CREVER point com, par l'autoroute de Chartres.
J'espère ue je ne m'en veux pas trop et ue vous je continuerez à t'écrire des lettres, car vous vous sommes ma seule raison de vivre et tu je ma seule cause de mourir.
Mais je dois te laisser, il y a un truc ui sent le cramé, j'espère ue je THE ROOF IS ON FIRE WE DON4T NEED NO WATER LET THE MOTHERFUCKER BURN
https://www.youtube.com/watch?v=Adgx9wt63NY
Bisous doux,
On.
PS : tu sais à uoi sert la touche  ? La touche      ?           ?                          ?                         Putain, la touche avec deux S majuscules entrelacés, sur la même touche ue celle du point d'exclamation ?
PS2 : moi non plus »


La situation étant désormais trop foireuse pour être ignorée, il décida de passer à la première personne du singulier, dans une tentative désespérée de sauver ce qu'il pouvait de ce texte dont le thème était « Autofiction », tout de même. Et ça, tout le monde semblait l'avoir oublié depuis un bon bout de temps.
Je n'ai jamais su, au juste, ce que ça voulait dire : autofiction.
Je n'ai jamais su, au juste, ce que ça voulait dire : «appropriation culturelle » ou « étrangler les chats pour pas qu'ils miaulent ». Tant de choses m'échappent encore, tandis que mon corps et mon costume en tweed ne font plus qu'un, désormais. Ce n'était pas censé être un texte de Saint Con, non plus. Qu'avons-nous fait ? Personne ne me lira jamais pour ce que je suis, au fond : une femme forte. Par exemple, je suis à peu près certain que personne n'a saisi cette référence à Remington Steele, une série crée par Michael Gleason et Robert Butler. Robert Butler... Putain … Blue Light, Gunsmoke, un épisode de Columbo en 1973. Kung Fu !! Mais qui se souvient encore de Kung Fu... Les gens sont des cons, ma parole. L'oreille collée à leurs T.S.F, goûtant à l'occasion un poème mélancolique de Lord Byron. Abrutis. Minables.

Le problème, avec ce genre de texte, c'est la fin.
Comme toujours...
Mais davantage, en même temps.
Comment offrir une conclusion satisfaisante à un texte dont la trame narrative est une insulte à l'intellect ?
J'ai un incendie sur les bras, donc j'imagine que je pourrais épiloguer là-dessus, qu'on s'inscrive un peu dans l'action, mais je suis trop défoncé pour avoir le courage d'écrire une scène, là, tout de suite. La simple idée de décrire une poutre apparente léchée par les flammes, fragilisée, menaçante. Pfffff... Flemme. C'est la flemme qui m'anime, point barre. Alors un dialogue, peut-être. J'aime bien finir sur un dialogue absurde. Les gens ont tendance à trouver ça intelligent, je sais pas pourquoi. C'est débile, comme tout le reste. Je pourrais finir, genre sur un dialogue absurde entre la Dame à la Bûche et le Nain Maléfique. Genre la Dame à la Bûche prend les mesures du Nain Maléfique dans une pièce dévorée par le feu et alors elle fait :

- Elle est ridiculement petite, vous vous sentez bien ?
- Il ne faut pas croire tout ce que disent les journaux.
- Comment appelle-t-on cela, déjà ?
- Un micropénis, Madame. C'est une affection médicale. N'en tirez aucune conclusion hâtive. La taille de mon pénis est inférieure à 2,5 fois l'écart-type par rapport à la taille moyenne du pénis humain. Franchement, ça se joue à rien.
- Non, mais, vous vous foutez de ma gueule ? Tout mon système de croyance est en train de s'effondrer sous vos yeux et vous me dites que « ça se joue à rien » ?
- Votre système de croyance ? Vous vous promenez avec un bout de bois, Madame.
- C'est ma bûche.
- Voilà. Excactement. Vous pensez quoi des BD d'Edika ?
- Oh punaise. J'adore. C'est le kiff intégral. Pardonnez mon language. Excuse my french.
- Vous avez pas des points pute ? C'est pour un ami proche. C'est quelqu'un de formidable.
- Tshaw ! Absurdomanies. Pyjama blouze. Melon Bago. La double vie de Clark Gaybeul. Aïe woze djoking.
- Quelqu'un de formidable et qui souffre, je vous prie de me croire...
- Vous pouvez pas imaginer combien d'heures j'ai passé à la médiathèque de Chambéry, quand j'étais étudiante, dévorant les albums d'Edika. Me doigtant, tout ça.
- Même un demi-point pute, ça passe. Le mec est plus ou moins désespéré, à l'heure où je vous parle.
- Big Noz. Bye-bye tango. Beuaaaark. Mission Bizou. Histoires obliques...
- Vous pensez vraiment qu'on va s'en tirer comme ça ?
- Peurs bleues. Abru Cadabru. Pas d'Panique...
- Mec, tu es en train de recopier les titres des albums d'Edika que tu pompes sur sa page Wikipedia... CA N4A AUCUN SENS §§§§
- Débiloff profondikoum (noir et blanc, 1981, 56 pages), Bi-bop euh... loula (noir et blanc, 1990, 56 pages), Knock Out ! (noir et blanc, 1986, 56 pages)...
- Tu te donnes un mal de chien pour une fin trop con pour être vraie. Tu as un vrai problème. Parle à des gens. Sors de chez toi. Prends-toi d'affection pour un animal domestique et attends la mort avec davantage de sérénité. Tu le mérites.
- Ploucs Show (noir et blanc, 1995, 48 pages), Pom-pom pidou-waah (noir et blanc, 1983, 48 pages)
- Ridiculement petite, quoi que tu en dises...