LA ZONE -

nobody can build bridges like me.

Le 03/04/2021
par Khalid EL Morabethi
[illustration]
Oui, je déteste les forêts, c'est trop. Je prends vraiment tout ce que je reçois. J'ai besoin de construire des bâtiments, je suis en train de construire des bâtiments et des autoroutes, c'est le futur, mon propre futur, c'est le bon futur. Je dois construire des ponts, beaucoup de ponts, personne ne peut construire des ponts comme moi. Oui, il y a dix observateurs à la peau orange que je dois payer tous les trois mois et surtout payer leurs impôts. Oui, j'ai fait un casting, j’ai bien sélectionné ces dix observateurs qui font bien leurs travail, qui m'observent en train de construire des restaurants, des bâtiments et des autoroutes, des labyrinthes, des escaliers et un zoo où les visiteurs peuvent voir mes volontés me prier

= commentaires =

Lapinchien


tw
Pute : +1
    le 03/04/2021 à 13:05:25
Il manque pas quelque chose à la fin ? Un point au moins ?
Dourak Smerdiakov


site blog lien tw
Pute : +0.66
    le 03/04/2021 à 14:24:34
Un rapport avec point - pont - point sur le i ? Mystère.
Un Dégueulis


Pute : -11
    le 03/04/2021 à 19:52:31
Bizarre ce texte.

Trop court aussi.

Pourtant j'ai beaucoup aimé ses textes à ce type.
David


c'est trop    le 04/04/2021 à 23:51:59
"La Vision de Khèm

I

Midi. L'air brûle et sous la terrible lumière
Le vieux fleuve alangui roule des flots de plomb ;
Du zénith aveuglant le jour tombe d'aplomb,
Et l'implacable Phré couvre l'Égypte entière.

Les grands sphinx qui jamais n'ont baissé la paupière,
Allongés sur leur flanc que baigne un sable blond,
Poursuivent d'un regard mystérieux et long
L'élan démesuré des aiguilles de pierre.

Seul, tachant d'un point noir le ciel blanc et serein,
Au loin, tourne sans fin le vol des gypaëtes ;
La flamme immense endort les hommes et les bêtes.

Le sol ardent pétille, et l'Anubis d'airain
Immobile au milieu de cette chaude joie
Silencieusement vers le soleil aboie.

II

La lune sur le Nil, splendide et ronde, luit.
Et voici que s'émeut la nécropole antique
Où chaque roi, gardant la pose hiératique,
Gît sous la bandelette et le funèbre enduit.

Tel qu'aux jours de Rhamsès, innombrable et sans bruit,
Tout un peuple formant le cortège mystique,
Multitude qu'absorbe un calme granitique,
S'ordonne et se déploie et marche dans la nuit.

Se détachant des murs brodés d'hiéroglyphes,
Ils suivent la Bari que portent les pontifes
D'Ammon-Ra, le grand Dieu conducteur du soleil ;

Et les sphinx, les béliers ceints du disque vermeil,
Éblouis, d'un seul coup se dressant sur leurs griffes,
S'éveillent en sursaut de l'éternel sommeil.

III

Et la foule grandit plus innombrable encor.
Et le sombre hypogée où s'alignent les couches
Est vide. Du milieu déserté des cartouches,
Les éperviers sacrés ont repris leur essor.

Bêtes, peuples et rois, ils vont. L'uraeus d'or
S'enroule, étincelant, autour des fronts farouches ;
Mais le bitume épais scelle les maigres bouches.
En tête, les grands dieux : Hor, Khnoum, Ptah, Neith, Hathor.

Puis tous ceux que conduit Toth Ibiocéphale,
Vêtus de la schenti, coiffés du pschent, ornés
Du lotus bleu. La pompe errante et triomphale

Ondule dans l'horreur des temples ruinés,
Et la lune, éclatant au pavé froid des salles,
Prolonge étrangement des ombres colossales.

José-Maria de HEREDIA
1842 - 1905
Théo Azibert


lien
    le 05/04/2021 à 19:45:24
Très expressionniste , un manipulateur manipulé , on ressent bien le despotisme humain ça fait son taf un peu minimaliste mais c'est assez clair .
Théo Azibert


lien
    le 06/04/2021 à 01:13:11
Le texte de JOSE MARIA DE HEREDIA est très beau , je pense à la fin du roi et de l'oiseau , cette idée de destruction colossale de l'homme en particulier et la comparaison avec des dieux égyptiens par leurs sépultures grandioses est fascinante

= ajouter un commentaire =