Ramassis de petites saletés

Le 05/01/2026
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par sylvestre Evrard
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Thèmes / Polémique / Système
L'auteur déploie un torrent de prose poétique et acerbe qui dissèque avec une précision chirurgicale les illusions d'une société narcissique et artificielle, transformant ses méditations en un pamphlet virulent contre la superficialité humaine. À travers des chapitres fragmentés, des aphorismes ironiques et des interludes parodiques comme les petites annonces, l'auteur fusionne cynisme et lyrisme pour explorer les abysses de la solitude, de la morale factice et de l'absurdité existentielle, offrant une critique impitoyable des institutions et des relations sociales. Ce recueil brille par son originalité stylistique, où les métaphores cosmiques et les invectives crues captivent, invitant le lecteur à une introspection douloureuse mais libératrice. L'auteur, en refusant toute complaisance, élève son œuvre au rang d'un miroir déformant de l'humanité, un magma organique voué à l'autodestruction, tout en infusant une étrange sensualité aphrodisiaque à ses diatribes. Ultimement, ce groupement d'essais et de notes, couvrant quatre décennies, se révèle comme un testament provocateur et intemporel, défiant les conventions littéraires pour mieux révéler les fractures de l'âme contemporaine.
Spicilèges aphrodisiaques
de Sylvestre ÉVRARD et de Sylvestre ÉVRARD / 1984 - 2025


Rien n’est inutile tant qu’on y trouve un certain réconfort.
Tout est utile tant qu’on peut s’y creuser une porte de sortie.
chapitre 1
Sans doute, il n’y aurait aucun problème si au moins les cieux étaient réellement ce qu’ils paraissent, car la lueur qui scintille dans l’au-delà tient sa lumière d’un univers qui n’a ni queue ni tête. D’ailleurs, n’y aurait-il pas là quelque chose d’obscène ? Dans le sens où tout ce qui brille n’est pas pureté.
Aujourd’hui, je rêve de me confondre sans douleur dans cette blancheur nacrée et vaporeuse d’un ciel nuageux et souriant où ne brillerait que le meilleur de moi-même aux yeux de tous. Hélas, je n’ai plus rien à leur pardonner.
Et tous ces lieux de la création artificielle qui n’a d’autre fonction que de se donner en spectacle et écraser la vertu des timidités laborieuses et du vrai travail qui consiste à s’offrir une raison de survivre dans un monde de paillettes et d’arrogance. Y a-t-il un remède à cette pustuleuse, à cette désastreuse ignominie ? J’ai fini par conclure que ma présence n’y était plus souhaitable, plus pour moi que pour eux. Alors je ne contemple plus rien qui ne soit pas naturel.
Finalement, nous ignorons tout de ce que pourrait être la moindre sensation de pureté. Ce qui se dégage de la virginité et du subreptice mouvement de l’âme, tend désespérément à rejoindre l’incontrôlé, le non travesti et l’impuissance de la puissance. Cette part de moi tombée au fond du trou m’appelle chaque jour pour que je lui tende la main. Mais rien n’y fait, car j’ai décidé d’oublier. Alors qui hurle dans ma tête ?
Cette infinie triangulation de la terre, du ciel et de la nature qui s’y interpose, joue avec un homme toujours plus conquérant, narcissique et avide de lui-même. Pourquoi ne pas s’en remettre aux événements simples sans tomber dans le piège de la contemplation béate, qui n’a d’autre but que d’égarer la conscience ? Cette force des ténèbres phosphorescentes, cette vacuité de l’infiniment grand, les pupilles dilatées du fugitif tribal, et pourtant, si riche… je la hais.
Seul au fond de la cage, l’oiseau a préféré se pendre sans filet au triangle des certitudes, carrément dégouté. Une fin rondement menée échappant à toute spéculation.
Ces vastes plages miroitantes nous renvoient un reflet désagréable à entendre. Pourtant, nous persévérons à nous y projeter sous la couverture d’une innocente quête aventureuse, mais qui, au fond, n’a d’autre fonction que de transcender une réalité frigide, absente de vibrations universelles et étrangères aux sons émergeant de ces pas qui nous frôlent : ceux de l’autre… Vous savez ? Le juge !
Où que je pose le regard, je ne perçois que des doubles de moi-même dont je persiste à croire que j’en suis la souche alors qu’en réalité, je n’en suis que le surgeon.
Je vais et je viens entre ces riens jusqu’à ce que la raison d’être s’enfuit, évitant ainsi toute justification, toute reconnaissance de ce qui est juste ou non. « Mon Dieu ! », dit-il. Ah ! Ah ! ah ! C’est la lâcheté de l’enfant qui l’emporte face au questionnement indispensable. La valse des tee-shirts bat son plein, alors que les cuirs et les braguettes s’enfoncent peu à peu…
Mais ne sont-ils pas à leur tour sujets d’un roi nominatif alors qu’on croyait s’en défaire ? La cote et les valeurs cherchent de nouveaux horizons. Où peut bien se trouver la véritable incandescence de séduction spéculative à nos sociétés et à nos affiches publicitaires ? Tous dévisagent la fragmentation de leur propre reflet où n’apparaît que la figure de la bestialité, somptueuse et ignoble.
Lequel de ces pauvres petits a perdu sa maman ? Tous ! Une tututte en silex de Hong Kong ! Sex-toys préfabriqués, mesurés, étiquetés, remballés, pesés, enlevés par transport fumigène et au boulot tout le monde ! Car il faudra bien que le Moyen Âge recommence un de ces jours ; seigneur et serfs, maîtres et esclaves, Platon et ciguë, s’entasseront dans les formulaires admiratifs. Il n’a jamais été question d’évoluer, seulement de changer de costume pour toujours mieux avancer en cadence, et surtout, masqué !
Ce que j’aime par-dessus tout dans cette foule qui passe, c’est la netteté de ses certitudes, de ses jugements intrinsèques, enfumés par l’odeur des bateaux qui passent et des frites trop grasses, par le suintement des pieds glacés et de l’acné sur les paupières. Cette haine de l’amour bien fait, sans bavure, pour que tout aille bien dans le meilleur des mondes. Avec des gravats comme des guitares électriques et d’un sperme couleur du sang, ils se repaissent de génocides sucrés et d’abandons à la sauce au poivre dans une farandole aphone. Que ne faut-il pas entendre pour écouter ?
Et cette belle anonyme qui n’en finit pas de s’abrutir d’elle-même, se fondant au bitume des réseaux, des publicités jouissives, pulvérisant sur sa route les insurgés déraisonnables, les ignorant sans vergogne, mais effrayée par son propre visage ; le voici le pantin amer d’une crédulité cynique et envahissante. Quoi qu’il en soit, je reste planté là.
On ne compte plus ces visages empreints de valeurs venues d’on ne sait où… un mélange de musique, de violence et de souci de l’étiquette éjaculée par une fausse symbolique à la crème rance. Et ouais.
Pouvons-nous éliminer ce qui est, en fait ce qui est inutile à notre perception, à notre esprit ? Évacuer tout superflu et tout non-sens ? Tendre vers le simple ? Une sorte d’épuration masochiste.
L’art des refuges, et non des moindres, est cette espèce de flou artistique un peu obscène, plaqué d’or, riche en creux d’une espèce mariant nuance du verbiage didactique et mère du village des arrières cuisine. Mais quel ton ! Que de tendresse…
Il n’est pas toujours facile de voir les choses, comme si on était un nuage qui voudrait éviter le regard des autres, et qui, à la longue, finit par être très ennuyeux et banal à mourir. Comme ce pamphlet.
Regardez-les tous ces amants infirmes qui ne savent plus de quel côté ils doivent être relookés, ces pseudo-dépravés avec des gadgets high-tech plein les poches et des trous bien cisaillés sur des genoux bronzés dans le style minier, sans question ni réponse à l’esprit qui s’égare dans une boîte crânienne faisant caisse de résonance. Sur chaque visage que l’on regarde de près, on s’aperçoit qu’il se cache toujours une raison de douter de la bonne foi de chacun.
Il y a un trou dans la fenêtre et il serait si agréable de pouvoir y plonger pour ne plus revenir, mais le miroir guette, plat, froid et sans issue. Chuinter l’interrupteur de la fatalité… quel pied !
La terre entière est d’une platitude effroyable ; les seuls reliefs ne sont pas plus dignes d’intérêt et de respect, car ce ne sont que dictatures et massacres, les autres sombrant dans l’indifférence, avec entre les deux, des âmes errantes au stylo bien pendu…
Dans la quiétude de nos ivresses, se répand encore le frêle esquif de la morale et de la bonne conscience, qui ne se noircit jamais sans que même le fil du temps y prenne part. Mais agissant sur le principe suprême du symbole de droiture dans une cité aux portes fermées et aux murs absorbants lumières et ombres, je tâche de rester invisible. C’est impossible. Les autres ne me le pardonnent pas.


Chapitre 2
Il n’existe rien de pire que ces faussetés de marbre officiel ne jurant que par la justice, la foi et l’honnêteté, érigées par ceux-là même qui nous envoient au massacre et cautionnent des atrocités en tout genre. Je ris de me voir tant de fiel en ce tiroir.
Nous voici donc sur le lieu de toutes les croyances où se croisent les soleils purificateurs, cachant sous leur manteau les maléfices les plus raffinés, dernier abri de l’ignorance et de la couardise verbeuse, n’osant regarder en soi de peur d’y trouver l’effroyable. Voilà comment ça finit quand on ne fait pas attention à tout ce que qui peut se dire autour de soi. On finit par ne plus y faire attention, mais voici bien la raison de nos solitudes. Et ouais !
Regardez aussi ce qui arrive quand on gobe n’importe quoi, toutes ces belles chansonnettes tombées de là-haut soi-disant, mais qui finissent par retomber en lames de couteaux sur nos cœurs perfides et avides de formulations réconfortantes. Maman ? Pourquoi m’avoir infligé cela ? Grand Dieu ! Je souhaite à tous ces gens qu’ils se cassent la figure une bonne fois pour toutes, les uns sur les autres de préférence, tous ces cloportes de Panurge, pour qu’ils sentent combien le sol est dur et rugueux…


chapitre 3
Le rôle de l’artiste c’est de regarder au ciel et d’attendre l’inspiration de Dieu. Pas donné. Je vois, je sens j’entends, et j’attends que ça se passe. Voilà enfin un bon présage. Voici un homme qui va avoir une fin glorieuse, injuste et qui n’aura plus jamais de problème. Ça y est ! Les choses sont plus claires.
Depuis que je suis petit, je dessine de la même façon. La montée vaut bien la descente. Enfer et paradis sur la ligne de la vie terrestre. Tiens ? Une déviation. Je contourne. Le saint suaire et le tout saint-frusquin fondent aussi bien que les glaciers.


Chapitre 4
Pas plus tard qu’il y a une semaine, j’ai essayé de refaire le monde… Je me suis tout d’abord penché sur le cas de la nature, l’ultime référence en tout coin. Mais autour de moi, je dois bien dire qu’elle n’est pas très envoûtante, trop mêlée peut-être à l’enivrement, si bien que tout s’est confondu dans une mélasse puante. Mais lorsque l’erreur est faite, il reste difficile de revenir en arrière ; quoi qu’il en soit, il me fallut beaucoup de temps pour revenir sur une délimitation plus nette afin de séparer la verdure grimpante du béton mal armé. La séparation homme/nature fut enfin achevée, traduisant involontairement un penchant pour un certain primitivisme précolombien sur le tard. Cela reste malgré tout dans un certain esprit contemporain dans l’hypothèse d’une apocalypse joyeuse.
Il ne restait plus alors que les villes contenant les hommes ; les mêmes hommes qui ont bâti de leurs mains cette tour de Babel où personne ne se comprenait : donc, le dominant et le contenant ne font qu’un et se retrouvent à la même place. Je décidai de tout laisser en l’état et de ne m’occuper que de la lumière.
Ce fut bien le moment le plus épineux de cette refonte générale, car lorsque la clarté n’est pas, c’est l’obscurité ; et lorsqu’il fait noir, je ne peux rien faire. Tandis que, par ailleurs, lorsque l’illumination bat son plein, tout est blanc et l’objet de mes désirs ne peut être décelé que par la présence des objets adjacents : je décidai de tout laisser en l’état. À nouveau.
Finalement, l’un dans l’autre, nature et environnement, lumière, obscurité et objets, conclurent un pacte en se décomposant dans un mélange non désagréable. J’y perdis la perspective du sens de ma vie dans une sorte de chambre obscure aux images inversées ; mais tout cela me convenait tout à fait. Était-ce bien nécessaire de se faire autant chier ?


Chapitre 5 - aphorismes arrogants.
— Bienheureux les pauvres en esprit critique.
— La mort. Elle corrige les mœurs en riant.
— Je crains les Grecs, même quand ils font des offrandes de légumes secs.
— Qu’ils soient ce qu’ils sont, ou qu’ils ne taisent pas.
— Il a remporté tous les suffrages, celui qui a su mêler l’inutile au maléable.
— Que celui qui a des oreilles pour entendre, entende et ferme sa braguette.
— Épargnez ceux qui se soumettent et domptez la superbe. Elle, ne vous épargnera pas.
— L’esprit est prompt, mais la chair est faible. Et le foie domine les humeurs.


Chapitre 6
Un savant se promène le long du fil du rasoir. De part et d’autre, c’est le chaos. Peut-il remédier à la confusion si ce n’est par la confusion elle-même ? Et quoi qu’on pense de cet homme, selon toute logique ou toute morale, pour qui se prend-il ? Là où l’on croit que l’ordre va resplendir à nouveau, c’est un désastre qui arrivera. C’est étrange comme le réel ne paraît pas toujours ce que l’on voudrait qu’il soit. C’est alors que tous les coups sont permis, même les plus mesquins, même les plus prestigieux. Qu’adviendra-t-il de nous lorsqu’il n’y aura plus de place pour les titans pétrolifères ? Que nous nous battrons pour un minimum d’espace transcendantal dans la potasse médiatico-matérialiste qui aura submergé les cons et les faux ?
À bien y songer, même la philosophie éminente ne peut être d’un grand secours ; il lui faudrait être en mesure de l’utiliser à bon escient, un bon mode d’emploi et une cervelle à toute épreuve des balles. Ce n’est pas l’envie qui manque, l’envie de tout avaler, de tout griffer et arracher, pour enfin découvrir ce qu’il y a dessous, histoire de voir ce que cachent les apparences ; vous savez ? Celle qui vous donne des envies de…
Si je ne peux rien faire d’autre que de m’aplatir devant ce monde, car, si je tentais même d’aller à son encontre, c’est encore lui qui gagnerait et ne manquerait pas de m’engloutir comme toute autre forme de rébellion ou de subversion un tant soit peu hypnotisée, médiatisée tout au plus. Comme je me répète souvent, et comme j’ai tendance à croire en ce que je dis, et jamais en ce que je montre malgré tout ce qui s’y trouve de convaincant, parfois, je recommence inlassablement ces identiques formules, ces similaires paraboles avec le même œil braqué sur vous ! Ça vous gêne ? Vraiment ? Tant pis.
Alors ? Que nous reste-t-il après avoir tant fustigé envers et contre tout ? Pas grand-chose sans doute si ce n’est une certaine satisfaction personnelle qui ne peut, bien entendu, ne pas prétendre accéder en d’autres lieux que ceux de la noirceur quotidienne.


Interlude − petites annonces
— Cherche aide, humaine ou artificiellement intelligente, pour éventrer tous les penseurs et ouvriers qui font croire que tout peut être simple dès qu’on ne sort plus de chez soi.
— Monsieur, 50 ans, offre voyage et séjour dans pâté campagnard du sud-ouest à petite femme sympa, pour élaguer une vie barbouillée et insignifiante ; peut-être plus de tortures si affinités.
— Cherche vieux cadre ventru pour embaucher tous les parasites qui ne pensent qu’à projeter leurs problèmes dans la vie des autres afin de mieux s’en débarrasser. Salaire conséquent.
— Femme, 35 ans et plus, grande, mince, brune, aime la vie et cherche perle rare. Un homme qui n’aura pas peur d’être aimé et d’aimer pour partager son malheur et l’épauler dans les tourments divers de la vie qui passe affreusement lentement. Fournir les béquilles.
— Cherche partenaire de tout rebord pour flageller et/ou éliminer ceux qui prêchent au petit bonheur sous une mine sympathique et qui vous laisseront tomber au premier coup de mou. Accessoires à disposition.
— Homme, 32 ans, souhaite rencontrer jeune femme entre 25 et 65 ans, simple d’esprit, empathique à l’occasion, décontractée du clitoris, pour relations vaginales et vivre un avenir à deux si mésentente ; enfant handicapé accepté.
— Cherche n’importe qui pour trépaner tous les étroits d’esprit qui fuient la remise en question sous le bouclier d’une certaine éducation rassurante et crédule. Judéo-chrétiens s’abstenir. Le travail est déjà fait.
— Veuve, 57 ans, bonne éducation, recherche Monsieur, grand et sérieux, entre 57 et 58 ans pour sorties de route et afflictions sous couvert d’une bonne mutuelle.
— Chercheur en onirologie donne servilement excédent de vitriol à destination de tous les impudents irrésistibles vous faisant gober que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Seringues en sus.
— Homme, 47 ans, grand, libre, cadre supérieur, voudrait vivre vraie, forte et tendre dépression à deux si, et seulement si, vous êtes de bon niveau ; de préférence grande, sportive, élastique, de 13 à 40 ans. Je vous attends.
— Homme, 55 ans, très aisé, bon physique, cherche femme, bien philosophiquement, gentille au martinet, pour partager une vie peureuse. Photo indispensable. Si possible ne travaillant pas.
— Monsieur, 48 ans, profession libérale, haute situation, très bien physiquement, sérieux, distingué, marié et ne souhaitant pas divorcer, recherche jeune femme entre 20 et 30 ans, simple et modeste, affectueuse, disponible la journée pour entretenir une relation physique sur le ring. Venir en short et seins nus.
— Belle brune, yeux verts, 26 ans, sensuelle, câline, cherche bonhomme de plus de 50 ans, pour entrées et sorties en matière dans des lieux interdits au public. Moins si affinités. Réponse assurée si enveloppe affranchie jointe.


Chapitre 7
Il n’y a aucune séparation du bien et du mal, puisque l’un vit de l’autre. Je sais ce qui est bien parce que j’ai fait du mal. Il faudrait éduquer les enfants par le mal pour qu’en surgisse le bien et vice versa, sans les enfermer dans l’un ou l’autre de ces versants. Il nous faut mériter notre place pour pouvoir justifier de notre sainte parole. Encore une idée fausse, car dans ce cas, je n’ai pas droit à la parole. Alors ? Qui l’a ? N’importe qui, n’importe comment ? Quelle horreur !
Et puis d’abord ? Ça veut dire quoi mériter sa place ? Il n’y a aucune place à tenir. Sinon quelques endroits privilégiés du globe fonctionnel… et après… Encore une illusion de la vérité transhumaine ? Et j’en reviens à l’éducation. C’est elle qui nous dicte ce qui est vrai de ce qui ne l’est pas. Car il faut bien l’avouer, il n’y a rien après ce qu’ont dit papa et maman. S’il y avait quoi que ce soit, on le saurait depuis longtemps. Alors vous me direz : oui mais… zut !. Il n’y a pas de mais qui tienne. Car le doute est déjà une fin en soi !


Chapitre suivant. Numéro ? Sais plus. Suis-je bête ? C’est la conclusion.
Les gens.
Les gens ne sont pas. Ils n’existent que dans l’imagination.
Les autres.
Les autres ne sont là que pour nous faire croire que la solitude fœtale ne se gave que dans l’esprit.
Ceux-là.
Ceux-là sont ceux qui passent chaque jour près de vous ; trop près peut-être.
Tout le monde.
Tout le monde sait que chacun est là pour dire que tout ira bien. (relire : Les autres).
Untel.
Untel ou une-telle vous affirmera en n’importe quel lieu que son présent est bel et bien réel ; jusqu’à la tombe.
Ils.
Ils rejettent toujours la faute sur les autres sans même s’être posé la question de qui fait quoi.
Il ou elle
Il ou elle ? Quelle importance puisque ce ne sont que des anonymes interchangeables.
Je
Je vous le dis en toute sincérité, je ne sais pas qui est moi. Qui ?
L’humanité.
L’humanité est un magma organique qui tournera encore longtemps sur lui-même avant de s’autodétruire joyeusement en s’enduisant de foutre radioactif.

Fin. Enfin…