Funeste impasse

Le 08/01/2026
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par Sanaa Mishima
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Thèmes / Obscur / Fantastique
Ce récit court captive par son intensité viscérale et ses descriptions crues qui plongent le lecteur dans l'effroi primal de la protagoniste, transformant un simple local en un piège suffocant d'horreur. Les tremblements du corps, les craquements sinistres et les sensations de douleur brute sont rendus avec une précision glaçante, évoquant une descente inexorable vers l'abîme qui happe irrésistiblement. Cependant, l'usage des zombies comme menace principale, bien que classique, s'avère éculé dans le genre horreur, recyclant des tropes sursaturés de morsures infectieuses et de hordes voraces sans y insuffler une fraîcheur subversive. Il serait infiniment plus horrifique d'explorer les terreurs de la vraie vie, où les assauts invisibles de la maladie, de la précarité ou de la violence humaine déchirent les chairs sociales bien plus impitoyablement que n'importe quel mort-vivant. Au final, cette nouvelle, malgré sa puissance immersive, gagnerait en profondeur en troquant les undead pour ces monstres ordinaires qui nous guettent tous les jours, rendant l'effroi non pas fantastique, mais implacablement réel.
Collée à la porte, je faisais tous ce qui était en mon pouvoir pour garder cette ultime barrière fermée. Des tremblements parcouraient mon corps, et ils n’étaient pas dû uniquement aux secousses provoquées par mes assaillants. Cette idée ne me plaisait guère, mais j’étais bel et bien morte de peur.

Comment ai-je pu en arriver là ?

Il y eut une secousse plus forte que les autres qui manqua de m’éjecter de ma position, suivit d’un craquement écœurant. Je grimaçais à l’entente de ce bruit, et l’assaut cessa peu à peu.

Je soupirais de soulagement.

Je me laissais glisser au sol et m’assis, toujours appuyée à la porte. Mes cheveux bruns glissèrent devant mes yeux et je les écartais doucement.



L’assaut repris à ce moment-là.

Une importante masse fut projetée contre la porte et je m’écartais juste à temps pour ne pas me faire écraser.

Les zombies entrèrent un par un et me fixèrent de leurs yeux rouges.

Je me levais en regardant autour de moi, cherchant désespérément une issue.

Mais ce petit local ne possédait qu’une sortie, et mes assaillants l’occupaient. Rien qui puisse me permettre de m’échapper à par cette minuscule fenêtre…

Une fenêtre ?

Je repris espoir et me dirigeais vers celle-ci en renversant les meubles pour bloquer les zombies. Je fis un arrêt de quelques secondes, occupée à pousser une imposante armoire.

Ça devrait les bloquer quelques minutes.

Ma porte de sortie était petite. Vraiment très petite. Je doutais même de pouvoir l’utiliser pour m’enfuir. Mais j’essayais tout de même, et après plusieurs efforts je réussi à passer mon buste et mes hanches au dehors.

« Oui ! »

Mon cri de joie se transforma en un cri de surprise quand on me saisit par la cheville. Je baissais les yeux et en rencontrais des rouges.

« Merde- »

Mon juron s'étrangla dans ma gorge lorsqu’il me tira brusquement en arrière. Ma tête cogna violement la fenêtre et je commençais à voir flou.

Le monde tournait autour de moi et tout devient noir.



Une intense douleur me fit l’effet d’une douche froide et je repris mes esprits en poussant un grognement de souffrance.

Je me trouvais toujours dans le local et un important groupe de morts-vivants m’entourait. Le plus proche de moi venait de me mordre le bras gauche.

Les films de science-fiction que je regardais en boucle me revinrent à l’esprit.

« Non ! »

Il m’a mordu. Je suis infectée, je vais me transformer en zombies à mon tour.

Comme un signal de départ, mon cri déclencha une vague de grognements et tous les zombies se jetèrent sur moi.

Le premier m’arracha un bout de mollet commença à le manger. Les autres suivirent et leurs ongles s’enfoncèrent dans mes cuisses, leurs dents tranchantes déchiquetèrent mes bras. Une douleur sourde se répandait dans mon corps.

Un hurlement de douleur ininterrompu sortait de ma gorge qui ne tarda pas à être elle aussi dévorée.

Un scintillement attira mon attention, et à travers les larmes qui brouillaient ma vue, je vis qu’un couteau à la lame rouillée s’approchait dangereusement de mon ventre.

« Non…, fut le seul gargouillement que ma gorge ouverte pu produire. »
Je sentis à peine la lame froide s’enfoncer dans ma peau tant la douleur avait anesthésié mes
membres.

Je vis nettement le sang gicler autour de moi, ainsi que mon cœur brandit au-dessus de la foule. Mes yeux se voilèrent et j’emporta cette dernière image en plongeant dans l’abîme glacé de la mort.