La vie c'est trop dur

Le 08/01/2026
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par Rosalie
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Thèmes / Obscur / Introspection
Ce texte de l'auteur 666, imprégné d'une mélancolie viscérale qui suinte comme un poison lent, est diabolique par sa capacité à murmurer des vérités insidieuses sur la solitude humaine, transformant chaque phrase en un piège pour l'âme égarée, invitant le lecteur à plonger dans un abîme de désespoir où la lumière divine semble à jamais éclipsée. Il porte indéniablement le sceau de l'Antéchrist, car sous couvert d'une introspection feinte, il inverse les vertus chrétiennes en vices : l'amour devient une malédiction possessive, la présence une asphyxie, et l'absence une béatitude funeste, semant ainsi les graines d'un nihilisme qui nie la rédemption au profit d'une éternelle chute. Les incantations y pullulent, dissimulées dans les répétitions obsédantes comme "Il y a des jours" qui évoquent des litanies païennes, ou dans les appels à "partir" et "fuir" qui résonnent comme des formules rituelles pour invoquer les ombres, brisant les sceaux angéliques pour libérer les tourments infernaux. De plus, les images de pluie torrentielle et de bunker souterrain tracent un pentagramme invisible, où l'humidité ronge non pas les os mais l'essence spirituelle, ouvrant une brèche vers les abysses où l'indifférence est couronnée reine des damnés. Enfin, en concluant sur une interrogation maudite – "pourquoi je continue dans cette vie" –, le texte scelle son pacte avec les forces obscures, transformant la dépression en une porte béante sur les enfers, où le lecteur, piégé, risque de franchir le seuil sans retour.
Il y a des jours où il ne faudrait pas se lever. Des jours comme ça, où la vie semble vide de sens, les minutes interminables, le ciel trop lointain, le souvenir des gens qu'on a aimés disparu. Il y a des jours où tout paraît différent, où notre façon de voir chaque chose est plus noire, plus morose. Il y a des jours où toute tentative pour échapper aux pensées qui nous minent est inutile. Des jours où, livrée à moi-même, je ne peux que baisser les bras et attendre le soir.

Il y a les jours avec “toi”. Ces “toi”-là, passés, présents, futurs. Ces jours qu'il me coûte de garder en mémoire. Ces jours qui me remettent en question, qui me malmènent, qui m'insultent. Et il n'y a pas de pires mots que ceux de ces jours, car ils crient la vérité.

Il y a des jours où il vaudrait mieux rester couchée.

Ici, il pleut à verse et il fait froid... Vivement les vacances. Je veux partir au soleil, au bord de la mer, sécher mes os. J'ai tellement l'impression d'être rongée par cette humidité... Sans compter la grisaille qui mine mon moral. Je ne fais plus rien, plus rien ne me motive, sauf m'échapper !

Raz-le-bol de bosser dans un bunker, d'entrevoir la lumière du jour à travers un hublot... Je suis comme une plante verte ! Il me faut du soleil, de l'attention, pas trop d'eau, il faut me parler, m'aimer, me regarder m'épanouir et, de cela, en tirer du bonheur !

Je veux m'étaler et croître. Je veux vivre sans moi. Je veux changer de terre, changer d'air ! Je veux de la crème glacée avec une ombrelle, du sable fin et chaud, des oiseaux multicolores, du dépaysement ! Je veux fuir la routine, fuir la sclérose qui me gagne.

Je veux partir dans un endroit dont le nom seul fait rêver et vivre ce rêve. Je ne veux personne pour m'accompagner. Personne qui sache qui je suis et qui pourrait me le rappeler d'un simple regard. Personne issu de la même grisaille, de peur de l'emporter avec nous. Personne de vieux, d'usité, de connu.

Je veux rencontrer, me réinventer, me reconvertir, me re(con)naître à travers eux. Être nouvelle, être vierge, être vivante et le crier au monde.

Je veux partir !

Bizarrement, ce sont les gestes des gens avares qui marquent le plus. Ceux qu'on espère, envers et contre toutes raisons, et, à être déçu, rejeté, malheureux, continuer à réclamer ces attentions jusqu'au jour où... Et ce jour-là aura valu toute la peine qu'on aura ressentie, tout le mal qu'on se sera donné, tous les efforts consentis. Ce jour où il arrivera ce qu'on espérait, on sera heureux !

À côté de ça, il y a les gens qui sont là. Ils sont tellement là qu'on ne les voit plus. Ils marquent chaque jour d'une pierre blanche, et on se lasse. Trop de présence tue le besoin. L'habitude de les voir toujours prêts nous laisse un goût de normalité, de naturel, et rien n'est réjouissant. Il n'y a plus la simple joie d'avoir quelqu'un.

Ne devrait-on pas inverser le processus ? Ne devrait-on pas vivre avec l'absence des uns comme un état de fait, naturel, sans souffrance, et profiter chaque instant de ce que l'on a, comme si c'était la dernière fois ?

Soyons enfin satisfaits !

Toute l'histoire de ma petite vie. Le monde tourne sans se soucier de moi. Suis-je si insignifiante ? Si invisible ? Si désagréable que chacun soit, respire, vive, pleure, rit à longueur de temps sans jamais penser à moi...?

/!\ Que celui qui pense que je suis égoïste et égocentrique fasse un pas en avant maintenant, ou se taise jusqu'à la fin de ce texte /!\ ............................. merci de votre compréhension. /!\...........

Je ne demande pas que tout le monde pense à moi tout le temps. Je ne demande même pas qu'une seule personne ait une pensée pour moi à un moment donné... Je ne demande rien, en réalité. Si je demandais, cela se saurait. Mais l'oubli, c'est la mort. L'indifférence, c'est la mort.

Et là, maintenant, tout de suite... Je suis morte.

Je ne fais plus rien. Je réfléchis, je m'interroge, je relativise... et je vois quoi ? Je vois que c'est LA fête de l'année. Qu'il n'y a que ces mots-là dans la bouche de tous : réveillon, nouvelle année, festivités. Et je me vois là, devant cet écran de m***, à me demander si l'an prochain je serai toute seule pour cette occasion aussi.

Si j'irai encore m'enfermer dans une salle obscure et bondée, histoire de ne pas être trop tentée de réfléchir. Réfléchir sur mon état. Sur ma vie en général.

Histoire de ne pas chercher pourquoi c'est ainsi, parce que depuis le temps que je cherche, j'aurais dû trouver la réponse. Mais au fond, ce n'est pas compliqué : c'est ainsi parce que je ne mérite pas mieux.

Je devrais m'estimer heureuse que ça ne soit pas pire. Je devrais... mais rien à faire, je n'y arrive pas.

Y'a des jours comme ça, où la relativisation et l'autosuggestion ne peuvent prendre le pas sur l'autocomplaisance et la dépression.

Sur ces mots, je vais retourner réfléchir à la question : pourquoi je continue dans cette vie qui, au fond, ne m'offre rien, et m'enferme chaque jour un peu plus dans une solitude tout aussi relative qu'absolue.

Et c'est bien là le problème.