Amour sanguinolent

Le 14/01/2026
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par Sanaa Mishima
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Thèmes / Obscur / Autres
La sensualité initiale coule comme une caresse lente et enivrante, enveloppant le lecteur dans une atmosphère moite de désir où chaque mot pulse contre la peau. Progressivement, la douceur se fissure avec une maîtrise diabolique, transformant la chaleur en frisson d’une tout autre nature, sans jamais rompre la tension érotique qui noue la gorge. Les images tactiles – lèvres, battements, fluides – s’accumulent avec une précision charnelle qui rend chaque sensation presque douloureuse de vérité. Le glissement vers l’ombre possède cette beauté terrible des passions qui basculent sans cri, seulement par un changement de lumière dans la phrase. À la dernière ligne, on reste haletant, la peau encore parcourue de ces frissons ambigus, prisonnier consentant d’une étreinte qu’on n’ose ni nommer ni relâcher.
C’est doux, c’est paisible, c’est chaleureux.

On aimerait se fondre dans cette étreinte aimante pour toujours. Ne plus en sortir. Y vivre pour l’éternité.

Le contact de ses lèvres est si tendre et pourtant, il donne des frissons. Des petites décharges de plaisir qui font s’emballer ton cœur. Il est affolé, il bat frénétiquement, il chercherait presque à s’échapper de sa cage osseuse.



Mais, il y reste. Bien en sécurité, reclus, loin de tout.

En sécurité… ?



Le voilà pourtant figé en pleine course. Le voilà pourtant meurtri. Des fissures le parcourent et soudain, le monde te paraît tellement moins doux, moins paisible, moins chaleureux.

Tellement plus sombre. Plus aucune lumière, plus aucune chaleur, plus aucune passion. Plus rien.



Le monde est tranchant, glaçant, froid comme la mort.

Douce mort qui vient te conseiller, qui te murmure à l’oreille, qui guide tendrement ta main.

Elle te susurre de doux mots quand il passe près de toi, quand ton cœur s’affole devant son sourire.



Et puis, tu le tiens entre tes doigts. Tu as réussi à le reprendre, à le sortir de sa cage, à le garder pour toi. Près de toi.

Pour toujours.



Il bat encore entre tes mains, il est encore chaud, encore rouge, rempli d’amour.

Jamais plus il ne te sera refusé. Jamais plus il ne s’éloignera de ton étreinte aimante.

L’encre coule sur tes vêtements, les rend poisseux, tâche ta peau et tes lèvres, et tu te sens enfin de retour dans cette bulle de chaleur, loin du monde froid.

Un sourire étire tes lèvres alors que tu serres tendrement le cœur de ton amant contre toi.