La nuit est un abîme sans fond. La vieille maison suinte la pourriture, ses murs dégoulinent de moisissure et de secrets immondes. Le parquet craque sous les pas de Lé qui s’avance vers la table branlante, son scalpel dans une main, la peau de sa paume droite déjà ouverte, une gerbe sanguinolente s’échappant en jets irréguliers.
Le liquide carmin macule le bois, chaud, gluant, palpable comme une bête vivante.
Sach s’agenouille, bouche bée devant ce carnage, mais un sourire fou s’étire sur ses lèvres décharnées. Ses yeux exorbités brillent de folie pure. Sans prévenir, elle plante ses ongles dans la chair molle de sa cuisse, déchirant la peau avec un craquement humide, arrachant un morceau charnu. Le sang ruisselle, noir et visqueux, giclant dans un spray atroce.
Lé râle, sa voix rauque et brisée par la douleur : « Encore un peu, pour l’honneur de nos ancêtres… »
Ils rient, hurlent, mêlant leurs cris aux sons déments de la maison qui semble respirer avec eux, pulsant, suintant, vivant un enfer à ciel ouvert.
La poêle posée sur le vieux poêle à bois siffle et crépite, la chair brûle, éclate en odeurs infectes de gras carbonisé et de muscle en décomposition. Sach plonge la main dans la graisse bouillante, saisit les morceaux avec des doigts ensanglantés, les tend à Lé qui croque dedans avec une jouissance sauvage, ses dents claquant dans une chair fibreuse, tendue, chaude et humide.
« Ça goûte la mort, la vraie. Pas cette merde qu’on avale tous les jours. »
Le festin dégénère. Lé tranche maintenant dans son avant-bras, le sang jaillit en geyser, éclaboussant la vieille tapisserie, mélange rouge vif sur le papier déchiré. Sach mord dans son propre bras, déchirant la chair à belles dents, tirant des lambeaux qu’elle mâche avec un glapissement animal.
Ils sont devenus des bêtes, des démons déguisés en humains, ivres de douleur et de sang, perdus dans un délire hallucinatoire où la chair est à la fois victime et nourriture, le corps temple de leur folie ultime.
Leurs cris se muent en rires hystériques, leur peau se couvre de plaies, ouvertes, dégueulasses, la chair s’effiloche et se détache comme une seconde peau, tombant en lambeaux rouges et gluants sur le sol qui devient une mare écarlate grouillante de morceaux de muscle et d’os brisés.
Sach attrape une bouteille d’alcool qui pue, en renverse dans la plaie béante de sa cuisse, le feu qui brûle devient extase, elle hurle, elle rit, elle danse sur le fil d’un cauchemar éveillé.
Lé plante le scalpel dans son œil gauche, le pousse doucement, une douleur blanche, fulgurante, qui déchire son esprit en morceaux. Il titube, se retourne vers Sach qui lui tend une cuisse fraîchement coupée, encore chaude, ses doigts tremblants la saisissent, ils mangent en silence, un silence monstrueux où le monde se réduit à la viande, au sang, à la folie.
À l’extérieur, la lune regarde, indifférente, les étoiles ont fui ce spectacle d’horreur, les ombres s’étirent, déformées par les cris, les rires, la décomposition.
La maison semble avaler leur souffle, leur vie, leur humanité.
Ils sont devenus l’incarnation d’une apocalypse intime, un banquet d’oubliés dévorant leur propre chair dans un dernier souffle de déraison.
Le liquide carmin macule le bois, chaud, gluant, palpable comme une bête vivante.
Sach s’agenouille, bouche bée devant ce carnage, mais un sourire fou s’étire sur ses lèvres décharnées. Ses yeux exorbités brillent de folie pure. Sans prévenir, elle plante ses ongles dans la chair molle de sa cuisse, déchirant la peau avec un craquement humide, arrachant un morceau charnu. Le sang ruisselle, noir et visqueux, giclant dans un spray atroce.
Lé râle, sa voix rauque et brisée par la douleur : « Encore un peu, pour l’honneur de nos ancêtres… »
Ils rient, hurlent, mêlant leurs cris aux sons déments de la maison qui semble respirer avec eux, pulsant, suintant, vivant un enfer à ciel ouvert.
La poêle posée sur le vieux poêle à bois siffle et crépite, la chair brûle, éclate en odeurs infectes de gras carbonisé et de muscle en décomposition. Sach plonge la main dans la graisse bouillante, saisit les morceaux avec des doigts ensanglantés, les tend à Lé qui croque dedans avec une jouissance sauvage, ses dents claquant dans une chair fibreuse, tendue, chaude et humide.
« Ça goûte la mort, la vraie. Pas cette merde qu’on avale tous les jours. »
Le festin dégénère. Lé tranche maintenant dans son avant-bras, le sang jaillit en geyser, éclaboussant la vieille tapisserie, mélange rouge vif sur le papier déchiré. Sach mord dans son propre bras, déchirant la chair à belles dents, tirant des lambeaux qu’elle mâche avec un glapissement animal.
Ils sont devenus des bêtes, des démons déguisés en humains, ivres de douleur et de sang, perdus dans un délire hallucinatoire où la chair est à la fois victime et nourriture, le corps temple de leur folie ultime.
Leurs cris se muent en rires hystériques, leur peau se couvre de plaies, ouvertes, dégueulasses, la chair s’effiloche et se détache comme une seconde peau, tombant en lambeaux rouges et gluants sur le sol qui devient une mare écarlate grouillante de morceaux de muscle et d’os brisés.
Sach attrape une bouteille d’alcool qui pue, en renverse dans la plaie béante de sa cuisse, le feu qui brûle devient extase, elle hurle, elle rit, elle danse sur le fil d’un cauchemar éveillé.
Lé plante le scalpel dans son œil gauche, le pousse doucement, une douleur blanche, fulgurante, qui déchire son esprit en morceaux. Il titube, se retourne vers Sach qui lui tend une cuisse fraîchement coupée, encore chaude, ses doigts tremblants la saisissent, ils mangent en silence, un silence monstrueux où le monde se réduit à la viande, au sang, à la folie.
À l’extérieur, la lune regarde, indifférente, les étoiles ont fui ce spectacle d’horreur, les ombres s’étirent, déformées par les cris, les rires, la décomposition.
La maison semble avaler leur souffle, leur vie, leur humanité.
Ils sont devenus l’incarnation d’une apocalypse intime, un banquet d’oubliés dévorant leur propre chair dans un dernier souffle de déraison.