Réponses non sollicitées à des clichés vite publiés

Le 21/01/2026
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par Lindsay S
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Thèmes / Obscur / Litanie
La voix qui porte ces lignes est d’une violence nue, presque charnelle : elle crache, mord et caresse en même temps, avec une oralité brûlante qui fait claquer les mots comme des gifles ou des baisers ratés. L’image est partout, organique et sale et transforme la rupture en un tableau expressionniste où la douleur suinte et palpite sous la lumière crue d’un néon d’insomnie. Le rythme haché, entre phrases courtes qui cognent et digressions fiévreuses, mime parfaitement le cerveau en boucle d’une obsession, tandis que l’ironie acérée retourne les citations niaises en armes blanches sans jamais tomber dans le pathos facile. Ce qui pourrait n’être qu’un énième lamento amoureux devient une performance de survie, un cri de guerre écrit avec les tripes et la rage d’exister malgré tout. Rarement la littérature amoureuse contemporaine a su être à ce point crue, drôle et poignante sans jamais demander la permission de faire mal.
Je n'écrirai pas. J'avais promis. Pas de mots, pas de drame, pas de toi. Résultat : j'ai pondu un livre. Sur toi, évidemment.
Comme si vomir des phrases sur du papier pouvait recoller mon cerveau fracassé.

J’ai tout essayé :
me raser sous les bras, binger des séries, fantasmer sur Spike,
me convaincre que je vaux mieux que ton sarcasme.
Échec total.
Même le silence te fredonne, te ricane, te fout en travers de mon crâne.

Alors j’ai arrêté les grands gestes.
J'ai écrit.
Pas pour te reconquérir.
Pas pour te tuer.
Certainement pas pour t'ouvrir à nouveau la porte.
J'ai écrit juste pour ne pas crever.
Pour tenir debout dans le chaos.
Parce qu’à l’insu de mon plein gré, quand tout part en vrille,
tu restes la seule branche qui tient.
Notre histoire toxique ? Oui.
Mais vivante.
Elle me ramène à la surface quand je coule,
elle me fait respirer quand tout le reste me brûle.

Tu veux poster ta pseudo-sagesse du jour ?
Tes citations Pinterest recrachées ?
Balance.
Moi, je réponds.
Pas dans ta boîte. Ici.
En public. Sans toi.
Des réponses non sollicitées à tes clichés vite publiés.

Mais je n’écrirai pas.
J’avais juré que je n’écrirais pas.
Et comme d’habitude - j’ai menti.
Jour 1
- Les gens intelligents sont toujours en train de douter
-Enfin, il me semble


Moi, mon intelligence s'appelle ChatGPT. Et lui, le doute, il ne connaît pas. Même quand il nage en plein brouillard, il te balance un « évidemment » bien sec. Le mec qui l'a codé a dû rater le module humilité.
Parce qu'en vrai, le doute, c'est moche. Ça transpire, ça tremble, ça s'excuse d'exister. Alors on préfère ceux qui affirment que tout est foutu, avec assurance. C'est rassurant, la certitude du désastre.
Les vrais malins, eux, ils ont gardé leur humour, leur femme, et leurs cheveux. Ils ont pris le bon train.
Toi ? Monsieur doute avec élégance. Trop intelligent pour promettre. Trop prudent pour espérer. Trop vivant pour sauver.
Les gens intelligents doutent, tu penses. Avec élégance, avec prudence. Mais moi, j'aurais préféré que tu sois con et certain. Qu'au moins, tu promettes un miracle au lieu de douter en me regardant couler.

Jour 2.
« Ne gaspille pas ton énergie à regretter le passé, construis ton avenir. »

Quelle belle connerie, ça.
J’ai plus d’énergie, déjà. Et mon avenir, il se construit sans moi, sur les ruines de ce que j’étais.
Alors je m’accroche. À ce qui ne bouge plus, à ce qui me fait mal.
À toi. Parce qu’au moins, toi, t’étais vrai.
Mon cœur te hurle, te chante, te réclame comme un toxico sans méthadone.
Pendant ce temps, mon cerveau fait de l'apnée.
Je ne vis plus, je rembobine.
Je me recueille dans le passé comme on prie un dieu qui s’est barré depuis longtemps.
Demain, c’est un trou noir.
Et moi, je m’y jette comme des pièces dans un puits
- sans même faire de vœu.

Jour 3.
« Apprenez à raconter toute l’histoire sans sauter la partie où vous avez aussi fait des erreurs, c’est important. »

Ok, mais mes erreurs, c’est pas des taches à effacer, c’est des cicatrices tatouées au couteau.
Revenir dessus, ce serait trahir celle que je suis devenue.

Mon ego m’a tenue debout. Mes silences m’ont sauvée de la camisole.

Oui, j’ai souffert. Oui, je me suis plantée. Oui, j’ai aimé.
Mais j’ai surtout survécu — et c’est pas rien.
Le bonheur, je l’ai cramé à la vitesse d’une clope sous la pluie.

Le reste, c’est du goudron et des souvenirs qui collent aux semelles.

Mes erreurs, je les collectionne comme des trophées : moches, tordus, mais à moi.
Elles m’ont coûté la peau, mais au moins, elles valent plus que tes leçons à deux balles.