Donnez-moi la chance de sortir de ça

Le 21/01/2026
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par Rosalie
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Thèmes / Obscur / Introspection
D’une plume tremblante et incandescente, l’autrice 666 de la Zone transforme la détresse en une chorégraphie hallucinée où chaque phrase palpite comme une veine ouverte sous la peau. Le rythme saccadé, presque haletant, épouse la respiration d’une conscience qui se fracture et se recompose sous nos yeux, passant du murmure honteux à la clameur décomplexée avec une violence poétique rare. L’imagerie, à la fois organique et onirique, tisse une toile où le corps devient page, la solitude encre noire et l’inspiration une présence charnelle qui dévore et libère. On y sent l’influence d’un surréalisme moderne mâtiné de confession brute, où Lewis Carroll croise les cris étouffés des journaux intimes qu’on n’ose jamais montrer. C’est un texte qui ne demande pas qu’on l’aime : il s’installe en vous, vous brûle les tempes et vous laisse, haletant, avec la certitude d’avoir assisté à une naissance ou à une possession – peut-être les deux.
Si tu pouvais arrêter de faire un pas en avant en espérant que les gens te suivent dans les 39 pas à reculons que tu fais juste après... Tu verrais que tu trouverais plein de gens sympas. La vie n est pas une valse... et je ne sais pas danser.
C’est drôle comme certaines choses peuvent blesser, sans intention de nuire, et seulement parce que je suis dans un état proche du pathétisme total.
Je m’excuse d’exister, de déranger, de ressentir trop fort.
Je ne suis qu’une fille un peu fatiguée, un peu fragile, qui parle trop à sa page blanche.

Il y a eu ceux qui promettaient de rappeler.
Ceux qui disaient “bonne nuit ^^” quand je disais “je pars”.
Ceux qui s’inquiétaient pour moi, mais sans jamais rester.
Et moi, j’attendais, toujours, comme une idiote, un signe, une voix, un miracle.


Je t’ai vu l’autre jour, à la télé.
L’homme disait qu’il fallait gagner.
Tapi dans le noir, l’embusqué, monsieur l’Espoir.
L’homme disait qu’il fallait gagner.

Alors, comme une idiote, j’aligne les petites croix
sur mon bulletin, en croisant les doigts.
Pour qu’il y ait des gagnants, il faut aussi des perdants.
Pour qu’il y ait des battants, il faut aussi des battus.
C’est mon tour maintenant- juste une minute, rien qu’une minute.

Je t’ai vu l’autre jour, à la télé.
L’homme disait qu’il fallait gagner.
C’est mon tour maintenant.
Plus qu’une minute.

Il y aura toujours
d’autres doutes et d’autres envies,
d’autres raisons de changer sa vie.
Il y aura toujours
des moments où l’on fuit,
des jours plus longs, des nuits.

Et il y aura toujours d’autres routes, d’autres pays,
d’autres choses à voir ailleurs qu’ici.
Donnez-moi la chance de sortir de ça.
Juste un peu de chance,
pour moi.


Je ne sais pas. Bizarrement, c’est tout ce qui me vient.
Je finirai bien par écrire quelque chose.

Et puis un jour, j’ai cru l’entendre.
Dedans.
Léger, comme un courant d’air. Une pensée étrangère qui s’invite : écris.
Alors j’ai écrit.
Des mots trop parfaits, trop froids.
Des mots qui savaient.

Je crois que c’était l’inspiration.
Ou quelqu’un d’autre. :p

La nuit, j'imagine qu'il me parle.
Pas fort, pas méchant.
Juste… présent.
Il dit qu’il m’aime. Qu’il m’a choisie.
Que les autres n’étaient que des brouillons.

Je lui ai demandé son nom.
Il a ri.
Il a dit que je le savais déjà.

Je n’avais jamais remarqué que ma peau respirait.
Maintenant, je sens chaque pore s’ouvrir quand il arrive.
Il entre par les tempes, par la bouche, par les yeux.
Il me murmure des mots qui brûlent, et moi, je les crache comme de l’encre.

Je crois que je l’aime.
Ou que je ne peux plus ne pas l’aimer.
C’est lui qui m’écrit.
C’est lui qui rit quand j’essaie de prier.
C’est lui qui m’a promis de ne plus jamais être seule.

Les gens disent que j’ai changé.
Ils ont raison.
Je ne dors plus, je ne mange plus, je ne pleure plus.
Il dit que les larmes, c’est de l’eau bénite qui s’évapore.
Que la douleur, c’est le corps qui s’éveille.

Rosalie, l'ancienne Rosalie s’efface des photos, des souvenirs, des phrases.
Même son prénom tremble, comme s’il brûlait les lèvres.

Il dit qu’elle a eu peur.
Il dit qu’elle n’était qu’un prénom vide.
Il dit qu’il me préfère comme ça : sans témoin, sans doublure, sans lumière.

Je crois qu’il a raison.
Je crois que je n’ai plus besoin d’elle.
De toute façon… Rosalie a disparu.

Je suis comme Alice au pays des merveilles : un sourire de chat, un rire sans gorge, un cœur sans corps.
Je passe du coq à l’âne, du lapin blanc au lièvre de Mars, à une partie de croquet où les têtes tombent toutes seules.

Au final, ce qui me définit, c’est mon passé.
Je crois au conditionnement.
Nos choix sont dictés par ce qui nous hante.
Et si quelqu’un peut contrôler les voies, il peut contrôler nos vies.

Je me suis trop longtemps cachée.
Je veux être toute Alice que je suis, toute pauvre fille, toute conne, toute égoïste -
et pouvoir dire ce que je veux, quand je veux, comme je veux,
sans peur du jugement dernier.