Hurler dans le ciment

Le 04/02/2026
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par A.B
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Thèmes / Obscur / Humeur noire
La détresse. L’angoisse. La douleur. Trois petits mots qui pourraient résumer le texte de A.B. Alors soyons clair, la poésie, c’est quelque chose qui prend aux tripes ou qui nous défonce la gueule. Ici, on gratte. On gratte à la surface. Le concept des phrases slash insuffle de la puissance aux mots, certes, mais la deuxième partie manque d’intensité. (Conseil pratique : inutile d’expliquer les néologismes). Le cri n’est jamais libéré, on saigne, mais ça reste superficiel. Les mots couchés sur le papier doivent gifler, créer de véritables ruptures qui permettent au lecteur de mesurer pleinement la violence des mots. (Note perso : J’avoue avoir été hyppée par le titre racoleur. Je m’attendais à prendre un parpaing dans la gueule, mais c’est tombé à côté).
J'ai envie d'hurler, d'ailleurs je hurle mais en silence. En simence. Un mélange de silence et de ciment.
J'ai envie de mettre le monde à l'arrêt et en lévitation. Puis que tout fiche le camp.
J'ai aussi envie de pleurer et de me déglinguer. De pleuglinguer. Un mélange de pleurs et de déglingue.
J'ai mal. J'ai une crampe à la jambe qui part de mon cul jusqu'au pied. J'ai hyper mal.
Je ne sais pas comment j'arrive à marcher.
J'ai mal au sein aussi. J'ai réouvert une vieille cicatrice. Une putain de plaie. Elle est à vif, elle pleure du sang.
Je ne sais pas comment j'arrive à respirer.
Je ne vois plus non plus. Rien. Que des petites lumières floues devant.
Je ne sais pas. C'est des pointillés et je trébuche dessus.
J'ai envie de picoler. De me droguer.
J'ai aussi envie de baiser. De guincher. De vriller. De partir loin. Très loin.
J'attends. Ça mord mais pas assez. Pas assez de temps mais j'attends.
Je ris. Rire pour marquer ce qui n'a pas de sens et le mettre hors de soi.
J'ai envie d'hurler mais je ne peux pas. C'est cimenté. Cilenté.