L’histoire de Dolorès et de Jean-François Pull, métal, jaquette : les notifications existentielles

Le 09/02/2026
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par Madame Toulemonde
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Thèmes / Débile / Absurde
Je dois à la vérité de dire que ce texte est un BUG SYSTM.ERROR.ERROR. @_@ Insert. SYNOPSIS -----> Raconter des trajectoires humaines comme des notifications X_X -----> Raconter l’histoire humaine de Dolorès et Jean-François. Insert. STYLE AUTOR -----> Texte parlé / voix naïve. Insert. DONNÉES ADMIN -----> Au départ, le motif algorithmique fonctionne bien et donne un cadre absurde au récit. Seulement voilà, le texte s’étire. À force d’accumuler les étapes biographiques, le récit finit par ressembler à un entretien d’embauche raté : diplômes, échecs, reconversions. On ne découvre plus, on enregistre avant la chute. Finalement, on comprend le système, trop vite, et il tourne à vide. Insert. CONSEIL -----> RESET. Insert. DONNÉES SUPPL. -----> [Notes de bas de page] INSERT.
Il y a des billes qui avancent comme des algorithmes défectueux.
Il y a des trajectoires humaines qui déclenchent des notifications cosmiques mal calibrées.
Dolorès et Jean-François c’était jamais le bon moment, jamais le bon format.
Pull rose, métal militaire et jaquette de boucher, autant de signaux textiles d’un univers qui tente de leur
parler.
Le récit qui va suivre est une tentative de cartographie de ces notifications absurdes, des pop de leur
destin.
Je dois à la vérité de dire que Dolorès était une jeune fille de la banlieue de Charleroi.
Elle aimait la couleur rose, le dessin léopard, le cinéma à Ville 2 et les balades au Primark.1
Dolorès n’avait jamais réussi à fonder un couple durable.
Pourtant, elle avait une chouette approche avec les hommes : la sincérité2.
Elle leur disait qu’ils lui plaisaient quand ils lui plaisaient, et elle leur disait qu’ils ne lui plaisaient pas quand ils ne lui plaisaient pas.
C’est assez dire que ça a l’air simple comme ça, mais pourtant, c’est compliqué de dire la vérité.
Dolorès aimait les garçons quand ils étaient beaux, et surtout quand elle comprenait ce qu’ils disaient.
Elle ne comprenait pas pourquoi certaines de ses copines tombaient littéralement amoureuses des profs à l’école.
Elle, elle aimait les hommes de son âge, les gars ordinaires, ceux qui ressemblaient un peu à son père, mais en plus jeune.
Bref, Dolorès était une femme raisonnable.
Excusez-moi de vous le dire, mais Dolorès ne s’expliquait pas pourquoi aucun couple n’avait, avec elle, jamais réussi l’épreuve du temps.
Voilà, ça c’est l’histoire de Dolorès.
Maintenant je vais vous raconter l’histoire de Jean-François.
Jean-François, c’est un gars de Charleroi.
Il y a longtemps qu’il n’a pas vu de fille parce que ces derniers temps, il était comme qui dirait… à la plage.
Faut que je vous raconte : Jean-François, quand il était jeune, il a été tout de suite repéré à l’école parce qu’il était un bon élève.
Alors on l’a changé du lycée technique où ses frères et sœurs avaient été, et on l’a envoyé vers un collège où il a eu la chance de suivre un cursus intéressant : sciences fortes, math 8.
De cette scolarité, il est sorti premier de classe, et il a pu réaliser son rêve : intégrer l’École royale militaire.
Il était promis à un bel avenir. Dès le départ, il s’est montré brillant et il a été présélectionné pour devenir pilote.
Mais voilà, pilote, ça n’allait pas assez vite.
Alors il a commencé… il a doublé l’armée, disons, et il s’est inscrit dans une école privée.
Quand l’armée l’a appris, Jean-François s’est retrouvé pendant un an de corvée chiotte3.
Je dois à la vérité de dire qu’après avoir purgé cette petite peine, il a réintégré les cours de l’École royale militaire, réorienté vers une sorte de second choix.
Mais Jean-François, pour le dernier examen de la dernière année, ne s’est pas levé.
Il ne s’est pas présenté. Et il a donc échoué.
L’armée l’a obligé à travailler un peu pour eux, et puis tout à coup, puisque toute chose arrive un jour à son terme, il a été libéré.
Par chance, le petit frère de Jean-François avait une belle place : il était informaticien dans une grosse boîte.
Et dans cette grosse boîte, on manquait d’informaticiens.
Alors Jean-François, sans diplôme, s’est retrouvé dans le même service que son frère, avec un magnifique salaire.
Belle histoire.
Mais Jean-François, après trois mois, un matin, ne s’est pas levé pour aller au travail.
Du coup, il a été viré.4
Alors, comme Jean-François n’allait plus au travail, il est retourné à l’école.
Il a commencé un cursus de prof de maths, et trois ans plus tard, il était prof de maths.
Mais, comme à son habitude, Jean-François n’a pas pu se faire aux habitudes de ce métier.
Il aimait les maths, mais pas les élèves.
Alors Jean-François est allé voir son psychiatre, qui l’a déclaré inapte pour ce métier-là.
Les parents de Jean-François, ne sachant plus que faire, en ont parlé à sa sœur.
Et la sœur de Jean-François a accepté de l’engager comme concierge dans sa boucherie.
Jean-François bénéficiait d’un joli appartement au-dessus de l’atelier, et tôt le matin, quand la viande débarquait des camions, il rejoignait les ouvriers.
Et puis, il s’est habitué.
Il a aimé ce métier.
Il s’est mis à travailler avec eux.
Il a commencé un contrat d’apprentissage, il a eu un diplôme de boucherie avec mention très bien.
Il a quelque temps travaillé dans la boucherie de sa sœur et de son beau-frère.
Puis un jour, sans rien dire, il a débauché le meilleur garçon boucher et la meilleure vendeuse de son frère et sa sœur, et il a ouvert une boucherie juste à côté.
Le problème, c’est que Jean-François n’achetait pas la viande.
Il allait se servir directement dans les prés.
C’est comme ça que Jean-François s’est retrouvé à la plage.5
Et maintenant, c’est le moment où Jean-François, à peine sorti de la plage, prend le train pour Charleroi.6
À la gare, dans un guichet du Point Chaud, il y avait une petite serveuse.
Une petite apprentie serveuse.
Une petite apprentie serveuse en contrat d’insertion.
Une petite apprentie serveuse pas très jolie, avec un legging léopard et un pull rose.
Et Jean-François et le pull rose, depuis ce jour, ne se quittent plus.7
Ce récit a été généré par le moteur quantique de la vie ordinaire. Toute ressemblance avec des trajectoires humaines est purement algorithmique.














Notes de bas de page:
1 [Alerte cosmique] Aucun homme disponible dans votre zone. Voulez-vous élargir votre rayon de désespoir ?
2 [Donnée statistique] Vous avez dit la vérité. Risque de solitude accru : 87 %.
3 [Système militaire] Vous avez tenté de doubler l’armée. Mise à jour : corvée chiotte activée.
4 [Notification d’échec] Vous ne vous êtes pas levé. L’univers vous propose une reconversion en boucherie.
5 [Push karmique] Vous avez volé une vache. Le destin vous envoie à la plage.
6 [Pop-up quantique] Rencontre improbable détectée. Fusion textile en cours…
7 [Notification du destin] Pull rose synchronisé avec trajectoire chaotique. Connexion établie.