Jour 4
« Chaque jour est une promesse : aime plus, ris plus, vis plus intensément. »
Chaque jour me balance la promesse du mieux, et la promesse du toujours.
Comme si ça allait durer.
Comme si je n’allais pas finir cramée, lessivée, ou pire : remplacée.
Chaque jour me laisse quand même un droit :
celui de ne plus croire,
de ne plus promettre,
de ne plus me faire triturer le cœur comme une serpillière d’occasion.
Cette chasse au bien-être, au mieux-être, au toujours-être,
me colle à la peau comme une pub de coach de vie.
Pendant que mes objets rendent l’âme,
que mes envies s’évaporent,
et que mon cœur, lui, finit en puzzle, sans les bords.
On me promet encore des miracles.
Je ne crois plus aux miracles.
Je ne crois plus aux promesses. Mais j'ai foi dans l'intention derrière les mots. Et je n'ai pas le choix : je dois y croire.
Jour 5.
«On ne change pas par choix. On change quand on a été blessé trop de fois.»
Oui. J’ai changé.
Les blessures m’ont sculptée. Victime, proie facile, lumière pour les parasites. Exposée, à nu. “Appétissante, succulente.” Phare dans la nuit. Tous les insectes décadents accouraient.
Mais ça n’a pas duré. J’ai choisi de changer.
D'abord : endurcir. Je suis devenue vase. Froid, lisse, vide. Fait pour recevoir sans demander. Pour tenir sans vivre.
Puis : exploser. J'ai foutu en l'air le vernis. Retrouvé la matière brute : moi. La chair, les éclats. Rien de joli. Juste vrai.
Maintenant je brûle. Pas de marins à sauver. Pas de papillons. Juste un phare tranchant, imprévisible. Attirer ce qui doit brûler. Repousser ce qui traîne.
Je chuterai encore. Je le sais. Mais pas aujourd’hui.
Jour 6
«Selon les statistiques, une personne sur cinq est déséquilibrée. Donc si autour de toi quatre personnes te paraissent normales… panique.»
N’est-il pas jouissif d’être le déséquilibré de quelqu’un d’autre ? De celui qui se croit plus malin, plus stable, plus sain.
Aujourd’hui, dans nos vies trop normées, assumer son propre fil est un sport extrême. Et je marche. Sans regarder en bas. Flippant ? Oui. Mais je continue. Équilibrée pour l’un, désaxée pour l’autre. La tribu de l’un m’adopte. Celle de l’autre me condamne. Dévouée, attentive, je reste dans la mesure. Sur le fil. S'affirmer, c'est perdre son temps avec ceux qui refusent de comprendre.
Un jour, j’ai reconnu ton déséquilibre comme en miroir. J’ai cru que je serais comprise. Erreur. Chacun reste sur son fil : moi qui vacille, toi qui prétends marcher sur du béton. Tu crois tenir. Moi, je sais que je tombe. La différence ? Je ne mens à personne.
« Chaque jour est une promesse : aime plus, ris plus, vis plus intensément. »
Chaque jour me balance la promesse du mieux, et la promesse du toujours.
Comme si ça allait durer.
Comme si je n’allais pas finir cramée, lessivée, ou pire : remplacée.
Chaque jour me laisse quand même un droit :
celui de ne plus croire,
de ne plus promettre,
de ne plus me faire triturer le cœur comme une serpillière d’occasion.
Cette chasse au bien-être, au mieux-être, au toujours-être,
me colle à la peau comme une pub de coach de vie.
Pendant que mes objets rendent l’âme,
que mes envies s’évaporent,
et que mon cœur, lui, finit en puzzle, sans les bords.
On me promet encore des miracles.
Je ne crois plus aux miracles.
Je ne crois plus aux promesses. Mais j'ai foi dans l'intention derrière les mots. Et je n'ai pas le choix : je dois y croire.
Jour 5.
«On ne change pas par choix. On change quand on a été blessé trop de fois.»
Oui. J’ai changé.
Les blessures m’ont sculptée. Victime, proie facile, lumière pour les parasites. Exposée, à nu. “Appétissante, succulente.” Phare dans la nuit. Tous les insectes décadents accouraient.
Mais ça n’a pas duré. J’ai choisi de changer.
D'abord : endurcir. Je suis devenue vase. Froid, lisse, vide. Fait pour recevoir sans demander. Pour tenir sans vivre.
Puis : exploser. J'ai foutu en l'air le vernis. Retrouvé la matière brute : moi. La chair, les éclats. Rien de joli. Juste vrai.
Maintenant je brûle. Pas de marins à sauver. Pas de papillons. Juste un phare tranchant, imprévisible. Attirer ce qui doit brûler. Repousser ce qui traîne.
Je chuterai encore. Je le sais. Mais pas aujourd’hui.
Jour 6
«Selon les statistiques, une personne sur cinq est déséquilibrée. Donc si autour de toi quatre personnes te paraissent normales… panique.»
N’est-il pas jouissif d’être le déséquilibré de quelqu’un d’autre ? De celui qui se croit plus malin, plus stable, plus sain.
Aujourd’hui, dans nos vies trop normées, assumer son propre fil est un sport extrême. Et je marche. Sans regarder en bas. Flippant ? Oui. Mais je continue. Équilibrée pour l’un, désaxée pour l’autre. La tribu de l’un m’adopte. Celle de l’autre me condamne. Dévouée, attentive, je reste dans la mesure. Sur le fil. S'affirmer, c'est perdre son temps avec ceux qui refusent de comprendre.
Un jour, j’ai reconnu ton déséquilibre comme en miroir. J’ai cru que je serais comprise. Erreur. Chacun reste sur son fil : moi qui vacille, toi qui prétends marcher sur du béton. Tu crois tenir. Moi, je sais que je tombe. La différence ? Je ne mens à personne.