[INTENTION]
J’écrirais bien de la SF.
Mais je ne suis pas très douée quand ça manque d’ancrage. C’est mon côté autocentré : je ne sais parler que de moi.
Si j’en écrivais, ce serait sûrement une histoire tragique.
Je me souviens d’un récit qui m’avait marquée : un vaisseau atterrit sur une planète infestée d’insectes d’une cinquantaine de centimètres, chacun cherchant à parasiter un humain.
L’histoire se terminait bien pour le héros — il survivait, il chassait les aliens.
Mais le dernier plan le montrait endormi, agité, parasité par l’un d’eux.
Le même concept que Matrix.
Ce type de SF me plaît. Je détesterais être privée de mes capacités ou de mon libre arbitre — pire encore, vivre dans l’illusion d’un pouvoir qu’on m’aurait arraché.
Mais n’est-ce pas déjà notre condition ?
Vivre dans l’illusion d’un choix, alors que nos décisions se résument à suivre des valeurs sociétales, culturelles, et à assurer nos besoins de survie, de sécurité, de lien.
Mais quand même, la SF, c’est cool.
Ça permet de dénoncer, de caricaturer, d’assumer des choses très contemporaines sans en avoir l’air.
Une prise de position low cost, safe and free.
Je n’aime pas la fantasy, par contre.
Je n’ai rien contre l’idée de créer un univers, une foultitude de trucs et de machins aux noms imprononçables — mais avec ma dyslexie, c’est ingérable.
Déjà, quand il y a trois personnages avec des noms proches, je me perds.
Alors quand les noms ne s’impriment pas dans ma tête, c’est la cata : je me retrouve avec des diminutifs pour chaque truc, et je finis par tout mélanger.
Je pourrais écrire une SF autocentrée et métaphysique, une sorte de fiction spéculative émotionnelle, où le décor technologique ne serait qu’un miroir de mes obsessions :
- la perte de contrôle,
- la survie dans un environnement hostile,
- la conscience d’être manipulée,
- la peur de vivre dans une illusion.
Du Philip K. Dick sans le vouloir, mais avec mon ton à moi — plus organique, plus ironique, plus contemporain.
Ou pas.
Je pourrais juste balancer un truc un peu connu, un peu original :
Il y a fort longtemps, dans la dimension H, vivait et mourait un peuple opprimé par une entité gourmande et aveugle.
J’écrirais bien de la SF.
Mais je ne suis pas très douée quand ça manque d’ancrage. C’est mon côté autocentré : je ne sais parler que de moi.
Si j’en écrivais, ce serait sûrement une histoire tragique.
Je me souviens d’un récit qui m’avait marquée : un vaisseau atterrit sur une planète infestée d’insectes d’une cinquantaine de centimètres, chacun cherchant à parasiter un humain.
L’histoire se terminait bien pour le héros — il survivait, il chassait les aliens.
Mais le dernier plan le montrait endormi, agité, parasité par l’un d’eux.
Le même concept que Matrix.
Ce type de SF me plaît. Je détesterais être privée de mes capacités ou de mon libre arbitre — pire encore, vivre dans l’illusion d’un pouvoir qu’on m’aurait arraché.
Mais n’est-ce pas déjà notre condition ?
Vivre dans l’illusion d’un choix, alors que nos décisions se résument à suivre des valeurs sociétales, culturelles, et à assurer nos besoins de survie, de sécurité, de lien.
Mais quand même, la SF, c’est cool.
Ça permet de dénoncer, de caricaturer, d’assumer des choses très contemporaines sans en avoir l’air.
Une prise de position low cost, safe and free.
Je n’aime pas la fantasy, par contre.
Je n’ai rien contre l’idée de créer un univers, une foultitude de trucs et de machins aux noms imprononçables — mais avec ma dyslexie, c’est ingérable.
Déjà, quand il y a trois personnages avec des noms proches, je me perds.
Alors quand les noms ne s’impriment pas dans ma tête, c’est la cata : je me retrouve avec des diminutifs pour chaque truc, et je finis par tout mélanger.
Je pourrais écrire une SF autocentrée et métaphysique, une sorte de fiction spéculative émotionnelle, où le décor technologique ne serait qu’un miroir de mes obsessions :
- la perte de contrôle,
- la survie dans un environnement hostile,
- la conscience d’être manipulée,
- la peur de vivre dans une illusion.
Du Philip K. Dick sans le vouloir, mais avec mon ton à moi — plus organique, plus ironique, plus contemporain.
Ou pas.
Je pourrais juste balancer un truc un peu connu, un peu original :
Il y a fort longtemps, dans la dimension H, vivait et mourait un peuple opprimé par une entité gourmande et aveugle.
[TEXTE]
Il y a fort longtemps, dans la Zone H, vivait - et mourait souvent - un peuple opprimé par une entité gourmande et aveugle.
Ce chef, mi-femme mi-Roger, n’était ni sage ni bon.
Il ne savait que penser à lui.
Il défilait régulièrement, se donnant en spectacle devant le peuple de la Zone H, convaincu que ses contemporains ne savaient pas apprécier son engagement, ni la grandeur de sa vision nationale.
Le peuple, loin de se soumettre, se rebellait de temps à autre.
Mais le chef accueillait leurs débordements avec une indifférence polie, servie d’une démagogie sucrée, du genre qu’on réserve aux enfants capricieux : un peu de flatterie, quelques promesses, et surtout, beaucoup de mépris.
Il avait, comme tout bon souverain universel, été investi d’un pouvoir suprême : celui des urnes — et d’un train de vie des plus enviables.
Il se nourrissait dix-huit fois par cycle diurne, et par les cinq orifices prévus à cet effet.
Pour ce faire, il collectait régulièrement auprès du peuple des préparations culinaires, des boissons euphorisantes, de jeunes vierges de tout sexe et des animaux à poils doux.
Cette ponction quotidienne nuisait gravement aux besoins et au développement de la Zone H.
Mais Iel s’en moquait, occupé à alimenter son génial plan, à peaufiner sa vision économiste et à s’entêter à sauver le monde des affres de la famine et du dépeuplement.
Il y avait - évidemment, puisque c’est de la SF - un héros bodybuildé, suant et huilé, brandissant ses certitudes comme une épée.
Il s’était juré de traverser la Zone H pour faire entendre raison au souverain, quitte à relier, d’un seul coup de lame, ses cinq orifices entre eux.
Il était empreint d’une nudité équivalente à sa naïveté : vierge, comestible et au poil doux. Son plan était donc tout trouvé : se rendre au palais et se faire recruter comme victuaille.
Sa traversée du pays fut riche en rebondissements - mais pas trop, histoire de ne pas trahir le propos.
Il y rencontra des camarades qui, sans lui ressembler (il faut bien de la diversité en SF), nourrissaient comme lui l’espoir d’un avenir meilleur.
Chaque rencontre se fit dans le sang et la douleur.
Il en sortit certes moins pelucheux, mais plus déterminé.
Chaque épreuve mit évidemment en exergue, à sa façon, la bêtise de l’entité, obstinée dans un comportement qui créait plus de problèmes qu’il n’en résolvait.
Il croisa certainement Iel, lors d’une démonstration spectaculaire, mais le timing fut bien trop mauvais pour permettre une prise de contact efficace.
Il en tomba toutefois éperdument… en colère.
Et cette rage nourrit chacun de ses pas suivants.
Son équipée, désormais composée d’une loutrhérisson, d’un radiateur à bain d’huile dont l’intelligence artificielle avait mystérieusement pris vie, d’une enchanteresse végétarienne et athée, et d’un jeune - mais agressif - chaton noir, se présenta devant la demeure de la directrice-présidente-générale-recruteuse-des-victuailles-en-chef, afin de faire valoir son besoin d’être consommé par Iel.
Une dernière étape mit son équipe à rude épreuve.
Tous sacrifièrent une part importante d’eux-mêmes - jusqu’à leur vie - pour permettre à notre héros, appelons-le Mignon, d’atteindre le rang convoité de victuaille.
Mignon fut ensuite assaisonné et préparé.
On lui offrit de la nourriture - pour le poil,
des médicaments - pour la santé du consommateur final,
et un gel à base d’eau - pour un enfilage sans heurts.
Puis il fut introduit auprès, ou plutôt au dedans, de Iel.
Ce repas le sustenta tant et si bien que, dès le lendemain, Iel réclama dix-neuf repas diurnes.
[Tout ceci n'est évidemment qu'un délire malade dans un cerveau fatigué. Jamais je n'écrirai de SF!
[RÉCEPTION FANTASMÉE]
Commentaire laissé par un lecteur admiratif sur la plateforme :
Ah, enfin un texte qui ose tout. Héros naïf, comestible et poilu, loutrhérisson, radiateur vivant et enchanteresse athée : le bestiaire est plus inventif que certains dictionnaires. Et le tout pour nourrir les cinq orifices d’un chef mi-femme mi-Gérard, parce que la SF classique, c’est trop banal.
On pourrait craindre l’indigestion, mais non : chaque excès est soigneusement dosé, chaque digression grotesque est ponctuée d’ironie. On rit, on grimace, on se demande si l’auteur ne se moque pas de nous depuis le début et, ben si.
La première partie, introspective et métaphysique, prépare le terrain : liberté, contrôle, illusions… pour mieux nous propulser dans ce délire organique et trash.On est à la fois fasciné, amusé, et vaguement horrifié. C'est un chef-d’œuvre d’absurde calibré, qui ne plaira pas aux timorés mais fera jubiler le lecteur de La Zone.
Il y a fort longtemps, dans la Zone H, vivait - et mourait souvent - un peuple opprimé par une entité gourmande et aveugle.
Ce chef, mi-femme mi-Roger, n’était ni sage ni bon.
Il ne savait que penser à lui.
Il défilait régulièrement, se donnant en spectacle devant le peuple de la Zone H, convaincu que ses contemporains ne savaient pas apprécier son engagement, ni la grandeur de sa vision nationale.
Le peuple, loin de se soumettre, se rebellait de temps à autre.
Mais le chef accueillait leurs débordements avec une indifférence polie, servie d’une démagogie sucrée, du genre qu’on réserve aux enfants capricieux : un peu de flatterie, quelques promesses, et surtout, beaucoup de mépris.
Il avait, comme tout bon souverain universel, été investi d’un pouvoir suprême : celui des urnes — et d’un train de vie des plus enviables.
Il se nourrissait dix-huit fois par cycle diurne, et par les cinq orifices prévus à cet effet.
Pour ce faire, il collectait régulièrement auprès du peuple des préparations culinaires, des boissons euphorisantes, de jeunes vierges de tout sexe et des animaux à poils doux.
Cette ponction quotidienne nuisait gravement aux besoins et au développement de la Zone H.
Mais Iel s’en moquait, occupé à alimenter son génial plan, à peaufiner sa vision économiste et à s’entêter à sauver le monde des affres de la famine et du dépeuplement.
Il y avait - évidemment, puisque c’est de la SF - un héros bodybuildé, suant et huilé, brandissant ses certitudes comme une épée.
Il s’était juré de traverser la Zone H pour faire entendre raison au souverain, quitte à relier, d’un seul coup de lame, ses cinq orifices entre eux.
Il était empreint d’une nudité équivalente à sa naïveté : vierge, comestible et au poil doux. Son plan était donc tout trouvé : se rendre au palais et se faire recruter comme victuaille.
Sa traversée du pays fut riche en rebondissements - mais pas trop, histoire de ne pas trahir le propos.
Il y rencontra des camarades qui, sans lui ressembler (il faut bien de la diversité en SF), nourrissaient comme lui l’espoir d’un avenir meilleur.
Chaque rencontre se fit dans le sang et la douleur.
Il en sortit certes moins pelucheux, mais plus déterminé.
Chaque épreuve mit évidemment en exergue, à sa façon, la bêtise de l’entité, obstinée dans un comportement qui créait plus de problèmes qu’il n’en résolvait.
Il croisa certainement Iel, lors d’une démonstration spectaculaire, mais le timing fut bien trop mauvais pour permettre une prise de contact efficace.
Il en tomba toutefois éperdument… en colère.
Et cette rage nourrit chacun de ses pas suivants.
Son équipée, désormais composée d’une loutrhérisson, d’un radiateur à bain d’huile dont l’intelligence artificielle avait mystérieusement pris vie, d’une enchanteresse végétarienne et athée, et d’un jeune - mais agressif - chaton noir, se présenta devant la demeure de la directrice-présidente-générale-recruteuse-des-victuailles-en-chef, afin de faire valoir son besoin d’être consommé par Iel.
Une dernière étape mit son équipe à rude épreuve.
Tous sacrifièrent une part importante d’eux-mêmes - jusqu’à leur vie - pour permettre à notre héros, appelons-le Mignon, d’atteindre le rang convoité de victuaille.
Mignon fut ensuite assaisonné et préparé.
On lui offrit de la nourriture - pour le poil,
des médicaments - pour la santé du consommateur final,
et un gel à base d’eau - pour un enfilage sans heurts.
Puis il fut introduit auprès, ou plutôt au dedans, de Iel.
Ce repas le sustenta tant et si bien que, dès le lendemain, Iel réclama dix-neuf repas diurnes.
[Tout ceci n'est évidemment qu'un délire malade dans un cerveau fatigué. Jamais je n'écrirai de SF!
[RÉCEPTION FANTASMÉE]
Commentaire laissé par un lecteur admiratif sur la plateforme :
Ah, enfin un texte qui ose tout. Héros naïf, comestible et poilu, loutrhérisson, radiateur vivant et enchanteresse athée : le bestiaire est plus inventif que certains dictionnaires. Et le tout pour nourrir les cinq orifices d’un chef mi-femme mi-Gérard, parce que la SF classique, c’est trop banal.
On pourrait craindre l’indigestion, mais non : chaque excès est soigneusement dosé, chaque digression grotesque est ponctuée d’ironie. On rit, on grimace, on se demande si l’auteur ne se moque pas de nous depuis le début et, ben si.
La première partie, introspective et métaphysique, prépare le terrain : liberté, contrôle, illusions… pour mieux nous propulser dans ce délire organique et trash.On est à la fois fasciné, amusé, et vaguement horrifié. C'est un chef-d’œuvre d’absurde calibré, qui ne plaira pas aux timorés mais fera jubiler le lecteur de La Zone.