"Ce ne sont pas les notes que tu joues le plus important, mais les notes que tu ne joues pas" Miles Davis
Ré Mi La Fa, Ré Mi La Fa, Ré Mi La Fa, Ré Mi La Fa, Ré Mi La Fa, Ré Mi La Fa, Ré Mi La Fa
Ré Mi La Fa, Ré Mi La Fa, Ré Mi La Fa, Ré Mi La Fa, Ré Mi La Fa, Ré Mi La Fa, Ré Mi La Fa
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Ré Mi La Fa, Ré Mi La Fa, Ré Mi La Fa, Ré Mi La Fa, Ré Mi La Fa, Ré Mi La Fa, Ré Mi La Fa...
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Ré Mi La Fa, Ré Mi La Fa, Ré Mi La Fa, Ré Mi La Fa, Ré Mi La Fa, Ré Mi La Fa, Ré Mi La Fa...
Les accords s'enchaînent, lentement, en prenant leur temps. Installant l'ambiance. Les arpèges maintenant, accélérant le mouvement.
Deux plombes que je bosse ce set sans pause et sans pression, seulement l'son, jusqu'au passage fatidique et...
Ce putain de chien qui se remet à aboyer. C't'enfoiré de voisin incapable de s'occuper de sa bête, le laissant la journée dans le jardin. Le cabot s'ennuie, alors il chasse les passants, les voitures ou les insectes en leur gueulant dessus. Et faut croire que ça marche, ils finissent tous par partir. Alors il continue. Mais son connard de maître, sûrement vautré devant la télé de sa retraite, le volume à fond pour couvrir sa surdité, n'est jamais présent pour le féliciter.
J'pose la guitare, j'enfile mes pompes, mon casque et sors prendre l'air. PLAY. La réduction de bruit est formidable, tuer la nuisance sonore avec la même fréquence mais déphasée pour permettre à la musique d'occuper l'espace qu'elle mérite.
Seuls la marche et mon son peuvent me calmer les nerfs. Alors je parcours la ville en cherchant inspiration, luxe, calme et volupté. On croise tout un tas de gens par ici, des mères de famille à deux doigts de péter les plombs à cause du chiard braillard qu'elles se coltinent, les punks à chien, toujours contents d'être foncedés, importunant en chantant les costards-malettes qui font semblant de téléphoner en parlant fort pour pas se faire gratter un billet ou une clope. J'ai esquivé le vieux clodo aveugle qui passe son temps à gueuler qu'on lui a gobé ses yeux pour rejoindre le "bar des amis", rue de la soif.
Un baron sur le comptoir et mon cul sur le tabouret, hochant la tête au rythme des guitares que je suis le seul à entendre. La fraîcheur du houblon me rappelle ma dernière tournée. Deux ans plus tôt, notre formation commençait à décoller. Les gigs s'enchaînaient, les festivals nous appelaient. L'échange d'énergie entre le public et la scène était palpable. On tenait un truc. Et puis l'ego du melon a pris le dessus. Après avoir envoyé chier le patron, pensant que je n'aurais plus à poser mes congés payés pour jouer, le groupe se sépare. Divergence artistique a-t-on dit. La vérité ? Personne ne pouvait plus me saquer. Et à raison qui plus est. J'ai perdu mon groupe, mes amis, mon boulot. Il ne me reste que ma musique. "La perfection, c'est pas quand il n'y a plus rien à ajouter mais quand il n'y a plus rien à retirer" me disait un prof de maths. Je suis encore loin d'être parfait...
Sur le chemin du retour se trouve le dépotoir, ce bout de trottoir où semblent apparaître meuble, vêtement et poubelle par génération spontanée. Parmi les détritus, est posée une guitare. Elle paie pas de mine au premier abord. Classique, sans marque, l'œuvre d'un luthier indé probablement. STOP. Le bruit de la rue s'amplifie alors que j'ôte mon casque. Je pince une corde puis l'accorde et ainsi de suite jusqu'à six. Elle sonne pas mal. Je la repose pour quelqu'un d'autre. Puis me ravise. Je n'ai jamais vu personne ramasser quoi que ce soit là-dedans. On ne jette pas un instrument, on le transmet. Avant que les moteurs, klaxons et autres piaillements intempestifs ne me fassent vriller à nouveau, je me réfugie dans ma bulle. le silence, puis la mélodie.
Sur le pas de ma porte, STOP, le cliquetis des clefs, les pas pesants des pieds posés à chaque marche de l'escalier et enfin le calme approximatif de ma chambre mal insonorisée. Il est tard, le chien est rentré. Une nouvelle session peut commencer. Un brin éméché, juste ce qu'il faut de désinhibition pour ne pas avoir peur d'oser, de tenter de créer. J'm'installe avec ma trouvaille et j'emmanche. Ré Mi La Fa.
J'tourne en boucle sur ces accords variant , les arpèges, bend, pull-off ou tapping pour faire taire les mobylettes de ces putains de branleurs qui osent pénétrer mon sanctuaire. Des hammer-on pour couvrir coups sourds des course du merdeux du dessus.
Il doit être tard, le silence est quand je m'arrête un instant. Il faut profiter, entre oreilles cette voix ne de m'importuner, de décrire moindres faits et , de commenter pensées. Un slide démarrer Ré Mi La Fa, , le palm muting étouffe , coupe la pensée.
Par , pourri. mais . , la .
mélodie , , si .
Ré Mi La Fa.
, . , .
, , ,
. , harmonie .
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Ce putain de chien qui se remet à aboyer. C't'enfoiré de voisin incapable de s'occuper de sa bête, le laissant la journée dans le jardin. Le cabot s'ennuie, alors il chasse les passants, les voitures ou les insectes en leur gueulant dessus. Et faut croire que ça marche, ils finissent tous par partir. Alors il continue. Mais son connard de maître, sûrement vautré devant la télé de sa retraite, le volume à fond pour couvrir sa surdité, n'est jamais présent pour le féliciter.
J'pose la guitare, j'enfile mes pompes, mon casque et sors prendre l'air. PLAY. La réduction de bruit est formidable, tuer la nuisance sonore avec la même fréquence mais déphasée pour permettre à la musique d'occuper l'espace qu'elle mérite.
Seuls la marche et mon son peuvent me calmer les nerfs. Alors je parcours la ville en cherchant inspiration, luxe, calme et volupté. On croise tout un tas de gens par ici, des mères de famille à deux doigts de péter les plombs à cause du chiard braillard qu'elles se coltinent, les punks à chien, toujours contents d'être foncedés, importunant en chantant les costards-malettes qui font semblant de téléphoner en parlant fort pour pas se faire gratter un billet ou une clope. J'ai esquivé le vieux clodo aveugle qui passe son temps à gueuler qu'on lui a gobé ses yeux pour rejoindre le "bar des amis", rue de la soif.
Un baron sur le comptoir et mon cul sur le tabouret, hochant la tête au rythme des guitares que je suis le seul à entendre. La fraîcheur du houblon me rappelle ma dernière tournée. Deux ans plus tôt, notre formation commençait à décoller. Les gigs s'enchaînaient, les festivals nous appelaient. L'échange d'énergie entre le public et la scène était palpable. On tenait un truc. Et puis l'ego du melon a pris le dessus. Après avoir envoyé chier le patron, pensant que je n'aurais plus à poser mes congés payés pour jouer, le groupe se sépare. Divergence artistique a-t-on dit. La vérité ? Personne ne pouvait plus me saquer. Et à raison qui plus est. J'ai perdu mon groupe, mes amis, mon boulot. Il ne me reste que ma musique. "La perfection, c'est pas quand il n'y a plus rien à ajouter mais quand il n'y a plus rien à retirer" me disait un prof de maths. Je suis encore loin d'être parfait...
Sur le chemin du retour se trouve le dépotoir, ce bout de trottoir où semblent apparaître meuble, vêtement et poubelle par génération spontanée. Parmi les détritus, est posée une guitare. Elle paie pas de mine au premier abord. Classique, sans marque, l'œuvre d'un luthier indé probablement. STOP. Le bruit de la rue s'amplifie alors que j'ôte mon casque. Je pince une corde puis l'accorde et ainsi de suite jusqu'à six. Elle sonne pas mal. Je la repose pour quelqu'un d'autre. Puis me ravise. Je n'ai jamais vu personne ramasser quoi que ce soit là-dedans. On ne jette pas un instrument, on le transmet. Avant que les moteurs, klaxons et autres piaillements intempestifs ne me fassent vriller à nouveau, je me réfugie dans ma bulle. le silence, puis la mélodie.
Sur le pas de ma porte, STOP, le cliquetis des clefs, les pas pesants des pieds posés à chaque marche de l'escalier et enfin le calme approximatif de ma chambre mal insonorisée. Il est tard, le chien est rentré. Une nouvelle session peut commencer. Un brin éméché, juste ce qu'il faut de désinhibition pour ne pas avoir peur d'oser, de tenter de créer. J'm'installe avec ma trouvaille et j'emmanche. Ré Mi La Fa.
J'tourne en boucle sur ces accords variant , les arpèges, bend, pull-off ou tapping pour faire taire les mobylettes de ces putains de branleurs qui osent pénétrer mon sanctuaire. Des hammer-on pour couvrir coups sourds des course du merdeux du dessus.
Il doit être tard, le silence est quand je m'arrête un instant. Il faut profiter, entre oreilles cette voix ne de m'importuner, de décrire moindres faits et , de commenter pensées. Un slide démarrer Ré Mi La Fa, , le palm muting étouffe , coupe la pensée.
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