La fureur des sens
DIONYSOS —
viens —
le vin bout dans les nerfs —
le cœur éclate
en grappes d’ombre et d’or.
Ô Beauté sans peau, sans nom, sans ossature —
je t’invoque par la bave, la moelle, le rire des os.
Que la nuit se fende, que la lumière saigne, que les gorges hurlent ta splendeur carnivore.
Le sang tourne — tourne — tourne —
des crânes s’ouvrent, la moelle ruisselle en chapelets de feu.
Le monde s’étrangle dans un spasme de lait noir.
Dionysos danse —
le ciel pue le vin,
les yeux chavirent dans les orbites,
les étoiles baisent les abîmes.
Hurle ton nom !
DIONYSOS ! DIONYSOS !
qu’il traverse la matière, qu’il brise la logique, qu’il renverse le réel.
L’univers entier se cambre — convulsion de chair et de lumière.
Ô Beauté — ô gouffre ivre —
engloutis-moi — broie-moi — recrache-moi en orage.
Que mon cri devienne ta couronne.
Que ma langue soit ton couteau.
Que mon sang, versé, repeigne la bouche du monde.
Et dans la ruine sublime —
quand tout sera éclaté,
quand il n’y aura plus de forme, plus de nom, plus d’os —
alors seulement —
s’élèvera le rire —
le rire nu, incandescent,
le rire de
DIONYSOS.
viens —
le vin bout dans les nerfs —
le cœur éclate
en grappes d’ombre et d’or.
Ô Beauté sans peau, sans nom, sans ossature —
je t’invoque par la bave, la moelle, le rire des os.
Que la nuit se fende, que la lumière saigne, que les gorges hurlent ta splendeur carnivore.
Le sang tourne — tourne — tourne —
des crânes s’ouvrent, la moelle ruisselle en chapelets de feu.
Le monde s’étrangle dans un spasme de lait noir.
Dionysos danse —
le ciel pue le vin,
les yeux chavirent dans les orbites,
les étoiles baisent les abîmes.
Hurle ton nom !
DIONYSOS ! DIONYSOS !
qu’il traverse la matière, qu’il brise la logique, qu’il renverse le réel.
L’univers entier se cambre — convulsion de chair et de lumière.
Ô Beauté — ô gouffre ivre —
engloutis-moi — broie-moi — recrache-moi en orage.
Que mon cri devienne ta couronne.
Que ma langue soit ton couteau.
Que mon sang, versé, repeigne la bouche du monde.
Et dans la ruine sublime —
quand tout sera éclaté,
quand il n’y aura plus de forme, plus de nom, plus d’os —
alors seulement —
s’élèvera le rire —
le rire nu, incandescent,
le rire de
DIONYSOS.