Aux origines du mal

Le 19/04/2026
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par Sinté
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Thèmes / Saint-Con / 2026
Encore un qui confond masculinisme et féminisme. Encore un qui nous fait un pot-pourri des maux du monde. Ici, tout est mis sur le même plan : racisme, fascisme, capitalisme, anarchisme. Les thèmes sont empilés comme des slogans, ça gicle dans tous les sens, mais ça ne dénonce rien. Ça mélange tout et ça donne simplement une impression de pensée paresseuse. Au milieu de l’origine du monde, une scène de cul entre Adam et Eve. Gratuite. On passe du tragique au vulgaire. Un texte qui se veut philosophique, mais qui est juste creux. Pour le bûcher de la Saint-Con, il faut du petit bois et du combustible. Merci Sinté
Adam était là, et Ève aussi. Puis bien plus tard, nous sommes venus à notre tour. Mais ce que les premiers hommes ont engendré de par leur simple reproduction dépasse l'entendement : encore aujourd'hui, leur héritage demeure omniprésent. Ils ne pouvaient sans doute l’imaginer mais nous nous pouvons l’imaginer, et encore mieux que ça : imaginons que nous pouvions remonter à l'origine, faire la rencontre d'Adam et d'Ève au détour d'une partie de chasse ou d'une découverte coïtale — cela m'arrive assez souvent d'en rêver, et le sentiment que ce rêve me procure surpasse de loin tout ce que j'ai pu ressentir jusqu'ici ; une fois séparés des préliminaires nécessaires au bon fonctionnement du mécanisme de la rage, nous n'aurions qu'à sortir une boîte d'allumettes de notre poche pour mettre fin à un règne long de plusieurs millions d'années, où guerres et phases de paix n'ont jamais cessé de se succéder, et où l'amour — tout en étant entrecoupé par ces successions de guerres et de phases de paix — entre ces créatures que nous appelons les Hommes n'a jamais cessé non plus de décroître jusqu'à devenir ni plus ni moins qu'un concept, un concept parmi les concepts, symptôme du mauvais fonctionnement de la mécanique humaine parmi bien d'autres symptômes. À l'heure où il est plus simple de trouver quelconque trace d'amour entre un homme et une voiture qu'entre un homme et une femme, l'idée même d'une fraternité m'est devenue, au moins chez mes congénères, complètement inconcevable. Je n'ai pour ma part jamais reçu le moindre signe d'amour d'un être humain si ce n'est de moi-même, et seulement par pur égoïsme, un égoïsme qui n’était rien d’autre qu’une forteresse contre toute pensée extérieure. La guerre crée les hommes et les hommes créent la guerre... cette relation est tout à fait symbiotique mais elle ne reste néanmoins que le résultat d'une éjaculation féconde. Il aurait donc fallu que la première femme soit misandre et féministe, qu'elle soit dans le refus total d'écarter les cuisses, de se faire féconder par le premier homme ou alors que le premier homme — qui fut assez bête pour se coincer un morceau de pomme dans la trachée — soit asexuel ou tout au moins impuissant, incapable de la moindre giclette, de produire la moindre goutte de semence. Malheureusement, ce ne fut pas le cas : Ève s’est bien faite baiser par Adam et Adam a bien joui en Ève, se soumettant peut-être au passage à une grimace de plaisir. Maintenant, nous voyons bien tout ce que cela a donné : déjà la guerre mais aussi le racisme, le fascisme, le nationalisme, le socialisme, le communisme, le capitalisme, le radicalisme, l’égoïsme, le sexisme, le féminisme, le masculinisme, le consumérisme et l’anarchisme. L'origine du Monde est la seule chose digne d'être remise en cause et pas un jour passe sans que je n'y pense, sans que je ne m'imagine immoler, brûler, réduire en cendres et en poussières les deux parents de l'Homme (outre Dieu et la Vierge-Marie.) Mais malheureusement, les rêves ne resteront jamais que des rêves et je porterai toujours en moi les stigmates des toutes premières plaies humaines, ne cicatrisant jamais complètement malgré le passage irrémédiable du temps. Malheureusement, mettre feu à la Bêtise est impossible quand la Bêtise est le feu lui-même.