Salàud

Le 20/05/2026
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par tomatefarcie
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Thèmes / Saint-Con / 2026
Durant 120 journées, à l'abri dans un château, quatre fachos et leurs invités jouissent dans l'abjection tandis qu'à l'extérieur on passe par les armes tout ce qui n'est pas authentiquement français. L'auteur transpose "Salò et les 120 journées de Sodome" pour rappeler que le fascisme n'est pas seulement l'oppression d'un peuple par un pouvoir totalitaire, mais aussi la corruption morale portée au plus haut degré. En cela, son récit est aussi une réflexion sur le mal dans l'Homme. La lecture en est éprouvante, mais la brièveté la rend supportable pour celui ou celle qui ne peut endurer les près de deux heures du film de Pasolini, ou les cinq cents pages du roman de Sade. Malgré sa dureté, cet excellent texte de la Saint-Con se termine sur un goût de fraise et une note d'espoir. Par les temps qui courent, j'aimerais pouvoir partager cet optimisme.
Avertissement liminaire.

Lecteur,
Si tu n'as pas compris la référence dès le titre, c'est probablement que tu n'as pas la référence, et donc probablement que tu n'as pas vu le film. Ou c'est probablement que le titre est pourri.
Quoi qu'il en soit, sans cette référence, la lecture de ce texte risque de t'être pénible. Très.
Et même avec cette putain de référence, et même si le texte s'avérait y être fidèle, et en admettant qu'il soit pas trop écrit avec les pieds, eh bien pareil, ça risque d'être imbuvable. Vu que la référence l'est.
Bref, démerde-toi. Mais si tu achoppes à la première phrase, ne va pas plus loin, vraiment.
République de Salàud. Quatre tableaux.

Le vestibule de l’enfer

- Pour moi ce sera une négresse, treize ans maximum mais un cul de vingt-cinq. Et des nichons qui pendouillent, qu’on sente qu’elle a allaité ses huit frères et sœurs depuis qu’elle est en âge de lacter. D’ailleurs, si elle a un négrillon pendu à sa mamelle au moment où vous la capturez, apportez-le avec. Pareil pour les mouches sur son visage, on n’y touche pas. Je veux qu’elle sente l’authenticité du Soudan, pas la racaille de Grenoble.

Les trois autres applaudirent. Érico, dit le Duce, ne souffrait d'aucune concurrence lorsqu'il s'agissait de commander. Ils avaient beau le savoir et s'y être habitués, ses choix forçaient toujours l'admiration et suscitaient la déférence que l'on réserve aux Élus. Sara, dite l’Évêque, n’était pas plus avare d'obséquiosité que ses deux comparses. Mais elle avait pour elle une crinière de lionne qui lui donnait un avantage certain sur eux. Aussi ce fut-elle qui se proposa de laver les pieds du Duce avec ses cheveux tandis que celui-ci enculerait la noiraude. On applaudit itou son initiative, quoiqu’avec moins d’enthousiasme. On la soupçonnait d’être une suce-boules de première.
Par ordre hiérarchique d’importance sur l’échelle de la race humaine, ce fut au second mâle d’annoncer son choix. Giordan, dit le Juge, porta sa préférence sur du petit pédé. De la bonne grosse fiotte estudiantine qui tracte pour LFI sur les campus et qui obtient des diplômes en art ou en psycho. Voilà, de la tarlouze au gland qui sent la rose, à la tripe qui sent le syndicalisme, et à la musculature qui sent la salle. Du Français de souche, en revanche. C'était non négociable. Car, précisa-t-il, il allait leur éjaculer bien profondément dans l'œsophage les vraies valeurs actuelles, il allait leur kärchériser les molaires pour y détartrer les dépôts de contestationnisme, et, si Sara y consentait, elle lui laverait les pieds avec ses cheveux tandis que lui se ferait prendre en tournante dans une cave dégueulasse par tous ces hippies gaulés comme des dieux grecs.
Plutôt que d’y consentir, Sara applaudit timidement et proposa à Marina, dite la Présidente, de décliner la liste de ses fantasmes. Par ordre hiérarchique d’importance sur l’échelle de la race humaine, Marina précédait Sara de par son âge plus avancé et, logiquement, la devançait de par la commisération que l’on doit aux vieilles marmites qui ont vécu plus qu’elles ne vivront, et qui feront toujours de meilleures soupes pour qui aime le goût du légume rance. Donc Marina dressa sa liste. Du bicot barbu. Du saucisson issu de porcs élevés sous la mère et nourris aux OGM. Un fût de cinquante litres de vaseline. Et elle n'eut pas besoin de préciser quoi enculera qui, car on applaudissait déjà l'initiative à s’en disloquer les phalanges. Certes, carrer des trucs porcins dans des culs islamiques n’avait rien d’original, ni de reproductif, ni même d’excitant. Mais c’était traditionnel, on ne pouvait pas retirer ça à la vieille marmite.
Sara put enfin exprimer ses desiderata. Elle exigeait de la femelle célibataire. De la petite pute incel, de la salope féministe, de l’athée revendicatrice. Et du mâle bien membré. “Du nègre ?” tenta de traduire l’officier qui prenait les commandes. “TMTC, répondit-elle, du moment que ça saigne. Donc oui, plutôt du très foncé. Vingt centimètres mini. Je veux entendre ces connasses me jouir dans l’oreille, tandis qu’elles m’enfoncent l’avant-bras dans la chatte, que rien ne vaut la bite. Je les veux soumises, priant pour que leur salut vienne de verges gorgées de foutre fertilisant et enfoncées profondément jusqu’à leur irriter les ovaires. Puis qu’elles retirent leur avant-bras, se le bouffent, et me remercient.”
À cette perspective, Érico éjacula en lyophilisé sur le front de Giordan, front sur lequel Marina glaviauta pour réhydrater la semence divine.
Puis on continua à puiser, dans le vivier des espèces qui seraient menées sur la voie d’extinction, les spécimens que l'on souhaitait préserver pour ses plaisirs orgiaques.
L’officier qui prenait les commandes transmit les ordres sur cette base d’informations.


Le cercle des passions

Le château était à la démesure de ses occupants. Symboliquement perché sur une hauteur du centre de la France, à un jet de salive de Vichy, il était gardé par une horde de militaires armés jusqu’aux crocs, prêts à tirer au char Leclerc sur le moindre moustique qui s’approcherait sans être en mesure de présenter un laissez-passez.
Outre le Duce, le Juge, l’Évêque et la Présidente, qui agissaient en qualité d’hôtes du domaine, on laissa-passer quelques mouches à merde : des maires de la Côte d’Azur, un magnat de la télévision et de la presse, quelques-uns de ses présentateurs phares qui avaient le bon goût de s’appeler Pascal ou Cyril, la présidente de la Manif pour Tous, un chansonnier populiste qui brandissait le libertinage et la liberté d’expression dès lors qu’on lui reprochait de montrer sa bite en public, un car de supporters du PSG, et pas mal de femelles blanches car la finalité, pour qui aime que ça sente la couille, est que ça goûte la mouille. Et bien sûr, des livreurs Uber Eats acheminèrent la pitance destinée à nourrir cent vingt journées durant les fantasmes de toute cette élite.
Cent vingt journées, le temps que l'on estimait nécessaire pour l'épuration prévue à l'extérieur du château. Quatre mois à bombarder la Seine-Saint-Denis, à cramer au lance-flammes les camps de migrants et les ONG à Calais, à tirer au mortier sur les bibliothèques et les musées d'art contemporain, à plastiquer les mosquées, à fumiger les ZAD, et surtout à rafler à la fourche tout le fumier qui pollue les sols de la France pour le renvoyer faire du compost dans son pays d'origine. Le bougnoule en Bougnoulie, le noir en Négrie, la tante dans la tente d'un camping de Mykonos, le syndicaliste en Russie, l'athée en Enfer, la bonne femme dans la garçonnière de Jeffrey Epstein, le triso en Mongolie.
Et loin de la fureur, au château, cent vingt journées durant, on mit autant qu'on se fit mettre. Globalement, on introduisuit. On refit Sodome. On expérimenta, on jouit, on orgasma, on fut déçu par le flasque mais on n'en dit rien. On procéda méthodiquement. Le Duce, juché sur talons hauts, piétina les couilles d'un Vincent qui, au moment de l'orgasme, en lâcha sa laisse et permit à Cyril d'aller saillir le Juge. Lequel Giordan était occupé à taquiner de la glotte de fiotte avec son gland religieusement oint de merde. La Présidente, qui avait jadis été relevée de cette fonction par le Duce mais en conservait le titre à vie, beurrait des rondelles hallal afin de faciliter l'introduction de la race porcine dans la race impure. Elle fut initiée à la débauche saphique par l’Évêque et poussa un hurlement de délivrance, crispant ses mains sur le crucifix qui venait de la faire jouir, preuve que son point Goldwin existait, là, caché juste derrière son clitoris. Sara, quant à elle, lorsqu'elle n’était pas occupée à débourrer la vieille truie, fourraillait des godemichets gros comme des obus dans des vagins abstentionnistes, leur montrant le sens littéral du terme “piquet de grève”.
Patrick laissait les enfants jouer avec son petit bonhomme en mousse, Pascal se faisait débattre le fion par des noirs sidaïques, les supporters du PSG enculèrent un élu de la Côte d'Azur sur la Cane, Cane, Canebière.
La fête battait son plein et on avait trop souvent la bouche pleine de foutre pour pouvoir reprendre les chants patriotiques qui constituaient la bande sonore de ce joyeux pince-fesses. Dommage pour l'enfer du Connemara, mais on était bien trop occupé à colorer la terre, les lacs, les rivières, d'un sang impur.


Le cercle de la merde

Cent vingt journées durant, on exécra autant qu'on excrémenta. Globalement, on assimila ce qu’on expulsa. À l'extérieur du château, tout brûlait. On rebitumait les rues du goudron qui coule dans les veines des indésirables. Tripes et boyaux fumants achalandaient les étals des marchands d'andouillettes. En train, en avion, en bateau, à la catapulte, on renvoyait les restes à leurs producteurs.
À l'intérieur du château, le Duce organisa des olympiades. Au nombre des épreuves, la traversée à la nage d'une piscine remplie de merde, un parcours du combattant où il fallait ramper dans des excréments, ou un concours du plus gros mangeur d'étrons. La Présidente se fit initier à la débauche coprophage par l’Évêque. Le Juge remplissait des œsophages écologistes de chiasse verdâtre. On se torchait avec les Droits de l'Homme et du Citoyen car l'hygiène est importante.
Le soir, on faisait bombance en éventrant des handicapés mentaux pour aller chercher la matière fécale directement à la source. La pisse coulait à flots dans les gosiers.

La fête battait son plein et on avait trop souvent les yeux pleins de merde pour voir celle qui menaçait de tomber en pluie sur le toit de leur monde.


Le cercle du sang

Ce n'était pas le papier qui manquait au château. Planning familial, manuels d’histoire et de science, corans, Code du travail … Dans la cour, on formait un cercle dantesque autour d’une montagne de ces écrits et on se réchauffait à ces immenses autodafés. On savait faire flamber l’essence, et surtout son prix, mais on ignorait pourtant tout de la flamme. “Celle dans les cœurs et dans les yeux”, dirait un poète inverti.
Ce fut d’abord un feu interne, quelques flammèches de colère, des escarbilles de rancœur. Un foyer de contestation. Peu à peu attisé par un souffle venu de l’extérieur. Une bise froide et cinglante. Tout un peuple de pyromanes qui venait cramer les pompiers.
Le feu prit, on l’alimenta de billets de banque, de professions de foi, de papier bible, et du Duce, de l’Évêque, du Juge, de la Présidente, et de tout le bois de cagette qu’ils avaient invité.
Les flammes grandirent et dansèrent, propageant une fumée noire et âcre qui faisait pleurer. De rire, probablement. De joie, assurément.
Un courant d’air frais balaya le tas de cendres, les emportant aux quatre vents du pays, puis les redéposa sur les terres brûlées.

Les cendres sont réputées excellentes pour éloigner les limaces. On put de nouveau manger des fraises.