n3rDz 9 : combat de nerdz dans une cuve de sperme

Le 23/03/2006
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par Lapinchien, Nounourz, nihil, Glaüx-le-Chouette
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Rubriques / n3rDz
Glaüx, parti depuis le dernier épisode sur sa lancée infernale, continue à débiter de l'action débile au kilomètre, pimentée par une intervention psychotique de notre abruti de Kikoolol, un vrai bonheur. Mais la surprise vient de Lapinchien via son personnage Preacher, qui s'évade en esprit de ce monde de merde pour vivre un étonnant spot publicitaire interne pour les produits laitiers.
Résumé des épisodes précédents : Akaîo, Bigchief et Kikoolol84, nos nerdz de compétition ont pénétré dans l'immense usine à pizzas située sous la tour Parthénon. Ils bivouaquent paisiblement mais Kikoolol, pris d'une crise de colère, s'enfuit derrière une porte au fond de l'usine. Désemparés, ses deux comparses sont incapables de se décider à partir à sa recherche. C'est à cet instant que Preacher, jusque là coincé dans les canalisations, tombe littéralement du plafond sur la gueule de Bigchief. Remis de ces émotions, Preacher fait remarquer aux deux autres que leurs pizzas sont constituées à partir du sperme des habitant de la tour Parthénon, collecté par des micro-bots ouvriers...
AKAÎO

J’en ai assez. Je veux vraiment rentrer chez moi. Ils sont tous fous. Tout me répugne. Je veux mon appartement et mon compte internet, c’est tout. Bigchief, mon idéal de masculinité, est assis là-bas, à nous regarder avec un air de Gandhi. Preacher est couvert de matière à pizza multirecyclée, et il rit comme un crétin. Kikoolol est parti en claquant la porte, mais je ne sais pas quelle porte. Je suis le seul adulte responsable dans le lot, sauf que je suis une merde hypocondriaque, et que là, c’est trop. Je m’assois par terre. Bigchief est en face de moi, je crois qu’il contemple l’aura de ses polypes intestinaux avec l’œil du dedans de son cul, ou un truc mystique dans ce goût-là ; son regard est vide. Preacher s’assied à mes côtés et me parle doucement.

- Allez, Akaiô, c’est pas si grave... Tu devrais demander à Bigchief un cachet. Maintenant dis-moi où est Kikoolol, on a besoin de lui pour être au moins un individu entier et viable, en totalisant nos capacités.
- Il est partiiiiiiiiiiii
- Parti où ?
- gneuuuuulà-bas...
- Vers ces portes ? Derrière ?
- Gnoui.
- Bon, suis-moi, je suis Preacher, je saurai te guider, car tel est ma tâche et mon destin.
- Gnouwi.

***

KIKOOLOL84

Il faut pas me laisser, il fait tout noir ici… Il faut pas me laisser là tout seul, sans personne, dans le noir. La porte que j'ai passée ne mène visiblement que dans un placard à balais à la con, plongé dans l'obscurité. J’ai peur du noir. J’ai peur du silence. Je veux pas être tout seul. Vous êtes… Vous êtes des méchants ! Des sales méchants qui veulent que me laisser dans le noir. Vous voulez pas de moi avec vous, c’est ça hein, vous êtes des méchants ! J’ai bien compris, Bigchief, Akaiô ! Des méchants, des putains de sales méchants ! Aargh. Je veux pas, non je veux pas… Il faut venir me chercher, bande de sales méchants ! Sales méchants, je vous retrouverai, vous voulez m’abandonner, mais je vous retrouverai pour vous retourner vos putains de huit mètres d’intestins dans l’œsophage, méchants, et vous ligoter avec, vous sucer la moelle osseuse et vous foutre votre putains d’yeux de méchants dans le cul ! J’ai peur !

Il fait tout noir et les murs me parlent. Ils me chantent une chanson douce en lignes de code, que me chantait ma Maman… Blip blibliblip blipblip blip… Je me sens comme au creux du ventre de Maman, béant paisiblement à l’écoute des moindres rythmes étouffés par le placenta… Bliblip bliblip blip. Une petite comptine mécanique, incessante. Je la connais par cœur et je la fredonne malgré moi. C’est un langage familier, inhumain, le langage utérin qui résonne en moi depuis le fond des âges. Lancinant, le battement de coeur millénaire : kick-join-kick-join-kick-join-kick-join-kick… Et encore et encore, chaque seconde un peu plus fort. Kick-join-kick-join…

Alors l’obscurité s’inonde d’un flot de lumière blanche aveuglante, et au centre de ce vortex solaire apparaissent les contours d’une pâle jeune femme, immensément belle, aux yeux fermés. Je bredouille :
- Euh… asv ?
- KICK-JOIN-KICK-JOIN-KICK…
Et sa bouche est un gouffre et ses yeux s’ouvrent sur un regard chargé de lumière terrifiante. Et elle tend deux bras blancs articulés vers moi, qui se ramifient brusquement en dizaines de sous-membres menaçants, de câbles et d’aiguilles.
- Maman ? C'est toi ? Je te reconnais à tes bras mécaniques !
- KICK-JOIN-KICK-JOIN...
Euh, je me taperais bien un ptit Lexocalm, siouplait !

Bordel de merde, Ctl-Alt-Suppr…

ERROR 404 enculé, soit maudit jusqu’à la treizième génération de ton cul ! ERROR 404 ERROR 404 ERROR 404 ERROR 404 ERROR 404 ERROR

***

AKAIÔ

J’en ai assez. Je suis fatigué. Je veux mon lit. J'avance derrière Preacher, peut-être qu’il m’emmènera dans mon lit après avoir sauvé le monde en trouvant Kikoolol, en reformant le groupe, et en allant tuer les méchants électroniques avec nous. Nous marchons tous les deux vers les portes du fond de la salle, derrière les cuves géantes qui maintiennent le euh, la matière à pizza à température de travail. Il y a deux séries de portes, dix au niveau du sol, et dix autres, à cinq ou six mètres plus haut, avec des échelles de métal fixées au mur pour y accéder. Arrivés au pied du mur, nous nous arrêtons pour réfléchir. Au loin, étouffé, un son de voix furieuse nous parvient. Le ton ressemble à du Kikoolol. Une voix d’enfant mongolien croisé avec une chauve-souris et un corbeau. Preacher sort un grand mouchoir à carreaux de la poche de son veston, et s’essuie le vomi qui lui emplit encore les oreilles, pour guetter l’origine de la voix.
Elle vient d’en haut. Nettement. Première porte à gauche.
Preacher monte, tente de monter à l’échelle, mais il, je, nous avions oublié son bras droit fracturé. Il a le temps de saisir le premier barreau de la main gauche et de lever son pied droit du sol ; et la conséquence naturelle s’ensuit immédiatement, un bruit qu’il aurait fallu pouvoir enregistrer pour l’envoyer en mp3 à gerben.com, une torsion du nouveau coude ouvert de Preacher, un bel effet d’élastique des muscles et des tendons non sectionnés, puis un « schlak » du plus bel effet, avec crispation réflexe de la main sur le barreau, relâchement réflexe de la jambe d’appui, et donc, schlak, fatalement, fatalement, séparation violente de l’avant-bras et du reste du corps, fatalement.

- Preacher, ton bras...
- Oui je sais, j’ai vu, merci, je vais chercher une seringue.
- Preacher, je veux rentrer chez moi, le monde est méchant.
- Oui, d’accord, ta gueule, tu commences à ressembler à Kikoolol.
- Je veux Kikoolol, lui il est gentil.
- Ta gueule. Aide-moi à monter, qu’on en finisse, tant pis pour mon bras, le garrot tient, je m’en moque, de mon bras, je sais taper en me branlant, c’est pas un exercice nouveau, j’apprendrai simplement à me branler avec les orteils ou le creux poplité, et puis c’est marre.

Je monte à l'échelle derrière Preacher, en poussant son fessier d’éléphant de mer d’une main. Nous ne tombons même pas, et nous voici sur la plate-forme métallique, devant le porte, tournant le dos aux vastes cuves bouillonnantes de sperme.
- Bon, maintenant Akaiô, je vais avoir besoin de toi. Tu l’entends crier, il a tourné psychotique, il va falloir le maîtriser, je compte sur toi. A la une, à la *sbong*
- RAAAAAAH VA TE FAIRE ENCULER, MAMAN !
*splaoutch*

Je veux rentrer chez moi. Kikoolol est en train d’essayer de noyer Preacher dans le sperme tiède de la cuve où ils sont tombés tous les deux, tout en le traitant de colibri et de perlimpinpin. Je suis si fatigué.

***

PREACHER

Une colline verdoyante au creux d’un vallon constellé de pâturages sortis tout droit de la plus belle extrapolation de ce que pourrait être l’Eden… un survol en rase-mottes comme depuis le cockpit d’un petit hélicoptère télécommandé… Une mélopée envoûtante rappelant un chant traditionnel Irlandais avec un arrière-goût de vomi de Guinness… Un petit point rose au milieu de tout ce vert, sur lequel on zoome en un éclair pour se retrouver derrière une plantureuse naïade toute de rien vêtue qui gambade cheveux et poils roux au vent, comme çà, sans raison particulière, heureuse… Son gros popotin dodeline à chacun de ces sauts de cabri… On la dépasse avec empressement et on découvre alors qu’elle a une sorte de moustache blanche maculant le dessus de sa bouche… Elle se pourlèche goulûment les babines en se caressant les seins… elle en a 3 paires, détail amusant, et chacun d’eux se finit par 4 pis… Oh ! En fait elle ne se caresse pas les seins, elle tire avec dextérité sur chacun des pis en les empoignant et les pressant habilement du pouce… Elle se trait, la salope ! Tout en courrant elle se trait, se branle les nénés qui au bout de quelques stimulations et va et viens tactiles, déversent à gros jets de grandes quantités de lait… Elle oriente les giclées vers son visage et occasionnellement réussit à viser le fond de sa glotte… Elle se gargarise de plaisir et laisse langoureusement s’écouler le surplus qu’elle ne peut avaler sur ses joues et sur sa peau de déesse romaine. Qu’il fait bon respirer cet air pur à ses cotés ! Que les claques du vent matinal sont vivifiantes !

Mais bordel, cette quoi cette voix off, d’où qu’elle sort ? Qu’est ce qu’il raconte ce type ? « Le lait, la plus pute des sensations ! » C’est à moi qu’ tu parles ? hein ? « Le lait, la plus pure des sensations… pardon » C’est quoi cette connerie ? T’es où ? Dégage de mon histoire avec ta voix de cancéreux de la gorge en phase terminale ! « Le lait, c’est naturel et çà fait très plaisir d’en boire pasque c’est une sensation pure et que les produits laitiers sont nos amis pour la vie… produits laitiers sont nos amis pour la vie… produits laitiers sont nos amis pour la vie … » AHAHHAAHAHAHAHAHAHAHA ! QUEL CAUCHEMAR ! Je veux me réveiller… La bonne femme est soudain devant un gros camembert géant… Elle plonge dedans tête la première ! çà fait SCRATCH comme elle pète la croûte et SPLOSH comme elle se met à nager dedans… Elle interrompt son apnée fromagère et ressort alors que le camembert se met à couler partout comme un mini tsunami lacteoproteiforme menaçant qui recouvre les collines verdoyantes… « Les produits laitiers c’est plein de bactéries rigolotes et çà vous fait de belles moustaches blanches que c’est rigolo gluant grumeleux tout plein quand on embrasse du monde d’en plus que tu sens pas bon de ta bouche qui pue pasque c’est comme quand tu sues que les bactéries se nourrissent de ta sueur et qu’elles chient après… » Ta gueule voix off ! Ta gueule ! Oh ! Mais c’est quoi tous ces mecs qui viennent de partout ? Ils font du ski sur le camembert des collines, y en a un qui fait du surf et un autre de la luge tout Schuss aussi ! Ils sont beaux, musclés et jeunes… tout nus aussi avec juste une cagoule avec des cornes, ils portent une moustache blanche aussi comme la fille et une grosse cloche de vache des alpages qui dingdongue dans leur entrejambe de plus en plus fort comme ils approchent de la fifille qui se pétrit tout le corps d’une pluie de roquefort qui c’est subitement mise à tomber à gros grêlons maintenant… « Les produits laitiers çà rend ton organisme plus fort pasqu’y a des tas de saloperies dedans comme des bactéries, du galactose, et des légions d’acariens de tous types… Si t’y survis tu deviens forcement plus fort… Y a en moyenne autant de protéines de pitis vers dedans que dans une motte de terre fraîchement retournée d’un vieux cimetière… Les produits laitiers à l’intérieur aussi, y a tout plein de moisi, plus de champignons que dans les dominos pizza… mais c’est du bon pourri qui te renforce ton organisme… Comme le bon penicillium de Flemming, hein ? » AHAHAHAHA où est cette putain de voix off que je lui fasse bouffer sa langue, et ses cordes vocales et tout ce qui lui permet de causer ?

« Produit laitier, tu es si bon,
Que pour toi j’écris une chanson.
Produit laitier tu m’fais tant de bien,
Que j’en mangerais même sans faim…
Produit laitier, de quoi qu’j’ai peur ?
Juste d’en manquer pour mon 4 heures…

Produit laitier, là sous ta croûte,
Y des gaz plus violents qu’ les prouts..
Tu sens pas bon, qu’est ce que tu pues,
Plus que mille charniers de morues,
Mais qu’est ce c’est bon de te manger,
J’aime bien ton petit goût salé,
C’est comme sucer d’un grunge, les pieds.
Ouais qu’est ce que j’aime te tartiner….

Produit laitier, à l’intérieur,
Tu renfermes plein d’ vie, dans ton cœur,
Des mégapoles d’acariens,
Des mondes hostiles microbiens,
Et dès qu’ j’en croque une bouchée pleine,
J’emporte des vies par centaines,
Plus de morale, plus d’éthique,
J’pratique l’épuration ethnique.

Produit laitier, des fois j’abuse,
Mais je rends bien grâce à ta ruse,
Car le lendemain mes waters,
J’dois les nettoyer au karcher,
Si je prends trop d’mozzarella,
J’aurai le slip plein d’Gorgonzola… »

TA GUEULE VOIX OFF ! TA GUEULE ! Bordel …. pendant le massacre auditif, j’ai tant serré les yeux que j’n’ ai pas vu tous les beaux mecs se livrer à une violente bataille de boules de neige de roquefort dans la gueule de la jeune fille ayant dégénéré en orgie de bisous de moustaches blanches… La rousse aux six nichons pleins de pis se dirige alors vers le mâle équipé de la plus grosse des cloches entre les jambes et se met à la carillonner de toute sa fougue tout en meuglant : « C’EST QUOI CETTE BOUTEILLE DE LAIT ? » et c’est alors que le mec dont un improbable pis émerge en grossissant de l’intérieur de la cloche, lui répond : « Tiens prends toi cette coquecigrue dans la gueule chiennasse ! tu en veux oxymore hein ? espèce de mal billevesée ! BURGGGGLLlll… BURGllll… Burrrbblll… »

Je viens momentanément de quitter mon rêve pour vomir mes poumons… Oui, il m’arrive de rêver quand je suis à moitié inconscient… « Non je ne fais pas de rêves crypto-gays ! Non je n’fais pas de rêves crypto-gays ! Je suis le grand Preacher, sauveur de l’humanité et ce qui s’est passé dans les toilettes de mon voisin ne m’a laissé aucune séquelle…», que je tente de me convaincre alors que je vomis d’autres organes à présent… J’ai claqué une grosse galette dans un océan de foutre dans lequel je peine à ne pas me noyer… BURGGGGLLlll… Il y a un être en face de moi, un hystérique qui veut à tout prix me noyer… C’est sûrement çà le Kikoolol qu’on a eu tant de peine à retrouver… Ingrat ! BURGGGGLLlll « Arrête de cracher dans mon Yop ! », Qu’il me hurle chaque fois que je dégueule dans le fût de foutre… c’est dur à dire çà, fût de foutre… fût de foutre… fût de foutre… fût de foutre… BURGGGGLLlll et c’est encore plus dur quand on vomit en même temps et qu’on essuie les grandes claques d’un grand malade… Quel rôle qu’il avait deja le Kikoolol dans mon plan de manipulation diabolique ? heu… Je m’en fous… et si je me lançais dans une formidable interprétation d’une brasse coulée comme dans le lac des cygnes ? A ouais… j’ai jamais pris de cours de natation synchronisée… bon ben je vais imiter le Koursk alors, c’est plus simple. “A Glou ! A glou ! A glou ! A glou !”, Kikoolol m’invite à tout boire cul-sec… C’est déprimant… où est ma foutue agoraphobie ? Jamais là, mes crises d’attaque panique, quand on a besoin d’elles… faut vraiment que je subisse çà avant de mourir ?
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