Nemesis

Le 22/11/2006
-
par Ariankh
-
Thèmes / Obscur / Fantastique
Histoire inachevée d'un homme raffiné durement marqué par le sort, qui ressucite sa fille par un pacte avec le diable. Les détails et développements sont zappés, les tournures maladroites et peu recherchées, ne reste qu'un squelette de texte sans ses muscles. Cette fable gothique avait un potentiel certain, tué dans l'oeuf par des scènes grotesques, une ambiance terne et une réalisation foireuse.
Mon nom est Nemesis.
J'étais un homme avant. Ma vie était simple, sans histoires. J'avais la foi, j'étais ce que n'importe qui appellerait un homme bien. Mais un jour, ma foi a été ébranlés. Je n'avais plus conscience de l'amour du seigneur quand ma fille fut morte. J'étais malade aussi a l'époque, et j'ai été le seul de la famille a m'en sortir. Ma femme y est aussi restée.

Je chérissais ma fille comme Dieu me chérissait. Puis vint cette épidémie. Je n'ai pas eu la force de la repousser quand elle venait me voir sur ce qu'elle croyait être mon lit de mort. J'ai fini par m'en remettre, défiguré mais en pleine possessoin de mes moyens. Par contre, ses visites lui ont transmis mon mal, et elle s'est lentement décomposée pendant les derniers mois de sa vie. Celui que je prenais pour Dieu, je l'ai prié des heures et des heures durant. Mais il n'a pas daigné accorder sa pitié, ou alors ne le pouvait-il pas. J'ai tout tenté, pèlerinages, sorcellerie, bondieuseries (inhabituelles, ma foi était simple), j'ai recherché des sages légendaires, des créatures imaginaires, des bêtes cauchemardesques, et même fait des rituels païens. Je croyais encore en un Dieu a cette époque. Mais rien n'y fit, son état empirait.

Vint l'heure a laquelle j'étais certain que son peu de vie restant fuirait, et toujours pas de signe de Dieu. J'étais seul dans cette épreuve, personne n'osait l'approcher, et personne ne l'aurait reconnue, elle était boursouflée, et sa peau tombait en lambeaux. J'étais désespéré. Puis elle s'arrêta de respirer.

J'ai donc vendu mon âme au diable pour qu'elle reste vivante. Et il m'a entendu. Au début, elle s'est remise a respirer. Puis elle a rouvert les yeux. Et elle m'a hurlé dessus. Je ne comprenais rien, je l'avais sauvée au prix de ma place au ciel... Et elle me blâmait. Elle m'expliqua qu'elle souhaitait simplement le repos éternel, mais je n'en crus pas un mot. Je la connaissais suffisament pour savoir quand elle mentait.. Et quand elle a fondu en larmes, j'ai compris qu'elle avait fait exactement la même chose une année avant. Nous nous étions sauvés et tués a la fois.

Le temps passa. Mes proches louaient le seigneur qu'elle fut encore en vie quelques jours de plus. Je savais qu'il n'en était pas a l'origine. Seulement son état ne s'améliorait pas, elle était toujours aussi hideuse et défigurée. Mais personne ne s'en inquiétait. Son état physique ne changea pas au cours des mois suivants, mais elle fut prise de folies passagères a ma vue. C'était terrible, personne ne pouvait l'empêcher de fracasser tout ce qui pouvait même vaguement réfléchir son image. Elle était défigurée a jamais. Sa pestilence semblait insupportable dans toute l'aile qu'elle occupait. Peu après, elle fuit. Personne ne la revit, du moins la reconnut, mais on parlait d'un démon rôdant autour de la ville et hurlant mon nom. Les autres devinrent distants a partir des premières rumeurs. Quand a moi, ma peau durcissait, j'attribuais ca a la fin de ma maladie. J'en avais même oublié ma promesse a ce sombre seigneur. Puis petit a petit, elle devint sombre. Et je me souvins de ma promesse. Des boules douloureuses se formaient sur mes omoplates et mon front, je m'aspergeais d'eau bénite tous les jours en réponse. Cela rassurait mes amis qui avaient une peur bleue du Démon Vert qui rôdait.

Au alentours du printemps suivant, l'eau bénite commenca a m'irriter. Je devins de plus en plus froid et distant, même cynique. Le démon vert faisait parler de lui. De nombreuses personnes furent affectées du même mal que nous le fûmes, et je décidais de fuir de cette ville pour partir au loin. La compagnie de mes proches me rebutait. Et les rumeurs sur le démon me rappellaient mon erreur. Ma transformation continua sur la route pour la grande cité côtière, je fus pris de malaises et vomit beaucoup plus que ce qu'un estomac pouvait contenir. Je n'ai plus jamais eu faim par la suite, mais l'air refroidit en permanence autour de moi. Mes yeux bleuirent (passant d'un vert émeraude a un bleu glace), mes cheveux blanchirent, et mes bosses frontales percèrent. Je dûs me promener en permanence avec un chapeau du plus mauvais goût, les cornes n'étant pas très bien vues en société. Et je commencais a ressembler a un de ces paysans grattant la terre a longueur de journée, avec un hâle couleur ébène. Ceci commençant a être vraiment trop voyant, les gens se retournaient sur mon passage.

J'optais alors pour aller m'isoler. Je n'avais pas besoin de nourriture, n'ayant plus de quoi la digérer, je voyagerais donc léger. J'absorbais simplement la chaleur alentour. Je restais deux mois ainsi, a réfléchir dans une grotte. J'avais emporté bon nombre de livres, notamment sur le mythe de Faust, qui ne m'apprirent guère plus que ce que je n'avais déja. Mes ailes se dévellopèrent, mes cornes d'un noir d'obsidienne grandirent. Ce qui me semblait le plus étrange restait ma lucidité, qui bien qu'ayant fait défaut a ma fille, restait inchangée chez moi. Quand a elle, elle restait toujours dans mon esprit, mais je n'avais aucun moyen de la retrouver, et elle était tellement folle que je n'en avais aucune envie non plus. Celle qu'elle avait été me manquait. Le temps passa ainsi, mes yeux blancs désormais m'empêchaient de sortir de jour sans être ébloui. La nuit, la lune m'éclairait.

J'avais encore mes manières d'homme civilisé, mais je ne ressemblais pas a un homme en repartant de ma retraite. L'herbe se flétrissait sous mes pieds, et j'étais capable de fracasser un arbre d'un poing. Mes habits étaient désséchés depuis longtemps, et je m'apercus avec surprise que mon corps n'avait plus rien de masculin non plus, cette partie étant restée humaine, puis flétrie. Je l'arrachais donc, et nul sang ne coula. La blessure se referma en quelques heures, et je sus que je n'étais réellement plus un homme.

Je décidais de repartir en ville, voler des livres. Tous les animaux de la forêt me fuyaient. La terre se craquelait, les feuilles jaunissaient sur mon passage. Et l'air miroitait autour de moi. Je pouvais glacer de l'eau d'un simple contact. Mais je ne comprenais pas ce qui m'arrivait. Là bas, les gens fuirent en hurlant en me voyant parcourir nu leurs terres. L'ombre me vêtissait. Je trouvais assez rapidement la demeure d'un riche seigneur, que je savais instruit, et décidais d'aller lui emprunter de quoi occupper mon prochain mois, voire de quoi m'orienter sur la voie de la guérison. J'étais fasciné et dégouté par ce que j'étais devenu. J'étais occuppé a contempler le miroitement autour de mes bras quand les poutres de la maison se craquelèrent, et la maison s'effondra sur ses occupants.

Je fus bouleversé. C'est ainsi que je décidais de fuir dans les bois au dessus du village, pour réfléchir aux conséquences de mes actions. J'avais toujours eu cette manie de mon vivant (le suis-je encore ?), peut être que cela me ferait du bien. Je ne pus pas le savoir, car deux nuits après, les villageois commencèrent a me traquer. Je les voyais venir de loin, petits êtres de chaleur, avec leurs torches et leurs fourches. Ma peau me camouflait bien, je restais donc confiant en haut d'un arbre, a les regarder s'agiter. Ils me cherchaient en tous sens, certains préoccuppés uniquement par leur survie, d'autres peu convaincus de mon existence. Rares étaient ceux qui me cherchaient par vengeance, encore plus ceux qui le faisaient par héroïsme. Mais j'avais encore une fois oublié mes pouvoirs, et l'arbre s'effondra, dévitalisé. Je tombais sur les pauvres créatures, effrayés du bruit atroce qu'avait fait l'arbre en se craquant.

Ils commencèrent a s'éparpiller, mais j'en assommais un, un jeune adulte dans ma chute. Je fus sonné pendant 5 bonnes minutes. Quand j'ouvris les yeux, je le vis, ridé, fripé, et raide mort. Les autres avaient fui a mon approche. Je reconnus un des possibles héros, et je fus ravi qu'il soit mort, c'était certainement un des seuls a avoir eu le courage de m'achever. Quoi qu'il en soit, je fus désormais appellé Nemesis par les habitants du village.

Et mes pouvoirs grandirent. J'absorbais la vie dans un rayon d'un mètre, contre 25 centimètres avant. Je ne pouvais pas stopper cette croissance. Ma rancune grandit aussi. Je n'avais pas tué volontairement ces personnes : d'abord cette maison, puis cet homme. Je décidais d'aller voir un prêtre, peut être la personne la plus apte a me soigner. Mais je ne pus me résoudre a rentrer dans l'église, et le prêtre en question avait aussi peur de moi que j'avais peur de lui (peur irraisonnée, j'y ai vu la main de Dieu protégeant les siens).

Les années s'écoulèrent. Je me déplacais dans un désert, ou la vie a absorber était presque inexistante. J'étais fatigué en permanence, mais ne retirais la vie a aucun être vivant autre que les vers, les mouches, et les herbes. Puis je vis les nomades, et malgré mes précautions pour qu'ils ne me remarquent pas ils me chassèrent tout comme ces fermiers m'avaient chassés. J'en vint a haïr les hommes.

Ceci continua durant quelques siècles. Je me déplacais dans un lieu le plus désert possible, le plus vide que je puisse trouver, et a chaque fois j'en étais chassé, pendant que mes pouvoirs s'accroissaient. Et ma haine des êtres vivants aussi. Jusqu'au jour ou je décidais de me mettre a détruire ce qui tentait de me détruire.

Je descendis vers le sud. J'étais dans les étendues sauvages au nord a cette époque. Les rares villages que je croisais durant ma longue route étaient déserts a mon arrivée, a part les vieillards ne voulant pas partir de leur terre natale ou n'en ayant pas la force.

Vinrent les villes. Ils étaient tous avertis de mon passage avant que j'arrive a portée. Et invariablement je retrouvais des villes désertes, a part les vieillards et les personnes piétinées dans la panique. La rumeur avait visiblement cru pendant mon isolation, et je ne revis plus une seule personne en l'état de courir de ma vie. Les métropoles se vidaient a mon passage, les morts en route étaient innombrables, et les gens étaient de plus en plus paniqués.

On envoya la troupe a mes trousses. Les fusils s'enrayaient a portée de tir, l'hiver m'entourant les ralentissaient, les soldats déprimaient et vieillissaient au fur et a mesure de leur approche. Aucune armée ne revint. Aucune n'eut envie de revenir. Les mutineries se multiplièrent dans les petites régions que j'arpentais sans fin. La panique des gens me rassurait.

Et enfin, je retrouvais trace de ma fille.



La Zone - Un peu de brute dans un monde de finesse - https://www.lazone.org/