Voie de garage

Le 24/02/2008
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par Stylo
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Thèmes / Polémique / Système
C'est correctement écrit, court et direct, sans prise de tête particulière. Les réflexions de cette adolescente qui s'interroge sur son avenir en face de son conseiller d'orientation ne sont pas de la première fraicheur, mais prennent quand même un peu de distance par rapport aux stéréotypes de la rébellion adolescente. Bref c'est pas mal, quoique perfectible.
Fabrice Luchini a dit : Chaque être humain est exceptionel dans sa normalité
" Ecoutes-moi bien, faut savoir c'qu'on veut dans la vie. " Qu'il m'a postilloné à la gueule. Ouais ce gros crados postillonne et se gratte sans cesse le cul par la même occasion. Réflexion. Je veux quoi dans ma vie ? Je la veux comment ma vie ? Certainement pas comme ce putain de conseiller d'orientation me la prédit. Je me comprends, un mari ingénieur informaticien, trois gosses, une maison à la campagne, un labrador et un break. Dire que ceci est le rêve de 99% des pimbêches de ma classe. J'emmerde la banalité. Ce que je vais lui sortir ne va pas lui plaire. J'en sais rien bordel, laissez moi réfléchir. " Tu te vois comment plus tard ? "
Deuxième réflexion, celle-ci est beaucoup plus évidente à mes yeux. Tout d'abord, il y a ce côté junkie. Que la plupart des gens, ceux qui me connaissent le mieux, me prédisent. Ces personnes que je ne cesse de vouloir rassurer, en leur inventant des tas d'arguments plus incompréhensibles les uns que les autres, et qui, pour la plupart d'entres eux, sont faux d'ailleurs. Mais je l'avoue j'ai une certaine attirance envers toute substance aillant le pouvoir de me faire décoller. Même pas une certaine attirance, une attirance tout court. Je ne suis pas une droguée, car tout simplement je n'ai pas assez de fric pour en être une. Une alcoolique, j'ai de quoi l'être oui c'est vrai. J'ai déjà vus des tas de personnes pour essayer de me "guérir", de me remettre les idées en place. Le seul problème c'est que mes idées sont bel et bien en place et que je n'ai pas forcement envie de "guérir". Partant du fait que j'ai toutes les chances pour être une junkie, mon avenir se complique. On me voit dans la photographie ou dans la littérature. Ils ont raison, je prendrais en photo mes seringues pleines de gerbe, quoi de plus artistiques. Puis j'irais avec ma gueule de bois et mes bad-trip les accrocher au chatterton dans une usine désaffectée et tout le monde trouvera sa magnifique. On qualifiera mes photos d'art contemporais, je gagnerais des millions, j'en profiterais pour m'acheter encore plus de cam. On voudra me faire suivre des cures de désintox que je fuirais au bout de deux jours pour aller m'acheter une bouteille de whisky et vomir sur la caissière qui me l'aura tendue avec un putain sourire sur ses grosses lèvres pulpeuses car elle aura vendue une 'teille de sky à une "people" qui a fait la une du magasine "pubis" la semaine dernière. Je me ferais raser la tête. Je montrerais mon doigt au paparazzi, leur cracherait à la gueule. Je ne serais qu'un effet de mode, vite on aura honte de moi et l'on m'oublieras. Et l'impression d'avoir gaché ma vie, je prendrais deux ou trois doses de trop, je m'arracherais les veines et créverais la bouche ouverte.
" Tu te fous d'ma gueule ? " C'est décidé, la prochaine fois que je viens le voir, je prends le parapluie. Et v'la qu'il me sort le discours proné par le ministère de la santé, la drogue c'est pas bien, l'alcool non plus, t'es mineur ... TON CUL ! Je lui décolle un doigt et me barre aux quartiers des girondins acheter ma cam.
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