Un déjeuner parfait

Le 22/08/2010
-
par Yog
-
Thèmes / Débile / Disjoncte
Ce texte, c'est en quelque sorte la rencontre entre un diner presque parfait et une Desperate Housewive en plein pétage de câble : ça part dans tout les sens et on a pas le temps de s'ennuyer entre deux lignes. C'est beau et surtout, complétement débile. A lire la tête dans un micro-onde.
Mon cerveau coule par mes oreilles. Vraiment. Pas littéralement, mais vraiment.
Voilà trois jours que je n’entends plus rien.
Ma gentille fille ado, pas trop dévergondée, pas trop en crise.
Mon gentil fils de cinq ans qui joue avec ses tractopelles modèle réduit.
Mon adorable mari qui est toujours souriant et toujours ravi de ma cuisine, des plats de merde, une fois sur deux réchauffés au micro onde.
Ah oui, j’aime ma vie quand des morceaux de mon cortex bouchent le passage à la merde qu’ils pépient, sans cesse, sans cesse, sans cesse.
Mais je suis une super dépravée mode sauvage. Nan je n’ai pas d’amant. Pas de maitresse non plus. Je ne dialogue pas avec des inconnus sur l’internet. Je ne fais pas de webcam où je montre ma chair, un peu flasque, avec de la peau d’orange.
Oh non je ne le voudrais pas.

Je fantasme juste sur Brad. Sur Brad dans Troye. Ses pectoraux. Ses abdominaux si musclés. Sa chair couleur bronze étoilée de sueur, aux muscles contractés et à l’allant si viril.
J’y pense quand j’accomplis mon devoir conjugal. Ainsi oui, j’avoue, je prends du plaisir avec Nicolas, mon époux.
Je suis une bonne épouse, une bonne mère. Je prépare les céréales et les toasts le matin. Je vais à mon cours de Pilate ensuite.
Je fais quelques courses.
Parfois je bois le thé avec Nathalie, du pavillon à côté. Si charmante, et son mari Romain aussi. S’il savait qu’elle baise avec l’électricien du quartier… Mais il ne le sait pas. Et ce n’est surement pas moi qui le lui dirai.
Puis je rentre préparer le repas. Ca peut prendre une heure ou deux.
Ou un peu moins selon ce que je prépare.
Mais aujourd’hui le cortex me coule par les oreilles. Je n’entends rien. Le soleil est radieux. Nathalie semble me parler, surement de Stéphane, l’électricien. Je dis oui, oui, bien sur, ne t’en fais pas, nous connaissons toutes cela à la quarantaine.
Je tripote mon oreille.
Tu as perdu une boucle ?
Oh je… Non, c’est un vieux tic, un truc de la fac tu sais, mes boucles….
Je rentre à la maison, j’épluche les pommes de terre, je les coupe en morceaux. J’ai un bon tour de main.
Je me dégage l’oreille gauche du coude, pour ne pas gâcher ma cuisine. Ca coule.
Je plonge mes pommes de terre dans une grande casserole remplie d’eau salée et je souris. Tout est si simple. Tout est si limpide sans ouie.
Oui j’ai trouvé des capotes dans le sac de Julie. Un morceau de cervelle tombe sur le plan de travail. Je l’essuie avec mon papier super absorbant essuie-tout (tout !) et me dis que Julie est une jeune fille moderne et responsable. Une jeune fille responsable de douze ans. Pas trop dévergondée (je ne lui ai connu que trois petits amis) (mis à part un léger doute sur Thomas, son prof de piano de 24 ans), pas trop en crise. Ce matin elle m’a crié Quelque chose.
Peut-être qu’elle voulait une autre marque de céréales.
Nicolas était déjà parti au travail.
Benjamin avec ses engins de construction miniatures avait tracé des marques sur mon entrée refaite à neuf.
Merde, mon entrée !!!
Qui devait impressionner maman. Et aussi Lise, ma sœur ainée.
Cela nous avait coûté une fortune avec Nicolas. Un fortune pour la couleur crème de saumon laquée avec mica, un grand miroir. Lise m’avait dit que j’avais besoin des services de Valérie Damidot. Lise est une pute, vous savez ? Elle s’est tapé son chef de rayon pour avoir une promo comme chef caissière et décider des putains de pauvres pauses de merdes de ces connasses de caissières dont elle fait partie. Caissière et PUTE !
Ce que maman ne sait pas.
Ni Nicolas.
Mais mon entrée devait lui rabattre son caquet elle qui se vante d’avoir pu se payer un canapé d’angle en croute de cuir beige, que ses merdeux de gosses mal élevés vont saloper en deux temps trois mouvements.
Mais merde.
Mon repas de midi.
Je n’entend pas l’eau bouillir. Je vais devant le four et me regarde par la vitre. J’essuie mes oreilles avec un torchon. Le torchon est dégueulasse. Mes oreilles sont dégueulasses. Mon cerveau coule.
Mais il faut tenir le rôle. Le fücking King role.
Je surveille mes pommes de terre. Tout va bien. Et puis l’eau bout, si de la cervelle (ma putain de connasse de pute de cervelle) tombe dedans, ça ne fera rien.
Je me sors les pavés de bœuf.
Houla, saignant ces trucs. Ca ressemble un peu au dos de Benjamin après que je l’ai puni ce matin. Très élastique, rouge bleuâtre et saignant. Au moins ce petit con mal élevé (par son père) ne foutra plus en l’air ma putain de déco d’entrée réservée à ma sœur et ma chieuse de mère. Surtout avec sa petite tractopelle enfoncée dans le cul.
Mes pavés donc… Je mélange moutarde et Worcestershire sauce, j’enduis je réserve… Les patates. Impeccable. Parfait.
Ah bordel a queue de con chier chatte et bite, un bout de mon cervelet est tombé sur un pavé.
Tant pis, ces enculés de première (car je sais que Nicolas est un enculé, je l’ai vu se faire mettre un club de golf dans le cul par sa partenaire de jeu un jour où je suis rentrée plus tôt du club de rami du quartier) CES enculés de premières, Nico la folle sodomite, Julie la pute prépubère et feu Benjamin et sa tractopelle au cul (on suit les traces de papa ?) ne vont pas m’en vouloir.
Que je fasse de la merde congelée de chez Lidl ou du bio du marché ils s’en carrent comme de l’an quarante, alors ?
Je lis ma recette
« Couper les oignons et le poivron en petit dés. Les faire dorer, puis ajouter le bouillon, les herbes, le reste du mélange moutarde-Worcestershire, le Tabasco et faire réduire de moitié à feu doux. »

Merveilleux, je fais ça.
Tiens, Cette trainée de Julie revient déjà de l’école.
11h30.
Elle revient d’un gang bang plutôt. Je crois qu’elle a encore des substances dans les cheveux.
« Mais bonjour, ma chérie, tu rentres bien tôt ?
-…..our…….ath…..lé
-Je n’en ai rien à carrer espèce de petite pétasse, tu vas monter dans ta chambre, te laver la chatte au gynhédralin et attendre que le repas soit prêt sans broncher UNE OREILLE ! SANS BRONCHER UNE OREILLE TU COMPRENDS PETITE PUTE ? »

Elle s’enfuit en pleurant. Pauvre chose. Si elle laisse tomber sa natte ou la ficelle de son tampax un prince sera ravi de secourir rapunzel.
Mais benjamin est dans le cellier, mes patates sont prêtes à passer dans le presse purée.
Ce que je fais. Quel contact délicieux. Ma tête est divinement vide. Sans cervelle. Sans ouie. Sans rien d’autre qu’un grand sourire.
Que dit le truc de merde là ?
« Ajouter la crème fraîche et maintenir au chaud. »

Nic-kel.
Je prends le couteau électrique pour avoir une discussion mère fille avec ma douce Julie. Elle est si influençable.
Oh, la pauvrette. Elle pleure, affalée sur son lit, les fils de son string dépassant de son jean taille ultra basse. Même en me reculant je vois son cul, et même sans cerveau et sans oreille j’entends sa moule qui crie « baisez moi »
« Chérie ?
-……..lo……pi……..ne…..
-Chérie, ayons une discussion veux tu ? »
A priori elle ne veut pas.
Tant pis. Je débranche son fer à lisser qui lui procure de si belles franges de pute espagnole et l’aide à s’ouvrir au monde en lui ouvrant un peu plus l’entrejambe au couteau électrique.
Je crois qu’elle hurle.
Je n’entends rien.
Quel dommage, peut être disait elle « pardon maman » « maman je me rends compte de tous les sacrifices…. »
Un bonheur n’arrivant pas seul, son string était rouge, très raccord. Et pas vraiment choquant avec le carmin des placards de la cuisine.
Ho oops, mon repas.

Avec mes piques a viande je fais griller les pavés de boeuf comme nicolas les aime.
Ah tiens, le voilà.
Il ouvre de grands yeux et une grande bouche. Les oreilles je ne sais pas.
Il est vrai que mon chemisier est couvert de cervelle et mon tablier de sang.
Mais ha, oh, la maitresse de maison vous distrait ! Une pique dans chaque œil ! Ca change du club dans le cul, non ? Et so charming.
« Hey ducon !
-……aaaaaaaaaaaaaaaa …….rrrrrg
-Hé, qu’est ce qui est débile, a des antennes et se cogne partout ?
-………. [oh putain je n’entends vraiment plus rien]
-C’est ce vieux nico avec une pique a viande dans chaque œil ! »
Lui qui dirige une entreprise… Se paniquer si facilement. Le couteau électrique est dans la chambre de sainte julie. La tractopelle c’est pour les mômes.
Me reste le couteau à désosser.
Vous ai-je dit que je découpais des poulets comme un vrai boucher ? Eh bien j’ai décapité mon époux comme un vrai pro, rien qu’en trouvant le passage entre les vertèbres.
Et après putain.
Après m’être débarrassée de ces connards pleurnicheurs, piailleurs et ingrats, je me suis envoyé mon pavé de bœuf grillé et purée maison.
Le meilleur repas de ma putain de vie.
La Zone - Un peu de brute dans un monde de finesse - https://www.lazone.org/