Le Cosmonaute

Le 12/08/2017
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par HaiKulysse
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Dossiers / J'ai fait un rêve
Même quand il rêve, HaiKulysse fait du cut-up ! On imagine bien un mécanisme de pensée s'opérer inconsciemment. De grandes paires de ciseaux taillent des parallélépipèdes dans sa matière grise, au moins un cube d'un million de facettes en long en large et en hauteur. Puis alors qu'HaiKulysse sort d'une phase paradoxale éreintante entrecoupée d'apnées du sommeil évidentes à la lecture, une grande partie de RubixCube de neurones se déroule en quelques millièmes de secondes. C'est alors qu’apparaît dans le vacarme et le tumulte des voxels dendritiques chamarrés, ce résidu de reboot de conscience, dont David Bowie aurait probablement aimé faire une chanson, voire peut-être même, ô cauchemar en vérité, un album tout entier, interprétant ensuite sur scène, sous un maquillage improbable, un personnage bariolé, un truc du genre "Zyklon Tsar Burst" ou un machin débile dans la même veine. Des tas de crétins insipides auraient alors crié au génie.
En posant le pied pour la première fois sur ce littoral côtier, la première chose que je remarquai fut le cadavre d'un cosmonaute atterri là par hasard.
Couché sur le sol, il apportait à la beauté spartiate des pierres quelque chose comme un message impalpable avant ma propre mort. Il était presque entièrement déshabillé, seulement couvert de guirlandes de Noël qui clignotait encore.
Je le regardais à peine, me dévouant à présent à alimenter un feu d'écorces pour me réchauffer. Nous étions, lui et moi, dans cette contrée qu'on appelait la Pansée pour recevoir les étrennes d'un roi de pacotille. Mais nous nous étions perdu, après des kilomètres de rêve morbide.

Le spectacle de ce cosmonaute étendu était pour moi lascif : j'avais pris l'habitude, ces derniers temps, d'ajouter à la tristesse fondamentale de ces choses une drôle de marotte. Après avoir connu une épisodique dépression, je ne voulais plus m'apitoyer maintenant sur ces drames quotidiens ou imaginaires.
Pour ce tocard tombé du ciel, je n'avais pas la moindre compassion ; aussi ça ne me dérangeait pas de fumer ma pipe d'opium devant sa dépouille. Cependant, et je ne le savais pas encore, son spectre allait me hanter, me maudire et se cramponner à son évanescence temporaire afin de s'acharner sur moi.

Je ne savais pas aussi qu'il allait déclencher dans ce rêve surchauffé d'excitation, de ferveur et d'effervescence la discorde parmi les programmateurs oniriques...
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