Le bonbon de la putain

Le 21/08/2017
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par HaiKulysse
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Thèmes / Obscur / Introspection
Message de l'auteur : "Une explication du titre par un extrait de Big Sur de Jack Kerouac ; le bonbon de la putain : il veut parler d'un morceau de coton parfumé que l'une d'elles (une danseuse de Saint Louis) nous avait lancé en dansant et que nous avions cloué ensuite à une croix trouvée sur la grand-route, dans l'Arizona, sur les lieux d'un accident…" Je ne sais plus trop par quel bout prendre l'oeuvre haikulysienne. J'imagine que ça fera sens un jour, dans 10 ou 100 ans, qu'un algorithme sera développé pour tirer les choses au clair et qu'un transhumain quelconque se dira "ok, énigme suivante". Pour l'instant, je suis submergé, par les mots, les sons : le hasard fait bien les choses parait-il. Mais parait-il également que le hasard n'existe pas.
Elle gisait, nue et dénudée à la fois (doublement, triplement dévêtue) couverte de mèches de cheveux sombres, entourée d'anguilles noires et luisantes qui rendaient le bonbon de la putain mélancolique.
Le bonbon de la putain ? Un fortifiant vertige tentateur et une invitation muette qui hésitaient entre l'obscurité et la lumière de ce rêve infaillible.
Des siècles de lucidité divine s’étaient installés parmi les ruines. Les anguilles et les serpents noirs de ses cheveux s’élevaient luxueusement et ajoutaient à ses murmures imaginaires les germes du vrai mal. Leur monde celte déclinait déjà dans les fonds marins.
Une sensation de brûlure acide mais comique se dessinait dans les flammes de leurs grimaces et la mort paraissait accueillir favorablement cette sensation en se compromettant jusqu'à très tard avec les claquements de doigts hypnotiques de la putain.
Dans l’abîme contemplatif qui allait imploser, je fis apparaître le cosmonaute, sa noirceur et ses noeuds coulants qui innovaient tellement sur les autres.
Tout en jouant, donnant vie aux idées suicidaires qui alimentaient nos cerveaux, à l’état larvaire, chaque plan orchestré dans nos rêves suscitait dans le monde réel des réactions violentes, sanguinaires souvent. Les derniers survivants, inconsciemment parfois, se dévouaient à hisser des profondeurs la chaîne d’une ancre qui n’était autre qu'une seule et même pensée répétitive, fascinante.
De toute façon, ils se détestaient mutuellement ; ils détestaient leurs regards furtifs et désespérés quand ils ne pouvaient rien faire d’autre. Entre eux ils ne se disaient jamais de paroles authentiques.

Pour ma part et pour saborder tous efforts d’épanouissement personnel, seul le bonbon de la putain essuyait mes larmes fraîches.
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