Les bretzels des pendus !

Le 22/09/2017
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par HaiKulysse
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Dossiers / Appel à textes P.K.Dick-like
HaiKulysse nous gratifie d'une contribution au dossier "Appel à textes P.K.Dick-like". On ne s'en étonnera pas, il utilise à nouveau la méthode du cut up de Burroughs et de l'écriture automatique pour ce faire; ça aurait été un peu choquant même s'il ne s'était plié à sa propre tradition. Du coup je vais recopier le quatrième de couverture du recueil de nouvelles chez Folio "Dans le jardin et autres réalités déviantes" de P.K.Dick et changer quelques mots pour faire de mon descriptif une extension de l’intention de l'auteur relativement à la thématique récurrente du questionnement au rapport à la réalité de Monsieur PKD. "Qui est cet étrange bretzel gourmand à moitié mordillé qui prétend que le monde n'est qu'une projection de son propre esprit pâtissier, destiné à son seul bonheur de viennoiserie teutonne ? Comment se fait-il que personne ne se soucie de ces pendus dans le square dont les poches regorgent pourtant de délices et friandises ? Pourquoi le nouveau moyen de transport instantané qui relie tous les points de la planète en quelques pas, la prostate d'HaiKulysse, semble-t-il habité ? Au fil de ces douze lignes où la réalité a tendance à déraper dans la semoule originelle de l'univers et la gue-dro mal coupée, HaiKulysse nous explique que le rapport entre l'observateur et le réel n'est au fond qu'une question de perception ou d'humeur ou d'ornithorynque."
Pour faire choir des arbres faisandés ces pendus qui étaient disséminés dans le parc aux couleurs chairs, on nous avait donné le code d'accès au développement aussi bien photographique que cinématographique.
Même le marine qui montait la garde devant la porte du parc, nous avait donné de quoi chasser les pendus cadavéreux et leurs fantômes, continuant comme un leitmotiv macabre ce jeu un peu débile.
Le jeu ? Il s'agissait de garnir notre hotte en dérobant des bretzels aux pendus. Les courses du soir. En prospectant le terrain, nous étions tombés sur la vieille affiche d'un film, un remix de Blair Witch qui avait dévié maladroitement de son thème principal ; une affiche collée religieusement sur le tronc d'un arbre mais il n'y avait aucun pendu au-dessus de ses premières branches.
Le premier bretzel, qu'on trouva dans la poche de deux frères siamois pendus tête-bêche l'un contre l'autre, était tellement gelé qu'il était dur comme nos boîtes de sardines en fer-blanc. Le bretzel suivant était sorti de la poche d'un étudiant qui avait été bizuté, si bien qu'on voyait son sourire comme un rictus, ma fois, un peu vexé.

Le dernier bretzel qu'on avait soutiré cette nuit à un pendu solitaire, très isolé du groupe de ses semblables, on l'avait grignoté à la lumière d'un réverbère qui ressemblait à un bec de gaz transformé pour l'occasion à cette collecte certes cynique de bretzels.
Je profitais de ce moment pour gribouiller aussi mon aventure afin de la raconter par la suite à ma femme qui me dévisageait toujours de son regard demeuré à mon retour au foyer conjugal.
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