Une vie pourtant bien rangée

Le 13/08/2004
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par Vrine
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Thèmes / Débile / Vie quotidienne
Ca commence par de l'insulte kilométrique, ce qui est toujours de bonne augure. On se cale bien profond dans son siège et là, c'est le drame : c'est de la merde. C'est l'histoire d'un couple qui s'engueule pour des histoires de vie quotidienne chiante, c'est écrit comme du mauvais théatre déclamé mais en version illétrée, on y croit pas une seule seconde. A lire en fermant les yeux.
« Julien, Julien tu viens oui ? ça fait 1 semaine que je t’ai demandée de ranger « ton » bordel dans l’entrée ».
Voilà elle recommence cette grosse conne, putain je la supporte plus cette grognasse 5 ans de vie commune, 5 ans qu’elle se prend pour ma mère !
« Oui chérie, j’arrive excuse-moi mais j’ai eu tellement de choses à faire que j’ai complètement oublié de ranger, tu ne m’en veux pas au moins ? » Putain, voilà je me rabaisse encore, je suis vraiment devenu une grosse merde à cause d’elle, je ne me reconnais plus.
Je sais pas moi je pourrais très bien lui dire « Mais ferme ta gueule grosse conne c’est toi qui devrais ranger l’entrée regarde moi ça depuis que je te connais t’as pris au moins 10 kg t’es qu’une grosse vache, un sac à merde j’en peux plus de ta gueule de conne !!! » Mais non je dis rien je m’écrase …
Enfin voilà j’en peux plus je suis fatigué de cette vie. Avant de la connaître j’étais libre, pas de compte à rendre bref j’étais heureux, j’étais moi.

Allez je me motive et je ravale ma fierté, il faut que j’aille ranger « mon » bordel dans l’entrée, tiens des groles à elle et bien voilà l’occasion rêvée pour me venger en toute impunité elle rangera « sa merde » me voilà donc à ranger mes affaires en prenant bien soin de laisser les siennes en évidence.
Fini, besoin d’une bonne douche parce qu’aujourd’hui la chaleur est intenable rien que de déambuler du placard à l’entrée j’ai du sué un litre …
Ah ! Une douche tiède rien de tel pour requinquer un homme.

« Julien dit donc tu te prends pour qui là ! Moi quand je range je regarde pas si ce sont mes affaires ou les tiennes ! nan mais attend je rêve. Tu crois que tu vas faire ce que tu veux et ranger que « ton » bordel ? on est deux à vivre ici je te signale »
Oh ! Putain de putain c’est pas possible elle s’arrêtera jamais cette morue ou quoi ? J’ai pas pris le temps de réfléchir ni une ni deux ça a fusé « Eh oh Carine t’arrête de me faire chier maintenant ou bien je te claque le beignet ! Fous-moi la paix un peu ok ? »
« Nan mais je rêve monsieur Julien se rebelle, voyez-vous ça ? Qu’est ce qui t’arrive t’as des couilles qui ont poussé dans la nuit ou quoi ? »
« Ouais c’est ça ferme ta gueule grognasse ! » C’est grave ça quand même je peux même plus prendre une douche tranquille bientôt elle va me faire payer l’eau cette conne !
Tiens c’est bizarre elle dit plus rien. Elle a peut être fini par comprendre que maintenant je reprenais les rennes ? On verra bien !

J’enfile mon short et un débardeur et c’est étrange mais j’ai presque peur d’aller à sa rencontre. Putain à peine rentré dans le salon je me prends un cendrier dans la gueule, vous savez les gros cendriers en cristal, je m’écroule au sol le visage en sang. Je fonce dans la salle de bain, le miroir est embué mais peut importe j’arrive tout de même à voir que j’ai l’arcade éclatée !
Elle va me le payer cette salope ! La vengeance est un plat qui se mange froid dit-on et bien je vais le déguster…
Tout à coup j’entends ses pas derrière moi, je me retourne elle est là, face à moi, limite en sanglot, je la choppe et je lui éclate le nez sur le rebord de la baignoire tant pis pour la vengeance, ma haine l'a emportée.
J’attendais debout dans la salle de bain que madame veuille bien se relever mais elle était là, allongée, à dire qu’elle avait mal, que tout le monde saurait ce que je lui ai fais, mais bon ça ne m’a pas décontenancé pour autant … J’attendais … Deux minutes c’était écoulé quand elle se décida. Je ne l’aida pas je restais à la contempler, en fait j’éprouvais du plaisir à la voir souffrir … Elle se dirigea vers l’armoire à pharmacie et en sortie des compresses et du désinfectant bon marché, elle me poussa d’un geste limite violent et marcha jusqu’à la cuisine.

Je l’ai suivi d’un pas sur, je pensais que chacun avait dit et fait ce qu’il semblait juste mais je me trompais grandement.
A peine avais-je mis le pied dans la cuisine qu’elle m’assena un coup de couteau en plein cœur vous savez les gros couteaux de boucher je m'écroula, j'étais mort…

Je vous écris tout ça depuis l’autre monde afin que vous connaissiez la vérité et la vraie nature de ma « charmante » femme. En effet, j’ai besoin de raconter ma version car la sienne est nettement plus romancé voyez plutôt ce que titré les journaux le lendemain de mon meurtre « DRAME AU VALBLOT : POUR SE DEFENDRE UNE FEMME BATTUE TUE SON MARI D'UN COUP DE POIGNARD ».
C’est fou comme la réalité peut parfois être déformée? Enfin moi je ne m’en remets pas. Ce qui me rassure c'est qu'elle finira bien par me rejoindre et là je peux vous le dire je l’aurais ma vengeance. Tendre et suave pleine de volupté, je ne pourrais pas la tuer elle sera déjà morte mais je ferais d’elle mon esclave pour l’éternité et oui le petit Julien à pris une option sur son âme car vous ne le savez pas mais ça fonctionne comme ça ici !
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