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= PROPAGANDE = => = INITIATIVES = => Discussion démarrée par: RIENAFOUTRE le Avril 20, 2016, 17:53:38

Titre: 03-Serial Insert : Jack et la Nuit Debout : donner c’est donner, reprendre...
Posté par: RIENAFOUTRE le Avril 20, 2016, 17:53:38
Titre: 03-Serial Insert : Jack et la Nuit Debout : donner c’est donner, reprendre...
Posté par: RIENAFOUTRE le Avril 21, 2016, 10:38:28
Titre: Re : 03-Serial Insert : Jack et la Nuit Debout : donner c’est donner, reprendre...
Posté par: MILL le Avril 27, 2016, 11:15:43
Soudain ce fût le tour de Jack de prendre la parole et un microphone lui fut tendu. Il y avait des tas de gens qui avaient constitué des commissions et par petits groupes ils parlaient d'utopies improbables en citant des Bisounours notoires comme Stéphane Hessel, ce suppôt démoniaque de l'impératif présent à la seconde personne du pluriel, cependant, Jack, micro en main, ne se sentait étrangement pas du tout indigné mais plutôt catatonique face à la foule hétéroclite, difforme et monstrueuse à laquelle il allait devoir se confronter tel un créateur de start-up ayant 2 minutes pour placer un pitch cool et bien senti.
N'écoutant que son courage, dont il s'empressa par ailleurs de s'emparer d'une seule paluche, l'autre tenant le micro, il entama son intervention par une citation qu'il jugea instantanément parfaite de sobriété, rassembleuse et finaude :
"Est-ce qu'on va reprendre la route ?
Est-ce que nous sommes proches de la nuit ?
Est-ce que ce monde a le vertige ?
Est-ce qu'on sera un jour puni ?"

Mais ce gros bâtard de coordinateur de débat fit évacuer Jack de l'estrade.
Titre: Re : 03-Serial Insert : Jack et la Nuit Debout : donner c’est donner, reprendre...
Posté par: Valstar Karamzin le Avril 27, 2016, 15:05:22
Soudain ce fût le tour de Jack de prendre la parole et un microphone lui fut tendu. Il y avait des tas de gens qui avaient constitué des commissions et par petits groupes ils parlaient d'utopies improbables en citant des Bisounours notoires comme Stéphane Hessel, ce suppôt démoniaque de l'impératif présent à la seconde personne du pluriel, cependant, Jack, micro en main, ne se sentait étrangement pas du tout indigné mais plutôt catatonique face à la foule hétéroclite, difforme et monstrueuse à laquelle il allait devoir se confronter tel un créateur de start-up ayant 2 minutes pour placer un pitch cool et bien senti.
N'écoutant que son courage, dont il s'empressa par ailleurs de s'emparer d'une seule paluche, l'autre tenant le micro, il entama son intervention par une citation qu'il jugea instantanément parfaite de sobriété, rassembleuse et finaude :
"Est-ce qu'on va reprendre la route ?
Est-ce que nous sommes proches de la nuit ?
Est-ce que ce monde a le vertige ?
Est-ce qu'on sera un jour puni ?"
C'est alors qu'un indigné de la première vague, confortablement planqué dans la foule, un devenu à présent enragé à force d'arpenter les places européennes, jeta sur scène un objet qui vint atterrir aux pieds de Jack.
Mais ce gros bâtard de coordinateur de débat fit évacuer Jack de l'estrade.
Titre: Re : 03-Serial Insert : Jack et la Nuit Debout : donner c’est donner, reprendre...
Posté par: RIENAFOUTRE le Avril 28, 2016, 09:47:31
Titre: Re : Re : 03-Serial Insert : Jack et la Nuit Debout : donner c’est donner, reprendre...
Posté par: MILL le Avril 28, 2016, 14:37:34
Soudain ce fût le tour de Jack de prendre la parole et un microphone lui fut tendu. Il y avait des tas de gens qui avaient constitué des commissions et par petits groupes ils parlaient d'utopies improbables en citant des Bisounours notoires comme Stéphane Hessel, ce suppôt démoniaque de l'impératif présent à la seconde personne du pluriel, cependant, Jack, micro en main, ne se sentait étrangement pas du tout indigné mais plutôt catatonique face à la foule hétéroclite, difforme et monstrueuse à laquelle il allait devoir se confronter tel un créateur de start-up ayant 2 minutes pour placer un pitch cool et bien senti. N'écoutant que son courage, dont il s'empressa par ailleurs de s'emparer d'une seule paluche, l'autre tenant le micro, il entama son intervention par une citation qu'il jugea instantanément parfaite de sobriété, rassembleuse et finaude :

"Est-ce qu'on va reprendre la route ?
Est-ce que nous sommes proches de la nuit ?
Est-ce que ce monde a le vertige ?
Est-ce qu'on sera un jour puni ?"

C'est alors qu'un indigné de la première vague, confortablement planqué dans la foule, un devenu à présent enragé à force d'arpenter les places européennes, jeta sur scène un objet qui vint atterrir aux pieds de Jack. Il s'agissait d'un piano, un gros piano à roulettes qui s'écrasa telle une masse et de disloqua dans un improbable accord dissonant à 10 mains semblant tout droit provenir d'un orgue de cathédrale dynamité par des bolcheviques de la grande époque empressés d'aller jouer au foot avec la tête de l'archevêque du diocèse annexé du coin. Et bien sûr, le gars qui l'avait balancé n'était autre que Davide Martello, l'allemand de 34 ans, qui parcourrait l'espace Schengen de long en large et en travers à l'affût d'un attentat, d'un rassemblement quelconque, la manne d'un public providentiel,  devant laquelle il interpréterait en boucle durant des heures et des heures, inlassablement, tout en nuance de couacs, de canards tonitruants, le bout des doigts gonflés de cloques asséchées, le seul et unique morceau de son répertoire approximatif, "Imagine" de John Lennon. C'était le fameux Monsieur Hommage cacophonique, le pianiste manchot itinérant, l'intermittent des bons sentiments incontinents, celui qui, s'était-on plu à concevoir, passait du baume au cœur, à des milliers de victimes d'explosions aveugles, de drive by aléatoires, d'attaques au couteau, de révoltes et d'insurrections printanières, de guerres civiles bisounoursiennes, mais qui en réalité était un émissaire secret de Daesh pour affliger le coup de grâce, l'after burner de la pop au service du mauvais goût, overkill de la cover classique en berne, l'artiste terroriste venant achever les blessés de rafales de bémols jusqu'à ce qu'ils ne saignent à mort des oreilles, et qu'un buzz médiatique relaye sur des milliers de chaînes info à travers le monde, son tintamarre anarchique, son ramdam de furie furieuse douce n'ayant qu'un seul et unique objectif : saturer la bande passante des satellites de communication et les réseaux sociaux d'une surcouche de bruit de fond diffus cosmologique.

Galvanisé par cet apport soudain de matière sonore inconsistante qu'il interpréta à tort comme une proposition unilatérale de collaboration improvisée, Jack entama un discours qu'il espéra long et beau et même un petit peu poétique ici ou là.

Il dit d'abord :

"Mesdames, messieurs, mesdemoiselles, oui, vous là, la petite rouquine avec les boucles pimpantes, je tiens d'abord à vous signaler que je vous ai compris."

Le piano de Martello émit un magnifique accord en ré mineur qui arracha trois larmiches aux premier rang et un éternuement à Jack qui se rappela aussi sec qu'il souffrait d'allergie aux accords mineurs. Il n'en poursuivit pas moins :

"A l'heure où la vie se répand dans les canaux sanguins de vos silhouettes parfaitement irriguées, à l'heure où deux plus deux ne font plus vraiment quatre, parce que TVA, Panama Papers et îles Caïman, à l'heure où des gifles se perdent à la télé ou ailleurs, à l'heure où John Malkovitch étonne par son absence prolongée sur le grand écran de nos angoisses, à l'heure où les Stones jouent à Cuba en buvant du Champagne français fabriqué en Chine, à l'heure..."

Pendant qu'il pérorait, le piano tentaculaire du massacreur de Lennon exhalait des volutes de gaz farci de dopamine. Des couples se formaient, des langues s'enchevêtraient, des sexes énormes se dressaient dans de pauvres sous-vêtements mal verrouillés. Jack racontait à présent qu'il n'était plus très loin d'achever sa collection de timbres lorsqu'un homme de haute taille et qui moulait ses muscles longilignes dans une combinaison en lycra, détruisit pianiste et piano d'un seul rayon de laser rouge lancé par ses globes oculaires chauffés à blanc. La foule se rhabilla, embarrassée, non sans un dernier coup de langue, et Jack décida de mettre fin à son discours en chantant une chanson de Polnareff dont il avait oublié les paroles.


Mais ce gros bâtard de coordinateur de débat fit évacuer Jack de l'estrade.
Titre: Re : 03-Serial Insert : Jack et la Nuit Debout : donner c’est donner, reprendre...
Posté par: Valstar Karamzin le Avril 28, 2016, 16:17:39
Soudain ce fût le tour de Jack de prendre la parole et un microphone lui fut tendu. Il y avait des tas de gens qui avaient constitué des commissions et par petits groupes ils parlaient d'utopies improbables en citant des Bisounours notoires comme Stéphane Hessel, ce suppôt démoniaque de l'impératif présent à la seconde personne du pluriel, cependant, Jack, micro en main, ne se sentait étrangement pas du tout indigné mais plutôt catatonique face à la foule hétéroclite, difforme et monstrueuse à laquelle il allait devoir se confronter tel un créateur de start-up ayant 2 minutes pour placer un pitch cool et bien senti. N'écoutant que son courage, dont il s'empressa par ailleurs de s'emparer d'une seule paluche, l'autre tenant le micro, il entama son intervention par une citation qu'il jugea instantanément parfaite de sobriété, rassembleuse et finaude :

"Est-ce qu'on va reprendre la route ?
Est-ce que nous sommes proches de la nuit ?
Est-ce que ce monde a le vertige ?
Est-ce qu'on sera un jour puni ?"

C'est alors qu'un indigné de la première vague, confortablement planqué dans la foule, un devenu à présent enragé à force d'arpenter les places européennes, jeta sur scène un objet qui vint atterrir aux pieds de Jack. Il s'agissait d'un piano, un gros piano à roulettes qui s'écrasa telle une masse et de disloqua dans un improbable accord dissonant à 10 mains semblant tout droit provenir d'un orgue de cathédrale dynamité par des bolcheviques de la grande époque empressés d'aller jouer au foot avec la tête de l'archevêque du diocèse annexé du coin. Et bien sûr, le gars qui l'avait balancé n'était autre que Davide Martello, l'allemand de 34 ans, qui parcourrait l'espace Schengen de long en large et en travers à l'affût d'un attentat, d'un rassemblement quelconque, la manne d'un public providentiel,  devant laquelle il interpréterait en boucle durant des heures et des heures, inlassablement, tout en nuance de couacs, de canards tonitruants, le bout des doigts gonflés de cloques asséchées, le seul et unique morceau de son répertoire approximatif, "Imagine" de John Lennon. C'était le fameux Monsieur Hommage cacophonique, le pianiste manchot itinérant, l'intermittent des bons sentiments incontinents, celui qui, s'était-on plu à concevoir, passait du baume au cœur, à des milliers de victimes d'explosions aveugles, de drive by aléatoires, d'attaques au couteau, de révoltes et d'insurrections printanières, de guerres civiles bisounoursiennes, mais qui en réalité était un émissaire secret de Daesh pour affliger le coup de grâce, l'after burner de la pop au service du mauvais goût, overkill de la cover classique en berne, l'artiste terroriste venant achever les blessés de rafales de bémols jusqu'à ce qu'ils ne saignent à mort des oreilles, et qu'un buzz médiatique relaye sur des milliers de chaînes info à travers le monde, son tintamarre anarchique, son ramdam de furie furieuse douce n'ayant qu'un seul et unique objectif : saturer la bande passante des satellites de communication et les réseaux sociaux d'une surcouche de bruit de fond diffus cosmologique.

Galvanisé par cet apport soudain de matière sonore inconsistante qu'il interpréta à tort comme une proposition unilatérale de collaboration improvisée, Jack entama un discours qu'il espéra long et beau et même un petit peu poétique ici ou là.

Il dit d'abord :

"Mesdames, messieurs, mesdemoiselles, oui, vous là, la petite rouquine avec les boucles pimpantes, je tiens d'abord à vous signaler que je vous ai compris."

Le piano de Martello émit un magnifique accord en ré mineur qui arracha trois larmiches aux premier rang et un éternuement à Jack qui se rappela aussi sec qu'il souffrait d'allergie aux accords mineurs. Il n'en poursuivit pas moins :

"A l'heure où la vie se répand dans les canaux sanguins de vos silhouettes parfaitement irriguées, à l'heure où deux plus deux ne font plus vraiment quatre, parce que TVA, Panama Papers et îles Caïman, à l'heure où des gifles se perdent à la télé ou ailleurs, à l'heure où John Malkovitch étonne par son absence prolongée sur le grand écran de nos angoisses, à l'heure où les Stones jouent à Cuba en buvant du Champagne français fabriqué en Chine, à l'heure..."

Pendant qu'il pérorait, le piano tentaculaire du massacreur de Lennon exhalait des volutes de gaz farci de dopamine. Des couples se formaient, des langues s'enchevêtraient, des sexes énormes se dressaient dans de pauvres sous-vêtements mal verrouillés. Jack racontait à présent qu'il n'était plus très loin d'achever sa collection de timbres lorsqu'un homme de haute taille et qui moulait ses muscles longilignes dans une combinaison en lycra, détruisit pianiste et piano d'un seul rayon de laser rouge lancé par ses globes oculaires chauffés à blanc. La foule se rhabilla, embarrassée, non sans un dernier coup de langue, et Jack décida de mettre fin à son discours en chantant une chanson de Polnareff dont il avait oublié les paroles.
Alors qu'il massacrait "ne me marchez pas sur les pieds", un autre problème, et de taille, commençait à assombrir son avenir proche et alourdir son caleçon de chez Dim. Jack avait laissé sonner trop longtemps près de ses bourses son téléphone portable première génération de chez Nokia. Il pouvait d'ores et déjà sentir ses testicules gonfler, gonfler ; et sa voix faussait, faussait, dans le même temps.
Le coordinateur des débats, accro aux télé-crochets télévisés, le regardait d'un œil inquisiteur. Il n'avait pas trop prêté l'oreille à son discours mais depuis qu'il chantait la moutarde lui montait au nez. "Quel toupet! Il viole littéralement sur scène l'une des plus belle chanson de Polnareff et, de surcroît, il me regarde droit dans les yeux en le faisant. Ma parole, c'est qu'il me nargue! Il ne manquerait plus qu'il me traite. S'il me traîte de "gros bâtard", j'explose et je le sors."
Le coordinateur et Jack à cet instant précis ne se comprenaient plus. Le dialogue ne pouvant se faire, une sorte de fossé symbolique se creusait lentement entre eux. Pourtant, s'il avaient su que, par nature, ils n'étaient pas si éloignés. S'ils avaient su tout l'un de l'autre, s'ils avaient pu échanger leurs malheurs : les éléphantiasis soudaines de jack contre les œdèmes de Quinck purpurines du coordinateur qui se manifestaient lorsqu'on le traitait de "gros bâtard", oui, s'ils avaient su, une autre histoire aurait été écrite.
Jack regarda une fois de trop la jolie petite rouquine qui se tenait sur le bord droit de la scène, juste à côté du coordinateur.

Mais ce gros bâtard de coordinateur de débat fit évacuer Jack de l'estrade.
Titre: Re : 03-Serial Insert : Jack et la Nuit Debout : donner c’est donner, reprendre...
Posté par: RIENAFOUTRE le Avril 28, 2016, 21:29:58
Titre: Re : 03-Serial Insert : Jack et la Nuit Debout : donner c’est donner, reprendre...
Posté par: RIENAFOUTRE le Septembre 23, 2016, 13:33:31