Balzac

Le 28/05/2026
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par Korbua
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Les hommes de talent ont ceci de commun avec les plumitifs qu'ils sont occasionnellement sujets à la vanité. C'est ainsi qu'un auteur conscient de sa valeur.. qui s'est forgé un style inimitable.. à base de ponctuation demi-suspensive.. et de fines plaisanteries zoophiles.. s'abaisse à vilipender dans un portrait outrancier une Chouette ennemie tout en raillant Balzac, qui ne s'en portera ni mieux ni moins bien. Quel temps donné en pure perte à une vengeance qui fait trop d'honneur à sa cible et prive momentanément les admirateurs de Korbua de sa prose élégante.. nourrie de réflexions novatrices sur la société.. les femmes.. la littérature..!
Ce qui devait arriver arriva.. cette fois KORBUA a enfermé Balzac et La Chouette dans un texte.. tant pis pour eux..
Balzac

La Chouette avait un chien nommé Balzac.. un beau mâle race de Malinois.. cette bête était tout pour lui.. car La Chouette vivait seul depuis la mort de sa femme survenue des années plus tôt.. un mariage sans enfant.. et sans trace.. mais ce n'était pas si grave.. car La Chouette avait d'autres préoccupations.. comme son travail.. un job délicat qui lui donnait une certaine importance.. voire un certain pouvoir..
La Chouette était entré au comité de lecture d'une grande et prestigieuse maison d'édition.. un poste qu'il avait eu par relations selon certains.. mais La Chouette n'était pas vraiment compétent.. il ne savait pas repérer un bon texte.. s'attachant trop aux détails.. incapable d'avoir une vue d'ensemble.. il avait fini par se faire débarquer.. c'est ainsi qu'il s'est retrouvé sur le carreau.. seul avec son chien dans l'adversité.. une phase de dépression a suivi.. des idées noires ont fait leur chemin.. son aversion pour les autres n'a fait qu'augmenter.. mais la vie offre parfois une seconde chance..
Un jour La Chouette a fini par retrouver un job après une longue période de chômage.. un poste d'administrateur à temps plein dans une revue littéraire.. La Chouette pouvait faire illusion dans ce milieu dont il maîtrisait les codes sociaux.. discours de circonstance.. morale ostentatoire.. posture étudiée.. et fausse colère sur des sujets éculés.. La Chouette aimait jouer les censeurs quand l'occasion se présentait.. et on le respectait pour sa franchise affichée.. l'activité semblait assez simple.. des auteurs inconnus envoyaient leur texte dans l'espoir de le voir publié.. ce site littéraire permettait à tout le monde d'échanger par messages avec l'auteur du jour.. éphémère auteur d'un jour.. c'était des écrivains amateurs qui s'appliquaient à ressembler aux grands maîtres qu'ils admiraient.. un peu comme des enfants aiment jouer à imiter les adultes.. les uns et les autres se perdant le plus souvent dans des formules ampoulées mais sincères.. essayant d'habiller un style maladroit ou suranné..
La Chouette dégueulait tous les soirs devant Balzac quand ils rentrait chez lui.. sans doute à cause de toutes ces merdes qu'il avait lues dans la journée.. il ne supportait plus ces écrivaillons minables et leur logorrhée.. ni leur pseudo à la con.. Lutécia Ravioli par ci.. Lino Lassusse par là.. sans parler des Arthur Labitte et autres congénères.. c'était de plus en plus abominable.. leur vacuité n'avait pas d'égal.. mais heureusement Balzac était dans le coup et comprenait tout ça.. alors La Chouette s'enfermait dans sa chambre pour dormir avec la bête.. dans son lit.. et se blottir tout contre elle.. sentir sa chaleur.. écouter battre ce cœur de chien lui faisait oublier les chagrins de la vie.. c'était quand même plus simple avec un animal.. mais La Chouette savait qu'il ne pouvait pas parler de ça.. car il craignait d'être jugé et rejeté par la société.. cachant sa véritable nature et son amour pour Balzac.. l'amour de sa vie.. lumière de son cœur.. c'était malgré tout une belle histoire.. une histoire faite de purs sentiments.. sous les draps maculés.. La Chouette éprouvait une forme de plaisir coupable.. ce qui le fortifiait sans doute aussi.. et l'aidait à tenir son rôle dans la comédie humaine continuelle.. bien conscient de sa différence.. mais affligé de honte inavouable.. préférant jeter l'opprobre et l'anathème sur les autres.. notamment sur les écrivaillons sacrifiés.. pisse-froids du dimanche.. victimes impuissantes mais consentantes.. La Chouette pouvait cracher son dégoût dans ses commentaires.. ça le soulageait toujours un peu de ses turpitudes..