Le poseur des rides

Le 05/01/2026
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par Patro Device
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Dossiers / Hommage à H.G.Wells
Le Poseur de Rides est une œuvre captivante qui mêle habilement une atmosphère intimiste à une dystopie oppressante, créant un contraste saisissant entre les émotions personnelles du narrateur et l’horreur d’un régime totalitaire. L’écriture, fluide et évocatrice, excelle dans la description des sensations, comme les parfums marins ou l’angoisse du décalage horaire, ancrant le lecteur dans l’expérience sensorielle de Sacha. L’intrigue, qui dévoile progressivement le terrifiant Plan de Maîtrise du Temps, maintient une tension narrative efficace, tout en explorant des thèmes universels comme la manipulation du temps et la résistance face à l’oppression. Les personnages, notamment Sacha et François, sont dépeints avec une profondeur psychologique qui rend leurs dilemmes humains et poignants. En somme, ce récit est une réussite, combinant une réflexion philosophique sur le temps et la liberté à une intrigue dystopique qui interpelle et émeut.
Il était tard, plus de deux heures du matin. Le taxi me trimballait vers chez nous, il laissait derrière lui la Préfecture avec sa plage et son port, et l’aéroport international. J’étais pressé de retrouver ma Lucie, ses bras, son parfum délicat et ses lèvres. Dans quelques minutes je serai comblé.
Les illuminations du Nouvel An étaient encore en place. Je les regardais vaguement, elles semblaient être de faibles éclats pour le rite du passage d’une année à l’autre, rite des hommes dont le cosmos se moquait bien.
LE POSEUR DE RIDES

Il était tard, plus de deux heures du matin. Le taxi me trimballait vers chez nous, il laissait derrière lui la Préfecture avec sa plage et son port, et l’aéroport international. J’étais pressé de retrouver ma Lucie, ses bras, son parfum délicat et ses lèvres. Dans quelques minutes je serai comblé.
Les illuminations du Nouvel An étaient encore en place. Je les regardais vaguement, elles semblaient être de faibles éclats pour le rite du passage d’une année à l’autre, rite des hommes dont le cosmos se moquait bien.

Depuis Tokyo, les quatorze heures de vol m’avaient fatigué. Aussi, avec les heures de décalage entre le Japon et la France, je ne savais plus quel jour on était.
J’avais travaillé à Tokyo pendant quatre mois, auprès de mon ami le Professeur Tanaka Itoshiro. Deux décennies auparavant, nous avions été, lui et moi, en collocation d’étudiants à Paris. Il était maintenant astrophysicien et dirigeait une équipe de l’Université à Tokyo. Quant à moi, muni de ma Maîtrise de
Lettres, j’avais d’abord fait des relectures pour des maisons d’édition, puis des piges pour des revues de psychologie destinées au grand public. Ensuite, fasciné par les histoires de vies que j’entendais autour de moi, je suis devenu nègre, celui qui écrit pour les autres. Cela me plaisait : je proposais, pour le compte de quelqu’un, de transcrire ses émotions, ses amours, ses peurs, ses espoirs … pour peu qu’on me les confie ou qu’ils émergent au cours d’entretiens. J’avais un faible pour le récit de l’enfance et de la jeunesse, qui est le récit de la construction de la personne. Sans oublier que l’histoire de ceux d’avant vient nourrir la nôtre. Je valorisais aussi le portrait de famille (nucléaire, élargie ou de substitution, …) qui est la première cellule qui accueille chacun. Pour le client, son histoire, ou ses histoires, devenait un livre, à la fois le sien et le mien. Certains m’avaient dit que leur livre mené au bout avait permis de laisser une trace pour eux ou leurs enfants, voire leurs amis.


Tanaka Itoshiro, m’avait contacté lors d’un de ses passages à Paris.
Pendant que nous étions installés à la terrasse d’un bar en face du Jardin du Luxembourg, il avait pointé du doigt un nuage dans le ciel et m’avait dit avec amusement :
- Tu vois ce cumulonimbus, d’un blanc éclatant mais au large pied noir, avec sa forme d’enclume, il a décidé d’ombrager la ville, et une bonne partie du pays. On ne peut rien contre lui, il faut en faire notre complice pour l’après-midi, avant une possible averse de grêle. C’est un bon signe, il nous confine dans ce bar ! On va pouvoir se raconter nos vies !
- Ça remonte à notre colocation …
Tanaka Itoshiro dit avec un sourire dans les yeux :
- Sacha, les souvenirs sont du vent, alors ils ont inventé les nuages pour revenir à nous.
Après que je lui ai expliqué mes travaux de nègre, il sembla réfléchir quelques instants. Puis, il me demanda si je voulais et pouvais rédiger avec lui un livre sur ses recherches scientifiques, avec les conceptions et les passions qu’il avait sur l’origine de l’univers et de la vie, et sur le destin de l’homme. Son principal centre d’intérêt professionnel et personnel étant la question de la maîtrise du temps. Je lui demandais de pouvoir lui répondre le lendemain.
Avant que nous quittions le bar, il évoqua l’écrit de Sénèque, De la brièveté de la vie :
- En substance, « il ne faut pas dilapider le temps comme s’il n’était pas précieux, il faut avoir des actions réfléchies et conscientes, celles que l’on sait pourquoi on les fait ».

Je lui téléphonais au petit matin : nous allions nous retrouver pour déjeuner « Au Père Tranquille » aux Halles. J’étais très excité à l’idée, d’une part de travailler pour lui et avec lui, et d’autre part d’aller au Japon.

Le taxi était reparti. Pendant que je rangeai mes souvenirs tokyoïtes et que je rassemblai mes bagages, je sentis avec plaisir l’air marin qui m’arrivait : une bise salée venant de l’épaisseur d’un sable humide. Elle était accompagnée d’effluves du port dans lesquels je retrouvai mes parfums : caoutchouc des entrepôts, graisses des grues, huiles provenant des travaux de radoubs. À chaque retour chez nous, je retrouvais tout cela avec plaisir, avec émotion. Je retrouvai, là, ma ville, dans mes narines et mes poumons. Je savais que j’étais revenu à la maison : j’avais hâte d’étreindre Elvina …
Soudain, je ressentis quelque chose de curieux : les lampes de toutes les maisons brillaient depuis les fenêtres. Tout était allumé. Mon petit quartier entier était allumé. Je ne comprenais pas pourquoi il y avait autant de lumières à trois heures du matin alors que je ne voyais absolument personne, ni dehors, ni aux fenêtres. Pas le moindre mouvement, pas la moindre parole ! Les portes de toutes les maisons alentour étaient grand ouvertes. Je n’entendais que les sons et les bruits diffus provenant, me semblait-il, de téléviseurs et de radios, ainsi que les ronronnements et les cliquetis d’appareils électro-ménagers. Je me demandai si le décalage horaire ne me jouait pas un tour.
Je crus voir une silhouette à la fenêtre de la cuisine de chez Lucie et François Dumass, nos voisins et amis. François m’avait accompagné à l’aéroport quand j’étais parti pour le Japon au début de l’automne dernier. En m’y conduisant, il m’avait confié être tracassé par sa nomination, récente, et surtout forcée, à la tête du Groupe Communal d’Applications des Décrets :
- Sacha, beaucoup de choses graves vont arriver, avait-il juste évoqué …
Après être entré lentement dans le jardin de chez Lucie et François, j’allai jusqu’à la porte entrouverte de leur cuisine. J’entendis que quelque chose y bruissait et je sentis une odeur de métal rougi. Je toquai quelques petits coups à la porte. Bien que n’ayant pas de réponse, je la poussai doucement.

Assis à la table, il me faisait face, mais un chapeau à larges bords lui cachait le visage. Il était habillé tout de noir. Malgré ce déguisement sinistre, j’avais bien reconnu la silhouette de François. Avec une flamme, il faisait chauffer une aiguille. Puis il s’appliquait à maintenir une lime métallique sur laquelle il passait et repassait délicatement la longue aiguille fine et courbe.
Il ne m’avait pas regardé entrer, pourtant il savait que j’étais là, je le sentais. Son attitude me posait en intrus. Je contournai la table pour me mettre à côté de lui : il ne fit pas plus attention à moi. Je lui demandai doucement, presque avec prudence :
- Où est Elvina ? Où est Lucie ? Et les autres ? Pourquoi je n’ai croisé personne alors que les maisons sont tout allumées ?
- Merci de refermer la porte, Sacha, il fait froid.
Puis, du menton, François me désigna l’église toute proche. Son attitude me terrorisait : lui, il était là, affairé, mais avec un calme entourant son silence. Il menait tranquillement ses travaux minutieux auxquels je ne comprenais rien. Si son activité manuelle avait été pour lui si importante, il aurait au moins pu m’en parler. Son attitude amplifiait mon mal-être. François devenait odieux tellement il m’ignorait.
- Pourquoi es-tu seul ? Et habillé comme ça ? Pourquoi est-ce que tout est ouvert et allumé ? Et tous ces bruits ? Réponds-moi, je ne comprends rien ! Qu’est-ce qui se passe ici ? Parle !
Il ne me répondit pas. Au lieu de ça, il recula sa chaise et il se dirigea vers un placard et en sortit une grande boîte à biscuits carrée qu'il posa sur la table. Pendant ses déplacements, à cause de son chapeau, je n'avais pas encore pu voir son visage. Il s’arrêta de bouger et se rassit. Alors, très lentement, il leva la tête vers moi. Je l’entendis inspirer, comme pour réfléchir avant de parler. Mais je ne perçus même pas ce qu’il voulut me dire. Ce que je vis m’horrifia : je reculai d’un pas vers la porte et je tapai du plat de la main contre le mur pour ne pas tomber. Je fus stupéfait de ce visage : François Dumass n’était plus François Dumass, c’était son propre grand-père, Roger Dumass, mort l’an dernier. Il avait exactement les rides de son grand-père : profondes, nettes et cruelles, celles qui signent le temps : le visage qui me faisait face était celui d’un homme de plus de quatre-vingts ans ! Mais la voix était bien celle de François. Il me dit :
- Regarde dans cette boîte. Ces grandes photos, ce sont celles des visages de plusieurs dizaines d’habitants de la ville. Sur chacune j’ai dessiné les rides à poser. Cela m’a aidé pour faire un travail probant. Ton tour viendra.
- Poser des rides !
J’eus peur qu’il ne soit devenu fou, un fou calme, de la catégorie des fous sûrs d’eux. Ce qu’il m’expliqua alors ne me rassura pas : il avait été désigné, au sein du Groupe Communal d’Applications des Décrets, comme celui qui devait poser les rides.
- Poser des rides !
- Le nouveau Gouvernement Étatique a mis en œuvre son Plan de Maîtrise du Temps : dans chaque communauté, on doit marquer les membres selon des âges et des quotas prédéfinis par la Fédération Patriotique.
Les mots « Maîtrise du Temps » me ramenèrent brutalement à Tokyo auprès de Tanaka Itoshiro : c’était le cœur de ses recherches que j’allais largement relater dans son livre. Je fus troublé, mais je ne voulus pas interrompre François.
- Notre Président-Dictateur, qui se fait appeler Le Grand Leader, a réussi à contraindre toutes les formations politiques du pays à se fondre un unique parti. Il n’y a plus de vies ni parlementaires ni syndicales dignes de ce nom. Le Président et les dirigeants du Parti ont en fait un but caché : soigner leurs intérêts. Par ailleurs, je vais te lire un extrait du Dictat 22 :
" (…) dans l’intérêt de chacun et pour le bien de tous, le Gouvernement Étatique a décidé d’instaurer le Plan de Maîtrise du Temps, avec l’appui des Cellules d’Action Rapide. Afin de contrôler d’évolution de la masse globale populeuse, les rythmes et les volumes des naissances et des décès sont jaugés à partir de quotas. Cela dépend désormais de l’Administration de la Maîtrise du Temps (…) "
- Tu comprends, ils veulent nous contraindre jusque dans leurs pyramides des âges préétablies. Le frère du Président-Dictateur a été nommé Ministre de la Maîtrise du Temps. A côté de cela, il possède le Groupe Tempus, numéro un de l’industrie de la gérontologie. Alors ça l’intéresse beaucoup que le Gouvernement Étatique ait désormais la capacité de, si besoin, faire vieillir artificiellement des parties de la population.
J’avais du mal à suivre François :
- Ils ont quoi dans la tête ?
- Bêtise, méchanceté, rancune, … ? Sais-tu, Sacha, ce qu’il peut y avoir dans la tête d’un dictateur ? Avec Lucie, nous avons dressé une liste dont je te cite une partie, de mémoire : machiavélisme, narcissisme, psychopathie, un peu de paranoïa, … ! Nous avons vite brûlé cette liste, tu penses …
- Maîtriser le temps !
Tout le long de la narration de François, j’étais stupéfié : la maîtrise du temps ! Encore !
J’allais avoir besoin, pour François et les autres, d’approfondir sur la plus grande passion de Tanaka Itoshiro, sujet de ses recherches pour lequel d’ailleurs cet astrophysicien était reconnu par ses pairs.

La veille, pour mon avion de retour, il avait tenu à me conduire à l’aéroport Narita, à soixante-dix kilomètres de chez lui, avec mes bagages plus nombreux que ceux de l’aller car je rapportais beaucoup de choses pour Elvina et nos amis, et pour moi ! Alors que nous étions arrivés à l’enregistrement du Terminal 1, Tanaka Itoshiro m’avait remis une enveloppe couleur jaune pâle. La feuille qu’elle contenait lui était assortie, avec une nuance kaki plus claire. J’y avais découvert un haïku qu’il avait adapté en français. Il m’avait alors lu le texte écrit de sa main à l’encre brune :
Retourner chez soi
le temps donne beaucoup d’émoi
s’être retrouvés

Souriant, il m’avait dit :
- Merci d’avoir accepté d’écrire mon histoire, mes histoires. Pour moi déjà, ce sera un beau livre ! Je suis très heureux d’avoir partagé mes passions avec toi, mon ami.
J’avais pu cacher mon émotion par une grande embrassade, et grâce aussi à mon entrée aux contrôles de sécurité, dernière étape de notre séparation.

Il était dix heures pour lui à Tokyo, pourrais-je le contacter dès maintenant ? Mais pour l’instant je ne désirais qu’une chose : revoir tout de suite Elvina. Son absence me paniquait.

François avait continué, avec rage :
- Une de leurs devises est « Aujourd’hui est déjà demain ! ». Les devises sont regroupées dans un des Dictats. Ils jettent l’anathème sur tous ceux qui critiqueraient une devise, ou un Dictat.
Avant de laisser François continuer, je soupirai :
- François, lui dis-je en pointant l’horloge de la cuisine, nous, nous sommes déjà demain : il est plus de trois heures et demie du matin … je veux voir Elvina !
Il se leva en posant les mains sur la table, il redressa la tête et monta son regard jusqu’à attraper le mien :
- Je comprends, tu es parti plusieurs mois. Mais d’abord, sache que dans plus de vingt-quatre heures, oui, ce sera un jour terrible car le Ministre du Temps et sa clique viennent dans notre ville, et nous avons intérêt à avoir respecté les quotas exigés : ils ont choisi notre ville pour en faire le modèle de l’application du Plan. Pour notre ville, il m’a fallu vieillir soixante-trois personnes. C’est pourquoi j’ai cousu des rides à ceux qui n’avaient que la trentaine environ, afin qu’ils paraissent trois à quatre décennie de plus !
- Avec les visages ridés, vous aurez l’air d’être vieux à tout jamais ?
- D’abord, tu peux demander nous aurons, car tu es concerné, toi aussi ... Rassure-toi, les rides que je pose pourront être retirées et il n’y aura aucune séquelle.
Il écarta les mains pour dire, avec une voix chargée de quelque chose de grave :
- Ecoute ce que je leur ai dit quand je me suis porté volontaire :
« (…) Mon grand-père et mon père étaient costumiers, alors j’ai beaucoup appris auprès d’eux. Je peux brider une paupière, ou plisser un menton, je sais fixer des poches (…) ».
- En fait, j’ai pensé qu’il valait mieux faire semblant de coopérer …
De chaque main, avec le pouce et l’index, il lissa, à la commissure de ses lèvres, les rides qu’il nomma comme étant celles du sourire. Effectivement, je vis sur son visage le dessin d’un sourire, le premier depuis que j’étais revenu devant lui.
- Pourquoi tout est allumé ? Pourquoi toutes les maisons sont-elles grand ouvertes ? C’est quoi cette mise en scène ?
- Tout ça, c’est pour troubler les drones du Grand Commissaire Régional : nous mettons de la lumière et beaucoup de bruits différents, cela perturbe bien les perceptions des drones.
- Que font les autres à l’église ?
- Ce sont les sept derniers qui ont reçu leurs rides : ils ont eu une crème d’apprêt, des boissons calmantes et une lecture du Dictat 22. La cérémonie a été filmée et je dois en transmettre les éléments pour prouver que nous appliquons les consignes.

Je fonçai à l’église.
Le petit vent venant de la mer s’était levé, il faisait froid mais je transpirais. Avant que je n’atteignisse l’église, je vis les lumières s’en éteindre, un vitrail à la fois. La porte latérale s’ouvrit et un groupe en sortit. Des silhouettes avec des capes noires se frôlaient. Les démarches étaient lentes, chacun voulant être certain de son équilibre. Parmi les derniers processionnaires, je reconnus l’allure d’Elvina, mon Elvina. Nous nous approchâmes l’un de l’autre : elle avait, là, plus de quatre-vingts ans ! Son visage avait pris les quatre décennies imposées par un des quotas ! Elle semblait résignée, un peu courbée et ralentie. Elle m’aperçut soudain et se redressa, je vis tout de suite que son regard n'avait pas changé. J’attrapai les mains qu’elle me tendit. Nous nous prîmes dans les bras et je reconnus son parfum. Nous pleurâmes, emplis de l’horreur de cette nouveauté, et en même temps submergés de la joie de nous retrouver.

François nous fit doucement remarquer que nous n’étions pas seuls :
- Bon, les amoureux, j’ai du boulot. Il est près de quatre heures du matin. Toi, Sacha, dans une demi-heure je poserai tes rides. Elvina, applique-lui la crème et fais-lui boire les calmants.
Je confiai à François que j’allais passer chez moi pour chercher de grandes photos de mon visage. A mon retour, il s’approcha de moi et me dit, serein :
- Sacha, en fouillant dans le matériel de couture de mon père, j’ai trouvé une citation qu’il avait notée sur une carte postale, une phrase de Coco Chanel. Regarde, c’est de la main de mon père :
« Une ride est un trait tiré sur le passé ».
Il poursuivit :
- Il va falloir qu’on se batte : le futur qui nous est proposé n’est pas digne de remplacer notre passé. Il faut que l’on puisse continuer à penser et à dire que demain sera un autre jour ! Et non pas « Aujourd’hui est déjà demain ! »
- Oui François, la maîtrise de notre temps nous appartient.
- Sacha, une dernière chose, ces derniers jours j’ai quand même eu le temps de préparer un plan de sabotage pour accueillir le Ministre et ses sbires …