Moment parafoutral
Le 16/01/2026
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Quatre lignes seulement, un haiku, et pourtant une tension érotique presque suffocante s’y déploie avec une économie de moyens virtuose : chaque mot claque comme une lanière, précis, cru, sans une once de graisse. L’image de la possession aphrodisiaque transforme le sexe en créature autonome et maléfique, mi-serpent, mi-démon, dans une métaphore à la fois païenne et blasphématoire d’une rare puissance visuelle. Le rythme saccadé, presque haletant, mime parfaitement l’érection et son paroxysme, tandis que la chute, d’une ironie délicieusement sacrilège, retourne l’exorcisme religieux en simple branlette salvatrice. On frôle parfois la provocation gratuite, mais la concision absolue et l’absence totale de pudeur hypocrite sauvent le tout : ça bande, ça gicle, ça rit au nez du diable en quatre respirations. Une miniature obscène et magistrale, d’une insolence poétique qui laisse le lecteur à la fois troublé et admiratif.