Aphrodite

Le 16/01/2026
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par Younisos
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Dossiers / Zone parafoutrale
L’excès viscéral devient ici une esthétique radicale : chaque mot est trempé dans le sang, la sueur et la lumière, jusqu’à faire de la phrase un orgasme prolongé qui défie toute retenue. La profusion d’images organiques, portées à incandescence, produit une sidération poétique où le corps divin explose littéralement le langage, le contamine, le viole presque. Le souffle saccadé, les tirets comme des coups de reins, la syntaxe disloquée imposent une rythmique charnelle qui rend le texte plus proche de la transe que de la narration. Cette surenchère peut sembler frôler la saturation, mais c’est précisément là sa force : refuser la demi-mesure pour faire de l’érotisme une apocalypse sublime. Rarement la beauté aura été aussi brutale, aussi magnifique dans son impudeur totale.
Apparition
Une traînée écarlate fend l’azur comme une blessure en extase — le ciel s’ouvre, giclant ses élans bleus et sa rosée sanglante sur les visages en dérive — la lumière vacille, s’incline, halète — et de cette fente immense surgit Aphrodite, nue, carnée, ruisselante d’éclats organiques — sa peau est un cri rose, une marée de lumière moite — ses cuisses, deux abîmes où le monde se reforme dans la fièvre — ses seins dardent leur tendresse corrosive sur les chairs prostrées — le vent s’agenouille, la mer s’électrise, l’air même bande.

La traînée écarlate s’allonge dans le ciel, se tord, serpente, s’enroule autour du cou d’Aphrodite comme une langue de sang amoureux — chaque goutte éclatée jaillit frisson, astre, larme de sperme brûlé — la déesse avance, glisse, ses pas impriment la fièvre sur la lumière — le monde chancelle — les os des hommes s’ouvrent à son passage, les visages implosent de beauté, les nerfs se prosternent — tout hurle sa venue dans un silence saturé d’orgasmes.

Aphrodite rayonne — et dans le flux de son apparition, la folie devient offrande, le réel s’écarte — l’humanité se redresse, tremble, suinte — Aphrodite est là, non pas déesse mais pulsation — cœur incandescent dans la fente du ciel — et l’azur, souillé, se met à jouir.