Dimanche soir, le quatriéme jour

Le 02/02/2026
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par furoncle
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Dossiers / "Trop bizarre pour vivre, trop rare pour mourir"
Sous une plume crue et nerveuse, l’auteur transforme un simple dimanche soir pourri en fresque viscérale d’une jeunesse étudiante qui se noie dans l’ennui et l’autodestruction avec une jubilation contagieuse. Le style oral, truffé d’argot lillois et de répétitions volontairement lourdes, claque comme une conversation de 4h du mat’ où plus personne ne filtre rien, et pourtant chaque phrase est ciselée pour faire mal au ventre de rire ou de malaise. L’espace exigu de l’appartement devient un personnage à part entière, oppressant, puant, vivant, jusqu’à donner l’impression de sentir soi-même l’odeur chimique du speed et la moiteur des corps entassés. La descente progressive du groupe, décrite sans filtre moralisateur, atteint une puissance tragique presque antique : on rit jaune, on grimace, on reconnaît malgré soi cette panique douce de ne pas vouloir que la nuit s’arrête. C’est sale, c’est brillant, c’est un uppercut d’énergie désespérée qui laisse le lecteur à la fois hilare et légèrement nauséeux – exactement ce que la littérature de la lose doit être.
Dimanche soir, c’est le 4ème soir de la fin de semaine, on est arrivés en mode ce sera calme ce soir… C’est pas comme si on se disait ça tous les soirs depuis quatre jours. Comme hier, avant-hier et avant avant-hier, accompagné de L et de son éternel slogan ; « ce soir je rentre tôt heeiin ». Pour qu’il finisse bourré à dormir bruyamment dans l’angle du canapé d’ici quelques heures.
Bref, bons blaireaux qu’on est, on se retrouve chez J et son minuscule appart… On est coincés là, parce que, déjà on est dimanche, aussi sûrement parce qu’on est un peu des déchets mais surtout que depuis qu’on est arrivés, il s’est mis à pisser du ciel d’ouf et qu’on a froid et que donc tout le monde a flemme de rentrer chez soi, même si on rentrerait bien chez soi…
Donc, en gros, on est assis un peu partout les uns sur les autres, serré à mort. Le sol, c’est composé des pieds des autres et parfois de leurs corps sur lequel tu marches en te déplaçant. Et quand tu ne bouges pas, genre ta cuisse c’est la cuisse de celui assis à côté de toi et ainsi de suite et puis si bouge ton coude, belek tu blesses pas quelqu’un. En gros, regardez bien dans quoi on range les étudiants (un peu comme les parisiens (pauvres)), on est dans l’optimisation genre tu peux chier en cuisinant, te faire un bain de pied en dormant mais te mettre debout, faut pas abuser sale chien, paye plus.
Mais, à la soirée (de base calme), y a R qui s’est ramené avec deux cubis de mauvais vin, celui que t’as du mal à avaler mais que t’as encore plus de mal à vomir parce que le vomir c’est vraiment la double peine, vu que ce serait plus agréable de vomir un vin pas aussi amer. Mais en vrai, on ne se plaint pas, c’est déjà mieux que rien. Mais fallait que ce bâtard, il se ramène avec sa dealeuse qui veut couper sa cargaison de speed. D’ailleurs le speed il est tout frais et dans de belles quantités, sachez bien que ça pue la mort et comme l’appart, c’est de la merde elle fait ça dans le coin qui s’apparente à « l’espace salle de bain » sauf que c’est toujours la même pièce et que du coup, ça fait chier parce que ça pue. Même que tout le monde était saoulé.
Bien sûr tout le monde a retourné sa veste quand la dealeuse, que maintenant par la force des choses je la connais, ben elle s’appelle Amélie et là elle s’est mise à distribuer du speed à tout le monde...
Fin en gros, elle, ben elle est repartie mais nous ça fait depuis dimanche qu’on est là. Dimanche c’était avant avant-hier et on a tous mal au nez et en plus on est des grosses merdes et surtout on flippe, personne a envie de partir et de se retrouver tout seul et puis en plus on devrait être dans nos amphis respectifs mais au final, on est là comme des cons, les uns sur les autres, y a que L qui a bien dormi jusqu’à lundi et qui nous a abandonnés parce qu’elle était déjà bourrée et en train de dormir dans le coin du canapé quand le speed et arrivé…
Mais surtout, ce que je voulais dire c’est que si vous habitez dans la zone Lille et frontalier Belgique et que vous connaissez une Amélie qui deal du speed, on aurait besoin de son num ou bien de son snap, ou son telegram ou jsp quel truc, pcq là on a plus de speed et on n’est pas encore prêts, on compte rester retranchés dans l’appartement ! AMéLIE CONTACTE NOUS STPPPPPP